‹ Dictionnaire de conversation à l'usage des dames et des jeunes personnes (volume 2)Chapitre 3 sur 133 · SAI · texte numérisé non relu

SAI

Saint - Pierre de Rome , la plus vasto cl la plus ina;j;nilique basilicpio (1(1 monde chrétien. Ce monument graii- (liose, le chef-d'œuvro do l'art moderne, fut commencé par les ordres du pape Jules II, sur les dessins de l'architecte Bramante, achevé sous Léon X , et embelli i)ar Michel-Ange et l{ai)lia('l. Une colonnade, du |)lus magnilique effet, d'admirables fontaines jallissan un obélis(iue de granit rouge, complètent la décoration de la qui conduit au péristyle de cette basilique.

IiiUrinir de Sl-Pierrc.

tes et place

Ej- /('■/■ il' m- de Stiiii/-Pierrp.

Saint-Réal (l'abbé de), écrivain distingué du xvn'' siècle, naquit à Cliauibeiy (>n 1()39, et mourut dans la même ville au mois de septembre I()ÎI2. Son Hisluiir de la ctinjuratinu de IVo/sc, publiée en' K)7i, est regardée à bon droit connue l'un des classiques de l'histoire.

Saint-Simon (Louis (le Houvcrv, duc ûo), né le K) janvier HiTlj, mourut à Paris le i mars n.'J.'i, à l'àgc de 80 ans, laissant la réputation d'un (li|>lomate habile, d'un grand seigneur parfait, mais ne faisant pas soupçonner la célébrité posthume qui, plus tard, devait

roconiiiiaïKler son nom comme celui d'un des éciivains les plus originaux, les plus incisifs, les plus piquants dont s'honore la France. Il embrassa de bonne heure la carrière militaire, et lit sa première campagne sous le maréchal de Luxembourg. La mort de son père, arrivée en 169.3, le mit en possession du gouvernement de Blaye, et des titres de duc et pair. 11 quitta bientôt le service pour la diplomatie, et vint à Versailles dans les dernières années de Louis XIV; mais l'aspect glacial de cotte cour décré|)ite fit une impression profonde et triste stn- son esprit, et c'est à cette impression qu'on attribue les couleurs un peu sombres sous lesquelles il a dépeint le déclin de cette grande époque. A la mort de Louis XIV, il fut ajipelé au conseil de régence par le duc d'Orléans, puis chargé, en 1721, d'une mission délicate auprès de la cour d'Espagne. Lors de l'avéneftient de Louis XV, St-Simon, se voyant négligé, se retira dans sa terre de La Ferfé, où il composa ses mémoires qui, déposés en vertu d'une lettre de cachet au ministère des affaires étrangères, ne furent publiés que 80 ans après sa mort.

Saint-Simon (Claudc-IIenri, comte de), né à Paris le 17 octobre 1700, appartenait à une famille qui prétendait descendre de Charlemagne par les comtes de Vermandois, et était le plus proche parent du duc de St-Simon, dont nous venons de parler. Sa vie fut des plus aventureuses. Après avoir fait la guerre de l'indépendance sous les ordres de Bouille et de Washington, il quitta le service, voyagea dans les différentes contrées de l'Europe, spécula sur la vente des biens nationaux, au temps de notre l'" révolution, et acquit ainsi une belle fortune, qu'il dissipa bientôt dans la société des gens de lettres et des savants. Réduit à la plus affreuse misère, il se mit à écrire sur la politique, sur l'industrie, sur la religion, se fit quelques disciples, et mourut le -19 mai 182."), pendant qu'on imprimait son dernier ouvrage, le Nouveau Christianisme. Le but de Sl-Simon était de renouveler la société tout entière, religion, morale et politique. Ses disci|)les, appelés de son nom St-Simoniens, fondèrent, après sa moit , une secle ])olitique et religieuse qui, après avoir fait grand bruit pendant quel(|ue temps, a disparu.

Saïque, espèce de bâtiment gi'cc ou turc, dont le corps est trèscluirL'é de bois. Les Turcs s'en servent pour leurs navigations dans l'archipel du Levant, et aux côtesd'Afri(iu('.

