‹ Dictionnaire de conversation à l'usage des dames et des jeunes personnesChapitre 34 sur 59 · II · texte numérisé non relu

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Ouand lu rôvuliiliun oiiata. il ea embrat^sa aver ardeur les principes; et en 1791, nommé député à l'assemblée législative par le département du Pas-de-Calais, il se plara dans les raui^s des hommes les plus dévoués à la cause de la révolution. Député de la convention nationale et membre du comité de salut public, il déploya la l)lus grande activité et un incomparable (aient pour l'organisation de nos armées. Lors du procès de Louis XVI, il se prononça pour la mort de ce prince. « .Jamais, dit-il, en prononçant son vote, jamais de\ oir ne coûta tant à mon cœur. » Successivement membre du conseil législatif, du conseil des anciens, du directoire exécutif; proscrit à la suite des événements de fructidor, il ne rentra en France (|u'au 18 brumaire. Apres avoir voté contre l'Empire, il se retdra des affaires auxquelles il ne prit aucune part jusqu'en 181 3, époque à laquelle il défendit la place d'Anvers contre les alliés. Ministre de la guerre pendant les Cent jours , il accepta de Napoléon le litre de comte , puis fut exilé sous la Restauration, en vertu de la loi qui bannit du territoire français les régicides.

Carolin OU carolinus, monnaie d'argent de Suède qui vaut 9o cent, de notre monnaie. Ce fut un roi nommé Charles qui la fit frapper l)oiu- la })remiére fois et c'est de lui qu'elle reçut son nom. — On apj)elle encore ainsi une monnaie d'or de Cologne. Elle avait la même valeur que les anciens louis de France.

Caroline (loi). On appelle ainsi un code de lois pénales rédigé par ordre de l'empereur Charles V, et adopté par la diète de Ratisbonne de 1.")02. Ce code ne fut pas rédigé par un jurisconsulte, mais par un gentilhomme de Franconie nommé Jean de Shwartzenberg, qui en a fait un modèle de style en même temps (ju'une compilation excellente. La loi Caroline fait encore aujourilhui la base du droit allemand en matière pénale.

Caroline (Marie), née le 13 août 1752 de l'empereur François P'" el de Marie-Thérèse, morte le 8 septembre 1814. Elle épousa en 1768 Ferdinand I^S roi des Deux-Siciles. Elle s'était réservée le droit de prendre part au gouvernement après la naissance d'un enfant mâle. Elle n'attendit pas ce temps, acquit une grande inlluence sur son époux, fit renvoyer le ministre Taimucci, et éleva à sa place Acton, de race irlandaise, (pii n'avait d'autre titre que son dévouement à la famille de la reine. Caroline et Acton organisèrent une police sévère contre roj)positi(>n (juils soulevaient, et établirent une jimte de sûreté, Iriljunal i)olititiue qui se lit lia'ir par le grand nombre d'arrestations et d'exécutions capitales qu'il ordonna. En 1798 la reine fut obligée de fuir en Sicile avec sa famille devant les années françaises. Rétablie en 1799, elle ûl pouisuivre avec ri-

p;iienr les membres du tionveniemcnt provisoire institué pendant son absence. Dépossédée de non\ eau par Napoléon, cpii mil son Irére .(osepli sur le trône deNaples, elle se réfiiL^ia encore en Sicile, qu'elle (juitla en ISIi pour l'Autriche, où elle mourut à Silurnbnuui.

Caroline (Amélic-Klisabetli) , née le 17 mai I7G8 de Cliarles- Guillaunie-Ferdinand de Brunswick et de la princesse Auguste d'Auirleterre, sœur de Georges 111; moite subitement à Londres le 7 août 1821. Elle épousa en 1790 le prince de Galles, qui devint plus tard Georges iV, roi d'Angleterre. Quelques mois après son mariage, son époux s'en sépara avec éclat et souffrit (pi'on (it peser sur elle les soup('ons les plus déshonorants et les moins fondés, tlaroline se retira à lîlackheath , où elle demeura jusqu'en 1808. La ciilomnie ne l'y laissa pas eu repos, et l'attention du prince do Galles fut éveillée par des bruits qui servaient d'excuse à sa conduite. Il lit diriger contre sa femme une enquête scandaleuse. En 1813 la princesse se rendit à Bruns^^ick, parcourut l'Italie et la Grèce avec un sieur Bergami que sa protection a rendu fameux. Lorsque le prince de Galles monta sur le trône, elle voulut faire valoir ses droits, et on lui répondit par une seconde accusation dans laquelle elle eut l'opinion publique pour appui. Le procès fut abandonné, et Caroline fut reconnue reine d'Angleterre.

