‹ Dictionnaire de conversation à l'usage des dames et des jeunes personnes (volume 2)Chapitre 45 sur 133 · SUB — 162 — SUB · texte numérisé non relu

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Subordination, cortaiii ordre établi ontro les personnes, et qui fait que les unes dépendent des autres; terme relatif qui marque les degrés de supériorité ou d'infériorité des choses les unes à l'égard des autres (v. Discipline, Hiérarchie).

Substance (d'un mot latin signifiant être, exister), tout ce qui existe, ou plutôt parties ou matières constituantes de tout ce fjui existe. Ce mot sert aussi à désigner des êtres de Tordre moral ou métaphysique, comme quand on dit : la suf)Stance d'un livre, d'un discours. — En physique et en histoire naturelle, il est simplement synonyme de matière : substances gazeuzes, salines, inllammablos, métalliques, etc. — On l'emploie quelquefois absolument pour désigner ce qu'il y a de meilleur dans les choses : ces alimentations n'ont point de substance. — En substance est une locution adverbiale qui s\'j,n\\\e sommairement , enabrégé: voici en substance de quoi il s'agit. Substitut (d'un mot latin signifiant mis à la place), celui qui tient la place d'un autre, qui exerce les fonctions d'un autre en cas d'absence ou d'empêchement légitime. — Ce mot s'applique particulièrement à un magistrat chargé de remplacer au par([uet le procureur général, ou le procureur du roi.

Substitution (même étymologie), disposition en vertu de laquelle un légataire ou \u\ donataire transmet à une personne désignée dos objets (pTil n'a reçus qu'à celte condition expresse, après en avoir joui durant sa vie. On nomme grevé celui qui reçoit ainsi, à charge de conserver et de rendre à sa mort; et appelé, celui qui doit succéder à l'héritier premier institué. — Ce droit de substitution, accordé à toute personne dans l'ancienne jurisprudence, avait ])our but de perpétuer les biens dans les familles, en procurant les inoyens de favoriser les aînés mâles au préjudice des autres enfants. L'article 89() du Code civil l'ayait aboli; mais la loi réactionnaire du 17 mai 1826 l'a rétabli en partie. — Substitution de mandat ou de pouvoirs, acte par lequel on confie à un autre le mandat qu'on a reçu. — Substitution de personne, délit qui consiste à se présenter sous le nom d'un autre. — Substitution cVenfant. L'individu coupable de substitution d'un enfant à un autre est puni de la réclusion.— Substitution de dette et de débiteur. La substitution d'une nouvelle dette à rancienne s'appelle, en droit, novation.

Subvention (dc deux mots Uilins signifiant venir au secours), secours (iargent, espèce de subside accordé ou exigé pour subvenir, dans un cas pressant, à une dépense imprévue de l'état : subvention deguerres. — Ce.mot sert encore à désigner les fonds que le gouvernement accorde pour sou tenir une ont reprise, un journal, un théâtre, etc. Succession (d'un mot latin signifiant prendre la place). Au propre,

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ce mot s'entend d'une série de personnes ou de choses qui se suivent, pour ainsi dire, sans interruption, dans un ordre constant : la succession des temps, la succession des événements. — Mais c'est en droit surtout que ce ternie a une si.unificatiou importante : il désigne à la fois la totalité ùvà biens, droits, raisons et actrons dont une personne se trouve investie activement ou passivement au moment de son décès, et le mode de leur transmission à ceux qui sont appelés^, à diflerents titres, à prendre sa place. — La succession contractueUe est celle qui est réglée par le contrat de mariaï,'e des époux. — La succession testamentaire est celle (]ui est déférée par testament; elle est essentiellement révocable. — La succession légitime est celle qui est déférée par la seule déclaration de la loi, en l'absence de dispositions contraires de la part du défunt. — La succession légitime se divise en succession régulière, celle qui est déférée aux parents légitimes du défunt; et irrégulière, celle qui est attribuée, par diverses considération.s^ aux personnes autres que les parents légitimes, qui n'avaient pas, pour ainsi dire, un titre régulier pour exiger cette attribution : ce sont les enfants naturels, l'époux survivant et le domaine. — Les successions s'ouvrent ou par la mort naturelle, ou par la mort civile, ou par l'absence, lorsqu'elle s'est prolongée au delà de certaines limites. — • La succession vacante est celle qui est abandonnée par ceux qui auraient droit de la recueillir, et dont le fisc ne veut pas se charger, etc.

Suchet (le maréchal), duc d'Albuféra, né à Lyon, le 2 mars 1770. d'une famille honoraliie, se destinait au commerce, quand la révolution éclata et lui ouvrit une route qui devait le conduire aux plus hautes dignités militaires. Parti comme simple soldat dans un bataillon de volontaires, il prit une part active, dans les grades intérieurs, aux premières campagnes de la révolution. Chef de bataillon dans la preu)iére campagne d'Italie, il fut récompensé de ses services par le grade de colonel. Depuis il prit une part glorieuse aux guerres du consulat et de l'empire, se trouva aux journées d'Ulm, d'Austerlilz, d'iéna, et hit placé, en 1809, à la tète do l'armée d'Aragon. 11 y remporta les victoires de Maria, de Bilchetle, de Sagonte, etc., et devint successivement général en chef, maréchal, duc d'Albuféra, colonel-général de la garde, commandant des deux armées d'Aragon et de Catalogne. (^)uand l'empereur lo revit, après une absence de 7 ans, il l'acciieillil avec ces paroles : (( Maréchal Suchet, vous avez beaucoup grandi depuis (jne nous nous sommes vus. » — Il mourut le 3 janvier '1826, à l'âge de 5(i ans.