Saisie. Ce mot signilie toute mise de; biens ou elfcts ([uelconques sous la main de la justice, et, par extension, l'exploit ou l'acte qui la signifie ou la fait connaître à l'individu qu'elle concerne. C'est l'acte d'un créancier qui, ])our la sûreté de sa créance, et afin d'en avoir le paiement, arrèl(> et met sous la main de la justice les biens meu-

bles ou immeubles de son débiteur. — Ce mot signifie aussi, en matière de douanes, de contributions indirectes et de police, l'action de s'emparer |)rovisoircmenL des choses qui sont l'objet d'une contravention, ou ([tii peuvent fournir la preuve d'un crime, d'un délit. — On appelle! saisie-arrêt ou opposition, une voie d'exécution par laquelle uncréancier arrête entre les mains d'un tiers les sommes ou etléts immobiliers appartenantà son débiteur, pour faireordonner par justiceque les Jeniers ou prixûe ces etléts lui seront remis en paiement de sa créance. — La saisie-brandon est la voie d'exécution forcée par laquelle un créancier saisit les fruits pendants par racine, ap[)artenant à son débiteur, pour les faire vendre à leur maturité, etse faire payer sur le prix. — Par saisie-exécution, on entend celle qu'exerce le créancier porteur d'un titre exécutoire, pour faire vendre les meubles corporels de son débiteur, et être payé sur le prix. Elle prend le nom d'exécution parce qu'on dépouille le débiteur de ses meubles au moyen de la vente qu'on en fait faire. — La saisie des rentes ne peut avoir lieu qu'en vertu d'un titre authentique et exécutoire, et entre les mains de celui qui la doit. Elle est assujettie à des règles spéciales qui se rapprochent souvent de la saisie immobilière. — On nomme saisie-gagerie, celle qui a pour objet d'empêcher que les meubles et fndts garnissant la maison ou les terres du propriétaires ne soient déplacés ou enlevés au préjudice des loyers et fermages qui lui sont dus. — La saisie-conservatoire est celle qu'un créancier fait pratiquer en vertu de l'autorisation du président du tribunal de commerce, quoique la réclamation qu'il élève contre son débiteur ne soit point encore sanctionnée par une décision judiciaire. — Par saisie rcvendicatoire , on entend la réclamation d'un efl'et immobilier qui se trouve dans la main d'un tiers, et sur lequel on prétend avoir le droit de propriété ou celui d'un gage privilégié. — EnOn la saisie immobilière est pour les immeubles ce que la saisie-exécution est pour les meubles. Le but de l'une et de l'autre est de mettre les biens du débiteur entre les mains tle la justice pour les faire vendre et payer les créanciers sur le |)ri\ (v. Expropriation).

Saisine. C'est la prise de possession d'une chose ou la chose ellemême. — Il y a 2 esi)éces de saisines : celle de fait et celle de droit; la première suppose une possession réelle de fait (v. Possession, Propriété) ; la seconde a lieu par le seul elVet de la loi, comme dans le cas de la maxime : le mort saisit le vif (v. Succession).

Saisons. On entend connnunément parce mot certaines parties de l'année que distinguent la chaleur et le froid, et désignées par les signes dans les(iuels entre le soleil. Elles sont au nombre de

4 dans nos climats tempérés, et contiennent chacuno 3 mois; le printemps et l'antomne connncncent aux équinoxes; l'été et l'hiver commencent aux solstices. — (Vest an moyen de rinclinaison du i^lobe de "23 degrés et demi sur son oi'bite.oii plan de réclipli([iie, inclinaison constante et toujours parallèle à elle-même, que se produit le changement annuel des saisons. La terre, en parcourant son orbile autour du soleil, lui présente, à cause de celte oblitpiité, tantôt son pôle nord et tantôt son pôle sud, sous cet angle de 23 degrés et demi. Il s'ensuit cpie le soleil s'élève jusqu'au tropique du Cancer dans notre été^ et s'abaisse jusqu'à celui du Capricorne dans notre hiver, mouvement régulier et constant qui produit ces différences de température qu'explique suffisamment le plus ou moins grand éloignenient du soleil. — Saiso7i se prend aussi \)our époque; on dit la saison des foins, des moissons, des fruits, des vendanges, des chasses, de la mue. de la couvaison.

Salade, léger casque sculpté, dont, aux siècles de la chevalerie, les hommes d'armes se couvraient la tète.