Caroline (Mathilde) , née le 22 juillet 17o1 de Frédéric-Louis, prince de Galles. Elle épousa en 1766 Christian Vil, roi de Danemarck. Elle eut à lutter à la cour contre sa belle-mère, à laquelle elle avait inspiré un grand éloignement, fut l'àme du parti de Struensée (v.) et succomba avec lui. Elle fut arrêtée le 17 janvier 1772 avec le i'^'" ministre par le parti de la reine-mère unie au prince Frédéric son fils. Caroline, d'al)ord renfermée dans la forteresse de Kronbourg, et séparée du roi par décision de la commission aulique, fut ensuite rendue à la liberté, et se retira à Zell, en Hanovre, où elle mourut, le 10 mai 1775, d'une lièvre déterminée par ses chagrins.

Caroline (Marie-Ferdinande-Louise) , née à Palerme le \'6 novembre 1799 de François-Xavier, depuis roi de Naples , et de Marie-Clémentine, archiduchesse d'Autriche. Elle épousa, le 17 juin 1816, M. le duc de Berry, neveu de Louis XVIII et second fils de }fonsieur, comte d'Artois, depuis Charles X. Elle prit le titre de Madame à l'avènement du comte d'Artois au trône, fut obligée de sortir de France en 1830, y rentra secrètement, le 29 avril -1832, par Marseille, et essaya de soule\er la Venrlée en faveur de son fils, le duc de Bordeaux. Elle fut arrêtée, enfermée à Blaye, et enfin remise en liberté et dirigée sur Païenne le 8 juin 1833. Elle a épousé depuis en 2*" noces le comte de Lucchesi-Palli, simple gentilhomme.

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Caroline du Nonl Cl Caroline (lu Sud, noui (]o deux t'-lals de la (X)iilV'di''ialion américaine. La Caroline chi Nord c ontient 492,386 habitants, dont i:i;j,()OI esclaves: capitale, Uaieii^h. La Carulme (/w Sud renferme 313,101 habitants, dont 265,784 esclaves; capitale, Colombia.

Carolus, ancienne monnaie d'or d'Angleterre qui valait 1 3 liv. 1 5 s.

de France ; — ancienne monnaie de billon de France qui valait 10 den. On rapporte que Henri III , roi de France , ayant avec lui Henri de Navarre, depuis Henri IV, et refusant de livrer bataille au duc Charles de Mayenne, donna pour raison qu'il ne fallait pas hasarder un ilouble henri contre un carohts.

Caron OU Charon, dieu des enfers, fils de l'Érèbe et de la Nuit. Il était le nocher de Pluton, et avait pour fonctions de passer les âmes des morts sur le Styx, l'Achéron, le Cocyte et le Phlégéton, fleuves qui entouraient le Tartare et en défendaient l'accès. C'était un vieillard toujours vert; pour lui le temps s'était arrêté. Inflexible et avare, il exigeait de tous ses passagers une obole pour les conduire aux enfers. On ne connaît pas bien l'origine de cette fable ; il est probable cependant qu'elle se rattache aux mystères et aux mythes de TÉgypte.

Carotides. On donne ce nom à des artères qui distribuent le sang rouge dans toutes les parties de la tète. Il y en a deux principales placées chacune d'un côté du cou, et qui donnent naissance à deux autres, la carotide externe et la carotide interne. La première distribue le sang à l'extérieur delà tète , et la seconde la porte aux parties plus profondes.

Carotte , genre de plantes de la famille des ombellifères; elle est bisannuelle. La carotte sauvage croît spontanément en France sans aucune culture. Les carottes cultivées forment plusieurs espèces. Les plus connues sont la carotte commune, dont on fait un grand usage, et la carotte jaune de Flandre, remarquable par son volume. Caroubier, arbre de 2" grandeur de la famille des légumineuses. Il croît surtout dans le Levant, en Egypte, en Espagne, dans le royaume de Naples et dans le midi de la France. Ses feuilles sont V)elles et luisantes, ses fleurs rouges, disposées en grappes, ses branches tortueuses et irrégulières. Son friiil est une grande gouss(>

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longue (le 18 à 30 cent i mètres, nomniéo caroube ou carontje, l'enferluant cinq ou six grains de la grosseur d'un haricot, et entourée d'une pulpe agréable au goût. Les chevaux mangent le fruit des caroubiers. Il peut aussi être accommodé de plusieurs façons et servir daliment aux hommes. Le peuple, dans les contrées du Midi, le mange même sans aucune préparation.

