‹ Dictionnaire de chimie sur le plan de celui de NicholsonChapitre 138 sur 178 · A AIGUISER · texte numérisé non relu

A AIGUISER

TURQUOISE. Ses couleurs sont le bleu de smalt et le vert pomme. On rencontre ce minéral en masse, disséminé et sous formes imitatives. Il est mat, avec cassure conchoïde ou inégale ; opaque; plus dur que le fdd-sputh, mais moins que le quartz. Il prend, par la raclure, une couleur blanche. Sa pesanteur spéc. est de 2,86 à 3,o. Ilconsiste, suivant John, dans : alumine 73, oxide de cuivre 4>5, eau 18, oxide de fer 4» La turquoise se rencontre en filons dans de l'argile ferrugineuse, et en petits morceaux, dans de l'argile d'alluvion. On ne l'a trouvée que dans les environs de Nihabourg dans le Khorassan en Perse. Elle est d'un très-grand prix comme pierre d'ornement, dans la Perse et contrées voisines. La malachite donne une raclure verte, et celle de la turquoise est blanche. La turquoise os consiste dans du phosphate de chaux coloré par de l'oxide de cuivre.

TUTENAG. C'est par ce nom que, dans l'Inde, on distingue le zinc métal. On l'applique quelquefois pour désigner un composé métallique qui nous vient de la Chine, appelé aussi cuivre chinois^ dont l'art de le fabriquer est inconnu en Europe. Il est très-tenace, fort, malléable, peut être aisément fondu, soumis à l'action du marteau et poli ; les meilleures espèces de ce métal sont, après avoir été manufacturées, très-blanches, et pas plus disposées à se ternir que ne l'est l'arjjent. On peut découvrir, par l'analyse, trois ingrédîens de ce composé, savoir : le cuivre, le zinc et le fer.

Il est quelques échantillons de cuivre blanc chinois, qu'on dit consister simplement dans du cuivre et de l'arsenic.

TYPE MÉTAL. La base de ce métal pour les imprimeurs, est le plomb , et le principal article dont on fait usage pour

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lui donner de U dureté, est rantimoioe , aiiqoel on «^outeda cuiyr€ et (|u laiton , en proportions yariées. Les propriétés 4'un bon métal type, destiné à être employé aux caractères d'imprimerie, sont, qu'il puisse être librement coulé dans le moule, et qu'il ait de la dureté, sans ê(re ezcessiyemcBt cassant. Les lettres plus petites sont faites d'une compositioa plus dure qise celles d'une plus grande dimension. Il ne paraît pas que nos fondeurs de caractères soient en possession d'une bonne composition pour cet objet. Le défaut principal de celle qu'ils emploient, semble être que les métaux ne soiit pas uai* formémen t unis. Dans un morceau de fonte, provenant de l'une de nos principales fonderies , dont l'épaisseur était d'epriroi 5 centimètres, je trouvai un côté dur et cassant, lorsqu'il était raclé , et Fautre c^té , consistant dans presque la moitié do morceau^ était aussi tendre que du plomb. La transition du tendre au dur était subite et non graduelle. Si l'on examine un paquet ou un certain nombre de lettres de même dimension et de la même fonte, il en est qui sent cassantes et dures, et résistant au couteau , tandis que d'autres peuvent être pliées et coupées eu copeaux. On imagine aisément que la durée et la netteté de ces caractères doiveni varjer coosidérablement. J'ai été informé, mais je n'ai pas conpu le fait par essai , que les caractères fondus en Ecosse sont plus durs /et plus uniformes dans leurs qualités.

ULCERE D'HOPITAL. La matière de cet ulcère est une sécrétion morbide. On l'a successivement traité par des lavages avec du nitrate de mercure étendu , de l'acide nitrique et àù chlore liquide.

ULMINE. Le docteur Tboinson a donné temporairement ce nom à une substance. très-singulière, dernièrement cxa-

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mmée par Kiaproth. Cette substance diffère esseatiellement ^de tout autre corps connu , et doit , par conséquent 9 consti**tuer un principe végétal nouveau et particulier. Elle exsude spontanément d'une espèce d'orme , que Kiaproth conjecture être Vulmus mgra, et qui lui fut envoyée de Palerme^ en 180a.