Saladin, le héros musulman de la troisième croisade, fils d'Ayoub et neveu du fameux Chirkou, le plus habile général de Noureddin, fut choisi par le calife pour remplacer Chir-^ kou à la tète des armées. Chargé de rétablir en Egypte l'aulorilé des califes de Bagdad, il s'en arrogea la souveraineté , et fonda i(^x /^ l'éphémère dynastie des Ayoubites. Bientôt il marcha contre les croisés, gagna contre eux la bataille de Tibériade, et s'empara de.lérusa- Saïade.

!em. Ces rapides succès portèrent l'alarme dans l'Europe; les conciles décrétèrent rétablissement de la dune saladine; ei Frédéric Barberousse , Bichard-Cœur-de-Liou et Philipi)e-Auguste prirent la croix. Les années de France et d'Angleterre , d'abord victorieuses, ^'empurèrr-nt de S(-.ïean-d"Âcre; mais bientôt la désunion s'élant mise calr, ',.'s 2 rois, toute chance de succès s'évanouit , et Richard, re.-té seul, fut obligé de traiter avec son ennenn et de lui abandonner la Terre-Sainte. Saladin ne survécut pas long-temps à ce dernier succès; admiré des chrétiens, pleuré des inlideles, il laissa à Malek-Adhel, son frère, le vaste héritage de sa puissance et de sa gloire.

Salaire, prix d'iui Iravjiil ijuclconquc, et |)arliculi('rement du travail journalier de l'ouvrier.

Salamandre, genre dc fepliles de l'ordre des batraciens, dont les caractères principaux sont 3 ou i doigts aux pieds dc devant,

4 OU 5 à ceux de derrière; une langue large, non fourchue, fixée dans toute sa longueur, et une queue. Long-lemps on a cru que le feu était son élément, et que sa morsure causait la mort; mais le temps a fait justice de ces préjugés. Toutefois, un phénomène non moins étonnant que ceux qu'avaient rêvés les anciens distingue ce reptile: ainsi que l'escargot, il a la faculté de régénérer ses membres si on les lui coupe; ses yeux même se reproduisent lorsqu'on les lui arrache; il meurt quand on le saupoudre de sel ou de tabac. Sa forme extérieure est fort rapprochée de celle du lézard, et il ha-

bite de prélérence les étangs , ou les marais bourbeux. — Les cabalistes (v.) nommaient ainsi certains esprits auxquels obéissaitl'animal merveilleux dont ils portaient le nom Fran- Salamnmlre (écu d'or do François l"*'

rois I^"" avait pris pour devise une salamandre dans le feu, avec ces mots : fy vis et je l'éteins. Une monnaie d'or frappée sous son régne porte aussi le nom de salamandre.

Salamine, aujourd'hui Koluri , ile grecque située vis-à-vis Eleusis; étendue : i milles carrés; i^opulation : 5,000 habitants. Elle était séparée de l'Attique par un détroit d'un kilomètre de large. La victoire de l'escadre combinée* des Grecs, sur la flotte heaucoiq) i)lus nombreuses des Perses, l'a rendue fameuse. Parmi les princes qui l'ont gouvernée , le plus célèbre est Ajax, un des héros d'Homère. — Quelques siècles après la guerre de Troie, les habitants de Mcgare s'emparèrent de cette île, mais ils en furent i)ientùt chassés par les Athéniens, et elle devint province romaine sous le règne de Vespasien.

Salep, substance nourrissante qu'on tire des racines bulbeuses et mucilagineuses de certains orchis. On le prend oïdinairoment sous forme de gelée ; il est restaurant et adoucissant, ("elui de Perse est le i)his renommé, et l'on en fait du chocolat, regardé connue très-salutaire à la santé.

Salerne. Cette ville, assez considérable encore, bien que son port soit moins fréquenté qu'autrefois, est située sur la Méditerranée à 72 kilomètres de Naples. C'est dans la plaine voisine (le Salerne que fut gagnée, en lOU), par quelques chevaliers normands contre une année de Sarrasins, une bataille t]ui sauva la X. 2

SAL — lû — SAL

ville ilalieniie du joug de rislainismo. On sait que cet événement fut l'origine de la fondation du royaume des Deux-Siciles par les Normands, grâce aux brillants exploits des Guiscard et des Tancrède. Le premier, devenu prince de la Fouille, transporta à Salerne l'école de médecine, que Constantin l'Africain, Arabe converti , avait fondée au mont Cassin ; cette école devint la plus célèbre du monde, brilla pendant plusieurs siècles, et servit de modèle aux autres établissements (lu même genre qui se formèrent dans les divers états de l'Europe.

