‹ Dictionnaire de conversation à l'usage des dames et des jeunes personnes (volume 2)Chapitre 36 sur 133 · SOI' — 110 — SOR · texte numérisé non relu

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Sophocle , célèbro trafique grer , coutompurain et digne émule crFiiripide , naquit dans le bourg de Colone, voisin d" Athènes, l'an i98 av. J.-C, et mourut l'an 406, après avoir i)ar(Ouru une longue carrière de gloire, de bonheur et de génie. 11 donna sa première tragédie à làge de 23 ans , et obtint vingt fois la palme : souvent il occupa la seconde place, jamais il ne descendit à la troisième. On dit qu'il était âgé de près de quatre-vingts ans, lorsque ses enfants, pour avoir son bien, voulurent le faire interdire. Il récita, en présence des juges, sa tragédie ù'OEdipe à Colons, et fut acquitté par acclamation. — Le style de ce grand poète réunit tous les caractères de la perfection, richesse des images, simplicité de diction, élégance pathétique de sentiment. Il composa au delà de cent tragédies, dont sept seulement sont parvenues jus(|u'à nous : Ajax, les Trachiniennes, Electre, Àntigone, Philoctete, OEdipe roi, Olùlipe à Colone, qui presque toutes sont des chefs-d'œuvre.

Sophonisbe' (v. Masinissa).

Soprano , terme italien qui désigne la plus aiguë des quatre parties dans lesquelles on divise ordinairement l'étendue de la voix humaine. Il n'y a guère de soprani que parmi les femmes et les enfants : entre la partie de la voix qu'on nomme soprano et celle qu'on appelle contralto, il y a une voix intermédiaire qui participe de l'une et de l'autre, et à laquelle on donne le nom de niezzosoprano.

Sorbon (Robert de), fondateur de la maison de Sorbonne, naquit vn 1201, de parents pauvres et obscurs, dans un petit village (le l'ancien Réthelois, ap])elé Sorbon ou Sorbonne, dont il prit le nom. Après avoir terminé, à Paris, de brillantes études et s'être fait recevoir docteur en théologie, il se livra avec succès à la prédication. Sa réputation d'orateur sacré s'accrut au point que Louis IX voulut l'entendre, et qu'émerveillé de son talent il admit Sorbon à sa table et le prit pour chapelain et pour confesseur. Se rappelant les difficultés qu'il avait eu à vaincre pour arriver au grade de docteur en théologie, Robert résolut de fonder l'école qui porte encore aujourd'hui son nom ou celui de son village. — Saint Louis, par ses bienfaits, concourut aussi à la fondation de cet établissement, qui date de 12.');j. Robert de Sorbon mourut en 1275, à l'âge de 73 ans, léguant tous ses biens à la Sorbonne , et laissant un grand nombre d'ouvrages.

Sorbonne (v. Sorf)On).

Sorcier, sorcière (d'un mot (lo la basse latinité signifiant jeter des sorts), êtres que les préjugés populaires supposent voués ;i la pratique des .sciences occultes, et servant en quelque sorte d'in-

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(('rmt''(liaiivs entre le prinre des démons et le? hommes crédules (|iii veulent le consulter ou conjurer ses fureurs.

Sort, sortilège. Au propre, Ic mot sort ne signifie pas autre chose que les chances diverses du hasard. Au fr^^uré, il ex[n-ime le destm ou cette espèce de fatalité qui, selon rrantiques préjugés, s'attache à certains hommes ou à certaines entreprises. — On le prend aussi comme abréviation de sortilèges : jeter un sort sur quelqu'un, c'est, suivant les préjugés populaires, lui envoyer, à l'aide d'artifices magi<jues, des maladies ou des contrariétés morales, ou faire périr ses bestiaux, etc. — Le f/rrt.ge «usor/ a toujours joué un grand rôle dans les institutions des peuples. Dans nos temps modernes, il entre ckins une multitude d'opérations importantes. C'est le sort qui détermine dans presque tous les pays le départ des jeunes gens réclamés pour le ser\ ice militaire.

Soter, pape, le IS"" de la nomenclature et le successeur dAnicet, nacpiit dans la Terre de Labour. La date de son installation (fet fixée à l'an 175, et sa mort à l'an 179, mais toutes ces époques sont aussi incertaines que son martyre. L'hérésie du Phrygien Montanus lit de grands progrès sous son pontificat.

