‹ Dictionnaire de conversation à l'usage des dames et des jeunes personnesChapitre 21 sur 59 · CAL · texte numérisé non relu

CAL

prolisltT (lo son iiinoti'iicc jiiS([ir;i son (Icriuci' soupir. Apres l'cllc exi'cutiuii d'iiiio hurriblo iiiiiiiiiti' , dos cris de ri''|)robation, s'élevèrent coiilro les juges. Néanmoins des rigueurs i)oursiii\irenl eneore les membres de la famille Calas, jusqu'au moment où Voltaire éleva la voix en faveur de ces victimes, et obtint la révision de celle aifreuse procédure. Alors la voix de la justice se fit entendre, et le conseil royal cassa l'arrêt des juges de Toulouse. Le roi Louis XY s'elforça d'adoucir })ar des bienfaits l'irréparable infortune des Calas. Le drame judiciaire dont on vient de lire la trèssuccincte analyse eut lieu à Toulouse en 1701. Ce ne fut que le !) mars I7(5i) ([ue fut rendu l'arrêt de réhabilitation.

Calatrava (ordre militaire de), institué en Castille, en 1 158, par le roi Sanche 111, en mémoire de la belle défense de Calatrava par des moines de l'ordre de Cîteaux contre les Maures.

Cet ordre, à la fois religieux et militaire dans son principe, fut contirmé par les papes Alexandre III, Grégoire VIII et Innocent III. Les Maures s'emparèrent de Calatrava en M 9.3. L'ordre ne revint s'y installer ([u'en 1212. Il était alors dans sa plus grande gloire , et tous les gentilshommes de l'Espagne chrétienne aspiraient a la faveur d'y être admis.

Cet ordre illustre , dont les rois d'Espagne ont été grands-maîtres héréditaires depuis 1340, compte 56 commanderies et IG prieurés. L'habit des chevaliers, dans les jours de cérémonie, consistait en un grand manteau blanc où l'on voyait au côté gauche une croix rouge fleurdelisée. Leurs armoiries portaient deux menottes d'azur, afin de rappeler (Qu'ils avaient été institués j)our délivrer les chrétiens du joug des infidèles.

Calcaire, pierre à chaux, composée de chaux et d'acide carbonique. C'est la plus commune de toutes les substances minérales. Le calcaire marin est une roche calcaire déposée au fond' de la mer; le calcaire d'eau douce est un sédiment formé dans des lacs d'eau douce ou par des sources minérales ; le calcaire coquillier contient (les fossiles; le calcaire spathiciue est le calcaire à l'étal cristallin, les marbres appartiennent à ce genre; le calcaire compacte est un mélange d'argile et de crt/c«m', connue la marne, la craie; le calcaire oolilique, autrefois pierre d'iruf, se compose de grains dont la grosseur varie depuis celle d'un pois jusqu'à celle d'un grain de

Ordre (le Calatrava.

inillot. On se sert du calcaire dans dillérents arts. Il fournit la chaux pour les constructions, un a2;ent précieux à la lithographie, la craie aux arts du dessin. iMifin il rend de grands services à laiïricuUure, qui l'emploie pour amender les terres.

Calcédoine, es|)èce d'asiate, d'un aspect laiteux, de trans|)arence m'huleusc, appiu-lcuiant à la variété de l'espèce qu'on nomme quarz. La calcédoine est recherchée des graveurs, ((ui l'emploient surtout sous le nom de cornaline blanche. Les terrains volcaniques conlieiment ordinairement dos calcédoines. On en trouve aussi dans les leriains d'origine acpicuse. comme dans les environs de Paris.

Calchas, le principal devin de l'armée grecque au siège de Troie. 11 prédit que le siège durerait '10 ans, et que la flotte, retenue par les vents contraires dans le port d'Aulide, ne ferait voile qu'après qu'Agamemnon aurait sacrifié à Diane sa fille Iphigénie. Après la prise de Troie, Calchas retourna dans sa patrie; mais, ayant été surpassé par Mopsus dans l'art de tirer des augures, il mourut de dépit et de douleur.

Calcination, action de transformer le carbonate calcaire en chaux vive à laide d'une forte chaleur. — En général, on donne ce nom à toute opération qui consiste à traiter i)ar le feu une substance ([uelconque jusqu'à ce qu'elle ait perdu les matières décomposables ou volatiles qu'elle contient. Ordinairement on emploie pour cette oi)éralion des creusets de platine (v. Creuset).

Calcul (d'un mot latin signifiant caillou). Les Romains se servaient de cailloux, non-seulement pour compter, mais encore pour donner leurs suffrages. On sait que leur arithmétique , et en général celle des anciens, étaient fort imparfaites. Pour signes numéritjues ils se servaient des lettres de l'alphabet , au moyen desquelles , à la vérité, il leur était possible d'exprimer toutes sortes (le nombres ; mais la manière de les combiner était si embarrassante que, pour écrire un nombre médiocre, il en résultait une opération aussi longue que compliquée. Aussi , dans leurs supputations ordinaires, s'aidaient-ils de cailloux ou calculs pour éviter des erreurs. Ainsi supposons qu'un Romain eût à écrire le nombre 5,323, il récrivait ainsi avec des cailloux :

a colonu(? de points à gauche représentant des unités de mille, la

CAL — \t\i — CAL

suivaiUo, des unités de coiitoincs, ofc. (Vost co système do iiumorafion qui amena l'invention des macln'nes

ooooooo — ooo oooo — oooocx:| oooooooooo— j pooooocxx) — c ooooo ooood

à calculer appelées abaques , et consistant en boules enlilées dans des fils métalliques traversant une surface plane et parmi lesquels im est censé recevoir les unités, un autre les dizaines, et ainsi de suite. Cet -.^^ ^-^^i instrument, qui est généralement usité en- I encore aujourd'hui en Russie et en Chine. SSSS2°™°~ll;«" le calcul se fait, grâce à ce moyen; avec une étonnante rapidité , est dans nos -OOOOOOOOOO I conti-ées une espèce de curiosité. Cepen-

: ^'i dant on peut parfaitement s'en faire une

Machine à calculer. [ç^^ç g,i considérant le tableau qui accompagne d'ordinaire les billards et ([ui sert aux joueurs à marquer les points. Ce tableau est un véritable abaque ou machine à calculer, à celte ditf'érence près que les boules qui servent à indi- (juer les points s'arrêtent sous des chiffres arabes, ce qui évite à l'esprit la peine de faire l'addition.

Calcul différentiel, méthode mathématique qui fournit l'évaluation des lois (|ue suivent les quantités dans leur accroissement. Le célèbre Leibnitz a trouvé cette méthode vers 1684. Dans le même tem|)s, le grand Ncm ton la découvrait aussi sous le nom de calcul des fluxions. Le calcul différentiel forme avec le calcul intégral les deux branches importantes de la méthoile infinitésimale.

Calculs, dépôts de matière inorganique qui s'engendrent accidenteliemenl au sein des organes vivants, et dont les propriétés physiques et chimiques différent, sui\ant les parties où on les rencontre. On trouve des calculs dans tous les organes, même dans le cerveau; mais ils se déposent le plus souvent dans les reins, la vessie, le foie. Les calculs se nomment vulgairement pierres (v. Lithutumic et Lithotritie,.

Calcutta, capitale du Bengale et de toutes les Indes-Orientales britanniques. Jusque vers le milieu du siècle dernier, Calcutta n'était qu'un petit village; mais, à celte époque, elle commença à déployer ce caractère de grandeur et de magnificence qui la distingue actuellement. Quand les Anglais y formèrent un établissement, le chmat en était aussi insalubre que celui de Batavia. On rasa une forêt voisine ; on dessécha un \ aste étang oi'i croupissaient les eaux flu (iange débordé ; l'on saccoufuma à une manière de vivre plus appropriée à la température; et des lors le climat devint réellement moins nuisible. Maintenant Calcutta est ur^o des plus belles villes du

CAL — lliU — CAL

iiiuiidu. l.es Anglais y uni un (luarlior séparé ; leurs maisons sont bâties en briques, d'une belle architecture, et semblent autant de palais; elles sont séparées les unes des autres , à cause de la chaleur; les toits sont en terrasses, et chacune d'elles est entourée dune colonnade qu'on nomme rerandali. Le quartier habité par les indigènes se nomme re//a/; ou la ville noire; les maisons sont bâties en briques , en terre glaise , ou avec des cannes de bambou et des nattes de paille. A peu de distance de la ville, on voit le fort William, qui peut contenir 10,000 hommes; il commande le Hougly, qui est un embranchement du Gange; ses bâtiments sont à répreuve de la bombe, cl (300 pièces de canon défendent ses fortifications. Rien n'égale la magnificence de riiôtel du gouverneur; sa construction a coûté un million de livres sterling. On voit à Calcutta d'autres édifices remarquables, tels que le palais de justice, l'église anglaise et l'église arménienne. Calcutta est l'entrepôt commercial du Bengale ; c'est de là que viennent en Europe les richesses des provinces intérieures de l'Indoustan. ()n voit dans le port des navires de toutes les nations, et l'on saurait difficilement se faire une idée de l'activité commerciale qui y régne. Les sucres, l'opium, les étoffes de soie, la mousseline, sont les ])rincipaux articles de l'industrie de Calcutta. On y fait un grand commerce d'échange avec les états d'Ava, de Pégu, de Siam, les iles Maldives, celles de la Sounda. On y voit des négociants anglais, américains, mogols, indous ; mais le commerce de détail est entre les mains des Banians et des Saïkas. Les maisons faisant annuellement pour i ou 5 millions sterling d'affaires ne sont pas rares. On a fondé à Calcutta un grand nombre d'établissements publics, des hôpitaux, des écoles, des collèges. La société asiatique, fondée en 1784 par sir William Jones, est devenue célèbre par ses recherches sur les antiquités, les arts et les sciences de l'Asie. Enfin, Calcutta est le chef-lieu de la première des trois présidences de la compagnie anglaise des Indes-Orientales.

Calderon de la Barca (don Pedro), célèbre poète dramatique espagnol, né en lOOO, mort en 1687, fut, sous Philippe IV, l'unique directeur des spectacles, fêtes et jeux publics. Sa fertilité était étonnante. On ne lui doit pas moins de l,oOO pièces, qui sont divisées en iro']^ journées ou actes. Calderon, étant devenu chanoine de Tolède en I6."j2, composa 68 autos sacramcntales, actes sacramentaux, dans le genre des compositions <|u'cn France on appelait mustères.

Cale, terme de marine cpii a un grand nombre de significations. — La cale d'un vaisseau est la partie du navire comprise entre le fond et le prenuer pont ; c'est la (|uon met les provisions de ré(pii-

liai^o. — Il v a aussi la iule do construction, ijui doit ctre bâtie solidement pour sup|)orter rénorme cliar!:^e d'un vaisseau et de tous les chantiers sur les(iuels il s'appuie avant d'être lancé à la mer. — Un a construit à i^rands frais dans nos ports des calcx couvertes. — Le su|)])lice de la ca/c consiste à amarrer le coupaltle à rexlréniité d'une lorde qui passe dans une poulie fixée au haut de la i^rand' \ergue ou de la veri^ue de misaine; on lui lie les ûcu\ mains audessus de la tète et on le hisse jusipi'à la hauteur de la vergue, d'où on le laisse retomber de tout son poids dans la mer trois fois de suite : on ai)pelle ce su|)plice cale mouilk'e, et c'est le seul de l'ancienne léi;islation qui ait été conservé dans noire code pénal maritime. — Quant à la cale sèche qu'on donnait autrefois, elle oll'rait un spectacle horrible ; le condamné retombait sur le pont cl s'y brisait. La cale sèche était connue en France aux xiv" et xv^ siècles sous le nom d'est rapaile.

Calebasse, espèce de plante cucurbitacée ou de courge dont la racine est blanche et branchue, dont les fleurs sont lilanches et d'une .seule pièce, et qui produit un fruit charnu ayant la forme d'une bouteille ancienne, c'est-à-dire formé par deux espèces de panses dont l'infériourc est beaucoup plus grosse que la supérieure et qui renferme la semence. Quand ce fruit e^t vidé de toutes ses semences, et bien séché, il sert de vase et de bouteille dans beaucoup de pays. La gourde des anciens iiélerins était une calebasse. Calebasse.

Calédonîe, pays célèbre dans l'antiquité, silué au nord de la Grande-Bretagne , et dont les véritables limites ne sont pas bien connues; cependant l'usjige est détendre à toute l'Ecosse actuelle la dénomination de Calédonie. Ses anciens habitants formaient une nation très-belliqueuse qui résista long-temps aux Romains. On présume que ce fut au iv*" siècle que les Calédoniens occidentaux conunenrérent à être appelés £cossfl2s (v. Ecosse).

Caléfacteur (mot dérivé du latin signifiant </»« échauffe), appareil iuxento par M. Lemare, et destiné à la cuisson économicpie des aliments. Il est peu dispendieux, n'exige presque aucun soin et peut fournir tout le jour de l'eau chaude pour les besoins domestiques.

Calédonie (nouvelle), ile très-considérable de la mer du Sud, découverle en 1772 par le capitaine C.ook, et visitée 20 ans après par d'Entrecasteaux. Celle ile, montagneuse et généralement peu fer^ tile, est entourée de récifs qui en rendent l'abord très-dangereux. Elle a 3i0 kilomètres de long sur iO ou 50 de large. Les habitants se nourrissent parliculièrement de racines et de poissons; leiu's il. 13

(.AL — lû<) — CAL

l'oniincs soiil dans un olal (■()ui[)k'l ire?(la\a^('. On ne connaît absulunieiit rien sur la roli^ion île ces insulaires.