Sucre (de l'arabe sucar), principe immédiat extrait de certains vé-

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gétaux. On retir>?, à l'aide de la presse, le suc des parties de la piaule qui le contient; on le fait évaporer ; on le débarrasse par laclarification des matières étrangères qu'il renferme; puis on obtient par cristallisation le sucre. — La canne à sucre, la betterave, sont les végétaux qui contiennent le plus de matière sucrée. Le raisin fournit un sucre incristallisable et d'une saveur moins agréable que celle du sucre de canne et de betterave ; aussi n'est-il pas employé. — 11 existe encore quelques proportions d'un sucre particulier dans certains chami)ignons, dans l'érable. — Le miel contient aussi une variété de sucre.

Sud. Ce mot, dérivé du saxon suth, désigne la direction d'un des 4- vents principaux du compas, et sert spécialement à indiquer, avec le mot nord, les 2 points fixes et opposés de la terre qu'on nomme pôles.

Suède. Ce pays comprend les 2 royaumes de Suède et de Norwége réunis sous un même sceptre depuis la paix de Kiel, en 1814. C'est l'ancienne Scandinavie (v.). Cette presqu'île comprend 26,008 kilomètres carrés, et compte une popidation de 5,000,000 d'âmes. Située au nord de l'Europe, entre le 55" et le 70° de latitude et le 28" et 42" de longitude, la Suéde pro[)rement dite est bornée au nord par la Norwége, à l'est par le golfe long et étroit, très-profond et faiblement salé, qui porte le nom de mer Bothnique, et par l'empire russe; au sud par la Baltique, et à l'ouest par le Sund, le Kattegat et la Norwége, où la grande chaîne de montagnes, nommée Kœlen, sépare les 2 peuples. Ses lacs principaux sont le Melaren, le Hielmaren, le Wenern. Ses montagnes abondent en minerai de fer. On en comptej usqu'à 586 mines, dont une seule, celle de Gellivore, suffirait aux besoins du globe entier. Ses métaux précieux sont rares ; la mined'argentde Sala est lapins importante. Le cuivre, après lefer, est la principale richesse minérale du pays. On y trouve également de l'asbeste, du cobalt, du soufre, du vitriol, du marbre, du salpêtre, du porphyre, etc. Le sol est très-giboyeux. Le renne, l'élan, le cerf, le castor, la martre , le lièvre, le lynx, l'hermine, des nuées de gé- j linottes, des coqs de bruyères, des éders, etc., peuplent ses forêts, ses montagnes et ses lacs. — Quelque rude que soit le climat de la presqu'île Scandinave, son sol est cependant fertile : il produit assez de céréales pour suffire aux besoins de la population, et peut même, dans les bonnes années, livrer à l'exportation le superflu de ses récoltes La belle saison est courte en Suède; mais comme pondant l'été le soleil reste presque constamment sur l'horizon, la durée est ainsi réellement doublée. Dans ces hautes latitudes, le plus long jour est de21 heures et 'l|2,et le pluscourtdeo heures31 minutes. A Tornéo le soleil ne se couche pas le jour do la Saint-Jean. — L'administration civile est partagée en 25 gonvcrncments ou lœns, qui se

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subdivisent en plusieurs disliids, et dont les gouverneurs ont des attributions ])!us étendues que celles des pi-éf'ets de France. Les huur<)iiu'strcs, dans les villes, ont les mômes attributions que nos maires. La religion de l'état est la pure doctrine évangéli((ue, telle qu'elle est interprétée dans la confession d'Augsbourg. La Suède a un archevêque qui réside à Upsal, et M évèques. Elle est fort en arriére sous le rapport de l'industrie. Les bras manf|uent aux manufactures et les consommateurs sont trop \)eu nombreux. Son principal commerce consiste en fers, dont elle exporte tous les ans pour une somme assez considérable. Elle possède deux universités, une à Upsal, l'autre à Lund; une armée de 36,201 hommes, qui, au besoin, [)Ourrait s'élever jusqu'à 1(30,000; une flotte de M vaisseaux de ligne, 8 frégates, 4 corvettes, 6 bricks, etc. — La Suède comprend 3 grandes divisions, dont l'origine remonte au paganisme ; ce sont • la Gothie (Gœthahmd), la Suède proprement dite [Svealand] et le Norrldud , avec la Laponic. La Suéde proprement dite se compose de 8 provinces : la Sudermanie (capitale N\ cœping). lUpland (chef- lieu Upsal), Westmanland (W'csteras), Néricie (Oerebro), Wermland (Carlstad), Dalécarlie (Fahlnn) , la Gestricie ctl'Helsingie fGeile). — La Gothie (Gœlhaland) renferme les provinces de Scanie (v.), de llalland (chef-lieu Ilalmslad), Vestrogothie et Dalsland (Golhurburg, Wenersbourg, Marieslad), lîleking (Carslcrone, station de la grande Hotte), Smoland (Vexioc), Ostrogothie (Linkoeping^, Westrobolhnie et La[)pmark (Umeo, Piteo, Luleo),elc. — La constitution qui régit aujourd'hui la Suède fut votée par les états après la révolution de 1809. — La diète se compose de 4 ordres : nobles, prêtres, bourgeois et paysans. Elle ne s'assemble que tous les o ans; le roi peut cependant la convoquer extraordinairement. Ses sessions ne durent que 3 mois au plus. Le roi nomme le maréchal ou président de la diète, les oraieurs de l'ordre de la bourgeoisie et de celui des paysans, ainsi cpie le secrétaire de ce dernier ordre; larchevèquc est toujours ïorad'ur du clergé. Aucune imposition, ré- (piisition d'hommes, d'argent ou de denrées, ne peut être ordonnée , levée, ou exigée sans la volonté et le consentement libre des étals : et le roi a le connnandement suprême des forces de terre et de mer. — La Suède est de tous les pays de l'Europe celui qui le premier a en un gouvernement représentatif. On y compte 2,400 familles nobles. Le chef de chacune de ces familles est de droit membre ik" l'ordre des nobles. L'ordre du clergé, présidé par l'archevê(|ue, est composé de onze évèques et des députés nommés par les prêtres dans iliaque diocèse et par les professeurs dans les uiii\ ermites. La bourjeoi>ie est représentée [lar les députes de S.'i

