‹ Dictionnaire de conversation à l'usage des dames et des jeunes personnes (volume 2)Chapitre 7 sur 133 · SAT — 30 — SAP · texte numérisé non relu

SAT — 30 — SAP

bleu d'azur, l'u snpliir de 12 à l.'i déciL!;paniin(>s vaut do HiOO à '1800 fraucs l()r.-;([u'il est (1"iuk> belle nuance l)leu-barbeau. 11 vaut beaucoup moins lorsqu'il est bleu-clair.

Saphique (vers) , espècc de vers de M syllabes, inventé , à ce qu'on prélend, par SapJio (v.), dont il a conservé le nom. Les Grecs et les Latins en ont fait un fréquent usage. Horace l'emploie souvent dans ses Odes.

Sapho, surnommée la -lO*^ Muse par les Grecs, naquit à Mitylene, dans l'île de Lesbos , en la i2^ olympiade, vers l'an 612 avant notre ère. La nature, qui l'avait douée d'un génie de feu , lui avait refusé non-seulement la beauté réelle , mais mémo jusqu'aux apparences de cet avantage. Elle était d'une petite taille et avait le teint extrêmement brun. Suidas assure qu'elle savait jouer de tous les instruments connus dans la Grèce. Ce dont on est certain, c'est qu'elle excellait sur la lyre et qu'elle fut l'inventrice du vers harmonieux qui porte son nom (v. Saphiquo). Quand les anciens parlaient des poésies lyriques de Sapho , ils ne les ap|)elaient pas des vers, mais des feux, des flammes, des ardeurs. — Ses concitoyens firent frapper en son honneur une monnaie portant sa lyre et son image; ce fut le noble prix d'un grand nombre de sublimes compositions, dont 2 seulement , conservées en partie dans quelques historiographes de la Grèce , sont parvenues jusqu'à nous. — ■ Dédaignée par Phaon, jeune Lesbien qu'elle aimait, Sapho se précipita dans la mer du haut du rocher de Leucade, et périt dans les flots.

Sapience, sapientiaux. Ce dernier mot scrt à désigner certains livres de l'Écriture sainte destinés à donner aux hommes des leçons de sagesse et de morale. Ces livres sont au nombre de cinq : r Ecclésiastique, le Cantique des Cantiques, les Proverbes, l'Ecclé-iiaste, le Livre de la Sagesse. On les a nonunés sapientiaux pour les distinguer de ceux qui sont historiques et prophétiques. — Le vieux mot sapience, dérivé comme le précédent d'un mot latin signifiant sage, n'est guère usité qu'ironiquement dans cette phrase : Le pays de Sapience, pour dire la Normandie.

Sapin , genre de la famille des conifères. Les sapins sont des arbies résineux, toujours verts, dont les cônes ou fruits sont allongés et composés d'écaillés imbriquées, sous chacune desquelles se trouvant 2 semences ailées. Les résines des sapins dilTèrent notablement les unes des autres par leurs propriétés; quelques-unes ont obtenu le nom de baumes, et les arbres qui les fournissent sont des sapins hautiiier>i: d'autres espèces donnent de la térél)enthine , et l'une des plus répandues en Europe a reçu le nom qu'elle porte

do la poix ^\non en tire en grande quantité. Toutes les espèces l)eiiv('nt donner dii goudron.

Sapor ou Chap'jur, nom de 3 rois de la race des Sassanides , ([ui succéda en Perse à celle des Arsacides. — Sapor /•"■ remplaça, vers Fan 242 de J.-C, Artaxercès , fils de Sassan , chef de cette race , et profita de l'indolence des Romains pour continuer contre eux une guerre qui dura jusqu'en 271. 11 ravagea la C-ilicie , la IMésopotamie et plusieurs autres provinces soumises aux Romains, et sans la ferme résistance d'Odenat, général, puis roi des Palmyréniens, il se fût vraisemblablement rendu maître de toute l'Asie. Valérien, ayant eu le malheur d'être vaincu et fait prisonnier par le roi perse, en fut traité avec la plus barbare indignité. Sapor, pour montera cluîval, se servit, en guise de marche-pied , du dos (lu malheureux prince vaincu, qu'il fit ensuite écorcher vif, en ordormant de répandre du sel sur ses chairs sanglantes et mises à nu. (le monstre fut assassiné par ses satrapes après 32 ans de règne. -e- Sapor II, fils d'IIormisdas et petit-fils de Sapor I'^''^ fut comme ce dernier presque toujours en guerre avec les Romains , auxquels il enleva la ville d'Amide ainsi que plusieurs autres places fortes et tout le pays à l'occident de l'Euphrate. Constance II, Julien, Jovien et Valens éprouvèrent tour à tour la puissance de ses armes. Il mourut, après un règne de 70 ans, l'an 380 de notre ère, sous le règne de l'empereur Gratien, laissant une mémoire plus redoutée encore de ses voisins (pie celle de son aïeul, et non moins détestée. — Sapor III , fils du ])récédent, ne fut ni aussi heureux, ni aussi cruel que son père et son aïeul, et se vit contraint de demander par ses ambassadeurs la paix à Théodose-le-Grand. Il mourut sans avoir rien fait de remarquable, en 389, après un règne de o ans et quelques mois. Ce fut le dernier des rois perses de ce nom.