Carpathes (monis), chaîne de montagnes située au nord et à Test de l'Aiilriche, et qui sert en partie de limites à cet empire du coté de la Turquie. Klle a environ I , l.'iO kilomètres de largeur, et s'étend de 14» 28' à i9» 38" de latitude nord, et de 14" 40' à 44" de longitude est. Ses pics les plus élevés sont le pic de Lomnitz (2,790 mètres), et le grand Krivan (2,600 mètres). La végétation cesse sur ces montagnes au-delà 1,400 mètres.

Carpe (subst. niasc). On appelle ainsi la partie supérieure de la main qui est située immédiatement après l'avant-bras, et qu'on nomme vulgairement le poignet. Le carpe est composé de huit os articulés ensemble et disposés sur deux rangées. Chaque os a reçu un nom particulier, d'après sa forme. Les os de la 'l''*^ rangée s'articulent avec l'avant-bras, et ceux de la seconde avec le métacarpe. Ce mot désigne encore le poignet chez les animaux vertébrés, et les fruits des végétaux; mais alors il entre comme élément dans des mots composés.

Carpe (subst. fém.) , espèce de poisson du genre cypien et de l'ordre des malacoptérygiens abdominaux. La carpe, originaire de l'Europe méridionale, vit dans l'eau douce; elle se nourrit d'insectes, de vers, de petits cociuillages, de frai de poisson etde jeune.-^ pousses de plantes, et est d'une remarquable voracité. La durée de sa vie est très-longue, et les carpes du bassin de Fontainebleau ont, dit-on, plus d'un siècle. Ces poissons se reproduisent a\ec une fécondité presque incroyable. On a en effet compté jusqu'à 62! ,600 œufs dans une carpe pesant 9 livres.

Carquois, étui dans lequel on renferme des flèches, et qui se porte sur le dos au moyen de courroies. Les carquois étaient employés autrefois par les peuples ([ui se servaient de l'arc ; et aujourd'hui encore les tribus nomades [\ et sauvages de l'Amérique, de l'Afrique, etc., en conservent l'usage. Le ^ :arquois rempli de flèches était l'at- V tribut de plusieurs dieux et de plusieurs héros de la fable, comni(> Diane, Callisto, Apol Il i|)[iolvte et Artéoii.

Carquois.

III, Ciiitidtiii, (Ti'ion,

Carraohe (Ics), on iliilini Cdrriirri , l'aniillc (lo poinlros célèbres. Los principaux sont. : '!*' Lu(lu\ ico Canacci, nù à Bului^ne en liiijîj, fils (l'un bouclier. Il montra d"abui-(l peu d'aplitiHle , étudia à Florence sous André Del-Sarte, et fut le (biulateur de l'école de Bolosine. 11 eut beaucoup d'obstacles à suruionter pour se faire une réputation et mourut dans rindi^ence en 1619. 2° Agostino Carracci, cousin de Ludovico, né à Bologne en lîioS. Il suivit l'exemple de son cousin et se livra à l'étude de la peinture, à laquelle il n'était pas destiné. Son frère, jaloux de ses succès, l'engagea à abantlonner cet art et à se consacrer à la gravure. Agostino suivit ce conseil. Il mourut en KîOi, épuisé de travail et accablé de chagrins. 3" Annibale Carracci , frère du précédent, naquit à Bologne en J.'ifiO.Il avait d'abord été tailleur. Ludovico lui fit étudier le dessin, et d y lit de rapides progrès. La galerie de Farnèse est de ce peintre, qui, pour 20 ans de travail, ne reçut cpie 500 écus d'or du cardinal l-'arnèse. Il courut un tel chagrin de cette inu^ratitude qu'il en mourut on HiO!). Le fluide , l'Albane et le (îuerchin furent ses élèves.

