‹ Dictionnaire de conversation à l'usage des dames et des jeunes personnesChapitre 48 sur 59 · II · texte numérisé non relu

II

CliN — 302 — CHA

nommée Scblah pur les Arabes, prise par Jean 1'', roi do Portugal, elle passa, en 1580, sous la doiiiinalion de l'Espagne qui la possède encore. Elle y a ses pref^idios ou galères, èfahlissenients analogues à nos bagnes.

Cévennes, cliainc de montagnes de France, ramilication des Pylènèes s'èlendaiildu S.-S.-(). au N.-N.-E., de la source de l'Aude au 17'' degré de latitude nord, l'espace de i(j() kilomètres, à travers les départements de l'Aude, de l'Hérault, de l'Aveyron, du Gard, de la Lozère, de la Haute-Loire, du llhône et de Saône-et-Loire. Leur point culminant, le Mézènc, a 177i mètres. La Loire, le Lot, le Tarn, l'Allier, le Gard, l'Aveyron et l'Hérault prennent leurs sources dans ces montagnes, dont les principales ramifications sont la Margaride, le Cantal, le mont Dore, le Puy-de-Dôme et les montagnes du Forez. Les Cévennes sont riches en minéraux, en cuivre, fer, plomb, houille, granit, marbre, porphyre, plâtre. On remarrpic sur quelques points d'anciens cratères de volcans. Elles ont été, (le 1(582 à 1750, le théâtre de guerres de religion (v. Camisards).

Ceylan, grande de de 2,800 kilomètres carrés de superficie, dans la mer des Indes, i)rès de la côte de Coromandel. Le poème indien Uamaiiana parle d'une époque reculée où elle fut séparée du continent. Elle figure sous le nom de Taprobane dans les Lusiades de Cainoens : c'était l'entrepôt du commerce de l'Asie. Elle a successivement appartenu aux Portugais, aux Hollandais, aux Anglais, qui la possèdent encore. Ils y ont 677,000 acres cultivées et 1,500,000 en friche. Population, 939,2()7 habitants, dont 6,414 blancs. Outre les Européens, les Musulmans, les Hindous du Malabar et du Coromandel, il y a des indigènes divisés en ]Vadassps ou ]]'eddahs, noirs, grossiers, sauvages, errants; et en Chimjulais^ habitants du sud, civilisés, industrieux, professant le boudhisme. L'île produit pour environ 3,074,666 livres sterling par an. Elle est riche en cannelle, cinnamome, bétel, jioivre, cacao, sucre, café, thé. Mais il faut y apporter le riz et les autres vivres. On y trouve des mines non ex|)loitées de diamants, rubis, saphirs, topazes, cornalines, cristaux, plomb, fer, vif-argent; et sur les côtes, on fait avec succès la pèche des perles. Un gouverneur assisté d'un conseil régit la colonie, dont la capitale est Colombo. Tricomatmj est un port fortilié.

Chablis, petiiç ville du dé]uirleiuent de l'Yonne à 16 kilomètres d'Auxeri'e, peu|)lée de 2,300 habitants, célèbre par ses vignobles, qui produisent l'excellent vin blanc de son nom, déjà fort estimé au moyen âge.

Chacal, quadrupède du genre diivn, intermédiaire entre le loup

ClIA — 503 — CIIA

et le renard, nu imiscaii pointu el liiisiilrc, nu pelai^o tjris.jnunefoncéen iles^us, blandiàliv en dessous, rauve-clair aux jambes; à la queue peu R)uinie : animal vorace, \ ivant de petile proie et de cadavres, chassant par bandes, habitant les Indes. l'Asie-Mineine et l'Afrique.

Chagrin, maladie de Tàme contre laquelle tout remède |)hysi(iue est im})uissanl; les infoitunes réelles ne causent i^uèie de piolonds ehaiirins, car Tàme retrouve alors l'éneri^ie de les combattre; mais les petites passions, les illusions, la vanité surtout engendrent des chagrins au\((nels snccoudient tous ceux que ne soutiennent pas l'es- ]mv en Dieu et le sentiment du devoir.

Chagrin (peau de), cuir grené au tissu serré, solide, provenant de la peau des clievaux, des àne», des mulets, de celle surtout qui cou\ le la croupe. On en fabrique à Constantinople, Tunis, Alger, Tripoli, dans la Syrie et en Pologne. Le gris est le meilleur, mais le rouge est le plus cher. Il y en a aussi de noir , de vert et de blanc. Les gaîniersen couvrent les-boîtes et les étuis de lorgnettes, lunettes, etc.

Chah, titre que prennent les rois de Perse et qui signifie roi ou empereur. On le joint au nom du souverain : Feth- Ali-Chah, Chah- Ahbax, etc. On le donne aussi aux fils du roi : tout prince du sang en Perse a le titre de Chah-Zadi'li. Plusieurs empereurs de Perse ont pris par humilité des qualilications plus modestes. Quelques rois des Afghans se sont également appelés chahs.