Sara. L'antiquité compte deux femmes de ce nom, dont la plus célèbre fut la fille de Tharé, qui, à l'âge de 20 ans, épousa le patriarche Abraham, son oncle, et le suivit dans ses diverses excursions, de 1897 à 1726 avant J.-C. Elle était d'une merveilleuso beauté; deux rois puissants, celui d'Egypte et celui des Philistins , en devinrent éperdùment épris et l'enlevèrent ; mais Dieu la protégea et ne permit pas ((u'elle en reçût le moindre outrage. Parvenue à rage (le 89 ans, elle avait toujours été stérile , lorsque deux anges lui apparurent sous une forme humaine et lui annoncèrent (pi'elle aurait un fils. Elle sourit à cette promesse ; mais au bout d'un an elle mit au monde un fils nommé Isaac, c'està-dire Sourire. Sara mourut 37 ans après et fut enterrée dans la caverne d'IIébron, que le patriarche avait préparée pour servir de

sépiilliirc à toiilo ?a fomille. — L'aiilre Sara , fille d'Anne et de Raiïuel , de la tribu de Xephtali , avait successivement épousé sept maris que le démon avait étouflés aussitôt. Elle épousa enfin Tobie, son cousin , à qui elle était réservée , et qui réussit par ses prières à mettre en fuite le malin esprit. Elle en eut plusieurs enfants.

Saragosse, capitale du royaume d'Aragon, située sur la rive droite de 1 Èbre, fut fondée sous le règne d'Auguste par une colonie romaine. Parmi ses églises, on remarque Xuestra-Senora-del-Pilar. L'image miraculeuse de la Sainte-Vierge, placée sur une colonne de jaspe, y attire de nombreux pèlerins. Saragosse possède un archevêché, une université fondée en 1472, une académie des arts, etc. Population , î.o,00(> habitants. — Cette ville est célèbre i)ar les deux sièges (lu'elle soutint en 1)^08 et 1809 contre les Français. Le dernier dura 60 jours; 51,000 hommes y périrent.

Sarazin (.lean-Francois), né à Caen, fut le rival de Voiture dans le badinage ingénieux. Le prince de Conti se l'attacha comme secrétaire de ses commandements. Sarazin mourut, dit-on, empojpsonné par un mari jaloux auquel il avait causé xle l'ombrage. — Il a laissé plusieurs pièces de poésie qui brillent surtout par la finesse et l'esprit, tel que Dulot vaincu ou la défaite des bouts rimes. Son Histoire de la conspiration de ^Valstein est assez estimée.

Sarcasme (d'un mot grec signifiant décharné , et par extension montrer les dents en riant au nez de quelqu'un), radlorie amère, insultante, ironie acerbe et abrupte par laquelle un orateur insulte son adversaire. Démosthène employait souvent le sarcasme pour reprocher plus vivement aux Athéniens leur incurie en présence des dangers dont les menaçait Philippe de ^lacédoine.

Sarcelle, oiseau du genre canard (v.), mais de la petite espèce. La sarcelle, proprement dite, est commune en automne et au printemps sur les étangs, les marais, etc., mais il n'en reste pendant l'été que quelques couples qui nichent dans les prairies marécageuses. — La petite sarcelle reste chez nous toute l'aimée et niche au milieu des joncs de nos étangs. Elle diffère de la précédente par les couleurs de la tète, qui est rousse et rayée d'un large trait vert bordé de blanc. Ces oiseaux sont un gibier délicat et recherché.

Sarclage, opération qui consiste à arracher avec la main ou à couper entre deux terres avec le sarcloir les herbes qui nuisent aux plantes cultivées. — Sarcleur, homme chargé de l'opération du sarcla fjf.

Sarcophage (de deux mots grecs signifiant chair et manger , qui mange la chair). On appelait ainsi chez les anciens un tombeau où l'on mettant le corps de ceux qu'on ne voulait pas brûler, parce

qu'on y mcttail une sorte do pierre causUque qui avait la propriété do brûler les corps dans l'espace de 10 jours. Il ne se dit plus aujourd'hui que du cercueil , ou plutôt de sa représentation dans quehpies cérémonies funèbres.