Carrare, ])rincipauté d'Italie comprise dans le duché de Massa- Carrara. FJle a pour capitale Carrara ou Carrare. Population, 5,000 habitants. Carrare est célèbre par ses carrières de marbre, exploitées depuis plus de 2,000 ans. La plus grande partie des montagnes de ses environs n'est composée tpie de marbre sur une longueur de 8 kilomètres , et sur une hauteur d'environ 700 à 800 mètres. La principale exploitation se fait au Monte-Sacro. Plus de 1 ,200 ouvriers sont employés à l'extraction, et l'exportation annuelle est de 'I 0,000 mètres cubes de marbre.

Carré , figure qui a 4 cotés égaux entre eux et 4 angles droits. Il (lilîère du rectangle en ce que ses côtés sont égaux entre eux, tandis que les côtés du rectangle ne le sont que 2 à 2. — On appelle le carré d'un nombre le produit de la multiplication de ce nombre par lui-même; le carré de 3 est 9; le carré de 5 est 25. On dit d'un nombre porté ainsi au carré qu'il e.st élevé à sa seconde /JU/sSrt/iCC.

Carré , ordre de bataille à i fronts. Les troupes forment le carré pour résister de tous côtés à des charges de cavalerie. Ordinairement on dispose de l'artillerie aux coins de ce carré. Cette manœuvre a été d'un grand secours pendant la campagne d'Égyi)le, et a assuré la supériorité des armées françaises sur les Arabes.

Carreau, pavé plat fait de terre cuite, de pierre, de marbre, dont on se sert pour paver l'intérieiu- des maisons, des églises, etc. Carrés de verre dont on garnit les fenêtres. — Coussin ordinairement carré que l'on met sous les pieds. — On appelle encore ainsi un

groâ trait nui clail iancù par k's (ntlisles (v.). Cette amio avait reçu co nom à cause de la Tonne de son fer qui iHait à quatre carrés et pyramidale. Les ailes de la hampe ou verge étaient ordinairement en airain et non en plumes {omme pour les flèches ordinaires. Il y avait aussi des carreaux tirés à la main à laiile d'arcs ou darbalètes. — C'est encore le nom d'une maladie particulière aux enfants et (jui se déclare rarement après leur 7*-' année. Elle oppresse l'estomac, la poitrine, et rend le ventre dur et tendu; c'est pour cela ([u'on l'a api)elée carreau en comparant la dureté du ventre à celle d'un carreau de terre cuite ou de pierre. — Le carreau électrique. ou fulminant est un carreau de verre enduit des deux côtés d'une couche métallique, et pouvant servir aux expériences que l'on fait avec la InniteUh' île Leijde (v.).

Carré magique, carré formé de plusieurs carrés partiels dans lesquels on range des nombres dans une progression arithmétique et dans une position telle que les nombres compris dans chaque colonne horizontale ou verticale, produisent respectivement la même somme. I\Ianuel Moschopule, mathématicien grec du xiv^ siècle, fut conduit le premier, par l'étude des progressions, à la découverte de ces carrés que Iciu'S singulières propriétés lui firent appelés magiques. Elles sont cependant plus ^-'"''"'^ magique.

curieuses qu'utiles, et sont restées sans applications, bien que des hommes émineuts dans la science en aient long-temps fait l'objet d'études spéciales.

Carrelet , poisson de mer de l'ordre des malacoptérygiens et de la famille des pleuronectes. Il est très-plat . de la forme d'un losange , blanc d'un côté , grisâtre de l'autre avec de petites taches rouges. Sa chair est moins estimée que celle du turbot ou de la sole.

Carrelet. On appelle ainsi : I" une aiguille droite, longue de G à 8 centimètres, dont se servent les selliers, les bourreliers, les emballeurs et les cordonniers ; 2° un châssis carré sur lequel on fixe un linge pour clarifier plusieurs préparations pharmaceutiques; .3" une petite carde sans manche (v. Cardeur) dont se servent les chapeliers pour peigner la soie des chapeaux; i" un filet à pécher le poisson.

Carret, fil avec lequel on fait les torons des càljles et des gros cordages.