Chaine, lien de métal composé d'anneaux engagés les uns dans les autres. On en fait d'or, d'argent, tie fer, de cuivre, d'acier, etc., de dilférentes dimensions. Yaucanson fut l'inventeur des chaînes d'engrenage qui transmettent aux machines leur mouvement de rotation. La forme des chaînes varie beaucoup : il y en a en gerbes, dont les maillons sont courbés en 8 de chiffre; en S, dont les maillons ont la forme de cette lettre; de carrées, à la forme elliptique ; d'autres sont dites sans fin, parce que leurs chaînons, de même forme, se tiennent tous. On se sert avec avantage de chaînes de fer, au lieu de câbles, pour amarrer les vaisseaux. — Dans un grand nombre d'arts on fait usage de chaînes. Il y a la chaine d'arpenteur (v.), pour la levée des plans; les chaînes de pierre de l'architecte, qui rattache la partie faible d'un édifice à une partie plus forte. Il y a aussi la chaine et le boulet du galérien; la chaîne, symbole d'autorité des anciens Gaulois; insigne d'ordres de chevalerie; marque distinctive du lord-maire de Londres et de nos huissiers administratifs; les chaînes avec lesquelles on barrait les rues aux anciennes barricades; celles avec lesquelles on barre l'entrée des ports; la r/ia//)^ humaine, qui fait parvenir l'eau à un incendie: la

CHA — 30Û — Cil A

chaîne éleclriijue , autre suite do peisouuos qui se tiennent la main pour recevoir en même temps la commotion de lélectricité; la chaîne des danseurs , ligure dans laciuelle ils se donnent la main en changeant de place. — En terme de tisserand, la chaîne, est l'assemblaice des lils qui forment la longueur d'une pièce mise sur le métier et tendue sur les onsubles. Ces lils sont distribués entre les dents des peignes; plusieurs parties se lèvent et se baissent, et c'est lors de ce croisement que l'ouvrier, au moyen de sa navette, introduit d'autres lils, dont l'ensemble se nomme traîne (y. Tisserand). — En géologie, une cJtaîne île nionlagnes est la réunion de plusieurs montagnes dont la base se touche. L'ensemble de i)lusieurs chaînes constitue un f/ruupe ; la réunion de plusieurs groupes forme un système. — On dit au figuré : La chaîne do^ temps.

Chair , parties molles des animau.x, ensemble de leurs muscles. Les ])ylhagoriciens ne mangeaient point de chair. Les Hébreux s'abstenaient de celle de certains animaux réputés impurs.

Chaire (d'un mot grec signifiant siège)., tribune élevée d'où le prédicateur annonce au peuple la parole de Dieu. La chaire èpiscopale était le siège de pierre ou de bois sur lequel s'asseyait autrefois l'évèque durant l'office, au milieu des prêtres qui l'entouraient. — Le trône du pape, et par suite son autorité, est désigné sous le nom de chaire de saint Pierre. On qualifie la prédication ù\'luquence de la chaire. — La chaire, dans nos écoles publiques, est le siège du professeur ; ce mot désigne aussi sa place , ses fonctions ; on dit : Concourir pour une chaire.

Chaise, siège, Ordinairement sans bras, en acajou, merisier, cerisier , hêtre , noyer , etc. La chaise longue est une espèce de lit ou de canapé qui n'a de dossier qu'à une de ses extrémités. La chaise curule chez les Romains était un siège d'ivoire sur lequel s'asseyaient les principaux magistrats de la république. — La chaise à porteurs, qui a eu tant de vogue en France, était une espèce de siège fermé de glaces et couvert, dans lequel une seule personne se faisait porter à bras par 2 hommes. — La chaise de jjoste, qui date de Colbert, est une voiture légère, conduite par un postillon , montée sur deux roues, tirée par 2 ou 3 chevaux et ne conxenant qu'à une ou deux personnes.

Chaland , bateau plat de moyenne grandeur particulièrement usilé pour transporter par eau les marchandises jusqu'à Paris. Ce mot a encore une autre acception et qui n'est pas la moins usitée. H désigne alors celui (|ui a eoulume de se fournir chez un marchand, cil d'autres termes un (irhelenr. H s"ai)|)lique surtout an commerce lie détail

(HA — SO'j — CIIA

Chalcédoiue, \illo (lo rAsie-Miiieiiro , fomléo \iè-à-vis de Byzance par une colunio de Mégariens , l'an 685 av. J.-C, appelée d'abord Colbusu ou Provcrastis , et aujourd'hui Kadi-h'cni par les Turks. Son temple dApollou était renommé pour ses oracles. Dans celle ville l'ut convoqué, l'an 151 de notre ère, par l'empereur ]Marcien, le 4"-' concile œcuménique, à l'occasion de l'hérésie d'Eutyclu's, tjui n'admcllait dans le Christ (pi'une seule nature.

Chalcographie (de (leu\ mots i^rocs sii^nifiaul cit/c/v ou airain el j'écrisu art de !.:i'aver sur cuivre (v. Gravure). (Vest aussi une collection de planches gravées; il en existe une fort nombreuse au Louvre.

Chaldée, jadis province trés-fertile s'élendant au sut! de la Habylonie. entre l'Kuphrale et le golfe Arabique, aujourd'hui partie déserte du pachalilc de Bagdad et de Basra. On avait aussi donné ce nom à la Babylonie entière. Les ChalJéens, nommés Chasdieus par les llébreu.v qui les faisaient descendre de Casd, fils de Nachor, irère d'Abraham , appelés aussi Céphènes, appartenaient à la race sémitique : ils eurent leurs premières demeures près du Caucase, et ne s'établirent au voisinage du golfe Persique que vers l'an 800 av. J.-C. Adorateurs desaslies et professant le sahéisme (v.), adonnés à l'astrologie, formant à Babylone la caste des prêtres, ils ont \ u leur nom devenir synonyme de devin. La science chalda'ique était ïastrulugie{y.), origine des premières connaissances astronomiques.