Saliens (Francs-"), peuples qui parurent pour la ])roniière fois dans l'île des Bataves, et, après en avoir été chassés, s'établirent au sud de la Meuse parmi les Charnaves. On croit que cette dénomination leur vint de VIsala (Ysscl), ou de la Saale, rivière de leur ancienne patrie.

Salifiables (de 2 mots latins signifiant sel et faire) . On nomme ainsi, en chimie, les substances qui peuvent être aisément converties en sel.

Salines, salîns, usines établies près des fontaines salées, et où l'on retire par révaporation le sel marin que contiennent ces fontaines.

SalJque (loi), ainsi nonmiée des Francs-Saliens, oliez lesquels elle était en vigueur, et qu'on prétend avoir été faite par Pharamond ou par ciovis. Elle porlait, entre autres dispositions, qu'en la terre sctli(]ue aucune porlion d'iiérilage ne revient à la femelle. Cette prescription fut apiiliquée pour la première fois d'une manière formelle à la succes-ion à la couronne de France, en 1316, après la mort de Louis-le-Hutin; depuis, elle a été, sous ce rai)port, regardée comme une des lois fondamentales de la monarchie. — La terre salique était, selon Ducange, toute terre donnée à un Franc-Salien lors du partage des conquêtes, pour qu'il la possédât librement, sous la seule obligation du service militaire, clause qui naturellement en fit exclure les filles.

Salive , liqueur visqueuse, incolore, sécrétée par les glandes disposées de chaque côté en arrière de la mâchoire et sous la langue. Ce liquide favorise la digestion des aliments en se mêlant à eux dans la bouche , et leur faisant subir un commencement d'élaboration.

Salles d'asile {\. Asile).

Salluste (Caius Salliislius Crispus), né à Amiterne, ville du pays des Sabins, l'an de Home (i68 (87 av. J.-C), parvint à la questure à 27 ans, et fut nommé, l'an 702, tribun du peuple au préjudice deCaton. Exclu du sénat à cause de ses débauclus. il obtint la préture au retour de César à Rome (708'j, et bientôt après fut promu

au 2;ouvcrnoniO!it de la Niiiiiidio. Salluste f|iiitla Rome ontiorcinont ruiné, ot y revint en 710 avec d'immenses rieliesses. 11 fit alors construire sur le mont Quirinal wno habitation magniruiue, et planler des jardins vantés par les anciens comme la plus délicieuse promenade de Rome; la place qu'ils occupaient est encore appelée aujourd'hui les Jardins de Salluste. — Il passa les 9 dernièr(>s aimées de sa vie partageant son tem[)s entre l'étude et les plaisirs, et moinnit l'an 718. — Salluste n'aïu-ait laissé qu'un nom odieux par ses rapines et ses désordres, s'il n'eût com|)osé les admirables histoires de la conjuration de (^atilina et de la guerre de Jugurtha.

Salm (maison de). Il existait 2 comtés de ce nom avant la révolution française : le comté ù'Ober-Salm (Haut-Salm), avec la IK'lite ville de Salm, dans le Wasgau, entre l'Alsace et la Lorraine, et le comté de Nieder-Salm (Bas-Salm), avec la ville de Salm, dans les Ardennes, aux frontières du territoire de Liège, dans le Luxembourg. — L'ancienne famille des comtes de Salm, qui en étaient seigneurs, se divisa en 1010 en 2 branches formées par les 2 fils du comte Théodoric. Henri eut Ober-Salm, et ses descendants formèrent 2 nouvelles lignées. Charles reçut N ieder-Salm ; sa postérité acquit le duché de Liml)ourg, et s'éteignit avec Henri IV en 1413. La maison de Salm se subdivise en une foule d'autres branches dispersées dans toute l'Allemagne, la plupart portant le titre de maisons princières, mais possédant d'assez minces territoires et des revenus peu considérables.