Carrier f Jean-Baptiste), né à Yolai en 1 7.-)6 et dont l'histoire semble appartenir aux Mille et Une Nuila du crime, était procureur à

la

aé

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Auiillac, iDisqup le dépLirteniPiit du (iaiital Tenvoya en 1789 à l'assemblée nationale. Il fut, en 1793, un de ceux qui concoururent à l'élahlisseuient du tribunal révolutionnaire, et il se lit une horrible réputation par la part qu'il prit aux excès les plus condamnables de la révolution. Il provoqua un des premiers l'arrestation du duc d'Orléans et se signala par sa \iolence contre les Girondine dans le procès c|ui fit monter sur l'échafaud tous les membres de ce parti. Envoyé d'abord en Normandie pour défendre la cause de la convention , Carrier fut, en 1793, chargée d'une niission en Vendée. Il ne se montra que trop fidèle à son mandat de carnage et sévit avec fureur contre tous les citoyens qui étaient accusés de ne pas se rallier au gouvernement de la convention. Les simulacres de procédure occasionnant d'inutiles délais, il résolut d'expédier les victimes en masse, et de les faire exécuter sans jugement. Alors commencèrent les terribles noyades, appelées aussi par une atroce dérision Diuridjjes républicains , dans lesquelles périrent plus de '15,000 Nantais, et qui consistaient à embarquer les victimes nuitamment et sous prétexte de les transférer ailleurs. Le bateau, construit à soupape , s'entr'ouvrait au milieu du fleuve , grâce à un horrible mécanisme ; et le sabre et la baïonnette repoussaient sans pitié les infortunés qui cherchaient à gagner le bord. Bientôt la Loire ne roula plus dans ses flots corrompus que des cadavres , et l'on vit l'affreux Carrier se livrer le jour à des festins et à des débauches sur les mêmes bateaux qui servaient à ses exterminations nocturnes. Ce monstre fut enfin lappelé par la convention, condamné par elle pour ses excès et exécuté le 1 6 décembre 1 794. Carrier avait une taille haute, mais un peu courbée : une chevelure noire et grasse couvrait sa tète. Son œil était petit et hagard, son teint verdâtre, son geste brusque et sa voix rauque.

Carrier, Carrière. On appelle carriers les ouvriers qui travaillent dans les carrières , c'est-à-dire dans les excavations souterraines d'où on extrait les pierres de construction. 11 y a plusieurs sortes de pierres à bàlir, dilférentes par leur beauté ou par leur dureté. Les carrières sont aussi exploitées de diverses manières : les unes sont à ciel ouvert , c'est-à-dire que les bancs de pierres sont complétetement découverts et que les voitures de transport viennent chercher les blocs jusqu'au point de leur extraction; on n'arrive aux autres que par des puits profonds, par lorifice desquels on tire la l)ierre à l'aide de roues et de cordages. — Carrière signifie encore lieu destiné aux jeux ou tournois chevaleresques; on dit au figuré dans ce sens : Cet homme a parcouru honorablement sa carrière.

Carross;, voitui'c à i roues. suspendue cl couverte, dont on se

sert pour vovap;er. O mot e>t aiijourd'luii peu usité. Les carrosses sont orijjinaires d'Italie, et les dames romaines s'en servaient déjà sous les empereurs. Les dames de Fi-ance montaient à cheval ou se faisaient porter en litière avant l'épocpie de la reine Catherine de Médicis, qui, la première, introduisit les carrosses dans notre pays. Henri IV n'avait qu'un seul carrosse, et il ne pouvait sortir de chez lui quand sa femme s'en ser\ait. L'honneur de monter dans les carrosses du roi fut plus tard très-recherché; il fallait, pour l'obtenir, faire des preu\es de irrande noblesse. — On appelle carrussierst les ouvriers qui fabriquent des carrosses.

Carrousel, espèce de tournoi ([ui consiste ordinairement en courses debaijues, de tètes, etc., entre i)lusieurs cavaliers partagés en différentes quadrilles distinguées par la diversité des livrées et des habits. Les carrousels durent leur origine à des fêtes religieuses, à des processions symboliques intimement liées aux mystères des anciennes religions et instituées par les castes sacerdotales. Ces fêtes passèrent de l'Egypte en Grèce , furent en grande estime parmi les Maures et les Arabes, chez lesquels elles commencèrent à prendre la forme qu'elles ont conservée depuis, et s'introduisirent en France pendant le moyen âge. Les carrousels les plus brillants furent ceux (pie donna la cour sous le règne de Louis XIV ; et ce grand roi ne dédaigna pas d'y jouer un rôle et de figurer dans une quadrille. Le dernier carrousel fut donné en 1811 à Moscou par la cour de Russie. La comtesse Orlof y présidait.