Caléidoscope ou Kaléidoscope , instrument d'optique ima;^iné par M. Brewster, physicien d'Edimbourg, et composé d'un tube do carton ou de bois garni à l'intérieur d'un prisme formé de lames de verre noir formant entre elles un angle, et reproduisant ainsi, d'une manière parfaitement régulière, des images successives d'un môme objet. Pom- obtenir des dessins variés de forme et de couleur, on place dans l'intérieur du jirisme, et dans une petite logo particulière, des parcelles de dilférentes matières; ces parcelles donnent lieu, par leur mobilité, à des dessins de rosaces très-agréables, et que l'on peut varier à l'infini en faisant tourner le tube sur lui-même. 11 y a 20 ans, le caléidoscope faisait fureur à Paris; on en trouvait partout.

Calembours, jeux de mots souvent jiuérils, rarement spirituels , et (pii maïKpient presque toujours de justesse. Ils consistent dans la double signification (jue présentent deux mots qui ont la même consonnance. Les cdicmbours amusent les gens oisifs et superliciels ; ils sont aux véritables bons mots ce que la monnaie de cuivre est à la monnaie d'or. On a dit avec raison qu'ils tiennent lieu d'esprit aux gens qui n'en ont pas. M. de Bièvre (v.) mit le calembour à la mode. 11 avait contracté l'habitude de ne parler qu'en caUmbours. Apprenant un jour qu'un de ses amis était au lit depuis un mois, il s'écria : Quelle fat-alité! Cet exemple sudit pour faire connaître la misère du calembour. Il faut avouer cependant que dans certains cas, peu nombreux d'ailleurs, le calembour mérite le nom de bon moi.

Calenders , moines turcs et persans dont le nom , qui signifie or pur , fait allusion à la pureté du cœur. Cet ordre fut fondé dans le xiv"^ siècle par Voussouf , Arabe d'Espagne. Les calenders font vœu de voyager perpétuellement, et, autant que possible, sans chaussure, de haïr mortellement les deux autres ordres de derviches, de ne vivre que d'aumônes, et de se livrer aux pratiques les plus austères. Mais ils observent fort mal leur vœu ; la plupart sont des voleurs de grands chemins, des ivrognes, des débauchés qui font les fous, les imbéciles et les jongleurs pour extorquer des aumônes à une populace fanatique.

Calendes , nom que les Romains donnaient aux jours de l'apparition de la nouvelle lune. C'était, chez eux, le premier jour du mois. Les Romains ne comptaient pas les jours relativement à la tiilalité du mois, mais en élabli.-^sanl leurs calculs sur une des trois fêles (pii le divisaicnl ; à savoir : les calendes, le^nones et les ides.

Ils no (lisaienl donc pas lo IG fôviioi-, lo i mars, le 8 avril, mais le 1 2" jour avant /es calondes do mai's, le 3*^ jour avant les nones de mars, lo i\'' jour avant los ù/cs d'avril, etc. Los calendes, les nones cl les ides claiont dos jours do fcle exactement chômes , et dont le lendemain était réputé néfaste. Renvoyer quelqu'un aux calomles ///•('(ï/ucs. c'est l'ajourner indéliniment ; car le mois des Grecs n'avait pas (le calendes.

Calendrier, distrihulion (les tonips disposés pour les nsa-^es de la vit\ ou tal)loqui contient l'ordre dos jours, dos semaines, dos mois, dos f(Mes de l'année. On distinguo le calendrier runuiin qui fut réformé par Jules ('ésar, l'an 708 de la fondation de Rome, iO ans av. .!.-('., et qui prit le nom de c(dendrier julien ; le cjloidrier i/ràjorien, nouvelle réforme introduite, lo 24 février 1382, par lo pape Grégoire XIII; le calendrier grégorien est presque généralement adojité aujourd'hui. 11 n'y a plus, en Europe, ([ue la Russie et la Grèce qui snivent encore aujourd'hui l'ancien calendrier. Les protestants rejetèrent pondant long-temps la réforme introduite dans lo calendrier par Grégoire XIII , sans doute à cause de son origine; ils ont cependant fini par l'adopter vers -1700. Plus ojjiniàtros, les Anglais ne s'y sont conformés que depuis 1752.

Calepin, nom par lequel on désigne un dictionnaire, ou plutôt un recueil do notes et d'extraits. Il vient évidemment do Calepin ou plut(jt Calepino, religieux augustin de la fin du xv*' siècle, auteur d'un célèbre Dictionnaire des langues latine, italienne, etc., plus connu, d'après lui, sous le nom de Calepin, et imprimé pour la première fois à Reggio , en l.")02. Dos savants en ont donné depuis plusieurs éditions. La plus complète est celle de Bàle (1390 ou 1027, in-fol.); elle est en onze langues.

Calfat. En termes do marine, c'est l'ouvrier chargé de calfater, c'est-à-dire do boucher exactement, dans un vaisseau qui vient d'être construit, tous les passages par lesquels l'eau pourrait s'introduu'e. Cette opération s'appelle calfatage: et l'on donne aussi quelquefois le nom de calfat à la matière qu'on y emploie.

Calibre, que l'on écrivait d'abord qualibre pour indiquer son étymologie latine signifiant équilibrer, sert à désigner en général la grosseur , le volume ou l'étendue d'une chose dans ses rapports avec une autre chose. — En architecture, des colonnes peuvent être de même calibre, c'est-à-diro de même volume. — Le calibre est russi le modèle ou profil en bois ([ui sert à léglor le bombement d'une chaussée. — Les horlogers appellent calibre l'espace compris entre les doux platines qui forment la cage d"ime montre, et dans loiiuel sont placés les roiiagi s. — Enfin lo calibre (\c toute arme à feu ,

CAL — l/t8 — CAL

canon, niorlicr, fusil, i)isloIct, eh)., j)cul se définir une dimension comparative du diamètre du tube de l'arme et du diamètre du projectile de cette arme; ce rapport de l'un à l'autre est ce qu'on appelle être de calibre.

Calice, vase sacré dans lequel se fait la consécration du vin dans le saint sacrifice de la messe ; il est ordinairement en argent, en or ou en vermeil. — C'est encore, en termes de botani(pie, le nom de l'enveloppe externe d'une fienr complète, telle ([ue celle de la rose, de la girofiée, de l'œillet. Dans ces fleurs, le calice forme une sorte de tube continu , d'une seule pièce, ou à plusieurs folioles ou divisions. Dans certaines (leurs, le calice et la corolle, enveloppe interne, sont pour ainsi dire confondus. Ce sont ces deux enveloppes qui protègent les organes des plantes nommés pifitils et et aminés (v.). Le calice ne se distingue point en général par l'éclat des couleurs ou l'élégance des formes. Il est destiné à défendre les jeunes fieurs contre les ardeurs du soleil et les pluies orageuses. Des (leurs que l'on priverait de leur calice, lors de leur développement , s'altéreraient et périraient bientôt.

Calicot, espèce de toile de coton moins fine que la percale, et qui n'a commencé a être connue en France que dans les premières années de ce siècle. — Le sobri([uet de calicot fut donné, en 1816, aux jeunes gens du commerce des toiles et nouveautés de Paris , qui portaient alors d'énormes moustaches et des éperons. Un vaudeville représenté à cette époque au théâtre des Variétés fit bonne et sévère justice de ce ridicule. Les auteurs avaient placé dans leur pièce un commis, appelé M. Calicot , qui se donnait derrière son comptoir, et tout en aunant des étoifes, des airs de vieux soldat de l'empire. Ce vaudeville avait frappé fort et juste. Les jeunes commis parisiens voulurent se venger en sifflant la pièce; de là des scènes limiultueu.ses qui furent bientôt réprimées et qui donnèrent à la pièce une vogue extraordinaire, et au sobriquet qu'elle avait créé une durée qui ne laisse pas que d'importuner quelquefois les successeurs de ces étourdis. Métamorphosés aujourd'hui, grâce au temps, en honorables chefs de maison et on bons pères de famille, ceux-ci sourient au souvenir de la susceptibilité i)ar troj) grande dont ils firent preuve, il y a un (juart de siècle, en dé[)it de leurs occupations e-scutiellement pacifiques et casanières.

Calife (v. lûllife).

Calirornie, vaste Contrée de l'Amérique septentrionale, vers la

CAL — lû9 — CAL

côte occidcntalo. C'est une \nc (lu'ilo bcniire au iiunl pur la terre ferme, à laquelle elle se rattache; à l'est par la province du Nouveau-Mexique et le i^olfe de Californie ou la mer Vermeille, au sud et à roiiest |)ar la |j;rande mer l\i(ili(|ue. La loui^ueur de la Californie est de 1,200 kilomètres, et sa largeur varie de iO à 100. Son sol est généralement sal)lonneux et aride; le climat est très-varié. Lorelle est le chef-lieu de la vieille Californie, dont les habitants sont pour la i)lupart indigènes. — La nouvelle Californie est une province des Ktats-Unis du Me\i(|ue; elle est limitée à l'ouest par l'Océan, au nord par la terre de Colombia et par la ^ ieille Californie. Cette contrée est extrêmement fertile et beaucoup plus peu[)léc que la vieille Californie, qui ne compte guère ([ue 10,000 habitants. Sa capitale est Monterey.

Caligula (Caius César) , de tous les monstres stupides et féroces appelés à gouverner l'empire romain un de ceux qui ont laissé le nom le plus exécré, naquit à Antium, l'an 13 de l'ère chrétienne, et dut le jour à Germanicus, surnommé par l'historien Tacite lea amours du peuple de Rome. Il n'avait que 25 ans lorscpi'il succéda à Tibère, et préluda par quelques actes de clémence et d'hiuuanité à un règne qui ne fut qu'une suite de forfaits; quelques historiens ex"|5liquent ce changement par une grave maladie qui altéra ses facultés intellectuelles. 11 fut assassiné par un tribun des gardes prétoriemies , en l'an il de J.-C, dans la 29*" année de son âge. C'est lui qui un jour exprimait le vœu que le peuple romain n'eût qu'une tète, afin de pouvoir la trancher d'un seul coup. Il se serait estimé heureux de voir quelque grand désastre arriver sous son règne, comme une peste, un tremblement de terre, une famine. Il avait nommé son cheval pontife et consul, le faisait manger à sa table, et lui servait lui-même de l'orge dorée.

Calixte. On compte trois papes de ce nom : — Calixte /*•'' (saint), élu j)ape en 217, et mort martyr le I i octobre 222. — Calixte H (Gui de Bourgogne), élevé à la chaire pontificale le 29 janvier 1 1 1 9, mort en 1 124. Il répara les aqueducs et quelques autres monuments de Rome. — Calixte III (Alpiionse Borgia), élu pape le 8 avril I i")o, mort le 0 août l4o8. C'est à lui qu'on doit l'institution de la prière que les fidèles se font un devoir de réciter 3 fois pai' jour, et qu'on nomme VAnçielus. Il montra un grand zèle pour ranimer l'ardeur des croisades contre les Turcs. Le désir d'enrichir sa fanille le porta malheureusement à donner de tristes exemples do népotisme.

Calixtins. sectaires hussites de la Bohème, qui commencèrent à paraître vers I i-'iO. Leur doctrine dilférait de celle du catholicisme

on ce qu'elle permettait nux laïques de communier sous les deux espèces. Les calixtins se sont fondus dans les diverses sectes protestantes.

Callicrate. L'antiquité i^n;cque a fourni deux grands artistes de ce nom. L'un, architecte, florissait à Athènes dans la 8i« olympiade; il s'est immortalisé en construisant, avec Jecinus, le célèbre temple appelé Varthônon, dont Phidias dirigea les sculptures et la décoration. L'autre Callicrate était un sculpteur renommé pour la finesse et la délicatesse de ses figures. On rapporte qu'il fit un chariot avec son conducteur, ses chevaux et leurs attelages, qu'une seule aile de mouche pouvait couvrir (v. Curiosités microscopiques).

Calligraphie (de deux mots grecs signifiant belle écriture). C'est l'art de bien écrire, de tracer avec correction les caractères d'une langue. Les Grecs et les Romains avaient perfectionné la cctUi graphie. Elle ne cessa de fleurir même ])endant les ténèbres du moyen âge. Il y avait alors des artistes calligraphes qui exécutaient de véritables chefs-d'œuvre. L'invention de l'imprimerie a fait descendre la caUiijruphie du rang d'art à l'état de vulgaire métier.

Callimaque, célèbre poète grec, natif de Cyrène, florissait vers l'an 280 av. J.-C. 11 était garde de la bibliothèque de Ptolémée- Philadelphe. On le regardait, dans l'antiquité, comme le prince des poètes élégiaques, pour la délicatesse, l'élégance et la noblesse de son style. De tous ses poèmes, il ne nous reste que quelques épigranmies et quelques hymnes. — Un autre Callimaque avait composé un traité des banquets et des couronnes dont on faisait usage dans les festins. — Un célèbre artiste du nom de Callimaque vivait l'an ioO av. J.-C. Il était architecte, peintre et sculpteur. On lui attribue l'invention du chapiteau corinthien, dont l'idée lui fut suggérée par une plante d'acanthe ([ui entourait un panier placé sur le tombeau d'une jeune Corinthienne. Ce panier était couvert d'une tuile qui, en recourbant les feuilles de l'acanthe, leur avait fait prendre le contour des volutes. On dit qu'il fut le premier qui (ré|)aiia le niarl)re pour y ci'cuser des plis et des fonds.

Calliupe, inuse lie l'éloquence et de la poésie épique. Son nom signifie en grec Belle voix. On la représente tenant d'une main une troiiipette liéioïque, et de l'autre un poème avec des couronnes de lauiicr. Calliope passait pour la plus savante des 9 Muses (v.).