Salomon, roi des Juifs, H" fils de David et deBethsabée, né l'an du monde 2971 et av. .l.-C. 1029, s'empara du trône d'Israël au détriment d'Adonias, son frère aîné, qu'il mit à mort, et épousa la lille du Pharaon d'Egypte, pour laquelle il fit élever un magnifique palais à .lérusalcrn. C'est à l'occasion de la solennité de ses noces avec cette princesse qu'il composa, assure-t-on, son merveilleux épilhalame le Canlique des Cantiques. 11 avait 26 ans lorsque Dieu lui apparut en songe et lui donna la sagesse en partage. — Tout le monde connaît le fameux jugement qu'il rendit dans une contestation entre deux fcnnnes (pii se disputaient un enfant. — Sur le bruit do sa sagesse, la reine de Saba alla le voir et le quitta charmée de sa prudence et de sa magnificence. Salomon tenait alors sous sa puissance tous les pays et royaumes qui sont entre l'Euphrafe et le Nil. Ses flottes nombreuses côtoyaient lOccan et voguaient vers ()|)hir, d'où elles rapportaient de la poudre d'or, des aromates, de l'ivoiic, etc. 11 rendit, rapporte l'Kcriture, l'or et l'argent aussi communs à .lérusalem (pie les |)ierres des chemins. La 4 année de son règne, Salomon lit commencer, sous la coduile du Tvrien Ado-

niram, ce temple fameux doiil nul autre édifice n'a jamais approché, et qui coûta, dit-on, 13 milliards à hàlir. Toutefois, ce prince, s'élant corrompu par rexcés de sa i)iiissanco, abandonna le Seigneur, sacrifia aux idoles de pierre et d'airain, et se livra aux plus infâmes voluptés. A])rès H) années de règne, il mourut à l'âge de 58 ans.

Salpêtre, ou nitrate (ic potasse (v. Nitrate).

Salsepareille, plante de l'Amérique méridionale, dont les racines longues et ligneuses sont employées en médecine. Dans le commerce on les trouve réunies en faisceaux volumineux. On on distingue plusieurs espèces, la sahepareille du Honduras, la salsepareille Caraque, la salsepareille de la Jamaïque: c'est à celle-ci qu'on accorde ordinairement la préférence. — Quoi qu'il en soit, toutes ces sortes de racines médicamenteuses contiennent une grande (juantité d'amidon et une matière particulière à laquelle on accorde les vertussudorifiquesdela salsepareille. — La salsepareille s'administre en décoction, on l'emploie dans toutes les maladies qui réclament l'usage des sudoi'ifiques, telles que les rhumatismes chroniques, certaines atfections de la peau, etc.

Saltimbanque, jouglcur, bateleur, charlatan, ordinairement placé sur un théâtre, dans une place publique, pour y faire ses exercices et y débiter ses drogues. — Cette qualification s'applique figurémentà un bouffon de société, à un mauvais orateur, qui débile avec des gestes outrés, des plaisanteries de mauvais goût (v. Batehnn').

Saluées, petite \\\\e des états sardes, bâtie pré; de l'emplacement de l'ancienne /l((,9i(.s/a Vagiennoram et qui devint, au moyen âge, la capitale d'un jtetit territoire bien connu sous le nom de marquisat de Salaces. Ses titulaires ont joué un grand rôle dans l'iiistoire de ces contrées; les pins remaniuables sont : Thomas lil, (pii séjourna en France et y composa un ouvrage intitulé le Voyage (lu chevalier errant, moitié prose, moitié vers; Louis l'^'' qui, de concert avec Philippe-Marie-Visconti, seigneur de Milan, humilia Venise et les Florentins; le l'i" marquis de Saluées, qui commanda l'armée française dans le royaume de Naples, et assista à la bataille de Pavie. — Henri IV échangea en 1601 ce marquisat contre la Bresse.

Salubrité publique. On appelle ainsi la qualité de ce (pii concourt à iiiaintcnir la santé. La salubrité est le but de l'hygiène; les principales conditions de la santé de l'homnip sont dans la pureté do l'air qu'il respire, la bonne qualité des aliments et des boissons dont il fait usage, ainsi (|ue de l'innocuité de la profession qu'il exerce. Ces conditions sont toutes j)Uis ou moins difiiciles à rcm[)lir.