Carte , représentation plane d'une partie plus ou moins étendue de la surface du globe terrestre. Il y a des cartes d'espèces différentes et qui donnent des indications spéciales. Les cartes géographiques proprement dites représentent ou de vastes pays ( car/es générah'fi) , quelquefois le globe entier [cartes universellen), avec l'indication des mers, des tleuves, des montagnes, des villes, etc., ou seulement un canton particulier dont elles donnent tous les détails [cartes topofjraphiques). Les cartes (jéologiques n'indiquent que la nature des terrains qui forment les différents pays, la profondeur des couches, la hauteur des montagnes. Les cartes hi/drographiques. utiles surtout aux navigateurs, présentent le relevé des côtes et des îles, la profondeur des rades, les bancs, etc. La construction ou la projection des cartes géographiques et hydrographiques exige des connaissances très-élevèes en mathématiciues.

Carte blanche , plein pouvoir donné au général d'une armée agissante, ou à un généralissime. En France, tous les généraux axaient carte blanche juscpi'au règne de Louis XI , qui commenta à restreindre ces pouvoirs. Louis XiV et ses ministres s'atiribuèreni

le \)\i\ ili'ge de rondiiii'p les armées du fond <\e leur rabinçt, et dans beauc(Mi|) d'occasions ccHLc |)ivteii(ii)ii l'iiL i'alale à nos armes. — Cette locution, dont l'oiii^ine est toute militaire, a passé dans lo lanp;aire ordinaire

Cartel, dé(i [Ml écrit pour un (•omi)al siuLÇulier. Les cartels, i'ort usités dans le moyen à^e et dans les temps de la chevalerie , remontent à l'antiquité. Antoine envoya un cartel à Aus:;uste , qui le refusa ; les héros de Virgile et d'Homère s'adressent des cartels. Les cartels étaient aussi le plus souvent, même dans le moyen âge, des provocations à des combats de parade, qui n'avaient pour objet que de faire briller la valeur et l'adresse des combattants. — Le cartel est encore un règlement fait entre ennemis pour l'écliange des prisonni(M"s.

Cartes à jouer, cartons marqués de figures de diverses couleurs et dont on se sert-])0ur jouer. On croit que les cartes à jouer vinrent de l'Orient comme le jeu d'échecs; il est certain qu'elles étaient déjà en usage avant l'année l.'il8.0|)endant lejeu de piiiuet dont nous nous servons aujourd'hui date du roi Charles VIL On suppose même que la dame de trètle (Argine) figurait Marie d'Anjou, le valet de trèfle (La Ilire) le général de ce nom, le trèile la garde d'une épée, le carreau le fer cassé d'une grande flèche, le pique la lance d'une pertuisane, le cœur la pointe d'un trait d'arbalète, les as l'argent pour la paye des troupes, du nom d'une monnaie ancienne qui était appelée ainsi.

Cartésianisme, système philosophique de Descar/es(v.). Ce système est spiritualiste. fJescartes, voulant donner à nos connaissances un fondement rationnel , commence par rejeter tout ce qu'il tient du témoignage des autres et de l'autorité; c'est ce qu'on appelle le doute i)hilosophique. Il établit ensuite que toute notion qui se présente claire et é\idente à notre esprit repose sur une idée ou sur un fait vrais; et considérant d'abord comme la notion la plus évidente pour l'homme celle de sa propre existence en tant qu'être pensant ou que substance pensante {je pense, donc je suis), il fait de la démonstration de l'existence individuelle le fondement de toute sa ])hiloso[)hie et s'en sert pour prouver l'existence de Dieu et la Ié:.;itimité de nos sensations.

Cartésien, philosophe qui a adopté la doctrine de Descaries. Dei)uis Descartes jusqu'au milieu du wiii*-' siècle, les cartésiens prédominèrent en France. Ces philosophes, dont le spiritualisme alla quelquefois jusqu'à l'idéalisme, furent l'cmplacés dans ces derniers temps par les sensualistes, disciples de Bacon et de Locke, dont la doctrine a dégénéré bientôt en matérialisme. Le sensualisme (v.)

est aujourd'hui complélouionl discrédité, cl Yècledisme [\.), qui l'avait suivi , a fait lui-niénie son temps.