Callisthène, disciple et parent d'Aristote, était né à Olynthe , environ 365 ans av. J.-C. Il accompagna Alexandre-le-Grand dans ses ex[)é(litions, et l'on prétend qu'il découvrit à Babylone de très-anciennes observations astronomiques. Plein d'orgueil et de vanité, il mettait ses propres écrits foi't au-dessus fies conquêtes du

CAL — Ijl — CAL

roi de Macéiloino. Il devint odieux à ce prince, qui, sous le prétexte de complicité dans une conspiration, le lit arrêter et donna l'onlre inliuMiain de lui couper les lèvres, le nez et les oreilles. Ainsi délijiuré et mutilé, il le faisait traîner à sa suite pour être à son armée un objet d'épouvante et d'horreur. Enfin, Callisthène reçut de son disciple Lysinu^pie une dose de poison (pii le délivra de tant de tourments et d'indignités (v. Lijsimaque).

CalWsto (niythol.), fille de Lycaon, roi d'Arcadie, était une des nymphes favorites de Diane. Elle eut de Jupiter un fils nommé Arcas. Junon la métamorphosa en ourse, et Jupiter la transporta au ciel avec son fils Arcas. Les astronomes en ont fait les deux constellations de la (/ramU' Ourse et de la pelilc Ourse.

Callistrate, orateur athénien qui, après avoir ac(|uisune i^rande autorité par son éloquence, se fit des ennemis et fut banni à perpétuité de sa patrie. Pendant son exil, il fonda dans la Thrace la ville de Dates. Étant revenu dans sa patrie sans y avoir été rappelé, il fut mis à mort. Il avait été le F'' maître de Démosthéne, c(ui lavait quitté pour suivre Platon. — Callistrate, excellent acteur, seconda les efforts d'Aristophane pour étendre le domaine de la comédie. — Un jurisconsulte de ce nom vivait sous les empereurs Sévère et Caracalla ; il nous reste des fragments de ses écrits dans les Ptiiulectes.

Callosité, durillon, calus, peau endurcie par un exercice réitéré. En anatomie et en histuire naturelle, on appelle callosités des corps c|ui sont des endure'issements de léj^iderme et d'autres qui en ont au moins l'apparence. Il y a les aiUusités naturelles, comme celles ciui se présentent sous forme de i)laques à la plante du pied de l'homme, et les callosités accidentelles, telles que cors, durillons, etc.

Callot (Jacques'!, peintre, dessinateur et graveur, né à Nancy en I.'i93, mort le 23 mars 1633, âgé de 41 ans, excella surtout par son talent à saisir l'à-propos, le côté plaisant et grotesque des ol:)jels même les plus austères. Sa Tentation de saint Antoine est incomparablement la meilleure de toutes celles qui ont été faites ; ses danses de baladins, ses charges de soldats, sesGucuja, sont admirables de bouffonnerie. Callot avait le travail extrêmement facile ; son œuvre est immense: on y compte plus de I .iOO pièces. Louis XIII, qui l'avait appelé à Paris pour plusieurs travaux , voulut lui faire graver le siège de la ville de Nancy, dont il venait de se rendre maître. « Je me couperais plutôt le iiouce, dit l'artiste, que de rien faire contre l'honneur de mon prince et de mon pays. » I.e roi, charmé de celte belle réponse, s'écria que le duc (le Lorraine était bien heureux d'avoir de pareils sujets.

r.AL — 152 — CAL

Callots (m Calols, masses de pierres qu'on lire brutes des ardoisières.

Calmants, moyens divers (|iie la médecine em[)loie [)Oiir adoucir, soulager les souliVunccs du malade. On ne peut appeler remèdes ces sortes de palliatifs; ils peuvent ramener le calme momentanément, mais non enlever la cause du mal. Les mcdicamenls qu'on nomme caliminta ou srdatifs sont appelés rt/iO(///(.s, quand ils apaisent les douleurs; narcotiques, (piand ils provoquent le sommeil ; îniti-spasmodiqucK, lorsqu'ils ont pour objet de faire cesser les accidents nerveux.

Calmar (union de) (v. h'ulmar).

Calmar, genre (le mollus([ues rangés parmi les cc'j)h(ilopndi>s à 1 0 pieds, et qui ressem- ^, blent beaucoup aux seiclies et aux poulpes. Ces animaux répandent autour d'eux, quand C~^ on les inquiète , une espèce d'encre ou liqueur noire , d'où leur est venu le nom de calmar, tiré de deux mots latins qui signifient écritoire. C'est de cette liqueur noirâtre qu'est composée la sépia , dont on fait un si fréquent usage pour l'aquarelle. Ces animaux se trouvent en grand nombre sur nos côtes et quelquefois en pleine mer. On leur fait une guerre acharnée, parce qu'ils détruisent beaucoup de poisson. A Terre-Neuve , leur chair, coupée en morceaux, sert d'appâts pour la pêche de la morue.

Calme, état paisible résultant de l'équilibre des forces physiques et morales. Il y a le calme physique et le calme moral. Le l*-*'" est la pleine jouissance de l'exercice régulier des organes physiques agissant simultanément et successivement dans les limites que la nature leur a marquées. Le calme moral est une situation plus ou moins prolongée de la raison humaine, sentant le bonheur de s'élever graduellement et de grandir, indépendamment des circonstances sociales et quelquefois même des douleurs physKjucs. Le calme physique est toujours subordonné au calme moral, tandis (pie celui-ci peut se rérober en partie au premier. — En termes de marine, le calme, c'est l'immobilité de l'air, l'absence du vent, l'atmosphère en repos. Il y a (luelquefois en mer de longs calmes (]ue le marin redoute autant et l)lus même que les tempêtes.

Calmet ( Dom Augustin), savant religieux bénédictin de la congréiatinn de Saint-Vannes, né le 26 février 1672, à Mesnil-la-Hor-

Calmnr.

gae, près de Commorci, en Lorraine, moi t u Sénones le 25 octobre 1637. Celait un honuue lics-laliorieux et non moins modeste. Il a fait de j^ramls travaux sur lÉcriture sainte et sur l'iiistoiro. Le meilleur et le plus utile de tous ses ouvraji;es est son Dictionnaire historique et critique île la Bihle. qui fut traduit en latin, en anglais et en allemand.

Calmoulks (v. Kalmouhs).

Calomel , terme de pharmacie, désignant le proto-chlorure de merrure, cjue l'on sublimait à plusieurs rejirises dans le dessein de le rendre plus doux et de diminuer sa verlu corrosive. Vulgairement, le ciilomel est un mélange de mercure et de soufre.

Calomnie, fausse accusation ou impulaticjn mal fondée contre la conduite ou la réputation d'autrui. On sait comment le peintre Apelle représenta jadis la Calomnie. Sur son tableau, que l'auteur donna à IHolémée, roi d'Egypte, on voyait la Crédulité aux longues oreilles tendant la main à la Calomnie ; elle avait auprès d'elle l'Ignorance sous l'emblème d'une femme aveugle, et le Soupçon jaloux sous la forme d'un homme agité par une inquiétude secrète. La Calomnie s'avançait sous les dehors d'une lielle femme parée de ses plus beaux ornements ; mais son visage enllammé ne respirait que la colère. D'une main elle portait une torche enbrasée, de l'autre elle traînait un jeune honmie qui levait les yeux au ciel qu'il prenait à témoin. A sa suite marchaient l'Envie au visage hâve, au regard fixe, sous la forme d'un homme desséché par une longue maladie ; la Dissimulation et la Ruse: et de loin suivait le Repentir vêtu d'habits noirs et déchirés : détournant la tète et le visage couvert de honte, il semblait recevoir la Vérité qui s'avançait. De tous les vices la calomnie est le plus commun et celui dont les suites funestes et souvent inappréciables ne peuvent être jamais entièrement réparées. Aussi (les lois sévères la punissent-elles chez tous les peuples civilisés.

Galonné (Charles-Alexandre de), né à Douai en 1734, était fils du premier président du parlement de cette ville. Destiné à la magistrature, il fit à Paris de bonnes études, débuta au barreau, et devint bientôt avocat-général au conseil provincial d'.^rtois, puis procureur-général au parlement de Douai, ensuite maître des requêtes. Son avancement fut rapide. Si, dans la querelle élevée entre le clergé et les parlements, il prit le parti du corps auquel il appartenait , sa conduite fut néanmoins équivoque dans l'atïaire du duc d'Aigui'llon et de La Chalotais. Il passa dans les finances, et rem|)lit pendant quinze ans les fonctions d'intendant à Metz et à Lille. En 4783, il fut nommé contrôleur-général des finances, au moment où le trésor se troiu ait dans la situation la plus déplorable. Calonne .

plein (le prt''soin]ition et (l'une coiifianco cxap;érée en ses propre:; forées, promit de ramener l'ahoiidanee dans les coirres de l'état. Mais ses prodii^alilés dissipèrent hientùl les illusions qu'il avait fait naître. Une vive 0[)position s'étaiit formée contre lui , il convocpia l'assemblée des notables de 1787; et l'événement fut loin de rél)ondre à son attente. Ses querelles avec Neckcr achevèrent de le ruiner; et , devant l'orage qui le menaçait, il se réfugia en Angleterre. Il échoua dans sa tentative de se faire nommer député de Flandre aux états-généraux. Au moment de la lévolution, il émigra, parcourut successivement TAllemagne, l'Italie, la lUissie, et retourna en Angleterre, où il composa cpielques ouvrages ])olitiques. Il avait obtenu, en 1802, la permission de revenir en France; et il mourut un mois après son arrivée.

Calorifère, composé de deux mots latins qui signifient por/er /(/ chaleur, ('e nom désigne particulièrement des appareils qui servent à échaulfer l'air contenu dans un espace fermé, ou à procurer des courants d'air chaud dans les habitations et dans les fabriques. Dans une ca\ e ou une chambre basse de l'édifice , on dispose ime boîte de fonte au milieu d'un fourneau dont la flamme et la fumée circulent autour d'elle par des conduits en briques convenablement placés ; l'air froid j)énètre dans cette boîte par le bas, s'y échauffe, et se rend par des tuyaux supérieurs dans les lieux où la chaleur est nécessaire. Ce sont là les caloripres les plus ordinaires; mais l'industrie moderne a singulièrement varié la construction de ces appareils.

Calorimètre (physique), composé iVun mot latin et d'un mot grec ([ui signifient mesure de la chaleur. Le calorimètre est un instrument propre à mesurer la quantité de calorique spécifique que contient un corps. Le calorimètre, inventé par Lavoisier et Laplace, se compose de trois cavités concentriques. La plus intérieure est un grillage en fer où l'on place le corps que l'on veut éprouver; la seconde, qui l'enveloppe immédiatement, doit recevoir de la glace pilée, qui se trouve ainsi en contact avec le corps. Au fond de cette cavité est prati([uée une ouverture par laquelle s'écoule au dehors l'eau (pie forme la glace en se fondant. La troisième cavité, qui est la plus extérieure, est destinée à recevoir aussi de la glace, afin que le calorique des corps extérieurs n'ait aucune ciu„nmr/n: actiou sur ccUii contenu dans la glace. Un sait

(piim kilogranune (r(^au chauiVée à 7i)" fond un kilogramme de

CAL — lâj — CAL

L^laro, (.■( (|uo lo li([(ii(lo ivsullnnl osl à 0. Si un Iviloi^rainine d Une autre substance, à cette tenipéiature de 7li", ne i'und (luiui deniikilo^'ranime de glace, on en conclut que le caloricpie spécifique de ce corps n'est (|ue moitié de celui de l'eau. Les calculs analogues se iiuiiti[)lienl à l'intini. Parmi les calorimètres établis par d'autres procédés ipie celui que nous venons d'indiquer, on remarque celui que Ton doit à Rumfort.

Calorique. On désigne sous ce nom le principe inconnu de la chaleur, considéré par quckpics physiciens comme une simple propriété de la matière; d'autres le regardent comme une modiiication de la lumière, ou comme le résultat des ondulations d'une matière extrêmement ténue (]ui pénètre tous les corps de la nature, les échaulFe et les dilate en se combinant avec eux. Sa présence nous est manifestée par la sensation de chaleur qu'il fait éprouver à nos organes. Le caloricpie se présente sous plusieurs états diO'èrents : I" Le calorique libre ou rai/oH/irt/i/.- c'est-à-dire celui qui s'échappe d'un îoyer de chaleur, sous la forme de rayons. Il a la propriété de se rédéchir à la surface des corps blancs, opaques, polis, et l'angle de réflexion est égal à celui d'incidence. 2" Le calorique combiné est celui qui est enchaîné dans les corps par la force dalhnité ou d'attraction , et qui constitue leur manière d'être. QueUpies physiciens ont pensé que le calorii[ue n'était pas combiné mais simplement interposé entre les molécules des corps, et ils l'ont désigné sous le nom de calorique latent. Ils ont appelé, par opposition, calorique sensible celui que nous avons nommé calorique libre. — Le calorique spécifique est la quantité variable de caloricfue que plusieurs corps de nature différente, égaux en poids, exigent pour passer de 0 à une même température. Suivant qu'un corps en absorbe j)Ius ou moins qu'un autre coriis, on dit qu'il a plus ou moins de capacité pour le calorique. On sait que le calorique a la propriété de dilater les corps en séparant leurs molécules. »

Calotte, espèce de petit bonnet de cuir, de laine, de satin ou d'autres étoffes, qu'on portait par nécessité, et qui par suite est devenu une partie du costume des prêtres et des moines. Sous le règne de Louis XIU, la calotte devint d'un usage presque général pour tous les la'i'ques d'une profession grave ; magistrats , avocats , hommes de lettres, bons bourgeois, en portaient aussi bien que les abbés. Le grand Corneille, dans les portraits que nous avons de lui, est toujours représenté avec la calotte. — Sur la fin du règne de Louis XIV on appela réijiment de la calotte une facétie imaginée par de jeunes odlciei-s et,(iui consistait à envoyer une calotte dilTorme à toute personne à (pii il échappait une naïveté. Cette facétie, qui se pro-

CAL — lôG — CAL

loiiiica ptMuliuit \nvà d'un di-mi-siècle, fut L-iisuile niodiliée, en ce sens (lu'on délivra des brevets qui tinrent lieu d'insignes. C'est par imitation que, dans les dernières années du directoire, des plaisants imaginèrent Vordre de Cracorie, dont ils adressaient des brevets à tous ceux qui, s'occupant spécialement do polili(jue, étaient exposés à accueillir et à répandi'e de fausses nouvelles. Caloyer OU cw/of/c/', altération d'un mot grec qui signifie bon rii'illard , et par lequel les Grecs désignent leurs moines. Ces religieux, ([ui suivent la règle de saint Basile, sont extrêmement nombreux , même depuis la domination des Turcs, aux- ([uels ils inspirent un certain respect ci dont ils ont obtenu (|uelqucs immunités. Outre le mont Athos, uniquement habité par des caloyers , on (l'ouve des monastères jusque dans les nioindres îles de l'Archipel, et jusque sur les pics escarpés de Thossalic apiielés Météores (v). A l'exception (lu petit nombre de ceux qui sont revêtus du sacerdoce , les caloyers sont astreints à un travail manuel.