Chàle ou schall (d'un mot sanscrit, chala, ayant même sigiiiiicationi, pièce d'étoile ouvragée, oblongue ou carrée qui sert dans l'Orient de turban, de manteau, de tapis, et que les femmes d'Europe portent suV les épaules comme fichus. Les plus beaux sont ceux qui ont rec^u le nom de cachemirea ou kachemijrs (v.). Il y a 50 ans à peine que les châles de cachemire n'étaient connus en France que d'après les relations des voyageurs ; les premiers qu'on vit à Paris, apportés par les ambassadeurs de Tippou-Sa'i'b, en 1787, ne furent nullement recherchés par les fenmies élégantes. Celles à qui il en échut se contentéient de les garder connue de simples curiosités; d'autres, plus dédaigneuses encore, en firent des dressoirs, des lapis, etc. Avec quoi les femmes ^e couvraient-elles donc les épaules et la poitrine vers la fin du siècle dernier? avec des fichus de mousseline unie ou imprimée, des écharpes en soie, en soie et coton ou en gaze; avec de grands mouclioirs en laine assez grossière, unie ou à petits bou([uets ; en un mot, avec des étolï'es dont la plus distinguée ne valait pas un louis. C'est l'expédition d'Kgyple qui fit connaître les châles de cachemires et qui en introduisit la mode. Leur prix élevé fit aussitôt songer à les

imiter, et co l'ut l'i l'exposition de I8i)l qu'on étala les premiers essais, bien faibles, à la vérité, mais qui furent le point de départ d'une industrie devenue essentiellement française , et qui en est arrivée aujourd'hui à un degré de perfection tel qu'elle peut avantageusement soutenir la comparaison avec les produits de l'Inde. Elle est, au reste, presque entièrement concentrée à Paris ou dans ses environs. L'unicjue matière qui entre dans ces tissus , est le duvet i)lanc et soyeux (jue les chèvres donnent en abondance et à bon marché dans le pays des Kirghis. Ce duvet arrive par balles des ports de la Russie méridionale où les fabricants le font acheter. Les châles do France qui ressemblent le plus à ceux de l'Inde sont de deux sortes : les uns, faits au lancé, sont appelés cachemires français ou brodés; les seconds, nonunés cliàles de l'Inde, comme s'ils en étaient réellement, sont plus chers que les premiers ; on les brode par un procédé qui ressemble au travail de la tapisserie et de la dentelle, qui s'appelle espuulinngp. Quant à la matière première qui entre dans la fabrication des véritables châles de l'Inde, on ne sait encore rien de positif à ce sujet. Est-ce avec la laine des moutons , ou avec le poil de quelques espèces particulières de chèvres ou de chameaux"? Question sur laquelle les voyageurs, les érudits et les fabricants difFerent d'opinion. Ce qui paraît probable, c'est que chacune de ces matières est exclusivement employée à la fabrication du châle suivant les localités, et que de là provient la différence dans les qualités et les prix de ces superbes tissus. L'ignorance dans laquelle nous sommes encore à cet égard vient, soit de ce que l'on fait un mystère des procédés de la fabrication aux voyageurs qui s'aventurent dans ces lointaines contrées ; soit e^icore de ce que ceux-ci , tout à fait étrangers à ce genre de fabrication , n'ont pas attaché assez d'importance à se rendre compte du mécanisme de la filature et du tissage, de la forme des métiers, des procédés relatifs à la nuance des couleurs, à la symétrie du dessin, etc. Un fait positif, c'est que les plus grands et les plus beaux châles, surtout les longs, sont faits par deux ouvriers, et que ces deux morceaux sont joints par une reprise fort adroite; on y adapte même ces larges et superbes bordures ([ue nos dames admu-ent. Il n'y a d'une seule pièce que les châles carrés, plus petits ot à bordure étroite; du reste, plusieurs sont, à la lettre, faits de pièces et de morceaux; les tissus sont mal assortis, disparates, et les sutures desagi-éablement visibles à l'œil le moins exercé. Un fait non moins incontestable, c'est qu'il n'arrive pas en Europe un seul châle de cachemire neuf; tous ont été long-temps portés et ont ceint la tète de quelque olhcier mogol ou mahratte , ou en\('-

(.IIA — S 07 — CIU

loppt'' lo corps (le (|iiol(|iio bas iiilcrc; ihs lidiis mal laccommodé!?, (les lâches de inalproprelé très-visibles , ne permettent pas à cet égard le moindre doute, bien que les marchands afiirment le contraire. Mais il n'y a point d'efl'ets sans causes; et l'on sait d'ailleurs que neufs ils sont couverts d'un duvet (]ui les rend semblables à la pluche, et (pie leur tissu ne paraît beau ([u'après la chute de ce duvet. — Aujourd'hui nos châles éi;alent presque en finesse ceux de l'Inde, les surpassent pour l'iMégance et la variété des dessins, coûtent 10 ou 12 fois moins cher et sont neufs quand on nous les vend.

Chalet , espèce de cabane en usage dans les montagnes de la Suisse, faite de branches d'arbres, au toit plat et bas, couverte de chaume, asile de nond)reuses familles patriarcales dont toute l'oc- (îupation consiste à garder et à traire des vaches. Il y a des chalels après de 1,100 toises au-dessus du lac de Genève.