Sou, sol, monnaie de compte, la 20'' partie de l'ancienne livre, valant 1 2 deniers. Il se dit aussi de la monnaie de cuivre qui avait cette valeur, et communément de la i)ièce de cuivre valant ;j centimes. — En terme d'ancienne pratique, le son tournois était un sou de 12 deniers, et le sou parisis un sou de 13 deniers. 20 sous parisis valaient 23 sous tournois. — 11 y a eu aussi des sous (l'or, dont le prix a été différent, suivant les époques. Lors de l'établissement de la loi salique, le sou d'or valait iO deniers; plus tard, il descendit à 12. — Chez les Romains, le soit valait 6,000 deniers de cuivre.

Souabe (la), un des 10 cercles qui formaient la division de l'Allemagne avant la dissolution de l'empire. Il comprenait les contrées S.-O. do ce pays. C'étaient les plus belles et les plus fertiles. Le Danube les arrose du S.-O. au N.-E. ; les frontières à l'ouest étaient couvertes par la forêt Noire. — La Souabe est située entre la France, rilelvélie, l'.Vutriche, la Bavière, la Franconie et les cercles du Rhin. Sa superficie est évaluée à 2,i80 kilomètres carrés, et sa popidation à 2,200,000 habitants. L'empereur Henri IV donna, en lOSO, l'investiture de ce duché au comte Frédéric de Ilohenstaufen. C'est de ce Frédéric que sont descemlus les rois et les empereurs de la maison de Soual)e. — .\ujoiud'hui l'ancienne Souabe est répartie entre le Wurtemberg, la Bavière, Rade, les principautés dllohenzollern et de Liohtenstein, l'empereur d'Autriche et le grand-duc

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de Hesse. — Les ville> le? pin? eon-^idérablo? ?ont Aiit^shoiiri,', Ulin el Stiiltiïard.

Soubise 'Benjamin de Rolian. seigneur de), né vers l'an lîiSO, était Irere du cék'bre duc de Rohan, chef du parti protestant en France sous Louis Xllf v. Rohan [Henri de]), et fit son apprentissa.se militaire en Hollande, sous Maurice de Nassau. Au moment où éclatèrent les guerres religieuses, en IG21, il fut nommé, par rassemblée des protestants, tenue à la Rochelle, commandant-général des provinces de Poitou, de Bretagne et d'Anjou, et se montra, comme son frère, fidèle à ses coreligionnaires. Il se retira en Angleterre, refusa les conditions avantageuses qui lui furent faites lors de la capitulation de la Rochelle, et continua ses intrigues politiques, auxquelles sa mort seule, arrivée en 16il , mit un terme.

Soubise (Charles de Rohan, prince de), duc de Rohan et Ventadour, de la famille du précédent, naquit en 1715. Grtk-e à la protection de la mar([uise de Pompadour, il obtint, lors de la guerre de sept ans, le commandement de 24,000 hommes, se fit battre 5 Gotha, à Rossbach (v.), et revint à la cour, où il fut long-temps lepoint de mire des épigrammes les plus sanglantes. Mais une nouvelle armée lui fut confiée en 17.58, et, moins malheureux cette fois, il défit les Hessois, les Hanovriens et les .\nglais, à Sondershausen le 13 juillet, à Lutzelbourg le 10 octobre; victoires qui lui valurent le bâton de maréchal. Il mourut en 1787.

Soubrette, nom que l'on donne au théâtre aux suivantes de comédie (v. Rôle). — Cette dénomination s'applique aussi, familièrement et par mépris, à une femme subalterne et intrigante.

Souci enfants sans- [v. Enfants sans souci]).

Soude, composé doxvgène et de sodium. Cette matière, qui est blanche et très-caustique, entre dans la composition des savons durs.

Souffleurs, poissons sou/Jlmrs ou à érents. Classe nombriMise de poissons de la famille des cétacés, ainsi nommés parce qu'ils ont la propriété, en rejetant l'eau par des ouvertures ou érents, de la faire jaillir avec beaucoup de force, à la manière d'un jet d'eau. — Les baleines, les cachalots, les narvals et les dauphins en font partie.