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^illes du royaunu'. Los paysans choisissent lenrs députés par district. Les députés des trois derniers ordres reçoivent, pendant la durée de la diète, une indemnité pécuniaire, payée par leurs commettants, qui en fixent la quotité. — Histoire. Les ])remiers habitants de la Scandi7iavic (v.) étaient de race finnoise ou laponne ; ils furent soumis ou refoulés par les Goths et les Scythes, qui, plus tard, envahirent le pays. Le peu[)le de Suède et de Norwége descend de peuplades qui habitaient les bords de la mer Noire, à l'embouchure du Don : elles avaient pour chef Odin, qui leur fit traverser des contrées inconnues, passa la Baltique, et s'établit enfin sur le territoire qui avoisine le lac Melaren dont les rives virent naître le culte qui ne tarda pas à lui être voué, et qui se répandit dans tout le pays. — L'histoire de la Suède, entourée comme toutes les autres de fables, de mythes et de ténèbres, ne commence réellement qu'a l'union de Calmar (v.), qui en 1.'Î88 en fit un même corj)s politique que le Danemark et la Norwége. La Suède eût beaucoup à souffrir de la part du féroce Christian II , qui épouvanta Stockholm et toute la Suède par des massacres chaque jour renouvelés. Gustave Wasa délivra enfin sa patrie du joug de ce monstre et fut salué roi en 'I-J23 sous le nom de Gustave I". Sa postérité a régné jusqu'en 1654, année où Christine (v.) résigna le pouvoir.' Le trône de Suède passa ensuite dans la famille de Deux- Ponts et y resta jusqu'à Charles XII, qui fut tué au siège de Fredericshall (1718), puis dans celles de Hesse-Cassel (1720) et de Jlolsiein-Guttorp (170 1). Le dernier roi do la maison de IIolstein-Gottorp, Charles XIII, monta sur le trône par suite dune révolution qui ôta la couronne à son neveu, Gustave IV, et à sa descendance directe. Il mourut en 1818, laissant le trône à son fils adoptif, Bcrnadottc (v.), maréchal d'empire, prince de i'onte-Corvo, ancien général de la république française, que les états de Suéde avaient élu prince royal , le 21 août '1810. — Langue et littérature. Les dialectes qu'on parle et qu'on écrit en Suède, en Norwége, en Danemark et en Islande, ont des affinités plus ou moins directes avec le gothique (v. Littérature Scandinave). L'idiome usité dans le nord de la Norwége ressemble beaucoup à celui du norriand suédois. La langue suédoise se distingue surtout par sa force et sa sonorité. Les caractères runiques (v.) sont les premiers signes graphi(iues connus dont on se soit servi dans toute la Scandinavie jusqu'à l'introduction du christianisme. La réforme lit faire de grands |)rogrés à la langue suédoise, qui fut seule usitée dans lu culte, le catéchisiue et la traduction de

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la Bible; mais pendant Inp.^-teiiip.-; eneore le lalin ie>la la laiii^iie dos savants et des liltérateiifs. Ce ne fut ([ue sons (Jnstave 111 (jiie la laniïiie suédoise atteignit le deiiré de |)erfeetion où elle est arrivée en ce moment. Le ré;^ne de ce [)i'ince est regardé comme l'âge d'or des lettres et des beaux-arts en Suède. Kellgrcn, Léopold, Oxe.nstiern, Lidner, etc., Ileurirent à cette époque. De nos jours, le poète le plus célèbre est Egalas Tcf/ner ; après lui on peut citer Stagnelius, poète lyrique; Franzen Nicander, etSjoeberg, qui a pris le speudoiiyme de Vitali? ; lîeskow, Braun, les historiens Fryxell, Ekendahl, Strinnholm, Lnndblad, les philosophes Grubbe et Alterbom, et enlin Berzéliiis, un des i)remiprs chimistes de l'Earope.

Suénon F'", suniommé Tiifre sAp/y (barlie fourchue), roi de Danemarck, occupa le trône de 9S5 à 101 i. — Suihum II ou Suen Estritson, petiL-lils du précédent, régna de 1017 à 'I07G. — Surnon in, tils d'Eric Emend, disputa, en 1 147, la couronne de Danemark à doux compétiteurs, et tomba sous les coups des paysans, à la suite d'une bataille perdue en 1 i.'i7.

Suétone (Caius Suetonius Tranquillus ), historien romain, florissait sous les règnes de Trajan et d'Adrien. L'amitié de Pline-le-.leune, avec lequel Suétone s'était hé intimement, lui procura plusieurs places sous Trajan et son successem-. Des ouvrages assez nombreux que Suétone avait composés, il ne nous en est parvenu que deux : .son Histoire des douze premiers Césars, et ses Vies des grainmairiens et rhéteurs célehres. Le premier est un des livres les plus curieux que ranticpiité nous ait transmis; il contient la vie privée des empereurs, beaucoup plus cpie l'histoire de l'empire. Ce sont pour ainsi dire des jnémoires secrets sur les mœiu's de répo([ue.