Chaleur, sensation produite sur nos organes par un agent que les physiciens appellent calorique (v.). — La chaleur animale est la quantité de calorique constamment dégagée par le corps des animaux vivants. Ses divers degrés établissent la distinction qui existe entre les animaux à sang froid, dont la température est à peu près la même que celle du milieu dans lequel ils se trouvent placés, et varie avec elle; et les animaux: à sang chaud, dont la température est différente de celle de ce milieu et se conserve à peu près la même malgré les variations atmosphériques. A la '2" classe appartiennent les oiseaux et les mannniféres; à la 1"^ tous les autres animaux. On attribue à l'acte respiratoire la cause productive de cette chaleur. — On appelle chaleur centrale ou terrestre celle qu'on trouve à diverses profondeurs du globe terrestre. L'hypothèse de Fourrier qui su|ipose au centre du globe un foyer puissant de chaleur est aujourd'hui universellement adoptée. En effet, la chaleur constante de la surface de la terre, qui est de 10 degrés, augmente, en plongeant vers le centre, d'un degré environ par 2o mètres. A une demi-lieue c'est la température de l'eau bouillante; à 2;j lieues, elle suffit pourfendre toutes les laves et la plupart des roches connues; d'où l'on conclut que le noyau du globe doit être en fusion perpétuelle. — On a attribué la chaleur des eaux thermales à des décompositions et réactions chimiques.

Chftlons. deux villes de France poilent ce nom. — Châlons-sur- ^farne, chef-lieu du département de la Marne, sur la rive gauche de celte rivière, à 1 48 kilomètres de Paris, peuplée de I 2,i i)^ habitants, possédant un évèché suffragant do Reims, des tribunaux de !''• instance et de commerce , une bibliothèque de 20,000 volumes.

un cubinet d'iiistoire naUirelle, un jardin des plantes, une écolo royale des arts et métiers; célèbre par la bataille livire en 451 dans ses environs, où les 500,000 Huns d'Attila furent vaincus par les Franks de Mérovée , les Romains d'Aétius et les Visi^oths de Théodoric. — Châîom-sur-Saône , sur la rive droite de la Saône, cheflieu de sous-préfecture de Saône-et-Loire , à 60 kilomètres de Màcon; plusieurs fois détruite et rebâtie; long-temps capitale de la Bourgogne, puis d'un comté; peuplée aujourd'hui de 12,220 habitants , ayant des tribunaux de l'""' instance et de commerce, un collège, un comice agricole, une bibliothèque de 10,000 volumes. Là commence le canal du Centre qui unit la Saône à la Loire.

ChalotaU (Louis-René de Caradeuc de La), né en 1701, mort en 1785, procureur-général au parlement de Rennes, un des magistrats qui, des premiers, travaillèrent à l'expulsion des jésuites, contre lesquels il publia un Cumpte-rendu de leurs institutions , qui obtint un grand succès, et des Mémoires qu'on lit encore. Quand le duc d'Aiguillon , gouverneur de Bretagne , voulut faire enregistrer des édits attentatoires aux privilèges de cette province, La Chalotais s'y opposa avec son énergie habituelle, et fut arrêté, jugé, condamné et exilé; mais il revint bientôt en France et servit encore honorablement sa patrie.

Chaloupe , forte embarcation qui ne doit pas être confondue avec les simples canots. C'est Yemburcation de somme du navire; elle sert à transporter à bord d'un bâtiment en rade les approvisionnements et les munitions journalières, à faire de l'eau, des vivres; on l'arme, au besoin, de pierriers et d'une caronnade ; elle devient , dans les grandes s circonstances, la planche de salut des Chaloupe. naufragés. On la manœuvre au moyen

d'avirons et quelquefois de voiles. Durant la traversée elle reste fixée sur le pont. — La chaloupe-canonnière est un bâtiment à fond plat, armé de canons et qui sert pour la navigation des côtes et les expéditions de débarquement. La flottille de Boulogne , destinée sous Napoléon à une descente en Angleterre qui ne s'effectua jamais, était compdsée, en grande piUtie, de chaloupes-canonnières.

Chalumeau, tuyau (le paille, (le roseau , de métal, etc. Les enfants font des bulles de savon a\ec un chalumeau de paille ou de pipe. Le i)ape, quand il communie, hume, avec un chalumeau d"or. le vin consacré. — Chalumeau se dit particulièrement dans les aris d'un Invau lecduihè. fait de cuivre, d'ari'pnt ou de vçi re. i!onl on se

CIIA — 3()'.l — CHA

>ert pour diriger la tlammo ï^iir ks nialiôro!! fiu'on vout échaunor nu fondri'. 11 a été iiiventi' en 1738 par Antoine S\\ aal el perleelionné par (>nin>te(lt,Her|:niannet traiiheschiniisles. — C'est le nom encore dini iiislriiment de iniisi(|iie fort ancien, eoniimsé, dans l'orii^ine, d'un roseau pereé de plusieurs trous. On l'attiiljuait aux Phryijiens, aux Kgypliens, aux Libyens. Il est sou\ eut question , dans les églogues, de cet instrument favori des berg(M's. Le chalumeau moderne est une csi>èce de hautbois en usage dans queiiiues cani;>agnes du midi de la France.