Calprenède (Gautlucr dc Costes, chevalier, seigneur de La), na- (|iiit au château de Tolgou, dans le diocèse de Cahors, à 10 kilomètres de Sarlat. Apres avoir fuit ses études à Toulouse, il vint à Paris vers 1631, et entra en qualité de cadet dans le régiment des gardes, où il fut fait bientôt otïicier. Vers 1651, il fut nommé gentilliomme ordinaire de la chambre. En 1663, au château de Mouslain. il voulut montrer aux dames son adresse au fusil : la poudre lui sauta au visage et le défigura. La même année, il voulut faire voir son adresse à courir à cheval : le cheval lui donna un violent coup de tête au front, et La Calprenède en mourut. Il avait composé beaucoup de romans dans le prétendu genre [)astoral fort à la mode à cette époque. Voici les titres des principaux : Casmndre (10 volumes in-8"), Cléopâtrc (23 vol. in-8"), Faramond (7 vol. in-8"), etc. Il écrivit aussi pour le théâtre, mais ses tragédies sont toutes mis'ral)les. Le cardinal de lîiclielieu, s'étant fait lire une de ses pièces, dit (|u'elle était bonne, mais(iue les vers en étaient lâches. « Comment , lâches ! s'écria l'auteur; cadédis! il n'y a jamais eu de lâches dans la maison de La Calprenède! »

Calpurnia, fille de L. l'ison et i" fenmie de .Iules César. La nuit

Cubiycr.

qui précéda la mort de César, elle crut voir sa maison s'écrouler cl son époux poii^nardé entre ses bras. Troublée par ce songe, elle voulut en vain détourner César de se rendre au sénat. Après la mort du dictateur, elle se retira dans la maison d'Antoine, et mourut dans la retraite. A une beauté rare elle joignait un esprit cultivé, une éUxiiience égale à celle des plus grands orateurs, et une générosité digue de César.

Calpurnius, poèto latin (le Sicile, llorissait sous le régne de Dioclélien. Il nous reste de lui 7 églogues remarquables par l'élégance de la versification. Cependant d est loin de riieureuse sim[)licité de Virgile, et on Un ropmche, tantôt une emphase déplacée, tantôt des expressions ignobles et grossières.

Calque. On nonunc ainsi le résultat d'une opération par Inquelle, au moyen de la transparence des matières, on fait la copie dune composition avec autant de promptitude cpie de facilité. On emploie pour calquer plusieurs procédés également bons. Le plus simple est de poser un papier blanc sur l'objet que l'on veut copier; plaçant ensuite ces deux feuilles sur une vitre élevée , à travers latiuelle jieut passer la lumière , on profile de la transparence que l'on obtient pour copier les traits principaux du dessin, les nuances d'ombre, et même tous ses détails. Au lieu de la vitre on emploie aussi le papier-glace, et, avec moins d'inconvénients, \e papier rc</élal. Pour caltiuer, on se sert de crayon, d'encre, ou d'une pointe fine dite pointe à calquer.

Calumet, pipe des sauvages : elle a une signification symboli(jue. Quand les chefs et les anciens des tribus de l'Américiue du nord se réunissent pour conclure un traité avec des négociateurs du dehors, ils allument le tabac d'une longue pipe en bois. A près quelques iispirations. le chef fait passer le nrand calumet au chef étranger om aux ambassadeurs, {)Our qu'ils en fument à leur tour. Tit'Iicns fumant h: cahancl

(HViir a (|iic'liiu'iin le caliiini'l, c'csl, dans le langage île ces sauvages, vouloir vivre avec lui en bouiie intelligence et en amitié.

Calus (v. Cal et Callosité).

Calus (mythologie), élève de Dédale, auquel la fable attribue l'in- \ eulion de la scie et du compas. On ajoute que Dédale, jaloux de cette invention, en tua l'auteur. Ce crime le força de quitter Athènes et de se réfugier en Crète.

Calvados (département du). Ce département, formé d'une partie de la Basse-Normandie, est borné au nord par la Manche, à Test par le département de l'Eure, au sud par celui de FOrne, à l'ouest par celui de la Manche : il tire son nom d'un banc de rochers situé sur ses côtes. Il est divisé en 6 arrondissements, 37 cantons, 897 communes, et 4 arrondissements électoraux nommant 7 députés. Sa superficie est de 1,1 G2 kilomètres carrés; sa population de 500,9iJG habitants. Il appartient à la 14*^ division militaire, à la S'' conservation forestière, et ressortit de la cour royale de Caen et de l'évéché de Bayeux. Caen est le chef-lieu de préfecture. Le climat de ce département est très-varié; l'air y est pur et sain, mais plus humide que sec, et plus froid que tempéré : l'hiver s'y prolonge souvent la moitié de l'année. Quelques vallées sont remarquables ]iar leur fertilité, particulièrement celles d'Auge et de Trévières : c'est dans les pâturages de ces 2 vallées que paissent les vaches qui donnent les beurres si renonmiés de Tréviéres et d'Isigny. Le département du Calvados possède 7 petits ports sur une étendue de côtes de 1 10 kilomètres : Ronfleur et Caen sont les plus importants. On pèche sur les rochers du Calvados bcaucou[) de poissons, de homards et de coquillages. Le sol (terres de bruyères) est cultivé avec des chevaux. Il y a .32,843 hectares de forêts. Les productions végétales consistent en céréales, chanvre, légumes, colza, navette, pastel, gaude, fleurs, plantes marines, cidre : on cite celui du pays d'Auge el'de Bayeux. Les mméraux sont le fer, le sulfure de fer le long lies côtes, la houille, les pierres à bâtir et à chaux, des marbres, le quartz, le granit, l'argile, la terre à foulon, la marne, des fossiles. Dans le règne animal, on trouve une belle et nombi-euse race de chevaux; une belle race de bètes à cornes; des bêles à laine, mérinos, métis, indigènes ; une grande variété de poissons de mer et d'eau douce. L'industrie consiste en fabriques de bonneterie, dentelle^, draps imperméables et autres, mérinos, frocs, llanelles, molleton, couvertures, toiles de coton, siamoises, retors, reps, chapeaux de paille, cordes et ficeUes, porcelaine; filatures de coton, papeteries, tanneries, teintureries, blanchisseries de toiles cretones ; fabriipies d'oau-de-vie, de cidre, huiles, fromage faconde Hollande,

biscuit de mer; salaison de viande et de pois>on. 1! s'y fait des armemenls pour la pèelie de la morue, de la haleine, du veau marin , du harenii, et pour les eolonies. Le eoinmeree d'exportation a pour objets les bestiaux, les chevaux, la volaille, le beurre, le fromaije, les œufs, le eidre. la cire blanchie et Iqs produits des manufactures que possède le département. Il y a 170 foires dans 61 communes. Les principales rivières sont : ri)rne, TEsipies. la Dive, la Touques et la Vie, qui y sont navigables; l'Aure, laDromme, l'Odon, TOrbee, la Sculle et la Vire.

Calvaire (d'un mot latin qui n'est que la traduction du mot hébreu Golgotha, signifiant /"ro»/ chauvi'\ monticule aride, rocailleux, sans vie, de la Palestine, situé près de Jérusalem, où les Juifs faisaient exécuter leurs criminels, et sur lequel Jésus fut crucifié. Afin que tout le peuple put assister aux exécutions capitales, on avait ménagé une grande place entre le mont et la muraille de la ville. Le reste du mont était entouré de jardins dont l'un appartenait à Joseph d'Arimathie , disciple secret de J.-C. Il y avait fait creuser pour lui-même un sépulcre dans lequel fut mis le corps du Sauveur. Le Golyotha se trouva enfermé dans la ville quand Adrien l'eut fait rebâtir. Sainte Hélène, mère de Constantin, après y avoir découvert la vraie croix, y fit bâtir en mémoire de cet événement une église magnifique, dont il reste encore des ruines. La piété des fidèles entretient depuis long-temps, au lieu où mourut le divin rédempteur du genre humain, une chapelle expiatoire; et dans un grand nombre de localités, des chapelles commémoratives de l'inéfable sacrifice ont été élevées sur des monticules voisins des villes, et que par cette raison on nomme des calvaires.

Calvin ou Cauvin (Jean), né à Noyon en Picardie, le 10 juillet I o09, fut dès son enfance destiné à l'église. A l'âge de 1 2 ans i! eut un bénéfice et bientôt après une cure. Avec les ressources qu'il en tirait, il alla étudier a Paris où les doctrmes hérétiques de Luther étaient déjà connues : Calvin y fut, dit-on, initié par Olivétan, son parent. De Paris il alla suivre des cours de droit à Orléans et à Bourges. L'Helléniste Melchior Wolmar le confirma dans son penchant à la réforme. Après la mort de son père, il se démit de ses bénéfices e vint, en i;j32, à Paris, où il publia, avec un commentaire, le traité de Sénèque le phdosophe sur la clémence. A la suite d'un discours prononcé par son ami le recteur Michel Cop, en 1.^33, et dont on le soupçonnait d'être l'auteur, Calvin, forcé de fuir de Paris, se réfugia en Saintonge, où il prêcha secrètement la réforme. Celle-ci avait déjà une sorte d'asile à Nérac, où résidait la reine de Navarre, sœur de François K'. Revenu à Paris par la protection de cette

CAL — lOO — CAL

pi'iiicessie, Calvin y resta peu ; mais il rencuiilra Servet, dont il devint dès lors le secret ennemi. 11 se rendit à Orléans, et y publia la . Psijchtiixtnmjchia , Un'ilé ^uv Télat de l'âme dans rintervalle de la mort à la résurrection. JJientùt il prétendit, à l'exemple de Luther, de Mélanclitlion et de Zwingl, doimeraux réformés français le formulaire de leur croyance; mais il n'eût pu sans danger faire paraîti-e en France même ce symbole d'une hérésie nouvelle. Ce fut donc à Bàle ([u'à l'âge de 30 ans il alla publier son InstUution de la rclijjion chrélicmip dédiée à François Y"'^ écrite originairement en latin et traduite par l'auteur lui-même en français. C'était le véritable manifeste de la prétendue réforme, dont Calvin ne tarda pas à devenir le chef. Après un court séjour à lacour deFerrare, il se fixa à Genève en 1530, comme professeur de théologie; bientôt il prêcha, et acquit un grand empire sur le i)euple. 11 brouilla tout dans la ville; prétendant réformer des mœurs (ju'il ne comprenait |)as, flétrissant ses adversaires du nom de libertins, enseignant et prêchant hautement ses principes, rédigeant ensuite un petit catéchisme et une profession de foi , et faisant enfin adopter un règlement de discipline qui s'étendait jusque sur la vie privée ('1537). Mais il y eut une réaction; en 1538, le conseil de la ville, s'apercevant que les prédicants avaient acquis trop de pouvoir, les fit sortir de Genève. Calvin se rendit à Strasbourg, où il fut nommé professeur de théologie. Cette ville le chargea en outre de quelques missions de confiance fort importantes. Mais bientôt Genève le rappela, et Strasbourg parut ne le laisser partir qu'à regret. Le 13 septemlire 15 il, il fit adopter dans une assemblée du peuple et des magistrats un projet de loi porlant organisation de l'église de Genève, et établissant, pour la surveillance des actes, des discours et des opinions des citoyens, un tribunal ou consistoire composé d'ecclésiastiques et de laïques, ayant droit, à l'égard des fidèles, d'admonition, de censure, d'excommunication et d'accusation devant l'autorité civile. Ce règlement constituait une véritable théocratie, dont Calvin était le chef. Il usa de son pouvoir pour poursuivre sans pitié ((uiconquo ne partageait pas ses dogmes et ses idées. 11 persécuta indignement Chàtillon, Bolsec, Genlili, et fit périr sur le bûcher le malheureux Servet (v.). Calvin déployait une étonnante activité; il était à la fois [)rédicateur, proièsseur de théologie, président du consistoire, surveillant diin collège, fondateur d'une académie, membre du conseil souverain, homme poliliiiue et législateur. Tant de travaux usèrent sa faible constitution. 11 mourut âgé de 55 ans, le 2() mai I5(ji.