Soufre, substance simple, non métallique, d'une couleur jaune, fiiable, répandant une odeur suffocante quand elle brûle. Le soufre entre dans la composition de la poudre à canon pour une partie contre 7 parties de nitre et mi-})artie de charbon. — En médecine, on l'administre contre les maladies chroniques de la peau.

Sounda (îlesdei, im|)roprement nommées de la So7ide, font partie de rOcéanie, et comprennent Suumâilra (et non Sumatra , Jura, Suuiiibara. Endé on Flores, el Timur. La première s'étend du N.-().

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jiii S.-E., l'espace do 1,304 kilomètres. Sa largeur varie de 80 à .'MO. Une chaine de montagaes la traverse dans loule sa longueur. On y connait 5 volcans, aussi les tremblements de terre y sont-ils fr(k|uenls. La côte occidentale, étant marécageuse et très-brumeuse, est insalubre et décime les équipages européens qui viennent y Caire la traite du poivre; mais tout le littoral, depuis la pointe d'Atchin jusqu'à Palembang , ofîre des sites aussi salubres ([u'a gréables. Les princi|)ales productions du pays sont : le riz, le cocotier, le bambou, le bétel, une foule dépices, etc. — Souinhara a 7'j() kilomètres de longueur sur îiGO de largeur. Elle est divisée en plusieurs étals, dont le princi[)al est celui de Bima. Bima, petite \ille, avec un beau port, est la résidence du soulthan, qui est vassal des Hollandais, et souverain de lîle de Mangaray, ainsi que de la partie occidentale d'Endé.

Soupir (musique), signe qui représente le silence [x.) correspondant aux dillerentes valeurs des notes, et allant toujours en décroissant jusqu'à la plus infime subdivision . Le soupir, qui se figure ainsi "C, est, en parlant de la noire, le silence d'une noire; le de)ni-soupir, 7, celui d'une croche ; le quart de soupir, ^, celui d'une double croche; le demi-quart de soupir, ^, celui d'une trijile croche, et ainsi de suite, en continuant la progression sous sa double face.

Source, eau qui sort de terre et qui forme les puits, les fontaines, les ruisseaux, les rivières. — Endroit d'où elle sort. -^ — Sources inter- \ '' tnittentes, qui couliMit pendant un certain temps , qui cessent ensuite tle couler iicndant un autre temps [wur

recommencer à couler de nouveau, et ainsi de suite. —

Au figuré, prin- l^ourcp dans les Alpes.

cipe, cause, endroit d'où une chose procède.

Sourd, qui ne peut entendre (v. Surdité).

Souris, mammifère de l'ordre des rongeurs (v. Rat).

Soustraction. Co niot , dans SOU acception générale, et quand il n'est jias pris en mauvaise part, désigne l'action de soustraire, de retrancher une chose d'une autre, ou une partie d'un tout. 11 est

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tii'S-peu usité dans rc sons, si l'on en exccpli- le eus où il sert à désigner la seconde des quatre règles fondanienlales de l'arillimélique. — Commettre unesows7rac//on, c'est [)rendie furtirement, délit qui, dans la législation criminelle, est puni de diverses peines, selon la gravité des circonstances.

Souvarof-Rymnikski (Alexandre Vasille^Yitch), prince, feld-maréchal el généralissime des armées russes, un des plus célèbres capitaines du xvui" siècle, naquit en Finlande le 13 novembre (vieux style) 1729, remporta sur les Turcs de nombreuses victoires et fit la conquête de la Pologne. En 1798, l'empereur Paul lui confia le commandement de l'armée, qui, réunie aux Autrichiens, devait combattre la républiciue française en Italie. Souvarof gagna plusieurs batailles, entre autres celles de Piacenze , de Novi; mais, ayant pénétré en Suisse , il fut battu par les généraux français , perdit les deux tiers de son armée , fut rappelé par son souverain, et mourut dans la disgrâce le 18 mai 1800. — Brave, mais cruel, Souvarof ne se fit pas moins remarquer par l'originalité de ses manières, sa frugalité et sa rudesse. On raconte qu'en Suisse, des grenadiers qui formaient son avant-garde, épuisés de faim et de fatigue , ayant refusé de se porter en avant, il se précipita au milieu des mutins, fit creuser une fosse, s'y étendit en présence de ses soldats étonnés et leur dit : « Puisque vous refusez de marcher, je ne suis plus votre général ; cette fosse sera mon tombeau : couvrez de terre celui qui vous guida tant de fois à la victoire. »

Souverain,monnaie d'Autriche valant à i)cu près '.]:] francs 9 centimes de France. — Le souverain d'Angleterre vaut :io francs.