Cham, rUs de Noé et frère de Scni et de Japhet. Ayant ajierçu im jour son père endormi tout nu el ivre, il lalla dire à ses frères (pii, plus respectueux, couvrirent sa nudité. Noé, en se réveillant, le maudit. 11 eut l'Afrique en partage. Chain, en hébreu, signilie (haiul.

Chamade , ancien signal de guerre cpie des assiégés donnaient avec le tambour ou la trompette, et quelquefois en arborant lut draiieau blanc, pour avertir qu'ils voulaient parlementer.

Chamanisrae, un des plus anciens cultes idolâtres, professé encore aujoiud'hui par des peuplades sauvages (jui dépendent de la Russie, par des Finnois, des Tatars, des Samoïèdes, des Ostiaks, des Tongouses, des Bouriates; dans la Sibérie orientale, dans quel- (|ues îles de l'Océanie et do la mer du Sud. Ils adorent un être suprême créateur, et des dieux innombrables du 2'' ordre, (\c> dieux réels, les uns bons, les autres mauvais. Ils croient à l'immortalité de l'âme, brûlent les cadavres sur le sommet des arbres et regardent la femme comme un être immonde. Leur culte se célèlire de nuit, en rase campagne, autour d'un grand feu. Leurs prêtres se nomment kmuf:, aiouns, ubi/ss, tadibsetchamancs.

Chambellan (dérivé de chambi-e), officier de la cour d'un prince, veillant à tout ce qui regarde le service intérieur. Il y en avait déjà sousClovis et Clotaire. La charge de grand-vhambellan est fort ancienne; mais le l*""" dont il est fait mention dans l'histoire est Gontliier de Villebéon, mort en 1 :ÎOo. Le grand-chambellan avait, dans le principe, la garde du trésor et des sceaux royaux. Les chambellans ont disparu en France depuis la révolution de 1830.

Chambertin, un des meilleurs \ins rouges de Bourgogne, qu'on récolle sur un territoire peu étendu, à Gevray, à 10 kilomètres de Dijon. Le cru n'en produit pas j)lus de loO pièces par au sur une superficie de 25 hectares. Le St-George qu'on récolte sur la côte de Nuitonne ressemble au Chambertin.

Chambéry, ville du royaume de Piémont, capitale de la Savoie, ;• \'\1 kilomètres de Turin etoïS de Paris, ne remonte pas au delà

CIIA — 310 — <;iiA

(lu x*" siècle, l'iil i\c9< soip;neiiis p;irlii;iilicis jusf|iron 1230, où elle fut codée à François V'', comle (le Savoie; possédée par la France depuis 1792, elle formait en 181 i le clief-lieii du déparlement du Mont-Hlanc; réincorporée au l'iémoiit à cette dernière époque, peuplée do 12,273 lialjitants, siège dun archevêché, elle possède un sénat royal ou cour de justice, une société royale, une bibliothèque, des fabri(iu('s de bas de soie, des tanneries, des papeteries, etc.

Chambord, bouri^ du (lépartenieiil de Loir-ct-C.hcr, remarquable par son château situé sur le Cosson, au milieu d'un parc de u, iOO hectares, est à 4 kilomètres de la Loire et 16 de Blois. Ce château , bâti vers le milieu du V siècle par les comtes de Blois, fut réuni au domaine royal par Louis Xll. 11 tombait en ruines quand Franç;ois I''' le lit reconslruiie par Primatice. Pendant lil ans 1,800 ouvriers y furent employés. U fallut i ré;.;ncs pour en achever les travaux. Les sculptures sont de (Cousin, Bontemps, Goujon, Pilon et Serlio. Louis XV en fit don au maréchal de Saxe; et Louis XVI en laissa la jouissance aux Polignac. Rentré dans le domaine de l'état en 1790, devenu dépôt de la remonte, puis chef-lieu de la I"/ cohorte de la Légion-d'llonneur et demeure d'Augereau, érigé en principauté de Wagram pour le maréchal Berthier, il fut vendu par sa veuve, et acquis par des souscrijjteurs royalistes qui en fiient hommage au duc de Bordeaux.

Chambranle, bordure, soit en pierre, soit en bois, adaptée aux 2 montants et a la traverse supérieure d'une cheminée, d'une porte ou d'une fenêtre.

Chambre. L'origine de ce mot, dérivé d'un mot grec qui signifie voûlc, siilhrait pour attester {[ue les chambres des anciens étaient ordinairement voûtées. Il s'applique à la plupart des pièces d'un appartement, mais principalement à celle où l'on couche. On dit ({u'une chambre est lambrissée quand elle est située dans la partie de la maison où l'inclinaison du toit se fait sentir intérieurement ; on nomme aussi ces sortes de chambres , chambres en galetas. — On entend par chambre du conseil , dans les tribunaux, la salle où les juges se retirent pour délibérer. — En terme absolu , la chambre veut dire la chambre du roi; c'est dans ce sens qu'on dit gentilhomme de la chambre, huissier de la chambre. La chambre du roi se prend aussi pour les officiers do la chambre du roi. — On appelle par extension : ]° chambre lie port la partie du bassin dis|)Osée pour recevoir un vaisseau désaimé que l'on veut réparer; 2" chambre d'écluse une espèce de canal compris entre les 2 portes d'une écluse; 3" chambre de la mine l'cndifiit où l'on place la charge (on la nomme aussi fourneau):