SAL — n — SAL

Coliiiqiii possède une maison, un cliamp qu'il lient de ses parents eoinnie seul moyen de subsister, ne les quittera pas, bien qu'il sache qu'ils sont situés dans un lieu peu saUibre. Dans les villes, la nécessité met bien des individus dans la condition d'habiter les rues les plus malsaines; leur pauvreté et le prix élevé des loyers dans les quartiers salubres les obligent à vivre dans des conditions défavorables. C'est en vue de nombreuses améliorations hygiéniques que les gouvernements s'occu[)ent surtout depuis quelques années à donner plus de largeur aux rues, à y faire arriver des courants d'eau qui entraînent les dernières immondices. Anciennement les villes se formaient, mais on ne recherchait pas si quelquesunes de leurs parties ne deviendraient pas, par l'accumulation des constructions dans un espace trop circonscrit , autant de foyers d'infection et de maladies pestilentielles. Paris lui-même se ressentit peut-être plus que toute autre localité de l'insouciance de nos pères à cet égard. Aussi pendant long-temps mérita-t-il le nom de Lutêce, ville de boue, qu'il conserva pendant des siècles. Sons Philippe-Auguste, notre capitale était un véritable cloaque. Ce prince, incommodé jusque dans son palais par l'infection des rues, ordonna de les faire paver toutes; amélioration sans doute bien importante, mais encore insufiisanle, et qui ne détruisit pas les inconvénients de ces rues longues, étroites, où chaque maison semble se disputer la voie publique et les hauteurs de l'atmosphère. La mortalité de Paris, comparée à celle des autres villes, était alors proportionnellement plus forte; cet état d'insalubrité dura bien longtemps. Ce ne fut que sous le règne de Henri IV qu'on ordonna l'élargissement de quelques rues, non précisément en vue de la salubrité publique, mais pour faciliter le passage des voitures de luxe, dont l'usage commençait à s'établir. — Il faut arriver au xviii'' siècle pour trouver dans l'élargissement des rues l'intention de rendre Paris moins insalubn>; et aujourd'hui nous pouvons voir que ce vaste plan reçoit son exécution sur beaucoup dépeints de la capitale. — La salubrité d'une ville ne flépend pas uni(iuement de la distribution des habitations, mais encore des dilTérentes industries qui la font fleurir. Les unes, regardées comme insalubres, doivent être repoussées du centre de la cité, à une dislance qui ne permette pas aux exhalaisons plus ou moins nuisibles auxquelles elles i)euvent donner lieu, de se ré|)andre au sein des habitations. — Toutes les conditions d'assainissement d'une ville sont réglées par un corps d'honuneséclaiiés, appelé coiisi'il de saluhritr. Paris et les principales villes du royaume possèdent aujourd'hui chacune une insfitution de ce genre, et les liabitants de ces diverses localités se ns-

sentent cliaquo jour (lavantngc du bien (Mre que pioduisent inecssamnienl les efforts de ces confpils.

Salut, conservation ou rétablissement dans un élat heureux, convenable ; félicité, sûreté : le salut de l'empire. Ce mot s'applique encore dans le christianisme à la félicité éternelle, au bonheur dans le ciel : hors de l'église point de salut pour ceux aux yeux desquels la lumière a lui en vain , mais non pour ceux qui sont toujours restés dans les ténèbres de l'ignorance. — Salut exprime encore l'action de saluer: c'est un témoignage de respect, d'honneur, de bienséance, d'amitié, qu'on se rend réciproquement. Aller saluer quelqu'un, c'est aller le visiter. — Saluer, en parlant des anciens Romains qu"on élevait à l'empire, veut dire proclamer: Vespasien fut salué empereur. — En marine, il y a 4 manières de saluer : avec le canon, avec le pavillon, avec la voile et avec les voix. — Phyf^ioloijie du salut. Chaque peuple a sa manière de saluer: les habitants de la Palestine et des contrées adjacentes se saluaient en courbant le corps très-profondément ; les Japonais se saluent en ôtant un pied de leur pantoufle: en France nous nous découvrons par respect; dans l'Uincloustan on prend la barbedeceluiqu'on salue. Des insulaires des Philippines prennent la main ou le pied de ceux qu'ils veulent honorer et s'en frottent le visage. D'autres se courbent très-bas en mettant leurs mains sur leiu-s joues, et lèvent un pied en l'air en fléchissant le genou ; deux Otaïliens qui se rencontrent cognent leurs nez l'un contre l'autre. Les habitants de Carmène, en témoignage d'un attachement particulier, s'ouvrent une veine et oflient à leurs amis le sang qui en jaillit. — lihéiorique du salut. 11 en est du salut comme de la plupart des qualilications qui ne signilient rien de raisonnablement applicable à la circonstance où l'on se trouve. Toutefois, ce n'était pas sans raison que les Grecs s'abordaient en ces ternies : Travaille et prospère; les Romains disaient : Combien valez-vous? les Ualiens et les Espagnols disent : Comment étes-vous? — Comment vous portez-vous? est le salut d'un Français ; celui d'un Anglais, comment faites-vous faire? d'un Allemand, comment vous trouvez -vous? Les Chinois : Avez-vous mangé votre riz? — Salam alaî kom (la santé soit sur vous), disent les Turcs; et c'est de ces trois mots arabesque nous avons fait le mol salamalec. — Adieu, dit-on, dans plusi(>urs langues, pour le salut de départ, c'est-à-dire, je vous reconnuande à Dieu.