Carthage. Le nom do Cartilage signifie, en phénicien, ville neuve [lùii-tha-Atlath). Celle ville était située en Afrique, sur une presqu'île, au fond d'un golfe du même nom. Il y a beaucoup d'obscurité sur les traditions qui se rapportent à sa fondation ; elle fut probablement due à une colonie de Phéniciens (1200 ans environ av. J.-C . Plus tard (vers 8:)2 av. J.-C.) une colonie de Tyriens vint s'y établir sous la conduite de Didon , et Ton retrouve encore aujourd'hui en Afrique, à propos de cette émigration, des traditions à peu prés conibrmes au récit de Virgile. La première période de l'histoire de Carthage s'étend depuis sa fondation jusqu'à ses guerres avec Syracuse (av. J.-C. 1 200-480). Elle est presque inconnue ; on sait pourtant que pendant ce temps elle étendit sa domination sur les colonies d'origine grec([ue qui l'entouraient, qu'elle acquit une grande importance par son commerce et qu'elle faillit devenir la première puissance du monde. — Carthage était divisée en 3 parties : son port intérieur, qu'on appelait Cathon, la citadelle, nommée Byrsa, et le quartier populeux de Megara. Son gouvernement fut d'abord monarchique ; il devint par la suite tout à la fois monarchique, aristocratique et démocrati([ue : et l'élément aristocratique, qui avait prédominé d'abord, finit par s'atl'aiblir. Les premiers magistrats, au nombre de 2, s'appelaient sojj/îcf/ns (en hébreu, jufjfps); ils furent à vie, puis annuels. L'aristocratie se composait, en général, d'hommes puissants par la fortune ([u'ils avaient acquise dans l'industrie. (7 est dans son sein (pie se recrutait le sénat. On ne sait pas si on doit confondre ce sénat avec le conseil des Cent, qui remplissait à Carthage à peu prés les mêmes importantes et terribles fonctions que le conseil des Dix à Venise. EnHn , les assemblées du peuple avaient une part dans le gouvernement des affaires. De i80 à 262, les Carthaginois, dont la puissance s'accroissait toujours, firent de grands efforts pour conquérir la Sicile ou pour acquérir dans ce pays une influence prédominante. Ils s'immiscèrent sous mille prétextes dans les alFaires de file , et rencontrèrent enfin les Romains, avec lesquels une lutte acharnée s'engagea. Les trois guerres puniques (261 à 149) se terminèrent par la prise et la ruine complète de Carthage, qui resta en proie aux flammes pendant 17 jours. Quinze ans environ après ce désastre, Carthage fut rebâtie sous le nom de Colonia Junonia. Elle devint la capitale de l'Afrique, fut dans le iv« siècle de l'église le chef-lieu d'un évèché qui comprenait 6 provinces, et eut encore sous le gouvernement romain une période d'éclat et de prospérité. En 439,

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cik' lui piise par les Naiidak's; eu ()97, prise el détruite par les Arabes.

Carthagène, ville (lu royaume de Murcie, en Espagne; populalidii, 2i»,(i()0 habitants. Son commerce consiste en laines fines, soie, câbles (le siiarterie, olives, raisins secs et soude, l'arthagène fut fondée en 228 av. .!.-(>. par Asdnibal. général carthaginois, qui e.spérait en faire l'entrepôt du conmierce de Carthage avec l'Espagne, mais Scipion FAfricain s'en empara l'an 210 av. J.-C.

Carthagène, province de la Colombie, bornée au nord par la Colombie, à l'ouest par le département de l'Isthme, au sud par la l)rovince dWntioquia, à l'est par celle de Santa-Maria. Carthagène est une provmce du département de la Magtlalena. Superficie , 4."),i00 kilomètres carrés; population, 170,000 habitants. La capitale de cette province est Carthagène , chef-lieu de tout le département de la Maydalena; population, 20,000 habitants. Elle est située au fond d'une baie de la mer des Antilles, à 10" 24' de latitude nord et à 80» 1 0' de longitude ouest. Carthagène est évêché, ^ ille de guerre, possède un des plus beaux ports de l'Amérique et fait un commerce très-étendu. Fondée en 1532 par Pedro de Heredia, elle fut prise par les Anglais en 1585, par les Fran(;ais en 1544 et 1697.