Sardaigne, île de la Méditerranée, qui passa en 1723 sous la domination de la maison de Savoie, et donna son nom à une monarchie dont les états embrassent la Sardaigne proprement dite, la Savoie et le Piémont. Cette île dut son nom à Sardus, fiis d'Hercule , qui y conduisit une colonie dans les temps les plus reculés. Les Romains et les Carthaginois s'en disputèrent long-temps la possession. An moyen âge, les Goths y firent un court séjour; les Vandales l'occupèrent pendant un demi-siècle, et les Sarrasins, qui les i'em[)lacèrent, en furent chassés à leur tour, après une domination plus longue, mais souvent troublée. Elle eut ensuite 4 juges ou chefs principaux des 4 provinces les plus considéraljles de l'île , Carjliari, Torres, Arborea, Gallura. Le gouvernement avait alors tous les caractères d'une souveraineté mêlée d'hérédité et d'élection , sous la haute protection ou la suzeraineté des papes et des deux républiques rivales. Gènes et Pise. La Sardaigne passa ensuite sous la domination aragonaise, avec l'assistance des juges d' Arborea, et fut enfin cédée au duc de Savoie en 1723. On cite comme un des personnages les plus remarquables que cette île ait produits, Kléonore d'Arborea, femme du juge de cette province, qui força les Aragonais à évacuer la Sardaigne, et doima, au xiv^siècle, de sages lois à ses compatriotes. — La Sardaigne est très-riche en minéraux, mais on n'y exploite jusqu'à présent que des mines de plomb. Les porphyres , les marbres blancs et gris , l'agate , la sardoine , les jaspes, etc., y abondent. Le froment, l'orge, toutes les graines alimentaires y donnent des récoltes qui tiennent du prodige. Elle produit des oranges, des limons, des cédrats, des olives, des dattes, des vins estimés, etc. Dans le règne animal, on cite ses chevaux, ses moutons, une grande variété de gros et de menu gibier, etc. — La principale division de l'île est celle qui la distingue en cap méridional ou de Cagliari , et en cap septentrional ou de Logudoro. Elle i)ossède des jiorls et des golfes très-sùrs, des baies spacieuses. Villes principales: Ca<iliari , capitale, avec un port cité comme un des meilleurs de la Méditerranée; c'est le siège du vice-roi, de la haute magistratui-e et de l'administration supérieure de l'île; son université a toujours compté parmi ses professeurs des hommes fort distingués; Sassari, la seconde ville du royaume en imiwrtance et la première par son heureuse positidn; Orifitano, riche cl industrieuse; Iijlesias, Castchardo, etc.

Sardanapale, roi d'Assyric. Toute l'anti(|iiité a relenli dos débordoinents de ce dernier [)rince do la maison do Beletaras, et son nom, grâce au portrait ((ue les historiens on ont tracé, n'est parvenu jus([u"à nous qu'avec l'opprobre dont on a toujours llétri la mémoire des impudiques. Invisible pour tous ses peuples, il n'existait que pour ses femmes; il fardait son visage, se parfumait le corps avec les essences les plus rares, s'habillait même en femme, et passait ses instants d'ennui à fder des robes de pourpre. — Une révolte des Mèdes vint le tirer un moment de sa léthargie; mais, vaincu et voyant les ennemis prêts à pénétrer dans Ninive, il ht dresser, dans l'enceinte de son palais, un inuiiense bûcher, surchargé, dit-on, de -loO lits d'or et d'autant de tables de même métal, s'y plaça avec ses femmes, ordonna d'y mettre le feu, et périt ainsi dans les flammes, — La prise de Ninive eut lieu l'an 142o de l'ère de Calhsthênes: ainsi il s'est écoulé 2641 ans depuis cette époquejusqu'à nos jours.

Sardes, ancienne capitale de la Lydie, située au pied du revers septentrional du montTmolus, vers la réunion de l'IIermus et du Pactole, fut une des villes les plus florissantes et les plus remarquables de l'antiquité, tant par l'industrie de ses habitants que par les divers sièges qu'elle soutint tour à tour contre les Arméniens, les Perses, les Macédoniens, les Ioniens et les Athéniens qui la prirent et la brûlèrent l'an 504 av. J.-C. ; ce fut l'origine de la guerre médique. Déjà Cyrus l'avait enlevée à Crésiis au temps de la {)lus grande puissance des Lydiens. Florissante à l'époque des Grecs et des anciens Perses, elle le devint plus encore sous les Romains. On y célébrait tous les 5 ans des jeux magnifif[ues en l'honneur de Diane. On disait que Bacchus y avait été élevé et y avait inventé l'art de faire le vin. — C'est aussi à l'industrie des habitants de Sardes qu'on attribue l'invention de l'art de préparer la laine et d'autres tissus. Elle fut détruite par un tremblement de terre.

Sardines , poissons appartenant au genre nombreux des malacoplrnjfjiens abdominaux, assez semblables aux harengs, mais [ilus petits. Les sardines voyagent en troupes, et se trouvent dans l'océan .\tlanli(|ue boréal , dans la mer Baltique et dans la Méditerranée. Elles tirent leur nom de la Sardaigne, sur les côtes de laquelle on les a rencontrées pour la première fois.

Sardoine (de 2 mots grccs signifiant onijx de Sarda/'ipic), variété de la conuilino, selon les uns; agate ou calcédoine, selon d'autres; pierre non transjiarente do deux ou trois couleurs fv. Agate, Calcédoine, Cornaline).

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