i;HA — 311 — ( IIA

i" vliambrc du cerf le loiirré ou le cerf se reiwse peiulant lo jour. — Kn opli(iue, on nomme chambre obscure ou chambre noire un cluUsis portatif couvert d'une toile, dont l'extrémité su|>érieure soutient un Lrrand objectif surmonté d "un miroir qu'on incline a volonté, et par le moyen duquel les objets du dehors se peiiznent sur un carton placé dans lintérieur du châssis. — 11 y a un autre instrument d'optique. i\'i[ chambre claire, cpii dérive du même jirincipe que la chambre obscure, mais dont l'effet n'exi;:e point l'obscurité. C'est un prisme ayant une de ses faces léi^érement concave, et par la réfraction duquel un site quelconque se reproduit sur un pallier blanc a\cc une minutieuse exactitude.

Chambres de juridiction. Le mot chambre est un nom commun a diverses juridictions spécifiées par un 2'" titre propre à chacune d'elles, et dont voici quelques-unes. — Chambre «pos^oZ/çuc, tribunal établi à Rome pour connaitre des revenus de l'état ecclésiastique et les administrer. — Chambre ecclésiastique ou des décimes, tribunal où étaient portées les alTaires relatives aux décimes. — Chambres de ledit, tribunaux dont les membres étaient moitié catholiques et moitié protestants, et qui avaient été instituées par ledit de Nantes pour juLier les causes dans lesquelles les Huguenots se trouvaient parties principales ou irarants. — Chambre ardente s'est dit d'abord de 2 tribunaux chargés de poursuivre, l'un des crimes d'hérésie, l'autre les crimes d'empoisonnement, et pronontjant contre les coupables la peine du feu ; puis ensuite d'un tribunal particulièrement commis pour réprimer les n>alversationsdans le maniement du fisc. — La cliambre aux deniers était un bureau où se réglait tout ce qui concernait la dépense de bouche de la maison du roi, etc., etc., etc. — Lessectionsde certainstribunaux prennent le litre de chambre : on dit la prem iere, la seconde chambre de tel tribunal. — On nomme : I ° chambre des mises en accusation un tribunal dont les attributions consistent à e.xaminer les accusations criminelles, et à saisir les assises des [wocés auxquels doivent donner lieu celles de ces accusations (ju'il admet ; 2** chambre des vacations une réimion de juges tirés des différentes chambres pour administi-er la justice pendant les \acances. — Sont encore intitulées chambres quelques assemblées qui s'occupent d'intérêts spéciaux ou veillent au maintien de la discipline d'un corps, telles que les chambres de commerce, les chambres d'assurance, les chambres d'auriculture, les chambres des nuhu'n-s. di's avoués, les chambres sj/ndicales, eU', etc., etc.

Chambres législatives, assemblées concourant à la confection des lois. Ces sortes d'assemblées, en France, n'ont pas toujours porté ce litre. Celle (]ui se forma en 178?», nommée d'abord assem-

<;ilA — 312 — CIIA

liii-c HUlluiHilc. lui ;iii|)(.'li''i' plus lai'd asscinhlée roiisliluimlc. La seconde, instituée par la constitution de 4791 sous la dénomination d'asst'inbU'c li'jjisialive, fut remplacée au bout de quelques mois, après le renversement de cette constitution, par la conveniUm nationale. En Fan m une nouvelle constitution investit du pouvoir léL^islatif deux assemblées (|u'on nomma , Tune le conseil des anciens cl l'aulre le cimseil des cinq-cents, auxquels succédèrent , lors de l'abolition de la constitution de l'an m, le sénat conservateur cl le fo)7).s législatif, qui enfin, en vertu de la charte donnée par Louis XVIH à son avènement au trône, en '181 i , lirent place à la chambre des pairs et à la chambre des députés , lesquelles subsistent encore aujourd'hui. — Nous allons expliquer sommairement en quoi ces deux chambres dillercnt l'une de l'autre. — Chambre des députés. Formée par voie d'élection, elle a principalement pour objet la conservation ou la i^arantie des inlèréts de la masse de la population; elle détermine l'assiette et la quotité des impôts, et, sur ce point, elle a l'initiative sur la chambre des pairs; elle règle les dépenses de l'état; elle demande compte aux ministres de l'usage (lu'ils ont l'ait de leur autorité et de l'emploi des contributions publiques; elle seule a le droit de les accuser. Sa mission , du reste , est de surveiller tous les hommes auxquels est confiée l'exécution des lois. En un mot , il y a entre les membres du gouvernement et les députés des rapports analogues à ceux cjui existent entre un agent comptable et l'homme chargé de la vérification de sa comptabilité. — Chambre des pairs. Les fonctions de pair, qui autrefois iiéréditaires ont cessé de l'être depuis la révolution de 1830, sont conférées par le roi. «Cette chambre jouit de la plupart des préro- ;j;atives qui appartiennent à la chambre des députés ; mais elle en possède quelques-unes qui lui sont particulières : par exemple, elle juge les ministres accusés par l'autre chambre et ses propres membres en matière criminelle; elle juge aussi les crimes contre la sûreté de l'état quand ils lui sont déférés par les ministres. Elle se constitue alors en tnbunal et devient cour des pairs.