Souza ( mademoiselle de Filleul , y-^ comtesse de), naquit au cliàteau de Long-Pré, près de Falaise, et fut mariée à M. de Flahaut, qui périt victime de l'effervescence terroriste. Elle se relira alors en Angleterre , où elle composa ses premiers romans. Rentrée en France, elle épousa en secondes noces M. de Souza, ambassadeur du Portugal à Paris, et mourut en 1836, dans un âge très-avancé, laissant une réputation de femme excellente et d'auteur plein de charme, de grâce et de délicatesse. Ce qui caractérise le talent de madame do Souza, c'est l'honnêteté, c'est-à-dire la sagesse dos conceptions, jointe à la sobriété du style. Ses romans sont : Adèle de Scuani/es, Charles et Marie, Eitijéiie de liulltelin, La lùuiu'Uedu cuinlc de Helkel, etc.

•4-XB7 54 Soitrrra'ni (Autriche.

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Spa (eaux de). Los eaux minérales de Spa renlennent du i,'az acide cari)oiiique , des caiijonates de Ter, de soude , de ciiaux , d'aluiiiiiie et de magnésie ; du cliioruie de sodium , du sulfate de soude : elles excitent l'appétit, accélèrent la digestion. Elles sont [)rescrites dans les engorgements intérieurs et les llux chronitjues.

Spahis ou sipah/s, cor[)S de cavalerie turque qui doit sa création à Murad I'^"'. On évaluait jadis le nombre des spaliis à 20,000 hommes. Leurs armes habituelles étaient le sabre, la lance ou le javelot, qu'ils savaient lancer avec autant de force que d'adresse. Aujourd'hui les siiahis turcs sont au nombre de 1 ! ,000 et ont reçu une organisation européenne. — La France entretient dans l'Algérie 2 corps de cavalerie indigène, armés et é([uipés selon l'usage de la contrée, et (ju'on api)elle égaloment spaliit>.

Spallanzani (l'abbé Lazare), naturaliste, nacjuit le 12 janvier 1729, à Scandiano, petite ville du duché de Modène, et mourut à l'âge de 70 ans, le 3 février '1799. Professeur d'histoire naturelle à Pavie, Spallanzani parcourut diverses contrées de l'Europe pour compléter les collections du musée de cette ville, dont il avait la direction, et publia de nombreux travaux.

Spartacus, Tliracc de nation, était gladiateur l'an de Rome 680. Passionné pour la liberté, il se mit à la tète d'une troupe d'esclaves révoltés, battit les troupes envoyées de Rome pour les réduire, ravagea la Campanic, défit les préteurs Appius et Varinius , i)uis les deux consuls Gellius Publicola et Cornélius Lentulus. Bientôt il se trouva à la tète de plus de 70 mille insurgés, et promulgua des lois et des statuts tendant à uiaintenir lordre parmi cette foule de gens sans aveu qui l'avaient choisi pour chef. Son dessein était de sortir de l'Italie, mais ses troupes le forcèrent de livrer bataille à Crassus, (|u'on avait envoyé contre lui. L'action eut lieu près du llcuveSilarus (lans le pays des Hirpins. Spartacus se fit amener son cheval , lira son épée et le tua : « La victoire, dit-il, me fera trouver assez de bons chevaux, et, si je suis vaincu, je n'en aurai plus besoin. » 11 se précipita alors au milieu des ennemis, tua deux centurions qui s'attachaient à lui; enfin, demeuré seul par la mort ou par la hiite de tous les siens, il vendit encore chèrement sa vie. lO.OUO esclaves éliiient restés sur le champ de bataille.