Calvinisme. On donne ce nom à l'hérésie de Calvin. Pour éviter

CAf, -- 161 — CAM

(les ivpélitionr;, nous ron\oyons à Inrlicle lii-fimm' rindiciition clos (|i);:iiR's qui distiu.^iiont Iri^lisc calvinisle de réiçliso calhulique ot desaiidvs éijlisos léruniu'os.

Calvitie, otat de celui cjui est chauve ; ahseuce de cliexeux, priiicipalenieiU sui- le derrière de la tiMe. La calritic des paupières est l'absenee des cils ou poils qui bordent les paupières.

Culypso (v. Telémaque) .

Camaïeu est cette es|)ece de peinture d'une ou plusieurs couleurs ètal)lie sur un fond d'un autre couleur, (luelciuefois d'or, au moyen de laiiuelle on imite des bas-reliefs, des ornements en bronze incruslés dans le marbre, des onyx gravés, des médailles, des stucs, etc. On appelle communément cama'/eit toute imitation d'objets produits par la dégradation combinée des ombres et des lumières d'une couleur quelconque. Par mépris, on qualifie de camaïm le tableau d'im peintre qui , pour arriver plus facilement à l'harmonie des couleurs, en atlectionne une à laquelle il a subordonné toutes les autres.

Camail, habillement de tète, descendant sur les épaules et quelquefois jus([u'aux talons. Il est probable que ce mot vient de cap de maille , couverture de tète faite de mailles. Le camail a pris son origine dans les pays chauds, et il est i)assé dans les nôtres, où il est l^orté juir les prêtres, auxquels il sert à se garantir du froid. Celui des chanoines se termine ordinairement en pointe et descend jusqu'aux talons. Le tour du visage est garni de peaux de diiïérents animaux ; Camaii. celui des curés et des prêtres de paroisse ne va que jusqu'au coude. Le camail des évèques s'appelle mozette.

Camaldules, ordre religieux fondé en 1012, dans la vallée de r.amaldoli, près d'Arezzo, dans les Apennins, par saint Romuald, bénédictin, issu d'une noble famille de Ravenne. Cet ordre, confirmé par le pape Alexandre III, en 1072, se répandit successivement en Italie, en France, en Allemagne et en Pologne. Dans le principe , les camaldules se consacraient à la vie rigide d'anachorètes : mais, devenant de jour en jour plus puissant et plus riche, l'ordre adopta en grande partie la vie cénobiliiiue des couvents, et se divisa en ermites, en observants et en conventuels. Il y eut, en 1313, une réforme inutile.

Camaraderie, mot nouveau qui désigne une chose ancienne. La camaraderie est une petite cabale formée surtout entre écrivains et artistes qui se louent, se vantent et se poussent mutuellement pour

-urer leurs succès. Connue des anciens, comme on le voit par

CAM — 102 — r.AM

Lucien et Martini, comnuine en France en xvii'' siècle, comme on le voit par riiôtol de Hamhoiiillet et par les Femmes Savantes de Molière, la caniaradt>rie a replis de nos jours un vaste développement, et a même envahi les ré;^ions politiques.

Camard et camus, au féminin camarde et camuse, mots (pii s'emjjloient éi^alemeiit dans la forme suljslantive et adjective, et qui sont considérés comme synonymes. On applitiue toutefois plus spécialement le premier à ceux qui ont le nez plat et écrasé, et le second à c(Hi\ (pii l'ont court, creux et enfoncé du cété du front. Les poètes ont ijualilié la mort du nom de camarde, parce qu'on la représente avec un crâne décharné, et par conséquent privé presque entièrement de nez. Ce n'est point partout une difformité que d'être camard ou camus, car en Tartarie, et])rincipalement chez les Tchérémisses, les femmes sont réputées d'autant plus belles qu'elles ont moins de nez.

Camargo(Marie-Anne-Cupisde),céU'bredanseuse de l'Opéra, était née à Bruxelles en 1 71 0. Son père était le seul rejeton d'une noble famille originaire d'Espagne maisétabliedepuis long-temps à Rome, où plusieurs de ses membres avaient été élevés aux premières dignités de l'église. Chargé de 7 enfants, et n'ayant qu'une médiocre forlune, Ferdinand de Camargo oublia l'illustration de sa race pour cultiver et mettre à profit les dispositions de sa fille Marie pour la danse. Lorsqu'elle débuta à l'Opéra de Paris, son succès fut prodigieux : toutes les modes et une contiedanse , populaire encore de nos jours, prirent le nom de la Camargo, qui inspira à Voltaire des vers pleins de délicatesse. Quoiqu'elle eût été enlevée avec sa jeune sœur par le comte de Melun, elle conserva sa réputation, protégée par une conduite irréprochable, et mourut en 1770.

Camargue (la), île du département des Bouches-du-Rhône, située dans la partie méridionale de l'arrondissement d'Arles. Cette île , formée par les deux bras du Rhône, représente à peu près un triangle. Le grand Rhône la baigne à l'est, le petit Rhône au noril et à l'ouest, et la Méditerranée au sud. Elle a 50,000 hectares de superOcie, dont un li'' seulement est cultivé. On y coiniite 9 villages et prés de 3i)0 fermes ou vias , outre un grand nombre de belles maisons de campagne. l-]lle abonde en gibier, en volaille et en ])àturages. On y recueille Ijeaucoup de blé et du gros vin. Il y a beaucoup de marais et d'étangs très-[)oissonneux, sur le bord desquels le sel se forme naturellement. On y élevé des chevaux infatigables, légers à la course ettrès-estimés pour la selle; des bœufs, petits de taille, mais forts et vigoureux, et des moiitoiis dont le nombre peut être évalué annuellement à 40,000.

Camarilla.O mot, originairenuMil ospngnol, sii^nifio petite cliambrt\ ('(.'sl-à-diro petit coiiscmI, comité, ou plutôt cotciio cacliéc. Il sert niiiintenant assez i^éiiéralemeiU à désigiiei' une iniluence occulte qui enviroime un souverain, et arrête ou entrave la marche de l'administration.

Cambacërès (.lean-Jacipies-Uégis de), né à iNIontpellier en I7.')3, (l"ime ancienne famille de robe, et destiné à la magistrature, le jeune Camhacérès succéda, en 1771 , à son père dans la charge de conseiller en la cour des comptes, ailles et finances de Montpellier. Il adopta les principes de la révolution , et, nonmié député à la convention nationale en 1792, il sembla se renfermer d'abord dans la spécialité du jurisconsulte; mais il fut amené à jouer un rôle important dans le procès de Louis XVI, sans qu'on puisse pourtant le compter parmi les régicides. Devenu membre du comité de défense générale, il présenta, en son nom, à la séance du i(i mars 1793, un rapport sur la défection de Dumouriez. A la séance de la convention du 10 août 1793, il lut un travail étendu sur la classilication des lois civiles, et leur rédaction en im seul code, travail dont il avait été chargé par décret de l'assemblée, conjointement avec Merlin de Douai. Après avoir été président de l'assemblée, Cambacérès présida le comité de salut public, où il fut spécialement chai'gé des relations extérieures. Malgré ses services, il excita de nombreuses récriminations, et fut écarté du directoire, où sa place semblait marquée. Lors de la nouvelle législature, il fut porté au conseil des cinq-cents, dont on lui déféra la présidence. A la formation de l'Institut, il en fit i)artie comme membre de la classe des sciences morales et politiques. Il entra depuis à l'Académie française. Rendu un instant à la vie privée, il reprit les travaux du jurisconsulte; puis il accepta le portefeuille de la justice que lui offrait Sieyès, et le conserva jusqu'au 18 brumaire. Alors Bonaparte se l'associa comme second cunsul. Dés lors ses actes se multiplièrent. Il contribua plus que tout autre à l'organisation judiciaire et au Code civil. Quand Napoléon se fut fait empe.œur, il nomma Cambacérès archichancelier, avec la présidence perjiétuelle du sénat, prince, duc de Parme, etc. Plus tard, il suivit Marie-Louise à Blois (181 i), et adhéra aux actes du sénat. Apres les cent-jouis, il fut proscrit; Vai)peléen 1818, il mourut à Paris, en 1824, dans sa 71'-' année.

Cambiste. Ce mot , dérivé du latin cambium, change , ou de l'italien cambiu, qui a le même sens, désigne l'homme qui s'occupe du négoce des lettres et billets de change.

Cambrai, grande, belle et forte ville de France, sous-préfecture du département du Nord, siège d'un tribunal de I'"*" instance, d'un

CAM — \m — CAM

Irihunal do cuminorcc, d'un conseil de prud'hommes. Elle o un collège communal , et est place de 2;ueri'e de 3'' classe. Sa population s'élève à 18,500 habitanis. Son arrondissement se compose de 117 communes, dont les I ii,7i2 habitants sont répartis en 7 cantons. Cambrai est située surri^iscaul, dont une branche la traverse. Klle est bien bâtie et bien percée. Ses fortilications sont considérables, et elle possède une bonne citadelle. La place d'armes, au bout de laquelle se trouve l'hôtel-de-ville, est très-vaste; toute la garnison peut s'y ranger en bataille. La bibliothèque publique contient .'J0,000 volumes. Le clocher de la cathédrale , travail délicat , est d'iuic grande élévation, et l'horloge , attribuée à un berger, fait l'admiration des cormaisseurs. On remarque aussi le monument élevé à Fénelon. On fabrique à Cambrai des toiles fines, des batistes, linons, percales , étoiles de coton, mouchoirs faç^'on Madras, fils retors; de ])lus il y a des filatures de coton et de fil, des raffineries de sel et de sucre , des blanchisseries de toiles , des huileries , des tanneries. Le commerce consiste en houblon, lin, beurre, bestiaux, laines et charbon de terre. L'évèché de Cambrai, dont l'origine ne remonte pas au-delà du vi" siècle, fut uni à celui d'Arras jusqu'au xv", époque à laquelle ils furent séparés. Le siège de Camlirai fut érigé en archevêché en 11359; il était auparavant sous la métropole de Reims. C'est à Cambrai que fut conclue, en 1508, contre les Vénitiens, une ligue célèlire entre le roi de France Louis XII, le roi d'Aragon Ferdinand-le-Catholique et le pape Jules IL En IS'âO encore, fut signée à Cambrai la paix des dames négociée par Marguerite de Savoie, tante de Charles-Quint, et Louise, mère de François I*"".

Cambrësis, petit pays dépendant autrefois de la Flandre française, appartient maintenant au département du Nord, et forme la majeure partie tle larrondissement de Cambrai. Ualjité trèsanciennement par les Nerviens, puis soumis aux Romains, le Cambrésis ])assa sous la domination des Francs au v" siècle. Dès la fin du \'', il fut gouverné par des comtes propriétaires, et fit partie du royaume de Lorraine, possédé par les empereurs d'Allemagne jusqu'au règne de Henri II, qui, en 1007, donna le comté de Cambrésis à révé(pie de Camiu\ii. Il n'est resté définitivement à la France (|uc depuis l()77.

Cambreur, ouvrier qui donne aux tiges de bottes la forme qu'elles doivent avoir. Après avoir mouillé le cuir pour le rendre souple, il le i)ose sur une forme en bois sur laquelle il le cloue par les bords après l'avoir étendu autant que possible. Il le noircit ensuite avcr une solution de couperose et le laisse sécher dans cet état , après

quoi le tuir a pris la cambrure convenable. Le cambreiir a deux tbriiKS, une pour le devant, cl l'autre poui- le derrière de la liutlc.

Cambridge, ville (lAnLilelerre , sur le Can» , cpie traversent 9 ponts, eliel-lieu d'un comté de même nom. A l'exception de ipieliiues jolies rues , les autres sont assez mal construites mais bien pavées. Cambridge est divisée en 14 paroisses renfermant autant d'églises dont les plus remarquables sont celles de Ste-Marie et du St-Sépulcre bâtie sur le modèle de l'église de Jérusalem , et qui e.st l'un des plus beaux monuments de l'arcliitecture saxonne. Mais cette ville doit surtout sa célébrité à son imiversité, la seule de l'Angleterre avec celle d'OxIbnl; elle se compose "de 17 collèges et possède une bibliotliècpie de 100,000 \olumes, un cabinet de minéralogie et un vaste jardin botanitpie. Parmi ses diverses parties on doit surtout mentionner les vastes bâtiments du collège St-Jean, ceux du collège Royal, ([ui a une chapelle regardée comme un des chefs-d'œuvre de l'art gothique, et le bâtiment du Sénat de l'université. Cambridge possède encore quelques établissements, une maison-de-\ ille très-vaste et un beau l'éservoir alimenté par des eaux amenées du voisinage. L'industrie y est nulle; le commerce consiste seulement en huile de graines, en blé et en fer, el il s'y tient tons les samedis de grands marchés. Cette ville , peuplée de 15,000 habitants, occupe l'emplacement de la Camborilum des Romains.

Cambronne (Pierre-Jacques-Éticnnc , baron de) , né à Nantes en 1770, débuta dans la carrière des armes à rè[)oque delà révolution. Il était capitaine de la compagnie dans laquelle servait le brave Latour d'Auvergne, lorsque \c premier grenadier delà république fut tué à ses côtés; Cambronne refusa la survivance de ce beau titre, qui lui fut offert. Colonel à léna et major-commandant du 3'^ régiment des voltigeurs de la garde , il se distingua dans ce dernier grade pendant les campagnes de 1812 et 1813. Il suivit l'empereur à l'ile d'Elbe, et au retour fut nonuné lieutenant-général, pair de France, etc. A la bataille de Waterloo, il se trouvait dans une position critique. Sommé de se rendre, il s'écria : La garde meurt et ne se rend pas ! Cette belle réponse lui a été contestée depuis, on atlirme du moins qu'il ne la fit pas en ces termes. Proscrit par les Bourbons, il vint se faire juger et fut absous en 18 IG. Admis à la retraite , il se relira près de Nantes. A la suite de la révolution de 1830, il a été réintégré dans les rangs de l'armée.