Carthaginois. Il ne reste aucun monument des arts ni de la littérature des Carthaginois. Ce peuple commerçant n'a laissé aucune trace, et la langue même qu'il parlait nous est aujourd'hui inconnue. On n'a guère plus de renseignements sur sa religion; il avait conservé les dieu.x de la Phénicie , son ancienne patrie , et offrait à Moloch des victimes humaines. Les mères étaient obligées de sacrifier elles-mêmes leurs enfants à l'idole sans verser une larme et sans faire entendre un soupir.

Cartilage, partie blanche, lisse, élastique, plus dure que la chair et moins dure que les os, qui se trouve surtout aux extrémités de ces derniers, et qui est privée de sentiment. Les cartilages du corps humain sont ou temporaires ou permanents. Les premiers deviennent de véritables os en se condensant peu à peu ; l'ossification est ordinairement complète à l'âge de 18 ou 20 ans. Les seconds ne changent pas de nature ou ne s'ossifient que dans un âge très-avancé, ils enveloppent les os aux articulations, où ils font eux-mêmes fonction d'os comme les cartilages des côtes.

Cartomancie, art prétendu de deviner l'avenir à l'aide de certaines combinaisons de cartes. On appelle cartomanciens ceux qui tiient les cartes. Ils doivent à une certaine adresse et à une grande habitude le talent d'étonner quelquefois les personnes d'un esprit

CAR — 2/il — CAIi

l'iiibli" 011 leur aniioïK^anl dis rNciieinonls qu'ils se sont l'ail lacnnter un instant auparavant à l'aide de questions adroites par la personne inihne ([ui vient les consulter, ou qu'ils ont pu raisonnablement prévoir d'après co qu'ils ont pu arracher à leurs dupes.

Carton, Cartonnier, carton-papier dc forte épaisseur. On appelle : I" carton de pâle celui qui est fabriqué comme le papier avec une pâte de chitl'ons communs, broyés et placés sur une l'orme; 2" carton de coUaçie le carton composé de plusieurs feuilles de papier collées l'une siu" l'autre. On se sert, pour la fabrication du carton, des iliiffons les plus communs, ou de rebuts de papiers que l'on soumet à un nouveau moulage. Quelquefois on y mélange de la laine, des étoupes, ou même des rognures de cuir, pour rendre le carton plus résistant. — Le cartonnier est celui (jui fabrique le carton ou qui vend des objets faits de carton. — Le carton-picrro est une pâte de papier grossière mêlée à une solution de colle-forte à laquelle on ajoute de la terre bolaire, du carbonate de chaux et de l'huile de lin. On moule cette pâte et l'on en fabrique des objets d'art et des ornements d'architecture. Le carton-pierre est incombustible et imperméable.

Cartons (beaux-arts) , se dit des dessins en grand tracés sur du jiapier, d'après lesquels le peintre fait sa fresque, ou qu'il donne aux ouvriers en tapisserie pour servir de modèles. Raphaël employa des cartons pour peindre les fresques du Vatican. On croit qu'il en fit aussi I 2 qui furent envoyés en Flandre et qui servirent de modèles pour des tapisseries qu'on voit aujourd'hui aux Gobelins. On appelle encore carton en architecture une feuille de carton ou de ferblanc chantournée qui sert à tracer les profils. Enfin, en terme d'imprimerie, ce mot signifie une ou plusieurs feuilles d'impression détachées d'une feuille entière, ou plutôt un feuillet qu'on refait à cause de quelques fautes qu'on y veut corriger, ou de quelque changement qu'on y veut faire.

Cartouche (de cartoccio, rouleau), sorte d'ornement de sculpture ou de peinture représentant un ^, ^ ^ '^ ''^'^

carton roulé dans le centre du- \\ y,"^T.'T\,.,':J7'-'"'tl ï\ quel on traçait des inscriptions , 1^1 v . j . l . m fj=:£

des devises , des armoiries ou Cariouche.

des symboles. Les enroulements des cartouches ont pris des formes très-variées ; et même on a conservé ce nom à des ornements qui n'avaient pas d'enroulements, mais qui renfermaient toujours un espace vide destiné à recevoir des inscriptions ou des dessins. — En archéologie, c'est un encadrement formé par 2 lignes |)arallèles réunies à leurs extrémités [lar des lignes courbes, au centre duquel les anciens Égyptiens pla(;aient des inscriptions hiéroglv-

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