Sparte, capitale de la Lacunie [\.], aussi appelée Lacédémone, était située sur un terrain coupé par dos collines, et presque environnée par l'Eurotas. dont Ics-reiilis y formaient une péninsule. On s'accorde à ne lui donner que 12 stades (l kilomètres environ), de circuit. Long-temps elle resta sans fortifications; Lijcurnur [\.], son législateur, voulait ({ue la \aleur de ses intrépitles lial)itauls lui

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tînt lieu de murailles. Sparte, tant à cause de son peu d'étendue, que de la pauvreté et de la grossièreté de son peuple, avait peu do monuments d'architecture; on y remarquait cependant un lemjjle de ^'esta et celui de Minerve Cliakiécos, ainsi nommé parce ([u'il était tout d'airain. Sur la place [.ublique s'élevait le palais du sénat, dont le portique avait été bâti tout entier du produit des dépouilles recueillies dans les guerres médiques. On l'appelait le Porti(iue des Perses.

Spasme (d'un mot grec signiliant contraction), mouvements convulsifs des nerfs ou dos muscles. — Spmmodiquc, qui a rapport aux spasmes ou qui en est accompagné.

Spath (d'un mot allemand signifiant pierre lamelleuse). On désignait autrefois sous ce nom plusieurs mméraux cristallisés qui présentent une texture lamelleuse et chatoyante, tels que le sulfate de baryte [spath pesant) ; Tandalousite [spath adamantin) ; etc. — Maintenant que la nature chimique de toutes ces substances est parfaitement connue, ce nom est exclu du langage scientifique.

Spécifique (d'un mot latin signifiant spécialement propre à quelque chose). On appelle ainsi des médicaments qui ont une action déterminée contre telle espèce de maladie plutôt que contre telle autre. Le quinquina est regardé comme le spécifique des fièvres intermittentes.

Spectre (d'un mot latin signifiant fantônw) , figure fantasti(iue qu'on croit voir. La peur est la mère des spectres. — Spectre solaire, résultat de la décomiiosition de la lumière à travers un prisme. C'est une image oblongue, présentant des bandes transversales différemment colorées en rouge, oranger, jaune , vert , bleu , indigo , violet. Ces couleurs sont regardées comme les éléments constitutifs des rayons lumineux.

Spéculation, aciiou (l'obscrvcr attentivement : spéculation des astres, spéculations politi(]ues. — Ce mot se dit aussi des observa^tions faites, écrilespar un spéculateur. Il signifie encore théorie, et en ce sens il est opposé à pratique : ceci est bon dans la spéculation et ne vaut rien dans la pratique.

Sphère (d'un mot grec signifiani i/lobe). C'est, en géométrie, un corps solide dans lecpiel toutes les lignes tirées d|i ceiiireà la surface sont égales. — Kn astronomie , c'est l'assemblage des cercles célestes ou leur imitation. — D'après la fable, ce fut Atlas qui le premier représenta l'univers par une sphère. On entend par sphère droite, celle où l'écjuateur est j)erpen(licidaire à l'horizon; la sphère oblique a lieu pour tous les pays de la icrrc qui ne sont situés ni sous l'équateur ni sous les pcMes; (miIIm la sphère p'iralléle t'st celle (|ui a lieu quand l'horizon est i)ai'allèle à ré(putteur, c'est-àdire quand réipialeur même sert d'horizon. — En tei'uies de l)hy-

i^phr.r du salle.

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siquo , on oiilend par si)}iêrc. d'arliritr, respiici' dans lc(|iiol la vorlii, riiilliicnce d'un aident naliirel |)eiil s'ôlendre, et iiois dii([uol elle n'a point d'action appréciable. — Au rii:!;uré, c'est l'étendue d'airau'es, de travaux, d'intérêts, dans laquelle un homme communique son mouvcmcut à ceux qui l'entourent.

Sphex, genre d'insectes de l'ordre des hyménoptères, famille des fouisseurfi, tribu des spliégimes, qui ont l'habitude d'approvisionner leurs petits do divers insectes dont ils se sont em})aré3 et qu'ils ont transportés dans' leurs nids, après les avoir percés de leur aiguillon.