Cambrure ou lordosis. On doiHie ce nom à la courbure excessive des vertèbres en avant, d'où il résulte une dépression exagérée vers les lombes, en arriére du cou, ou dans le dos. La cambrure

(les lombes cl celles du cou ne sont pas fort rares; mais il en est aulreinent de la cambrure du dos. A Tci^ard des cambrures \i(ieuscs des jambes cl des genoux, elles sont ordinairement précédées de rinllauiniation du périoste et du ramollissement des os de ces membres, et elles n'attaquent presque jamais que les enfants |)auvres et scrofuleux des villes.

Cambuse, "portion du faux pont fermée, au-dessus du premier ])lan de la cale, sous l'écoutille de l'avant des grands bâtiments, d'où les vivres sont distribués en rations trois fois ])ar joiu' aux é(]ui|)ages. On appelle ca»!/n(.s/er l'homme chargé de la distribution des vivres. Il n'y a guère plus d'un siècle que ce mot est usité dans la marine. Il vient du hollandais kumbuis ou komhuis, qui signifie la maison à récuelle ou la cuisine.

Cambyse , fils et succcsseur du grand Cyrus, devint roi de Perse Tan '619 av. ].-{]. En IVi"), il fit la cont[uète de l'Egypte, mais ensuite S(^s entreprises militaires eurent toutes un résultat malheureux. Il voulait subjuguer C,arthage, et les Tyriens refusèrent de lui prêter le secours de leurs vaisseaux contre leur colonie. 50,000 hommes qu'il avait détachés pour aller saccager le fameux temple d'Ammon furent détruits dans le désert par la violence des vents, qui soulevèrent des montagnes de sable sous lesquelles l'armée fut ensevelie. Dans une désastreuse expédition contre l'Ethiopie, ses soldats se trouvèrent réduits, pendant plusieurs jours, à se nourrir de cadavres humains. Dès lors, la vie de Cambyse ne fut plus qu'une suite de folies souvent cruelles. Un mage, le faux Smerdis, se fit reconnaître pour roi en Perse. Cambyse retournait dans ses états pour ré|)rimer cette révolte, lorsqu'il mourut (322 av. J.-C), des suites d'une chute de cheval. QueUpies auteurs ont cru reconnaître en lui l'Assuérus de la Bible ; d'autres affirment que c'est Darius (pu est désigné sous ce nom.

Camée. C'est le nom qu'on donne aux pierres gravées en relief, tandis (jue celles qui sont gravées en creux s'appellent intaillef;. Nous parlerons des unes et des autres dans l'article PInjpUque (v.).

Caméléon. Ce petit reptile, célèbre dans les fables de ranti(iuité, a])partient à l'ordre des sauriens. Une des particularités les jyhis remarqual)les de son organisation, c'est le volume de ses poumons qui peuvent occuper, quand ils sont pleins d'air, la presque totalité du corps. Le caméléon doit à cette disposition la faculté de .se gonfler au point de doubler de volume. Il a la faculté de refiéter des teintes diverses, selon que ses poumons, plus ou moins dilatés, colorent plus ou moins vivement le sang qu'ils refoulent dans les vaisseaux cutanés; nuiis personne ne croit plus aujourd'hui que le

caméléon prenne la eoiilciu- ([ui lenx nonne. On Ironve ce repdle ilans diverses pallies de l'AiViqne, en Syrie, dans le midi de l'Hspaj^ne : il habite les forêts. — On appelle (inelquelbis caméléons les hommes prêts à prendre tous les masques et à se ran-Jier sous les bannières de tous les partis , dont ils revêtent les couleurs.

Camellia. Ce beau genre, dont le nom est maintenant familier à tout le monde, et qui constitue, conjointement avec les théa, la famille des njj»('//ÙHrVs, appartient aux régions chaudes de l'Asie orientale. Poin- les habitants de ces contrées, les camellias ne sont pas seulement des objets d'agrément, car les graines de toutes leurs espèces contiennent une forte (juantité d'huile qui sert aux usages alimentaires. 11 est proliable aussi que plusieurs sortes de thés se confectionnent avec les feuilles de certains camellias. L'espèce la plus intéressante, du moins pour nos climats, est le camellia du Japon ; car, soit en Europe, soit en Asie, il n'existe guère d'arbrisseau plus recherché par les amateurs de fleurs. Quoique introtluit en Angleterre depuis 1739, cet élégant végétal n'est devenu commun que depuis le commencement de ce siècle. Aujourd'hui sa cultin-e rivalise en quehiue sorte avec celle des roses, et on en possède une soixantaine de variétés notables.

Camelot, sortc d'étolTc non croisée, faite de poil de chèvre, laine et soie, qui se fabrique comme la toile et comme l'étamine, sur un métier à 2 marches. Elle est raide et perd ditUcilement le pli qu'on lui a fait prendre. De là l'expression : Le camelot a pris son jAi, en parlant d'une personne incorrigible.

Camelote. Ce terme s'emploie dans le commerce, et plus spécialement en imprimerie et en librairie, pour indi([uer un ouvrage de peu de valeur et mal exécuté.

Camérier, mot qui, en divers temps et en divers lieux, a eu différentes significations, et par lequel on désignait tantôt un fonctionnaire préposé au fisc, tantôt un officier subordonné au chancelier et qui signait les diplômes. On a confondu souvent le camérier avec le chambellan. Les camériers des ordres religieux étaient chargés de gérer les biens de leurs couvents.

Camerlingue. Ce mot désignait dans l'origine le trésorier du pape ou de lempereur; maintenant le titre de camerlingue n'est plus en usage qu'à Rome, où il est donné au cardinal qui gouverne l'état ecclésiastique et administre la justice.

Caméroniens. On appelait ainsi une secte d'Ecosse qui se sépara en l()(i() (ItMéglisc presbytérienne, sous l'inniience d'un prédicateur ndinmé Archibald Caméro ([ui refusait de reconnaître la suprématie du roi Charles II en tout ce qui concernait la religion, et (|ui péri

r.AM — 1()S — CAM

on l(>7S, d;uis une lulU', los armes a la main. Ses partisans se ré- \ollèrcnt plusieurs fois, et furent délinitivomcnt réduits en 1709. On donnait aussi en France le nom de caméroniens ou caméronHes à une partie de calvinistes atlachés aux idées du professeur Jean ('.anuMon, qui vécut de l.')79 à 1()25.

Camille (Marcus Furius Camillus), Romain issu de la famille patriciiMme Farta, fut élu tribun militaire Tan iOI av. J.-C. En 395, on le nomma dictateur jjour s'em|)arer de Veïes, ville étrusque rivale de Rome, dont le siège durait depuis 10 ans : voyant que la force était impuissante, Camille employa la sape et la mine, et jirit la place, ^lais il blessa le peuple en rentrant à Rome sur un char de triomphe traîné par i- chevaux blancs. Des accusations violentes s'élevèrent contre lui , et il s'expatria volontairement : « Que les dieux, s'écria-t-il en partant, me venj^ent en for(,'ant Rome à me regretter ! » Ses vœux furent exaucés ; car bientôt les Gaulois, conduits par Brennm (v.), s'emparèrent de Rome et assiégèrent le Capitole. Camille, rappelé et créé dictateur, accourut à la tète de son armée au moment même où se pesait la rançon de Rome, anéantit les bandes gauloises, et reçut les honneurs du triomphe avec le titre glorieux de .second fondateur de Rome. Après avoir délivré la république par ses armes, il la sauva par sa prudence en calmant l'eirervescencc populaire excitée par les tribuns du peuple qui parlaient de s'aller établir à Veïes; et il engagea le peu[)le à rebâtir la ville, qui se releva bientôt de ses ruines. Nommé dictateiu- une 3* fois , il dissipa une ligue formidable des peuples de TRalie, formée pour écraser Rome. Il ne fut pas étranger à la condamnation de Manlius, (pii fut précipité de ce même ('.a[)itole qu'il avait sauvé. Des dissensions intérieures et une invasion des Gaulois firent nommer Camille dictateur pour la 5'^' fois. Vainqueur des barbares, il décida le sénat à consentir à ce que la dignité consulaire pût être conférée à des candidats choisis dans les rangs du peuple, et jeta les fondements du temple de la Concorde en mémoire du rétablissement de la paix intérieure. Il mourut d'une épidémie 3Go ans av. J.-C.

Camion. On donne ce nom à de très-petites épingles; on l'applitpie aussi à des chariots à roues basses qui servent dans les chantiers de construction, et que des ouvriers traînent au moyen de bi'etelles. Dans les villes, les négociants font usage de camions à i roues très-basses. Ces voitures se chargent commodément; mais elles sont faliganles pour les chevaux, dont elles neutralisent une partie de la force. Le camion des peintres en l)àtiments est un vase de terre non verni dans lequel ils délaient leurs couleurs.

Camisards. Ce nom fut donné aux protestants des Cé\ennes qui

CAJI — 100 — r.AM

priiODl les ariiios i\\nv^ la iv\otalion do 1 éilit de Vailles, pour se soustraire à la persécution et pour essayer de conquérir la liberté de roiiscience. l.e nom de camiaard paraît dériver de camisade, attaque nocturne ou l'ennenii peut être surpris en chemise. La précaution (|u'avaient d'abord les insur^iés de n'aij;ir ([ue de nuit rend cette étyniologie vraisemblable. Kn 1702, le désespoir arma plusieurs protestants pour se \en;j;er d'un prêtre, l'abbé du Cliayla, du Pontde-Monvert. Cette venp;oance, exercée dans la ré;j;ion la plus sauvage et la moins accessible de la Lozère, donna le signal d'une insurrection qui prit bientôt un grand développement. Au niaréclial de Alontrevel, qui, après deux ans de lutte, ne put réussir à la réduire, succéda, en ITOi, le maréchal de Villars. Celui-ci parvint à détacher du parti des insurgés Jean Cavalier, ancien garçon boulanger, le plus redoutable des chefs camisards; et cette défection engagea beaucoup de mécontents à se soumettre. Malgré la persé\érance de plusieurs d'entre eux , qui finirent par mourir dans les flammes ou sur la roue, les troubles des Cévennes parurent apaisés, et le maréchal de Villars fut rappelé en 1705. Les (xnennes, cependant , fiu'ent plus dune fois encore agitées par rinfluence de la Hollande et de l'Angleterre. En 1709 éclata un nouveau soulèvement d'autant plus dangereux qu'il n'avait plus seulement pour [)rétexte la lilterté de conscience, car les catholiques eux-mêmes étaient invités à se joindre aux insurgés pour s'allïanchir des impois dont tous étaient accablés. Les mécontents furent soumis après une vive résistance. L'année suivante les alliés y tentèrent vainement un mouvement dans l'espoir de se voir appuyés par les réformés.

Camoëns (Luis de), né à Lisbonne, en \b2i, d'une famille noble mais pauvre. Il fit ses études à Co'i'mbre, et de ce temps datent déjà plusieurs de ses élégies et de ses sonnets. Sa passion pour une dame de la cour, Catherine d'Atayde , le fit exiler de Lisbonne. Après avoir vécu quelque temps à Santarem, il se fit soldat et combattit à côté de son père les infidèles de Maroc. Il perdit l'œil droit devant la forteresse de Ceuta, et on lui refusa toute pension, toute récompense. En loo3, il s'embarqua pour les Indes orientales; mais le viceroi de Goa ne le plaça point, et le malheureux poète dut reprendre l'épée et guerroyer dans l'intérieur des terres et siu" la mer Rouge. Ses satires blessèrent le vice-roi, qui l'exila à Macao, d'où il alla visiter les Mohuiues. Camoèns avait tout ce qu'il fallait pour être g!nn<l [)oète : il conçut et exécuta le poème de lu Lin^iade, (jui a porté son nom à la postérité. Pour traduite correctement, on devrait dire/t'.s Lmiadi's, c'est-à-dire les Portugais, les Lusitaniens. Cette œuvre, consacrée à la gloire du Portugal, con-iste en une série de fragit. rj ' '

(iAM — 170 — (.AM

im'iits, ('[ runue une cspÙL'o de i;alerie de tableaux historiques. Un ne peut disconvenir qu'au milieu de ces chants si riches de patriotisme, il ne se rencontre ([uelques ])assai;;e5 prosaïques, et qu'an début on ne soit iieurté par \n bizarre fusion des sentimens chrétiens et de la mytholo|j;ie païenne. Des hauteurs idéales de la poésie, Camoëns descendait à de pénibles détails. 11 occupait à Macao la modeste charjie d'administrateur du bien des décédés. Cependant, un nouveau ^ice-roi avait été installé à Goa : on permit à Camoi'ns (le (initier lile de Macao. Dans le trajet, il fit naufra^ie prés des ccjtcs (le Codiinchine, et se sauva à grand' peine avec l'ouvrage sur lequel reposait tout son avenir. C'est tme tradition inexacte que celle qui le représente nageant d'une main et de l'autre tenant son poème, comme César ses Commentaires. A Goa, il fut jeté en prison, sous prétexte de malversations, mais il se justifia facilement. Quelques personnes compatissantes payèrent ses dettes et lui fournirent les moyens de retourner en Europe. Camoéns aborda à Lisbonne en 1569, plus pauvre que jamais. Sans un esclave fidèle, qui, la nuit, mendiait pour lui, le poète, avec sa faible pension, n'aurait pu décemment se montrer en public. Il mourut, en 1579, à l'hôpital : éclatant exemple de l'indifTérence des contemporains et de la capricieuse cruauté de la fortune. Outre la Lusiade, il a composé des odes, des sonnets, des canzones, des élégies, etc., et trois comédies qui ne s'élèvent guère que par un style élégant, au-dessus du mauvais goût (lu siècle.