Suèves, nom donné, avant l'ère chrétienne, à certains peuples (•(infédérés qui habitaient une grande jiartie de l'Allemagne. Les (ilus connus d'entre eux étaient les llermimdures, les Senones, les Longobards (Lombards), les Angles, les Vandales, les Bourguignons, les Kugiens et les ilérules. Leiu' nom vient des longs cheveux qu'ils avaient coutume de porter emi)risonnés dans une bourse. —Kesserrés d'abord entre la Vistule et l'Oder, ils s'étendirent bientôt au delà de l'Elbe , envahirent les Gaules au temps des grandes migrations , franchirent les Pyrénées et s'emparèrent d'une partie de l'Espagne. Battus {tar les Visigoths en 58G, leur royaume s'écroula et leur nom disparut alors de Ihisloire d'Espagne : ceux qui étaient restés en Allemagne reparurent au v" siècle sous le nom de Souahes, réunis aux Allemands, entre le Haut-Rhin et le Mein, sur les bords du Necker, du Danube et du Lech.

Suez, petite ville d'Egypte, située sur l'isthme du mémo nom.

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qui -^l'pnro la .Mr(litoi'rniu''(> de la mer Roii;:;o , pl (|iii imii l'Afriiiii' a l'Asie. Siéjic aiilicrois dim coinnierco llorissaiit , cnlrcpùt tK'> marcliaiulises de rindo el de l'Europe , elle a bien perdu de sou ancienne splendeur et ne compte plus (pie GOO habitants. Mais l'établissement des bateaux à vapeur de la mer Rousse, qm y ap()ortent une fois par mois les dépèches de l'Inde anglaise, ne peut que lui rendre une partie de son importance passée.

Suffètes (d'un mot carthaginois qui signifiait jt/r/e). On appelait ainsi à Carthage les deux principaux magistrats de la république, élus d'abord à vie et plus tard pour un an seulement. Leurs fonctions étaient purement civiles, el il ne paraît pas qu ils fussent chargés du commandement des armées pendant leur magistrature. SuETren (Pierre-André bailli de), né le 13 juillet I72G, en Provence, fut destiné par ses parents à l'armée navale. Admis dans les gardes-marines en I7i.3, il fut nommé enseigne en '1717, et prit part, sur le vaisseau le Monarque, au combat vaillamment soutenu auprès de Belle-Ile par 8 vaisseaux français seulement contre les 20 vaisseaux de l'amiral Ilawke. Le Monurque étant tombé au pouvoir de l'ennemi , Suffren fut conduit en Angleterre et y resta jusqu'à la paix d'Aix-la-Chapelle. Nommé capitaine de frégate en 1707, Suffren passa à Malte et fit contre les Barbaresques plusieurs courses, à la suite desquelles il fut nommé commandant de l'ordre de .Malte. Le titre de bailli, sous lequel il est généralement connu , ne lui fut donné que plusieurs années après, lorsqu'il faisait la guerre dans l'Inde. — Il revint à Toulon en '1772, fut promu au grade de capitaine de vaisseau, et désigné jiour commander le Fantasque dans l'escadre du comte d'Estaing, lors de l'insurrection des colonies anglaises du Nord-Amérique. Placé en 1781 à la tète d'une escadre de 'i vaisseaux, il livra aux Anglais le combat de San-Vauo file du Cap-Vert), et laissa à l'ile de France le vieux comte Dorvès , qui , étant mort pendant cette campagne, lui laissa le commandement en chef. Le nouvel amiral appareilla peu de jours après pour les Indes à la tète de 1 1 vaisseaux. Pendant les trois années qu'il resta dans ces parages, il livra aux Anglais le combat de Sadras, celui de Batacalo (dans l'île de Ceyian), et celui de Negapatnam ; s'empara de Trinquemale , capitale de l'ile de Ceyian, conclut un traité d'alliance avec le nabab Hyder-Ali , et obtint sur les ennemis des avantages tellement décisifs, (jue ceux-ci furent contraints de demander la paix. Suffren arriva à Toulon en I78i, avec la réputation d'un des plus habiles matins qu'ait jamais eus la France. 11 mourut à Paris en 1788. Suidas, grammairien grec, dont on connaît peu la vie, vécut au

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x'" ou \i^ i^\Q(U\ On fnil usiii^o do son Loxiqup aviM- siiooès pour rink'rpivtation dos mots de l'Ancien et; du Nouveau-ïestanient. Outre rintcrprétation des mots, on trouve dans ce livre d'excellentes indications liistoiiques et biograpliiciucs.

Suicide Ulc 2 mots latins signitiant meurtre de soi-même) , acte par lequel un homme met tin à ses jours, crime aux yeux de la société et outrage fait à Dieu. L'oisiveté et l'ennui qui en découle sont; le plus souvent les causes du suicide: le travail, l'activité et une croyance religieuse en sont les meilleurs préservatifs.

Suie, matière noire résultant de la combustion du bois, du cliaihon, des matières bitumineuses. Des parties charbonnées et iuiileuses sont entassées sous forme de fumée pendant la combustion et viennent se condenser en partie sur les parois de la cheminée, c'est ce qui constitue la suie. — Ce qu'on vend dans le commerce sous le nom de noir de fumée n'est que la suie provenant de la combustion des bois résineux. — La suie peut être employée avec avantage comme désinfectant.

Suif, substance grasse qu'on ne rencontre que dans les animaux à sang chaud. C'est à la graisse du mouton et du bœuf qu'on donne plus particulièrement ce nom. — Le su//" est formé de deux principes immédiats, l'un solide et l'autre liquide : le premier est la stéarine, l'autre ïoléine. — On appelle arbre à suif une sorte d'arbre de la Chine dont le fruit a quekiues-unes des pro[)riétés du suif et sert également à faire des chandelles.