1. Par ses caractères ei:térieurs, elle res^mble à de la gomn^e. Elle était dure, solide, de couleur noire , et ayant un très-grand éclat. Sa poudre était brune. Elle se dissolvait aisément dans la bouche , et était insipide.

2. Cette substance se dissolvait promptement dans una petite quantité d* eau ; la dissolution était transparente et d'un brun noirâtre; et même 5 après avoir été très-concentrée par évaporatioQ 9. elle n'était pas du tout mucilagineuse* ou visqueuse, et ne pouvait être employée comme une pâte pouvant servir à coler. Sous ce rapport, l'ulminc diffère essentiellcT ment de la gomme.

3. Elle était complètement insoluble, et dans l'alcool, et dans l'éther; lorsqu'on versait de l'alcool dans sa dissolution aqueuse , Tulmioe était précipitée en plus grande partie en flocons bruns légers. Le surplus s'obtenait par èvaporation j^ et n'était pas sensiblement soluble dans l'alcool. L'alcool acquérait, par ce traitement, une saveur acerbe»

4. Lorsqu'on yer^a dans la dissolution aqueuse qqelques gouttes d'acide nitrique, elle devint gélatineuse, perdit sa couleur d'un brun noirâtre, et il se précipita une substance d'un brun léger. Toute la dissolution fut évaporée lentement jusqu'à siccité, et le résidu, sous la forme d'une poudre d'un braa roiigeâtre, ayant été traité avec de l'alcool, ce liquide se colorja en qn jaune doré , et par èvaporation , il laissa unei substance résineuse d'un brun léger , amère et acerbe.

5. L'acide muriatique o]^igéné produisait précisément le» ml^es effet!^ que l'acide nitrique. Ainsi , il paraît que l'ulmioe est convertie j par l'addition d'un peu d'oxigèoe, en une su^tance résineuse. Dans oe nouvel élat, elle est inso-^

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lubie dans l*eau. Cette propriété est très-singulière. Jusqu'à* présent, les huiles volatiles étaient les seules connues comme étant susceptibles de prendre la forme de résines; et il est très-remarquable qu'une substance soluble dans Teau puisse être, avec une telle facilité, transformée ainsi.

6. L'ulmine émet , en brûlant , un peu de fumé« ou de flamme, et elle laisse un charbon spongieux, mais fenne; et ce charbon, étant brûlé en plein air, laisse pour résidu lio peu de carbonate de potasse.

Telles sont les propriétés de cette substance curieuse, ainsi qu'elles ont été examinées par Klaprotb.

URAN-GLIMMER. Urane micacé. C'est une mine d'uraûe appelée autrefois mica vert, et, par "Weruer, chalcolitt. ( Voyez l'article suivant. )

URANITE ou URANE. On a donné ce nom à une nouvelle substance métallique découverte par Klaproth dans le minéral appelé pechblende» Cette substance est, dans ce minéral, à l'état de sulfure ; mais elle se rencontre également à celui d'oxide, dans le mica vert ou uran-glimmer, et dans l'urane ocre.

En traitant les mines du métal avec l'acide nitrique on l'eau régale , l'oxide sera dissous , et peut être précipité paf l'addition d'un alcali caustique. Il est insoluble dans l'eau et d'une couleur jaune; mais une forte chaleur le rend d'un gris brunâtre. Pour obtenir cet oxide à l'état de pureté, il faudrait traiter la mine avec l'acide nitrique, évaporer à siccité la dissolution, et chaufifer assez le résidu pour rendre insoluble tout fer qu'il peut contenir. Après avoir traité le résidu avec de l'eau distillée, et ajouté de l'ammoniaque à la dissolution , on l'y laisse pendant quelque temps en digestion: l'urane se précipite, et le cuivre reste dans la liqueur. Eu lavant bien alors le précipité avec de l'ammoniaque, on le dis- ;fout dans de l'acide nitrique, et l'on fait cristalliser la liqueur.