Camomille, genre de plante de la famille des radiées de Jussieu. Ce genre est très-nombreux en espèces, dont trois sont employées en médecine : 1° la camomille romaine, plante vivace et très-commune en France. Les jardiniers la cultivent pour faire ordinairement des bordures, et la muUi[)lient facilement en en écartelant les pieds. Ces lleurs ont une odeur aromatique forte, mais agréable, une saveur chaude un peu acre et amère. Leur infusion théiforme est toni(iue , fébrifuge, diaphorétique ; c'est un antispasmodique chaud fort employé , un stomachique précieux contre les dyspei>sies. 2° La camomille puante (maroute) qui a les mômes propriétés médecinales que la précédente, et de plus, antispasmodique à raison de son odeur. 3" La camomille ordinaire, camomille commune, est une plante annuelle qui n'appartient pas au genre camomille, mais au gejii'e mcitricairc, dont toutes les parties, et spécialement les (leurs, sont amères, mais d'une odeur moins agréable que celle de la camomille romaine : elle présente les mômes propriétés, mais a un moindre degré.

Camouflet. On entend au propre, par ce mot. de la fumée souf-

fléc, nu moyen (ruii clKihinu'aii ou tl'uu comol ilo papier, dans les narines dune personne (jui sommeille , alin de la réveiller désagréablement. En ternies de Ljuerre ou de mineur, le camoullet est du feu ou plutôt de la fumée souterraine qu'on enxoie à l'ennemi, dans les ouvrages avancés, j)0ur le suffoquer ou le forcer à se retirer. — Dans le style familier, donner un canioullel à quelqu'un, c'est lui faire éprouver une injuie ou une mortification.

Camp et Campement. Le lieu OÙ une armée s'établit pour stationner un ou plusieurs jours s'appelle ctn»/^, de quelque manière qu'elle s'y établisse, dans des tentes, des baraques, ou sur la terre nue. qu'elle s'y couvre de retranchements ou non. On l'appelle défensifiû est destiné à couvrir une place de guerre, un siège, ou à empêcher l'ennemi de s'axancer plus loin dans le pays. Les camps passagers, c'est-à-dire ceux que l'on occupe provisoirement un temps plus ou moins long . appartiennent également h la guerre défensive et à la guerre otl'ensive, tandis que les permanents appartiennent tous au système de guerre défensive. On forme pendant la paix des camps destinés à l'instruction des troupes et appelés camps de manœuvres.

Campagne , étendue de pays plat et découvert , vaste plaine où il n'y a ni \illes, ni montagnes, ni forêts, rien enfin qui borne ou arrête la vue. — Campagne se dit encore de tout ce qui est hors des \ illes : cet homme est allé à sa maison de cam[iagne ; on lui a ordonné de prendre l'air de la campagne, etc. En termes de guerre, on appelle campagne le temps cpie dure chaque année une expédition militaire. Les années de campagne sont comptées doubles et quelquefois triples aux ofticiers ainsi c[u'aux soldats.

Campagne de Rome , Contrée de l'état de l'Églisc , formée de l'ancien Latium. et qui comprend aujourd'hui le Comarca de Rome et une partie de la délégation de Erosinone. Ce pays, le cœur de l'empire romain, jadis le plus liche et le plus peuplé du monde, n'oflre plus aujourd'hui que désolation et ruines , misères et tombeaux (v. Rome et Marais-Pontins).

Campan , belle vallée située dans le département des Hautes- Pyrénées, arrondissement de Bagnères-de-Bigorre, une des plus riches et des plus fertiles du département. On y trouve des carrières d'un marbre précieux propre aux ornements intérieurs. 11 y en a aussi de vert et blanc d'un éclat très -vif. Le bourg de Camixin , chef-lieu de canton , peuplé de 4.000 habitants, est situé sin- r.\dour, au milieu de la vallée. On voit aux environs une grotte de Mo mètres de profondeur, tapissée de cristallisations calcaires.

CAM — 172 — CA\t

Campan ( .Icannc-Lotiirie-Hoiirielte Gcnest, madame), née à l'aris (Ml \l'\i. Son pore élnil premier commis aux aflaires 6tranliôrcs. Klevéc avec soin, elle forma son esprit dans la société dos litléraleurs les jiliis distini^iiés ({ui fré(nientaient la maison de M. Genesl. Des rà;j;e de l.'i ans elle entra à Versailles avec le titre de lectrice de Mesdames. Celles-ci la marièrent à M. Campan , fils d'un secrétaire du cal)inet de la reine ; Louis XV la dota de o,000 livres de rente; elle passa en qualité de première femme de chambre au service de Marie-Anloinettt! auprès de h^iuelle elle continua ses fondions jusqu'à la catastroplie du 10 août, et (ju'elle demanda \ainement à suivre au Temple. Bientôt, forcée de quitter. Paris , et se voyant pro-scfue iiors d'état de soutenir son jeune lils, elle s'associa une reli.L^ieu.se et s'établit à Saint-Germain, où, avec les ressources les plus restreintes, elle créa un j)ensionnat de demoiselles (pii prospéra rapidement. Madame de Beauharnais lui ayant confié sa (ille Ilortense , Napoléon eut l'occasion de voir et d'apprécier madame Campan; après la bataille d'Austerlitz, il la nomma surintendante de la maison impériale d'Écouen ; mais le retour des Bourbons lui fit perdre cette position. Retirée à Mantes, elle y mourut en 1822, après de longues souffrances. Outre ses Mémoires .swr la vie privée Je Marie-Antoinette , madame Campan a laissé les Lettres de deux jeunes amies, les Conversations d'une mère avec ses plies , des nouvelles et des comédies à l'usaiie de la jeunesse, et un ou\ rage intitulé De l'éducation des femmes.

Campanella (Tliomas), philosophe, né en l;3G.3 à Stilo en Calabre. Déjà ])oète, érudit et orateur distingué , il entra dans l'ordre des dominicains. Aucun des systèmes philosophiques que l'on étudiait alors ne pouvant le satisfaire, i! devint sceptique; mais la conclusion de ses incertitudes fut que la science entière avait besoin de subir une réforme, et pour cela de revenir de la spéculation à l'étude de la nature, qu'il appelait le Manuscrit de Dieu. Ses attaques contre Aristote lui attirèrent à Naples de puissantes inimitiés; il fut même obligé de s"enfuir. A son retour on Taccusa de conspiration, d'intelligences avec les Turcs, d'hérésie, et on lui attribua le livre des Trois Imposli'urs. Jeté dans un cachot, il subit pendant 27 ans de cruelles é|»reuves. Enfin, en '162(), le i)ai)e Urbain VIII obtint sa translation à Rome, adoucit sa captivité , puis y mit fin. Traqué de nouveau jiar la cour d'Kspagne . sur le point d'être ramené encore à Naples, il se sauva à la faveur d'iui travestissement, grâce à l'entremise do l'ambassadeur français, M. de Noailles, et se réfugia d'abord en Provence , puis à Paris, où le cardinal de Richelieu lui fit accorder ime iicnsion dont il jouil jusqu'à sa moit . ariivée en lO.'î!).

Campante ( !^éui:iii|)liii' iiiic ù'iiiie , , iiiiilii'o illliilie, bol liée à l'oiiost piii' la mer. mi N.-O. par le Laliuni, au S.-K. par la Lueanie, et à lest par le Saiiiniiim , dciit elle est séparée par une chaiiie de monta:-:ius. Elle fut peuplée i)ar dilTérentes nations venues du nord de l'Italie et de la Grèce. La ferlililé de son terroir la fit appeler le Jardin de l'Ilalie. Dans les derniers temps de la république romaine, les eitoyens opulents y bâtirent à l'envi les maisons de campaiine les plus nuv^Miiliques de l'Italie. Naples, Baies et Capoue en étaient les villes princi[)ales. La Campanie est aujourdliui la Tene de Labour.

Campanile. Ce mot, transporté de l'italien en français, est employé comme synonyme de clocher. Un campanile est une espèce de tour ronde ou carrée, qu'on bâtit tout prés des églises, mais qui n'en fait point partie. Les campaniles les plus remarquables de l'Italie sont ceux de Pise (haut de 47 mètres oO centimètres), de Crémone (haut de I2i mètres y compris la croix), de Boloj^ne (haut de 48 mètres, et qui a une inclinaison de près de 3 mètres provenant sans doute de l'affaissement fortuit du terrain), enfin celui de Florence. Ce campanile est une tour de 84 mètres de hauteur sur ■I i mètres 33 centimètres en carré , tout incrustée de marbre ncir, rouge et blanc. 11 fut bâti sur les dessins de Giotto, comme son inscription l'annonce^ et malgré les vestiges de gothique qui s'y trouvent , on ne peut s'empêcher d'en admirer la richesse et le travail. Charles-Qumt disait qu'il aurait voulu pouvoir le conserver dans un étui. On parvient au haut de cet édifice par un escalier qui a 406 marches, et on y jouit de la vue de Florence et de ses environs.

Campanulacées , campanules (d'un mot latin qui signifie cloché),

famille de plantes dicotylédones monopétales périgynes, et ainsi nonuuées à cause de la ressemblance qu'oHVe leur corolle avec une cloche. On en connaît jusqu'à 174 espèces. Plusieurs d'entre elles joinssent de propriétés médicales, mais peu prononcées. La plus grande partie de ces espèces sont des herbes annuelles , bisannuelles ou vivaces par leur racine ; mais cette famille compte aussi (pieUiues arbustes ou arbrisseaux. — Les campanules sont des plantes herbacées de la famille des campanulacées , ou très-rarement de petits arbrisseaux, à fleurs munies de bractées et disposées en épis.

Campbells (clan des). La tribu gaélique des Campbells appartient aux montagnes de rÉcosse où elle fut nombreuse et joua un

praïul lùlc à diverses époques. Les traditions la font remonter aux temiis les plus anciens; mais elle ne commença à se distinp;uer que vers la fin du xiu'-' siècle. Un do ses chefs, a|)pelé C.allum, fut surnommé More ou le Grand , et le nom de son fils, Mac-Callum-More, servit dans la suite à dési|;ner le chef du clan, ('e clan était établi dans r Arij;yllshire et les comtes d'Ari^yil en étaient les chefs. Ils s'attachèrent a la fortune de NN'illiam ^\'allace et de Robert Bruce, et furent enrichis des dépouilles du clan de Doui^al, ce qui les mit en état de rivaliser avec les Mac-Donald des îles. Après la restauralion de la dynastie des Sluarts, la famille des Campbells, qui avait combattu Monrose et amené sa perle, eut beaucoui) à soufrir, et deux marquis d'Argyll eurent la tète tranchée. Le clan fut décimé et en partie détruit ; mais la famille se releva après la révolution do '1G88, et John (lamijbell fut créé duc d'Argyll. Depuis la destruction des clans en Ecosse, beaucoup de Campbells ont quitté leur pays. Ce clan joue un grand rôle dans plusieurs romans de Walter Scott.

Campêche , ville du Mexique, sur la cote occidentale de la pres- ({u'île de Yucatan et sur la vaste baie du même nom, à l'embouchure du San-Francisco. Elle fut ravagée par les Flibustiers, en 1685, et compte aujourd'hui tout au plus 6,000 habitants. Il s'y fait un grand conmierce de bois , dit de Campêche , que l'on tire des forêts environnantes.

Campêche (bois de). 11 provient de Vhœmatoxijlum campechianuin, grand aibre de la baie de Campêche, de la famille des légumineuses. Il est apporté en grosses bûches, d'un brun noirâtre extérieurement, d'un rouge foncé à l'intérieur, et d'une odeur désagréable. Il fournit, par l'ébullition, une couleur rouge, que les acides rendent plus vive, et que les alcalis changent en bleu violet. On est parvenu à isoler le principe colorant de ce bois, et on l'a appelé hi'inatine. La décoction de campêche a été employée comme astringente; mais son usage demande beaucoup de précaution.

Camphre, Substance particulière qui [Hovient de plusieurs végétaux. ( )n la rencontre dans plusieurs lauriers, dans un grand nombre de labiées, dans quelques ombellifères, etc. Mais on la retire surtout en grand, au moyen de la distillation, de différentes parties du laurus camphura, arbre de la Chine et du Japon, ainsi que d'un arbre qui croît à Bornéo (v.) et dont la famille est encore inconnue. Le camphre arrive en Europe à l'état brut et sous forme de poudre grise. Un le ralhne en le sublimant dans des matras avec un :W ou un 50'- de chaux vive. Ainsi purifié, il est blanc, transparent, d'ime pesanteur spécifique de 9,887, gras au toucher, duc-

CAiM — 175 — CAM

tile, cristallin, (l'une saveur amère, chaude et piquante, et d'une odeur particulière assez désae;réahle. Il est très-volatil, tres-combustible; il brûle avec une flamme blanche ; peu soluble dans l'eau, il le devient dans l'alcool, dans les acides suliurique, nitrique, hydrochlorique, et sinlout dans l'acide acétique, dans les huiles ixrasses ou volatiles, et dans le jaune d'œuf. Il donne, par la distillation avec l'acide nitritpie, un acide particulier nommé acide campiioricpie. Le camphre est très-employé en médecine; cejjendant SCS iii-(i|Hiélés médicales sont encore mal déterminées.