Sphinx (d'un mot grec signifiant presser, serrer). Pline a donné c(^ nom a une race de singes, celle du papion ou babouin. — C'est aussi, en termes (rentomologie, une sorte de papillon fcoIéopt(>re); eten botanique, une espècHi d'agaric. — Les anciens Egyptiensdonnaientce nomà un monstre ayant le cou d'un lion et une tète d'homme ou do femme. — Le sphinx, ou plutôt la sphinx la plus célèbre est celle de Thèbes. La fiible la fait naître d'Fchydna et de Typhon, l'e monsti-e fut envoyé par .lunon sur le territoire de Thèbes ])our venger \\\\(^ injure. Il habitait le mont l'hicée , proposait des énigmes aux passants, et dévorait ceux ([ui ne pouvaient les expli(|uer. Ol-ldipe en devina une, et le si»hinx se brisa la tète contre les rochers.— Les tètes de sphinx étaient nombreuses en l''.gypte. La plus reman|uable est celle qu'on trouve prés dos glandes pyramides, à environ t kdomètrcs du Caire, vers l'occident. Sa grandeur est telle, qu'elle a dû être taillée sur place, dans im innuense rocher.

Spinelle, rubis d'un rouge pâle (v. Rubis). Spinosa ou Spinoza (Baruch ou IJenoît de), un ÛO'. plus célèbres philosophes du xvii" siècle, naquit à Amsterdam, en IG.'L»,

Sphinx.

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duno famille Israélite ori;j;iiiaire du Portugal : il fréquenta d'abord lécole des rabbins, ou de bonne heure il étonna ses maîtres par des questions auxquelles ils étaient embarrassés de répondre. Son zèle pour le culte de ses pères se refroidit bientôt; et, comme il avait eu l'imprudence de confier ses doutes à quelques amis indiscrets, il fut sommé défaire amende honorable en pleine synagogue, sous peine d'excommunication. Peu ému de ces menaces, Spinosa se rapprocha de quelques chrétiens avec lesquels il était lié, et contirma de se livrer à ses études avec une ardeur extrême ; ses coreligionnaires essayèrent alors de se défaire de lui par des voies secrètes. 11 échappa comme par miracle au poignard des assassins, se vit en butte à des accusations et même à des persécutions de toute espèce, fut obligé de quitter Amsterdam, et alla vivre à la campagne chez un de ses amis, confectionnant des instruments, des verres d'optique, pour subvenir à son entretien, et poursuivant le cours de ses recherches philosophiques. Sa réputation se répandit ])ientôt dans toute l'Europe, et les savants les plus distingués se firent gloire d'entretenir avec lui un commerce épistolaire. — La doctrine philosophique de Spinosa est un païUhéisme spiritualisé. La plupart de ses ouvrages ne furent publiés qu'après sa mort, arrivée en 1677.

Spire, ancien évèché suffragant de l'archevêché de Mayence, dans le cercle du llaul-Rhin, entre le Palalinat, le pays de Bade, l'Alsace et le comté de Leiningen. Par suite des guerres de la révolution et de la paix de Lunéville, la moindre partie du territoire située sur la rive gauche du Rhin tomba au pouvoir de la France. La plus grande partie fut donnée, en 1802, au grand-duché do Bade, auquel elle appartient encore aujourd'hui. — Spire, ancienuc ville impériale, bâtie sur la rive gauche du Rhin, renferme 4,000 habitants et est le chef-lieu de la province rhénane du royaume deBavière.

Spiritualisme, Système qui établit d'autres êtres {|ue les corps, êtres qu'on appelle esprits. (]e mot vient d'un terme latin qui vent dire aii\ souffle, vent, et qui, désignant ainsi l'un des agents les plus déliés et les plus actifs de la nature , convient à des êtres tels (lu'on ne connaît rien de si délié et de si actif, puisque c'est à eux qu'est attribuée la pensée. — La (piestion même entre le spiritualisme et son adversaire le matérialisme, qui ne reconnaît que des corps, est de savoir si la pensée appartient au corps, ou si elle est la propriété de toute autre cluise dilîérente. — Pythagore fut le fondateur de l'école spiritualisie, appelée aussi école d'Italie, pour la distinguer de l'école d'Ionie ou matérialiste, dont Thaïes fut le chef.