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ÎJ s*y forme des cristaut verts. Après les avoir fait sécher entre des doubles de papier brouillard, on les fait dissoudre dans Teau et cristalliser de nouveau, de manière à ce que la chaux qui aurait pu être présente soi t en totalité séparée. Enfin le nitrate étant chauffé au rouge, il sera converti dans l'oxide jaune d'urane. La réduction de cet oxide s'opère très - difficilement. Après en avoir calciné au rouge 3 grammes, et en avoir formé une boule avec de la cire, on la soumit, dans un creuset de charbon bien clos, à l'action de la chaleur la plus Tiolente d'un fourneau à porcelaine, chaleur dont l'intensité pouvait être évaluée à 170° du pyromètre de Wedgwood. On obtint ainsi un bouton métallique pesant 1,8 grammes, d'un gris foncé, dur, d'une cohérence ferme, à grains fins, avec pores extrêmement petits et extérieurement éclatant. En attaquant ce bouton avec la lime , oii en le frottant avec un autre corps dur , l'éclat métallique prend une couleur gris de fer; mais, dans des essais moins parfaits, cette couleur tourne au brun. Sa pesanteur spécifique était de 8,1. Cependant, Bucholz la trouva être de 9,0.

Il est probable qu'il n'existe que deux oxides d'urane : le protoxide , qui est d'un noir grisâtre , et le peroxide qui est jaune.

Lorsque l'urane est chauffé au rouge dans un vaisseau ouvert, il éprouve une sorte de combustion et devient ardent comme un charbon embrasé, et il passe ainsi à l'état du protoxide, qui consiste, d'après les expériences de Schoûbert, dans :

Urane. . . 100 i5,7 Oxigène. . 6,373 1,0 Le précipité produit par la potasse dans la dissolution nitrique, «'appelé U oxide jaune, et ce précipité est formé de: TJrane. . . 100 3i,4 = 2 atomes Oxigène. . 9,359 3,9 =: 3 idem.

L'oxide est soliible dans de l'acide sulfurique étendu 4^auffé à une douce chaleur, et il fournit des cristaux pris-

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tnatîques de couleur de citron. Sa dissolution dans Taeide muriatique, qui ne le dissout qu'imparfaitement, cristallise en tables rhomboîdales d'un vert jaunâtre. L*acide phosphorlque dis!(out Topde ; mais au bout de quelque temps le phosphate se précipite sous la forme de flocons , et ayant la couleur d'un jaune pâle.

L'urane se combine ayec les substances Titrifiables, en les ^ colorant en brun ou en vert. Sur la porcelaine, aTeclcflui

ordinaire , il produit une couleur orangé.

y XJRANE OCRF. Mine d'urane , consistant dans ce métal à

Tétat d'oxidation. ( Voyez l'article précédent. )

tJRATES. Composés d'acide ilrique ou lithique^ avec 1« bases saliâables. ( Voyez Acide LiTHiQiTt:«' )

URÉE, le meilleur procédé pour obtenir l'urée, consiste i\ évaporer de l'urine, jusqu'à consistance de sirop, en ajaot soin de régler la chaleur vers la fin de l'évaporation; on ajoute peu-à-peu à ce sirop un volume égal au sien d'acide nitrique à 24°, et après avoir remué le mélange, on le plonge dans un bain de glace, afin de durcir les cristaux du nitrate acide d'urée qui se précipitent; ces cristaux étant lavés avec de l'eau à iéro,onles fait égoutter; après quoi on presse entre des doubles de papier Joseph. Lorsque les matières étrangères qui pou?aient êfrc adhérentes aux cristaux en ont été ainsi séparées, on les redissout dans de l'eau, en ajoutant à la dissolution du carbonate de potasse, en quantité suffisante pour neutraliser Facide nitrique. Il fout évoporer alors à une douce chaleur la nouvelle liqueur, presque jusqu'à sîccîté, et traiter ensuite le résidu avec de l'alcool très-pur, qui ne dissout que l'urée. En concentrant alors la dissolution alcoolique, l'urée cristallise.