Campistron ( .loau-Galbert de), né à Toulouse en 1656, d'une l'amille distinguée, vint à Paris jeune encore, et y contracta la passion de l'art dramatique. Admirateur enthousiaste de Racine, il revut souvent les conseils de ce grand poète. Ses piincipale? tragédie sont Amlrouic, TirÏLlate et Akibiade: elles obtinrent un grand succès; mais les ennemis de l'auteur parvinrent à faire éloigner de la scène tous ses ouvrages. Campistron, d'abord secrétaire des commandements du prince de Conti, remplit ensuite la même place auprès du duc de Vendôme, dont il devint aide-de-camp. Il fut plus tard secrétaire-général des galères. Il cessa d'écrire à 35 ans, étant parti à cet âge pour suivre le duc de Vendôme dans ses guerres •rilalie, et ce fut lui (|ui fil connaître à ce prince le fameux Albéroni. C.anipistron ne se distingua pas moins dans l'art militaire (pie dans la carrière dramaticpie. Philippe V, roi d'Espagne, et le duc de Mantoue, lui donnèrent d'éclatants témoignages de leur faveur. Membre de l'Académie française depuis 1701, il mourut dans sa villn natale en 1723.

Campo-Formio, village du Frioul (royaume lombarde-vénitien), qui a donné son nom au traité de paix conclu le 17 octobre 1797, entre la république française et l'empereur d'Autriche. Celui-ci, menacé jusque dans Vienne par le général Bonaparte, reconnut , par le traité de Campo-Formio, les limites naturelles de la république française entre le Rhin, les Alpes, les Pyrénées et la mer. La république cisalpine, composée de la Lombardie, du IModénais, des légations de Bologne, Ferrare et la Romagne, du Mantouan, des provinces vém'tiennes à la droite de l'Adige et de la Valtcline, fut également reconnue. Mayence devait être remise à Ki France d'après une convention militaire à conclure à Rastadt, ( ii devaient se traiter, de concert avec la France et l'Autriche, la paix de l'empire et les indemnités des princes dépossédés sur la rive gauche du Rhin.. Les jirovinces prussiennes sur cette même rive étaient réservées contre une indemnité à établir en Allemagne. L'Autriche cédait le Brisgau au duc de Modène. La France devait posséder

les ili's IdiiiiMiiK's. l'"n leloiir (h; vc tjiK' I Aiilriilic |UM-ilail à colfo iionvL'IU' (U'Hinilolion, l;i Fronce consentait à ce ([u'elle se mît en possession de Venise et des états de cette ré|)iibliqiie à la t^auclie de TAdige. C'est à roccasion de ce traité que le général français, fatigué des lenteurs et des hésitations du comte de Cobentzl, plénipotentiaire autrichien, se leva, et saisissant sur un guéridon un cabaret en porcelaine, don précieux fait au comte par la grande Catherine, le brisa sur le [)ar([uel en disant : « Souvenez-vous .([u'avant 'i mois je briserai votre monarchie comme je brise cette porcelaine! » Il sortit aussitôt, saluant les négociateurs autrichiens, et (il annoncer à rarchiduc Charles que les hostilités reconniienccraient sous îi heures. Le comte de Cobentzl, etfi'ayé, se hàla i\e signer l'ullimalinn, ([u'il envoya sur-le-champ à Bonaparte. Camps des anciens. Les Hébreux iiaraissent avoir empiimlé aux Kg\ |)liens une partie de la disposition de leurs camps. Dans le centre était le tabernacle. Les lévites rangeaient leurs tentes autour du tabernacle, suivant l'ordre de leurs troupes et de leurs divisions; les autres détails de la disposition intérieure nous sont inconnus. — Le camp des Grecs était originairement de forme circulau'e, il variait pourtant selon la nature du terrain. Celui des Romains avait toujours dans l'origine la forme d'un carré ; et ce ne fut que vers la fin de la réijublique qu'il y eut des camps de forme ronde ou ovale, ou même tiiangulaire. Ces deux peuples entouraient leurs camps d'un fossé; ils les fortifiaient ensuite avec la terre enlevée du fossé, et le défendaient par des pieux aigus, garnis de branches, qu'ils y enfonçaient.— La distribution des différentes parties du camp chez les Grecs dépendait de la forme qu'ils lui donnaient, et comme elle variait souvent, on ne pouvait assigner de place Hxe à chaque cor[)s ; d'où provenait souvent une confusion qui ne permettait i)as *au soldai de connaître à linstant même son quartier ou celui de son corps. — Le camp des Romains au contraire conserva long-temps une d!S|)Osition uniforme. On y trouvait i portes, une de chaque côlé; celle qui regardait l'ennemi s'appelait porte prétorienne ou extraordinaire; on nommait décumane l'entrée opposée à la l"'^, et les 2 autres, porte principale de droite et porte principale de gauch:\ Le camp se divisait encore en 2 parties, l'une appelée supérieme eî l'autre inférieure. Un espace libre et vaste, se prolongeant dans toule la longueur du camp, séparait la partie haute de la partie inférieure; on l'appelait principia. C'est là que le général établissait son tribunal, rendait Injustice et haranguait l'armée. C'est là aussi ([ue les tribunaux prononçaient leurs jugements, inlhgea.'er.t li'S peines. On y plaçait encoie les principaux étendards de l'armée

ainsi t|iie les autels dos t\ivu\ et les imaçies îles empereurs. Uulrc celle ailée priii<M|)ale, les dilTérenles divisions des troupes étaient séjiarées par des intervalles ou rues. 11 y en avait !i dans la loni:;ueur, et 3 en îra\ ers. On couvrait les tentes de peaux et de cuirs étendus sur des cordes. Chaque tente renlermait 10 soldats avec leur dizainier.

Camps de César. C'est le nom qu'on donne par tradition à des vestii:e> de retranchements et de fortillcalions ([u'on trouve sur un trop i^iand nombre de points en France et ailleurs pour qu'on puisse h's attribuer tous à César; mais qui remontent à une assez haute aniicpiité. Kn étudiant la direction de ces vestip;es, on reconnaît encore aujoindluii ([ue les camps dont il s'agit étaient assis sur des points élevés, ou appuyés d'un côté sur une rivière, ou bien encore entourés de vallées profondes (jui leur servaient de défense. Si quelque côté était inaccessible en raison de la pente, on n'y faisait aucun travail; sur les autres on élevait des retranchements défendus par un fossé, et on y ménageait les issues nécessaires aux communications extérieures. — 11 faut distinguer les camps romains de ceux que d'autres peuples construisirent dans les Gaules à des époques postérieures. On trouve en général, dans les camps réellement d'origine romaine, des débris d'armes et des médailles qui sont le signe le plus certain de la véritable époque où ils ont été établis.

Canaan, terre que Dieu promit à la postérité d'Abraham. Elle était ainsi apjielée de Canaan, fils de Cham. qui vint s'y établir. On lui donna [)lus tard les noms de Palestine et de Judée (v.). Les descendants de Canaan, c'est-à-dire les Cananéens, habitants de ce pays, irritèrent Dieu par leurs crimes et leurs débauches, au point qu'il donna ordre à Moïse et à Josué de les exterminer.

Canada, vaste contrée de l'Amérique septentrionale, qui forme aujourilhui la possession la plus importante de l'Angleterre en Amérique. Elle est située entre les 43° et 53° de latitude nord, et les 61" et 95" de longitude ouest, et bornée au nord et au N.-O. par la Nouvelle-Bretagne, à l'est parle golfe St-Laurent, au S.-E., au sud et au S.-O. par les Etats-Unis. Mais ce pays si étendu est loin d'être entièrement habité. Le Canada a été, dit-on, découvert l)ar Cabot en 1497, et reconnu ensiute iiar les Espagnols. En 1534, .Iac(|ues Cartier visita les côtes de la baie ipi'il nomma St-Laurent, et prit possession du pays au nom de François 1'^''. En 1535 il remonta le fleuve jusqu'à Montréal, et en 1540 Le Roche, sieur de Roberval, construisit le fort Charlebourg, non loin de Québec. Plus lard Samuel Champlain visita aussi le pays, et jeta en 1608 les

r.AN

CAN

luiuliMiuMils (le Ourhec. En 1(>I7 une compaij;nie fut créée pour iiciTuilre la colonie; nuiis elle fut bienlùt iittnciuée p.ir les Anj^lais, (pii renouvelùrcut plusieurs fois leurs tentatives pour s'en emparer;

enfin en 1759 leurs efforts furent couronnés d'un plein succès. Le traité de Paris de 1763 reconnut cette violation du droit des nations, et enleva ainsi à la France une de ses plus belles possessions , celle où tout encore rappelle nos mœurs , nos usages , notre langue. La tentative ((ue les Canadiens ont faite dans ces dernières années pour se

l'aymHsJraiiçais du Canada. SOUStrairC aU jOUg an-

glais a cruellement échoué. Le pays appelé dans l'origine Nouvelle- France a été divisé, par un acte du parlement britannique de 1791, en deux parties ou provinces : le haut et le bas Canada. Celle-ci s'étend sur les deux rives du St-Laurent depuis sa sortie du lac Ontario, et est séparée de l'autre par l'Ottawa et l'Abitibbi; elle est divisée en o districts : Montréal , les Trois-Rivières. St-François, Québec et Gaspé, subdivisés en 10 comtés; superficie totale, y compris les lacs et rivières, 2-j,000 kilomètres carrés. Population, GOO.OOO habitants, dont 73,000 d'origine anglaise, et 52,000 d'origine française. Le haut Canada s'étend au nord des lacs Ontario, Huron ou des Iroquois et Supérieur, et s'arrête au lac des Bois; sa forme est très-irrégulière, et il s'étend tout en longueur; il est divisé en 10 districts : Eastern, Gore, Home, Johnstown, London, Niagara, Midland, Newcastle, Ottawa et Western, subdivisés en 27 comtés. Superficie totale 18,000 kilomètres carrés. Population, '28-"),000 habitants. En général la partie habitée est bornée et ne comprend guère ([ue la presqu île forin(''e par le lac Ontario et le lac des Iroipiois; de même que dans le bas Canada toute la culture est limitée à une petite dislance des deux rives du fleuve, et ne s'étend guère au-dessous de QuélDec. Tout le reste du pays est habité par des tribus indiennes. Une chaîne de montagnes forme la limite septentrionale du juiys d'une extrémité à l'autre, et va se perdre dans le Labrador en séparant le bassin de St-Laurent de celui de la baie de Jumès. Une

CAN — 17» — CAiX

autre s'éleiul sur los liinilos dos Klals-Uais ri du Nouvcau-Bruns- \vi( k , à peu (le distance do la rive droite du lleuve ; elles sont l'une t't l'autre pe>i élevées, et d'un aspect âpre et sauva!::e. Parmi les lacs uuus mentionnerons ceux de Népissinj^, Temiscaming, St-.Iean, Maniconagan. Le Canada possède en commun avec les fitats-Unis le lac Supérieur et les lacs Érié et Ontario. Ses principales rivières sont rC)ttaNva, la Saguenay, la Richelieu, la Manicouagan, la Chaudière, la St-François, la Tariboiiaca, la l'ickouai^anii, la Jacipies- Carticr. la St-Maurice et la Niagara, cpii sépare le haut Canacîa de l'état de New -York. Le Canada, quoiciue situé sous la même latitude que la France, est loin de jouir d'un climat aussi tempéré, puisipien juillet et en août le thermomètre s'y élevé à 3o" , et qu'en hiver le mercure y gèle. Le sol devient meilleur à mesure qu'on avance dans l'intérieur; cl celui du haut Canada est bien supérieur à celui des contrées situées au dessous. Le Canadien n'est pas trèsbon cultivateur; autrement il tirerait meilleur parti delà végétation, ([ui otrre un singulier mélange de celles de la Laponie et des États- Unis. Les arbres des forêts sont loin de prendre le développement qu'ils ont dans ce dernier pays. L'érable fournit une grande quantité de sucre dont on se sert dans tous les pays, et qui se vend à moitié prix de celui des colonies. Ce que la zoologie du Canada présente de particulier, c'est le castor; le lynx n'y est pas inconnu. Les deux Canada sont infestés de serpents à sonnettes : le colibri est assez conunun à Québec. La minéralogie y offre peu d'importance, et ([uoiqu'on y ait découvert des mines de fer dans dilfércntcs parties du pays, on n'y a encore établi que I 2 1 usines. Le commerce s'y est considérablement accru depuis une trentaine d'années, et la population a augmenté dans la même proportion. En 1763 elle ne s'élevait pas à 80,000 habitants, et à la fin de 1831 on l'évaluait à S8.j,i61. L'instruction y est peu répandue; cependant, depuis 1814, chaque paroisse a son école. Les Canadiens français ont conservé la religion catholique; les Canadiens anglais sont anglicans. Le pouvoir exécutif est confié à un gouverneur, à un lieutenant-gouverneur et à un conseil exécutif. Dans l'une et dans l'autre province il existe un conseil législatif et une chambre des représentants, qui proposent des lois à l'acceptation du gouvernement.

Canal. On nomme ainsi une rivière artificielle creusée soit pour piirler des bateaux, soit pour amener des eaux qui font mouvoir des machines, ou ser\ent à l'arroscment des terres. La construction d'im canal est peut-être l'une des ojjérations les plus dillicilcs de l'art do l'ingénieur. Los peuples les i)lus civilisés de I antiquité ont établi des canaux; mais ces ouvrages, chez ces i)oiq)los et

Page 1