Salutation. C'e.-t l'action de saluer. Ce mot n'est usité en ce sens ([ue dans la conversation familière, et en parlant d'une manière de saluer ridicule, extraordinaire. — La salutation anyéli-

SAL — ly — SAM

que c?l une i)rièro adressée à la sainte Vierge, et commençant par ces mots latins : Ave, Maria. Elle est composée des i)aroles que ran2;e Gabriel adressa à ^larie lorsqu'il vint lui annoncer le mystère de l'Incarnation; de celles que proféra Élisabelli, femme du prêtre Zacharie, lorsqu'elle reçut la visite de celte sainte mère de Dieu ; enlin de celles (|u'emi)loie l'éi^lise [)Our implorer son intercession. — Cette prière a été introduite en France par une ordonnance de Louis VI.

Salvador (Saint-), ancien nom de la ville de Baliia au Brésil (v. liahia).

Salvator Rosa , célèbre peintre de l'école napolitaine (v. Roxa Salvator).

Salve (d'un mol latin signifiant salut], décharge d'artillerie ou (le inousqueterie, exécutée en témoignage d'honneur rendu à quelque grand personnage, ou en signe de joie à l'occasion de quelque heureux événement.

Samarkand, ville célèbre d Asie, dans la grande Bukharie (v.), située sur le côté méridional d'une vaste et fertile plaine, la Sogdiane, que les Orientaux regardent comme un des 4 paradis. Fondée sous If s monarques persans de la l""*^ dynastie, elle fit d'abord partie de ÏEran, fut prise par Alexandre 239 ans av. J.-C, passa successivement sous la domination des Séleucides, des Parthes, puis des rois grecs de la Bactriane, des Sassanides, des Turcs occidentaux, des kalifes, enfin des Tartares mongols, sous la conduite de Gengis-Kan (1219). Elle fut aussi la capitale de l'empire que Tamerlan éleva en 1369, sur les ruines de celui de Djagataï. On y voit encore son tombeau en jaspe; mais on y cherche en vain les traces du célèbre observatoire que fit construire un de ses petitsfils, le savant Ouloug-Bey. Sous le règne des Timourifles, Samarkand reprit son ancien lustre et devint aussi fameuse que Bagdad et le Caire; elle ajijiartient aujoui'd'hui au kan de Bokhaïah, et malgré son état de décadence contient une population de oO,OUO âmes. Ses collèges et ses mosquées, construits en marbre blanc du pays, sont revêtus en dehors de briques vernissées. Ses campagnes, fertilisées par un grand nombre de ruisseaux, produisent en abondance des raisins, des poires, des pommes et des melons délicieux (ju'on envoie dans l'inde et en Perse. — C'est dans cette ville qu'on fabrique le plus beau papier de soie; il fut inventé il y a environ douze siècles.

Samaritains. Ajjrès la première chute du ro\aunie d'Israël, de faibles débris du peu[)le juif restèrent sur son territoire, avec (pielques colons syriens, et reçurent le nom de Kuthes ou Samaritains, de la

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