Chambrier. Ce mot , tiré d'un mot latin qui signifie homme de chambre, s'appliquait, avant François I'"'', à l'officier qui avait soin de la chambre du roi, avec autorité sur les valets de chambre. La charge de grand-chambrier était devenue fort importante : celui (|ui s'en trouvait revêtu signait les lettres-patentes, et sa juridiction s'étendait sur tous les marchands et artisans du royaume. Il semble (jue le chambrier devait être à peu près, dans l'origine, ce que nous aj)pelons aujourd'hui chambellan: et même, en vieux français, on disait indilléremment chambrier ou chambellan : quoi qu'il en soit,

CIIA — j1;> — (HA

>uiis (lliurlos V le» lunclions du iluiinljfllitn olaieiil atilivstiiio (•olle> (lu chanibrier, puisque ce roi, en l.']68, fixa, sur chaque maîtrise, le droit du premier à 10 sous et celui du second à G. François I'' rempla(;a le chuinbrier par le I"'' (jentilhomme de la chambre. — Dans quelques monast(;'res et dans quelques chapitres IWonome s'ap[)elait chambrior. — Du temps du parlement, on disait familièrement un (jrand-chumbrier pour dire un conseiller de (jrandchainbre.

Chambrière, servante. Ce mot, dont la \i'ritablc acception, à IVtii^int.', l'Iait exactement femme de chambre, fut employé ensuite pourd(!'sii^ner, soit, dans une maison riche, une domestique 0(Tupi>e, au contraire, hors de la chambre proprement dite, et faisant ou la cuisine ou ce qu'on appelle les gros ouvrages; soit, dans une maison modeste, une domestique chargée de tous les soins que le ménage réclame. Du reste, on ne se sert plus du mot chambrière dans aucun de ces deux sens, si ce n'est en plaisantant; mais il a en technologie une foule d'acceptions dans le détail desquelles il serait trop long d'entrer.

Chameau, mammifère de la famille des caméliens, originaire de l'Asie et de l'Afrique. On en distingue 2 espèces, le chameau à 2 6(*sN('.<;,qui est le chameau proprement dit, et le chameau a une seule bosse ou dromadaire. La conformation de ses pieds, qui rend sa marche difficile sur les terrains humides et glissants, lui permet de cheminer très-rapidement dans les sables. Aussi en Turquie, en Arabie , en Perse .

en Egypte, en Barbarie , etc. , le transport des marchandises ne s'effectue qu'au mo\ en du ciiameau. D'ailleurs sa force et sa

docilité en font une bète de somme des plus commodes; c'est en outre le plus sobre des animaux, et il peut passer plusieurs jour^ II. 27

Chnincini.

CllA — 31/i — CIIA

Minsl)uiru. Sa chair ollrc un aliinciU savoureux el sain; son lait est excellent, on en fait du beun-e et des fromai^es délicieux ; avec son poil lin et moelleux , qu'une mue complète renouvelle tous les ans, on t'ahriciue des étoiles d'un usage trés-répandu. — On appelle cha- ■melier le conducleui- du cliameau. — On a donné le nom de chameau : 'I" à une coquille du genre strambe; 2" à une espèce de gros et grand ponlon inventé à Amsterdam en 1688 , et qui sert à enlever un vaisseau just|u'à la hauleur de '2 mètres enviion quand on veut le l'aire passer sur des endroits où le défaut d'eau l'empêcherait de naviguer.

Obamfort (Sébastien-Roch-Nicolas) naquit, en '1741 , dans un \illage d'Auvergne voisin de Clerniont. Il fut placé fort jeune, à l'aris , au collège des Grassins , où l'on avait obtenu i)our lui une demi-bourse, et y lit de brillantes études. Quelcjuc temps précepteur dans une famille, il ne tarda pas à se jeter dans la carrière des lettres et se mit aux gages des libraires. 11 travailla au Journal enfijelupédique^ et rédigea plusieurs volumes du Vocabulaire français ; enfin il révéla son existence au public par son Epitre, d'un père à .son /ils sur la naissance d'un petit-fils^ pièce qui remporta, en 4764 , le prix de poésie à l'Académie française. Il donna, la même année, au Théâtre-Français , une comédie en 3 actes intitulée : La jeune Indienne) dont le succès \alut à Tauteur un accueil empressé dans la meilleure société d'alors. Les palmes académiques lui furent encore décernées, en '1769, pour V Eloge de Molière, et, en '177'i, pour y Éloge de La Eontaine. Entre ces deux triomphes, il avait fait représenter une pctilc comédie, Le marchand de Smyrne, qui n'avait pas moins réussi (pie la première. Mustapha et Zéangir, tragédie qu'il donna quelques années plus tard, et dans laquelle la reine crut voir des allusions flatteuses, lui mérita l'attention de la cour et diverses fa\ eurs, entre autres la place de secrétaire des commandements du prince de Condé. Quatre ans après, l'Académie lui ou- \rit ses portes. En '1789 il embrassa chaudement la cause de la révolution , et il prêta souvent à Mirabeau le secours de sa plume. Toutefois, comme il s'était rendu redoutable aux anarchistes par une fiiule de bons mots qui volaient de bouche en bouche, il fut incarcéré. Élargi bientôt , il jura de ne jamais retourner en prison; et en effet, au moment où l'on venait pour l'arrêter de nouveau, il se fracassa la lèl(> d'un coup de pistolet et se porta plusieurs coups de rasoir à la gorge, aux jarrets et au cœur. On par\int toutefois à le contenir : mais, après avoir souffert long-temps les douleurs les plus atroces, ilexpiia le l. S avril I79i.