Suisse (la) comprise entre i-j'' oO' et 47" 48' latitude nord, s'étend en longitude orientale depuis 3" 44' jusque par 7" 36'. Elle a pour contrées limitrophes : à l'est, le Tyrol, au S.-E. le royaume Lombardo-Vénitien, au sud la Sardaigne, au S.-O. la Savoie, à l'ouest la France, au nord le grand-duché de Bade, enfin auN.-E. elle est séparée du royaume de Wurtemberg par le lac de Constance. Sa longueur de l'est à l'ouest est de 320 kilomètres, et sa largeur du nord au sud, de 204. On évalue sa superficie à 3,108 kilomètres carrés, divisée en 22 cantons renfermant une population de 2,143,000 âmes. — La Suisse est le pays le plus élevé et le jilus fortement accidenté de IKin-ope : au milieu de ce pèle-mèle de montagnes qui occupent plus de la moitié de sa superficie, l'on distingue néanmoins deux versants généraux. Ces versants sont déterminés par une ligne courant E.-O. au travers de la contrée et de Ia(|iielle se détachent, au massif de St-Gothard, plusieurs rameaux ([ui forment, les uns, des bassins; les autres, de profondes vallées. Parmi ces rameaux, les plus considérables sont : les .Mpes Bernoises, les Al|)es Lépontiennes et les Al|)es PcMinines, qui longent le

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Rliùno dans la i)aili(' siijioi iciirc du >on cours, les proinirros. au nord, les douxit-im's et les Iroisiènios, au sud. Les points culmiuanls du système alpique en Suisse sont : dans les Alpes Pennincs, le mont Rosa, 4,73() mètres; dans les Alpes Bernoises, le Finster- Aahorn, 4,3G2 mètres. A l'ouest, le Jura forme du S.-S.-U. au N.-N.-E., entre la Suisse et la France, une barrière respectable. Cette chaîne, moins élevée que celles du centre, a, pour points culminants, le Reculet, 1,750 mètres, et le mont Tendre, 1,730 mètres.— Les principaux lacs de la Suisse sont : ceux de Constance, de Genève ou Léman, de Neucliàtel, de Zurich, des Quatrc-Cantons; et ses principaux cours d'eau : le Rhin, le Rhône, l'inn, le Tessin et l'Aar. Sous le rapport commercial, la Suisse n'en retire presque aucun avantage. — La chaleur moyenne de la partie habitée de la Suisse est de 6" 1/2 à 8" Réaumur; celle de la partie non liabitée varie en raison de l'élévation, de 1 exposition ou de la configuration des lieux, à tel point que, dans la même journée, on y peut successivement éprouver et les froids de la Sibérie et les chaleurs du Sénégal. — Les principaux foyers de l'industrie helvétique sont les cantons de Bàle et de Zurich, où se fabriquent étolfes et cordons de soie ; de Genève, où se font les ouvrages en ])aille, toile, dentelles et montres; de Neuchàtel, si renommé i)0ur ses fromages; de Claris et d'Appenzel, où l'agriculture et l'éducation des bestiaux occupent tant d'individus. — Toutes les religions sont tolérées en Suisse ; mais le calvinisme est celle de la majorité; vient ensuite le catholicisme. — Quatre idiomes différents y sont usités : l'allemand, qui est parlé par 1,409,000 individus; le français, par 402,000 ; litalien. par 1 22,000. et le roman, par 50,000. — Un traité d'alliance offensive et défensive unit les 22 cantons qui, tous les 2 ans, soit à Berne, soit à Zurich, soit à Lucerne, sont représentés par des agents diplomaticpies ou dé|)uté5, sous la présidence d'un chef portant le titre de landamman et ne pouvant être autre que le bourgmestre du canton où s'assemble la dietc. Là se traitent d'une manière définitive les affaires d'intérêt général; car là se trouvent concentrés les pouvoirs délibératif. administratif et exécutif. — L'effectif des troupes qui doivent être constamment sur pied est de 1,400 hommes seulement; mais l'ensemble des contingents que chaque canton doit fournir en cas de besoin s'élève à 33,758 hommes. Un effectif égal à ce dernier chiffre constitue la réserve de la Suisse, qui, dans des cas urgents et |)ar une levée en ma.-se, peut mettr-e sur pied une armée de 200,000 hommes.

Suisse, nom donné à un domestique à qui est confiée la garde de la porte d'un grand hntel. d'un château, d'un palais, parce (pio

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■'iiili'cini.-; ce (!()incsli(|ii(' rlail pris ordiiiaii'cnieni parmi l(>s Suisses, liaciiic a copendniit dit :

Il m'avait fait venir (l'Aniii'ns pour être saisso.

Sulfate, sulfite, sulfure. ( )a a|)p(;llc sulfute uii sol résultant do la coiiibinaisori diin oxyde avec Tacide sidf'iirii|ue; cl sulfite, le résultat de la combinaison de diverses bases avec l'acide sulfureux. — Un sulfure provient de l'union du soufre avec un corps métallique ou non métallique.