Spitzbergou Groenland oriental, partie de l'Amérique regardée

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comme la plus avancée au nord, découverte en Ib.'j3, par l'anglais W'illoughby, d'une étendue d'environ 1 200 kilomètres carrés, et qui se compose de 3 grandes îles : le Spitzberg, l'île N.-E., l'île S.-E. et d'une foule de petits îlots. Elle doit son nom à des chaînes de rochers aigus dont elle est hérissée. Inhabitable pendant l'hiver, entourée de plaines de glaces et de neiges épaisses, elle n'oli're aucun abri contre un froid excessif; les ciialeurs de l'été y sont aussi insupportables que la rigueur de l'hiver. La plupart des plantes croissent, lleurissent et se couvrent de fruits en moins de i ou fi semaines. — L'ours blanc, le renard, le renne, les oiseaux qui fréquentent les neiges et les glaces, les vaches marines, la baleine, tous les grands monstres de la "mer, habitent ces régions, ou recherchent leurs côtes poissonneuses. — L'homme ne pourrait vivre dans ces sombres solitudes; les Russes et les armateurs d'autres nations y posent à peine le pied quelquefois, attirés par les profits ([ue leur promet l'abondance des pêcheries.

Spleen, mot emprunté à la langue anglaise pour désigner une nuance d'hypochondrie qui inspn-e l'ennui de toutes choses et même de la vie; affection connue chez nous sous le nom de maladie noire. Spleen vient d'un mot grec signifiant rate, parce que, selon une ancienne opmion, ce viscère étant le siège de la joie, ses altérations devaient engendrer les passions tristes. — Ce terme de spleen s'applique spécialement à la mélancolie qui résulte d'un dégoût de la vie sans motif assez grand pour conduire au désespoir.

Spondée (tiérivé d'un mot grec signifiant ce qu'on emploie dans les libations). C'était, dans la versification grecque et latine, une mesure composée de 2 syllabes longues. Elle est ainsi appelée parce qu'on l'employait ordinairement dans les hymnes qui se chantaient pendant les sacrifices. — On nomme vers spondaique le vers hexamètre qui, au lieu d'un dactyle au cinquième pied, prend unspondi>e; ce qui est une exception à la règle générale de la construction du vei-s hexamètre.

Squale (d'un mot latin signifiant chien de mer), genre de poissons chundropténjijiens, plaçiiostoines. Il renfermait naguère \\n fort

Squale-scie.

sou l.G STA

2:rnnd nombre d'espèrcs, conimp la roiissotlo, le roquiti, lo cliion do mer, etc.; mais il est aujourd'hui subdivisé en plusieurs autres genres assez généralement adoptés. — Il est quelques scjucilcs bons à manger; mais la très-grande majorité ont la chair coriace et peu sapide. — On tire parti de la peau de certaines espèces, sous les noms de chagrin, peau de requin, peau de chien de mer, dans plusieurs arts et industries; elle sert à polir les ouvrages en bois, en métal, etc.

Squelette (d'un mof grec signifiant desséché), ensemble des os qui forment la charpente animale, servant à protéger les principaux organes, et fournissant des leviers et des points d'ajipui aux muscles.

Squirrhe (d'un mot grec signifiant moellon), tumeur indolente, sans changement de couleur à la peau, et qui est produite par un commencement de dégénérescence cancéreuse.

Staal (mademoiselle de Launay, depuis baronne de), née à Paris en 1693, était fille d'un peintre qui , forcé de s'expatrier, se retira en Angleterre où il mourut. Elle fut recueillie dans l'abbaye de St- Sauveur en Normandie, et passa ensuite dans un couvent de Rouen, où elle reçut une éducation brillante. La duchesse de La Ferté, charmée de son es|)rit, la présenta à la duchesse du Maine, qui la mit au nombre de ses femmes de chambre. D'abord méconnue de sa maîtresse, rebutée et calomniée de ses camarades, une circonstance heureuse la tira de cette situation, et lui acquit la confiance de la princesse. Lors de la conspiration de Cellamare fv.) . mad('moi.selle de Launay fut un des principaux agents des communications de sa maîtresse avec cet ambassadeur. Conduite à la Bastille, elle soutint avec une rare présence d'esprit. les divci-s interrogatoires qu'on lui fit sid)ir. La duchesse se montra d'abord ingrate à son égard ; cependant plus tard elle lui fit éiKjuser le baion de Staal, vieil olVicier suisse retiré du service,

Squelelle Iiumam.

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