Ce procédé de préparation de l'urée est celui de M. Thénard. Le docteur Prout sépare le nitrate de potasse par cristallisation; il met l'urée liquide à l'état de pâte arec du char-

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bon animal, fuit digérer celte pâte dans de l'e-au froide, filtre la liqueur, la concentre, fait dissoudre alors 1^ nouvelle urée incolore dans de l'alcool, et enfin la fait cristalliser. Le procédé prescrit par le docteur Thomson dans la 5.*"' édition de son Système , traduction française , tome? IV , page 472 , ne réussit pas également bien.

L'urée cristallise en prismes tétraèdres, o|ui sont transparens et incolores, avec un léger éclat nacré. lEUe a une odeur particulière , mais qui n'est pas urineuse. Elle n'affecte point les papiers de tournesol ou de curcuma. Exposée à l'air, elle n'éprouve d'autre changement que d'y devenir légèrement déliquescente dans un temps très-humide. A une forte chaleur, elle se fond, en se décomposant en paptie, et étant en partie sublimée, sans éprouver de changement. La pesanteur spécifique des cristaux est d'environ i,35. Elle est trèssoluble dans l'eau. L'alcool en dissout, à la température de l'atmosphère, environ 20 pour 100, et ce liquide en prend beaucoup au-delà de son propre poids, lorsqu'il est bouillant; par le refroidissement, l'urée s'en sépare d'ans sa forme cristalline. Les alcalis fixes et les terres alcalines la décomposent. Elle s'unit avec la plupart des oxides métalliques , et forme, avec les acides nitrique et oxalique., des coraposils cristallins. Lorsqu'on introduit, avec précaution, ^e l'urée dans une cornue à col large et court, et qu'on chauffe, elle se fond à une douce chaleur, il s'élève une fumée blanche , consistant dans de l'acide benzoïque qui se condense sur les parois du récipient ; elle est suivie de carbonate d'ammoniaque cristallisé, qui continue de s'élever ainsi jusqu'à la fin; il ne passe ni eau, ni huile; mais le sublimé prend une coukîur brune. L'air dégagé ^e l'appareil est imprégné d'une odeur d'ail et de poisson. pourri; lorsque la chaleur est très-intense, l'odeur est insupportable. La matière dans la cornue est alors sèche, noirâtre et recouverte d'une croûte blanche boursoufflée , qui finit par s'élever en une vapeur pesante , et qui s'attache à la partie inférieure de la cornue. Cette vapeur consiste dans du muriate d'ammoniaque.

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Si Ton yerse de Teau sur le résidu , il émet une odetff d'acide prussîque. Ce résidu, brûlé à feu nu, exhale la même odeur, dégage de rammoniaque, et laisse un centième de son poids de cendres blanches acres, qui verdissent le sirop de violettes et contiennent une petite quantité de carbonate de soude.

La dissolution aqueuse de l'urée, distillée à une douce chaieur, et poussée jusqu'à Tébullition, fournit de Teau très-claire, chargée d'ammoniaque; en ajoutant plus d'eau à mesure quels liqueur devenait plus épaisse, Fourcroy elM.Vauquelin obtinrent près des deux tiers du poids de l'urée en carbonate d'ammoniaque , et le résidu n'en était pas alors épuisé ; les dernières portions, cependant, étaient de plus en plus colorées.

Cette décomposition d'une substance animale, à la température seulement de l'eau bouillante, est très-remarquable, particulièrement sous le rapport de l'acide carbonique qu'elle fournit. Il parait, en effet, qu'il suffit d'un très-léger changement d'équilibre, pour faire passer ses principes constituans à l'état d'ammoniaque , et d'acides carbonique , pnisiique et acétique.

L'urée a été en dernier lieu, soumise à l'analyse par 1« docteur Prout et M. Bérard; d'après eux, ses parties constituantes sont ainsi qu'il suit :

Pour cent.

Pour cent.

Par «tomes.

Hydrogène,

Carbone. .

Oxigène. .

Azote. . .

f^oycz SvcnE, pour quelques remarques sur les rapports qui existent entre cette substance et l'urée. L'acide urique ou lithique est une substance tout-à-fait distincte, dans sa composition de l'urée. Ce fait explique, suivant le docteur Prout, pourquoi un excès d'urée accompagne généralement la diathèse phosphorique ^ et non ladiathèse lithique. J'ai tu

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