Sully (Maximilien de Béthune, baron de Rosny, duc de), principal ministre sous Henri IV, et créé maréclial de France en 1631, na(|uità Rosny le 13 décembre loGO. — La maison de Béthune, célèbre dés le x*" siècle et pendant les croisades, était encore illustrée par des alliances avec la plupart des familles pnncières'de l'Europe, les empereurs de Constantinople et les rois de Jérusalem. Sully n'avait que 12 ans lors des massacres de la Saint-Barthélémy ; sa présence d'esprit et l'humanité courageuse du principal du collège de Bourgogne, où il étudiait, le sauvèrent. Présenté dès l'âge de 16 ans au roi de Navarre, il commença dès lors celte carrière de dévouement qui ne devait avoir de terme que la vie de son prince. Ses exploits comme guerrier et ses succès comme diplomate auraient sufli pour l'illustrer; mais c'est à peme cependant si la renommée lui en tient compte. Une autre gloire a consacré son nom, celle de ministre homme de bien, homme de génie, aimant son roi et le peuple, secondant de ses lumières et de son infatigable vigilance un prince dont la pensée dominante était le bonheur de son peuple. — On sait (|ue peu après l'assassinat du roi, Sully se retira dans ses terres. Il survécut 30 ans à un malheuienx maître, et mourut à Villebon , le '2i décembre 1611, âgé de 81 ans.

Sulpice Sévère, historien renommé du v" siècle, naquit vers l'an .il).! el mouiiit en 420. — La mort d'une épouse qu'il chérissait, la douleur que lui causa cette perte, et sans doute l'amitié (jui l'unissait à 2 chrétiens sanctifiés par leurs vertus, saint Martin, évèque de Tours, el saint Paulin, évèque de Noie, l'éloignèrent du monde et de ses ])laisirs. Ordonné i)rètre, il se voua à la prière, à la retraite, et consacra ses talents A des sujets dignes de sa piété. Le l)lus renommé de ses ouvrages est son Histoire sacrée, composée de deux livres. Cette narration abrégée résume tous les événements rtMiiarquables de l'histoire des .Iiiifs et de léglise, depuis l'origine du inonde Jusqu'au consulat do Stilicon, en 410.

Sultan, mot arabe qui signifie homme puissant. C'est le nom (lu'on donne généralement à l'empereur des Turcs, ainsi qu'aux lirinces d(> la i'amil'e du Miaii des Talars. — La sultane farorife esl

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l'î'poiise du (iraml miJUni. Ost ri>llo qui a donnt'' ;'i col ompcrciir son jn-oniier né. Si la méro du sultan vil. oncoro, lorsque son fils monte sur le trône, elle prend le nom de sullane vcûïlU. Son iiitUience est telle que son lils n'ose, sans son consentement, faire choix d'une épouse; et elle joue en général un grand rôle dans les all'aires.

Sumatra OU mieux Soumadrci, la première des îles de Sounda, connue des Arabes sous le nom de Sabuzma (v. Sounda [îles de).

Sund ou plnlùt Oeresuml, détroit qui sépare l'île de Seland, appartenant au Danemark, de la Scanie, province suédoise. C'est la route que prennent pres(]ue tous les vaisseaux marchands pour se rendre de la mer du Nord dans la Baltique, et vice versa. Il a 3(1 kilomètres de longueur. Sa largeur, entre Helsinborg et Klsenoui-, ne dépasse pas 6 kilomètres. — De temps immémorial le roi de Danemark prélève des droits de douanes sur tous les navires qui entrent dans la Baltique par le Sund. Ces droits se payent à Elseneur, et constituent le revenu le plus important et le plus net de l'état.

Superstition, fausse Idée que l'on a de certaines pratiques de religion auxquelles on s'attache avec trop de crainte ou do confiance; pratiques superstitieuses, vains présages qu'on tire de certains accidents qui sont purement fortuits.

Supposition (d'uii mot latin signitiant mettre dessous), |)roposition que l'on suppose comme vraie ou comme possible, alin d'en tirer quelque induction. Ce mot signifie aussi conjecture, opinion favorable ou défavorable qui ne résulte pas de preuves positives. — Dans la langue du droit, il se prend toujours en mauvaise part, et signifie production d'une pièce fausse, allégation d'un fait controuvé. — La supposition de nom consiste dans la simple allégation d'un faux nom pris par un individu ; la supposition depersonne, à présenter une personne au lieu et à la place d'une autre. La supposition d'enfant est l'action de celui qui veut faire passer, faire connaître un enfant pour fils ou pour fille de ceux dont il n'est pas né. La plupart de ces crimes sont passibles des peines réservées aux faussaires.

Suppression, action de supprimer, c'est-à-dire d'empêcher de paraîtie, d'anéantir ou soustraire. — C'est, en médecine, toute discontinuation d'une évacuation ordinaire. — En droit, ce mot appartient à la jurisprudence criminelle, soit f|ue le juge ordonne la suppression de ]>ul)lications (ju'il trouve injurieuses (hi immorales, soit que la partie se rende cou|>able d'un délit en siq>primant un acte qui faisait preuve contre elle, ou d'un crime en anéantissant les preuves fie l'état civil d'un enfant nouveau-né ou même de toute persoimc (pii i)eut avoir à faire ime réclamation d'état.

Surenchère , enchère mise sur une enchère précédente. La fa-

sur. — 133 — srz

( iiIIp (le siiroMcli(''i-ir dans los ventes immobilièros se divise en sj/rnicJii'rc sur aliénation roluntaire, et surimchcre sur exproijrialinn forcée. La I'''-" n'est accordée qu'aux créanciers ayant lu'potlicqiie inscrite sur riniineuble aliéné; la 2", au contraire, est permise à toutes j)crsonnes inflislinclement. Dans les ventes d'immeubles apjjartenant à un débiteur failli, tout créancier a le droit d^ surenchérir.. La surenchère ne peut être, dans ce cas, au dessous du 10" (lu prix principal de l'adjudication.

Surdîté (d'un mot latin siîïnifiantsou/v/), perte de la faculté d'ciilendre (|u'on altiibue ^généralement à la pai'alysie du nerf acoustiriue. Lorsque celte maladie date d'un certain temps, le timbre de la \oi\ clian;j;e,et l'ai'ticulaliondessons devient plusou moins confuse. — Il y a des sourds de naissance et d'autres qui le deviennent par accident ; les premiers restent muets, les seconds le deviennent souvent.

Surinam, fleuvc dc l'Amérique du sud, dans la Guyane hollandaise. Ses bords, qu'il couvre pendant près de 8 mois de l'année, sont d'une étonnante fertilité, ils donnent jusqu'à 8 récoltes d'indigo l)ar an, et produisent, en outre, du sucre, du café, du cacao, etc. Varamaribo, chef-lieu des possessions hollandaises de l'Amérique du sud, est assise sur ses rives.

Suze ( madame la comtesse de la) , née en KM S , se trouvait , à .30 ans, la comtemporaine de ces écrivains modèles qui jetèrent tant d'éclat sur le règne de Louis XIV. Descendante de l'illustre Coligny, elle avait épousé, fort jeune encore, un certain comte (le la Suze, jM'otestant austère, homme bilieux et sournois, mari dur et jaloux. Elle, fut si malheureuse dans cette union qu'elle olFi'it 2."),000 écus à i>L Aq la Suze pour se séparer d'avec lui; M. do la Suze les accepta, et, quelque temps a[)rès cette sé|)aration, Henriette (IcColiLmy abjura la religion protestante, ce qui lit dire spirituellement à la reine dq Suède que madame de la Suze s était rendue cnthuUque pour ne point voir son mari en ce monde ni en l'autre. IJelle et spirituelle, son salon devint bien vite le centre de tous les beaux esprits de l'époque, et le rival do celui de madame de Sévignè : dans l'im, on était pour le vieux Corneille; dans l'autre, pour le jeune Racine. — Madame de la Suze cultiva la |)oésie, mais elle est plus connue par la correspondance philosophique et littéraire qu'elle avait établie avec Balzac et Saint-Kvremont. F.lle mourut eu 1()73, à l'âge de 55 ans.

Suzerain, suzeraineté, gouvernement féodal. Le suzerain était le roi ou souverain qui, après avoir abandonné ou cédé son droit lie souveraineté sur une certaine étendue de pays, n'en conservait pas moins une .<(///7r(''/??((//r'quelcon(iue sur le pays cédé. VA. comme

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aiilrefois des soinerainelés s'acquéraient par des maria|j;es et par les droits successifs qui résultaient de ces mariages, il arrivait souvent qu'à cause de certaines <>ei(jHL'urii's , de certaines souverainetés, un roi devenait le suzerain d'un roi aussi puissant ou plus puissant que lui-même. — Sous l'empire du droit féodal, porter une affaire devant le juge suzerain, c'était la soumettre au juire supérieur, au juge du ressort. Les seifpieurs suzerains étaient des ducs , des comtes et d'autres puissants seigneurs. ^

Swedenborg (Emmanuel), théosophe, né à Stockholm en 1688, fut long-temps connu comme savant avant de s'abandonner aux l'èveries mystiques qui l'ont rendu si célèbre. Il était fils d'un évoque luthérien de Yestrogothie. lequel n'était pas lui-même étranger aux opinions mystiques; et il reçut de lui une éducation religieuse qui influa sur le reste de sa vie. Il cultiva d'abord avec succès les lettres, et fit paraître, dès l'âge de 22 ans, sous le titre de iiradus helicnnius , un recueil de vers latins qui annonçait une imagination vive, puis il s'attacha aux sciences, et visita les universités d'Allemagne, de Hollande et d'Angleterre pour se perfectionner. A son retour (1616), il publia un journal de matliématiciiies et de physique qui attira sur lui l'attention des savants, et lui concilia la faveur du roi Charles XII. Ce prince le nomma assesseur au conseil des mines, et utilisa ses talents en mécanique au siège de Frédérikshall (1718). Après la mort du roi, la reine Ulrique-Éléonore lui conféra des titres de noblesse (1719). Il publia, en 1721 et 1722, les résultats de ses recherches métallurgiques dans plusieurs ouvrages, dont le plus estimé est un traité sur le fer. Bientôt, étendant son horizon, il embrassa dans ses études toutes les parties de la nature, et donna, en 1734, sous le titre ù'Opera philosophica et mineralogica, une espèce d'encyclopédie où l'on trouve, outre ses observations minéralogiques et chimiques, un système de pliysi(|iie générale, dans lequel l'imagination avait une grande part. Ces vastes travaux avaient fait connaître Swedenborg dans toute VEnrope , lorsque tout à coup on le vit avec étonnement renoncer au monde et abandonner ses fonctions pour remplir , disait-il , une mission divine. 11 prétendit avoir des communications avec des êtres supérieurs, et recevoir de? révélations sur le culte de Dieu et sur les saintes Écritures. Il se crut introduit, par une faveur toute spéciale, dans le ciel, dans le monde des esprits et dans les enfers, et avait avec Dieu, avec les anges et les âmes des morts, de fréquents entretiens qu'il raconte dans ses écrits, avec la meilleure foi du monde, jusqu'en leurs moindres détails. Depuis ce moment, il employa toute sa vie à propager ses idées, et publia successivtMuent,

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clans ce but, 17 ouvrages voluininctix. — SAvedenlwrg vécut jusqu'à un ùge fort avancé, et mourut, en 1772, à 8o ans, dans un voyage à Londres. Ses disciples, désignés sous le nom de sicedenhorrjistes, forment une église à part qu'ils nomment JérumUm-Nouvdh . Ils sont répandus en Suède, en Allemagne, en Angleterre et aux États-Unis.

Swift (Jonallian), surnommé le Rabelais de l' Angleterre, r\aqu\l en Irlande à Cashcl ( comté de Tipperary ) , !e 30 novembre '1()G7. Ses études terminées, sa mère l'envoya en Angleterre, près de sir William Temple, dont elle était un peu parente, et qui l'accueillit avec bonté. Présenté au roi Guillaume III , S^vift fit tellement goûter sa conversation à ce monarque (|uil devint le compagnon ordiiuiiro de ses promenades. Comme témoignage de sa faveur, le roi lui oflrit une compagnie de cavalerie; mais Swift, préférant entrer dans les ordres, obtint la prébende de Kilroot en Irlande, et fut nommé bientôt après doyen de Saint-Patrick, avec 30,000 fr. de rente. — Swift mourut le 29 octobre 17io. Dès sa jeunesse, il avait annoncé ce caractère excentrique qui devait faire de lui l'homme le plus poli et le plus bourru, le plus recherché et le plus haï : caractère insaisissable, poussant la misanthropie jusqu'au cynisme, et la générosité jusqu'à l'abnégation. — Il est auteur des Voyar/es de Gulliver, ce chef-d'œuvre d'esprit, de causticité, de line raillerie et de philosophie mordante.

Sybarites, peuples habitant la \ille de Siibaris, célèbres dans l'antiquité par la vie molle et \oluptueuse qu'ils menaient. Leur ville était située dans l'Italie méridionale, sur les contins de la Lucanie et du Brulium, près du golfe de Tarenle. Fondée par des peuples de la Locride ou de l'Orient, agrandie par une colonie d'Achéens, elle s'était élevée à un si haut degré de puissance, qu'elle parvint d'abord à mettre sur pied 300,000 hommes, et à assujettir 7 nations voisines et 25 villes. Ce fut la mollesse qui causa sa perle. Les Crotoniates, sous la conduite de Milon , s'en emparèrent l'an 508 av. J.-C. Les Athéniens, puis les Romains s'en rendirent maîtres ensuite; et elle fut détruite et rebâtie .'1 fois. — On appelle sijharitc un homme qui mène une vie molle et voluptueuse, comme faisaient les habitants de celte ville.

Sycomore, arbre qui tient du figuier pour les fruits et du mûrier poiu' les feuilles, genre de la famille des urticécs. Il se dit plus ordinaii'ement d'un arbre du genre des érables, appelé îiussi faux pldlaiw , qui croit natilrellement en France, et qui sert à l'orncnKMit do nos parcs, de nos promenades, etc.

Syoophante idedeuxmols grecs signitiunt pyuicr et dénoncer).

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On iiiipeUiit xjjcopliaiifcs . chez le.- Athénien^;, les dciionciateiirs de ceux qui truns|)ortaiciit des tij2;u('S hors de l'AUiciiic. Une loi défendait en ehet rexpoilation des figues de ce sol aride qui ne produisait guère que des olives et des figues, et récompensait les dénonciateurs de ceux qui l'enfreignaient. Mais comme très-sou\ent ces sortes de dénonciations étaient de pures calomnies, le mot.s*/cophanle devint bientôt et resta synonyme de calomniateur , fourbe , nienleur, fripon, délateur, coquin.

Sydenham (Thomas), né en 1624 à Windfort-Eagle , dans lo comté de Dorset , a été , sans contredit , le médecin le plus célèbre, le plus habile et le plus judicieux de son siècle. Mort en 1(38!), il a été surnommé par ses compatriotes VHippocrate anglais.

Sydney, capitaine de la Nouvelle-Galles et de toute l'Australie (v. Galles méridionale [nouvelle] ).

Syèyes (v. Siêyes).

Sylla (L. Cornélius), appartenait à cette célèbre famille Cornéliu qui avait fourni tant d'hommes illustres à la république romaine. Nommé questeur (an de Rome fil-'i) , il fut envoyé à l'armée d'Afrique où Marius, parvenu au consulat, faisait la guerre à .lugurtha. Actif et attentif à s'instruire et à accomplir ses devoirs militaires , il gagna bientôt la confiance de son général, et sut la mériter dès les premiers combats où il se trouva. — Bocchus, roi de Mauritanie, s'étant montré disposé à traiter avec les Romains, ce fut Sylla que ^larius chargea de suivre cette négociation. 11 la conduisit avec tant d'adresse et de prudence, qu'il décida enfin le roi maure à acheter la paix, en livrant lui-même son allié .lugurllia a la vengeance de Rom(\ Ce succès fut sans doute une des causes des dissensions sanglantes qui éclalèrent entre Marius, jaloux do son (luestour, et Sylla, (pii sembla insulter à son général en faisant trop \aloirla réussite de la mission (ju'il eu avait reçue.— Parvenu au consulat (GG4 de Rome), après avoir terminé heureusement la (juerre sociale, Sylla passa en Crèce pour combattre Mithridat",' , battit les trouiies de ce roi en plusieurs rencontres, s'emitara d'Athènes après un siège long et meurtrier, reconquit l'Asic-Mineure , et dicta au roi de l'ont les conditions d'une paix glorieuse pour les Romains, funeste et onéreuse à leur adversaire. — Cependant Marins avait profité de l'absence de Sylla pour se rendre maître de Home, en chasser les partisans de ce dernier, les proscrire et se faire conférer nu septième consulat que la mort lui enleva peu (h; mois après. Délivré de la guerre étrangère, Sylla songea à venger ses injures personnelles : il partit à la tète de ses vieilles liuiipe.-, debuitiua eu Italie ((iODj , et aple^ plusieurs batailles tangUmIe.' ,

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