Chamois, mammifère luminant, le seul du genre des antilopes

que posst'do llùnopo occidonlalc Ctsl, iino ospccc {\o clicvro sniivago dont les cornes noires, coiiiles, lisses et arrondies, s'éle\eiit vertiealenient du IronI, et se courlient l)niS(|uenieMt, eu arrière à •leur exlrénulé. Sa UMe est d'un jaune pâle, avec \uw bande brune descendant de l'œil vers le nuiseau. Sa fourrure se compose de deux sortes de poil : l'ini soyeux, sec et cassant ; l'autre laineux, de couleur bruiultre et très-abondant, surtout en hiver. 11 n'y a que 1(^ nu'ile cjui ait une barbe. Cet animal habite, par troupes peu nombreuses, la région moyenne des Alpes et des Pyrénées. Il franchit avec une agilité qui tient du prodige les rochers les plus escarpés : aussi la chasse du chamois est-elle dangereuse et d'autant plus dif!icile qu'il a la vue trés-perçante , l'ouie et surtout l'odorat trèsdélicats. Le commerce tire un grand parti de sa fourrure, de ses cornes et particulièrement de sa peau, qui est forte et moelleuse.

Chamoiseur, celui dont la profession est de préparer la peau de chamois, ou de travailler à l'imiter avec des peaux de bouc, de chèvre, de chevreau , de mouton, etc.

Chamouny. La vallée (le Chamouny, au centre de laquelle s'élève le l)oiug de Chamouny, est située dans la [)artie de la Savoie qui forme aujourd'hui la province de Faucigny, à 7 kilomètres E.-N,-E. de Saint-Gervais. 18 kilomètres est de Sallauchès, .36 kilomètres E.-S.-E. de Bonneville, et 72 de Genève. Séparée, pour ainsi dire, du reste du monde, elle offre un bassin longitudinal, du N.-E. au S.-()., de 16 à 20 kilomètres de longueur sur une largeur de 2 kilomètres au plus; r.4/T(^ la parcourt d'un bout à l'autre. Elle est barrée au N.-E. par le Col de Balme, et au S.-O. par les monts de Ijtchit et de Vanchipne; au nord régnent le mont Birron et la chaîne des Aiguilles rouges; au sud s'élance le Mont-Bhtnc , de la base duquel descendent jusque dans la vallée les 6 glaciers dits des Bossons, des Bois, d'Argentières, du Tour, du Grin et de Toronnay, merveilles de la nature qui font de la vallée de Chamouny l'im des plus imposants spectacles du globe. Là les climats paraissent confondus : les fruits de l'automne mûrissent à côté des Heurs du printemps, et l'orge et le blé croissent près d'énormes amas de glace. La culture y est soignée, et l'on y trouve de vastes prairies où s'engraisse un bétail nombreux. Les abeilles y fournissent un miel dont la blancheur et le parfimi sont renommés. La pierre calcaire forme en grande partie la constitution géologique de cette vallée, où l'on rencontre de fort beaux cristaux, et où l'on a décou- \ert récemment, près de la rive gauche de l'Arve, une source minérale froide. L'origine du bourg de Chamouny remonte à un couvent de bénédictins fondé en 1099 par un comte de Genève.

Vuih'i puiiiqiHii on nomme ans?;! ce bourg /c Pn'eurr. Il renfemif 1.700 halnliinls, u;('nc'ialom(>nl iiidiisli'ieux et hospilaliers.

Champ , espace de terre cultivée ou susceptible de l'être. — Au pluriel, ce mot siguilie, (\i\i-\<' le sens le plus étendu, li ■ (■(iiiiji(ni)tr. Par exemple, ou dil . nui /son dea clKiiiips^ llrur des champs, 1(1 rie di's champs. — On ai)pellc quelquefois un cimetière le champ du repos, et souvent un lieu consacré à des exercices militaires reçoit le nom d(î Champ-dc-Mars. — Battre aux champs , c'est battre le tambour ou pour se mettre en marche ou pour rendre les honneurs à qui de droit. — Par extension , champ se prend pour le fond sur lequel on peint , on grave ou repré>ente quelque chose, comme le champ d'un tableau , d'une médaille, etc. — On entend en outre par champ l'étendue qu'eml)rasse une lunetle d'approche; on dit qu'une lunette a plus ou moins de champ. — On pose de chamji des briques, des pierres, des solives, etc., quand on les pose sur la face la moins large. — l'n champ-clos était, au moyen âge, un lieu fermé de barrières, dans lecpiel se faisaient les joutes et les tournois , ou bien se vidaient jiar les armes certaines querelles particulières , avec l'autorisation et quelquefois en vertu des ordres du prince ou du magistrat. — Champ-ck-Marsel Champ-de-Mai se disaient anciennement, en France, d'assemblées où l'on réglait, au mois de mars ou de mai, les principales affaires de l'état. — Champs-Elysées . Ely.'^iens ou Ehjsèens. Le mot Elysées vient d'un mot grec (pii signifie délivrer. Les Champs-Elysées , dont les Grecs faisaient la (|uatrième division des enfers et les llomains la septième, étaieni des lieux de délices où les àhies des hommes justes jouissaient d'im bonheur éternel. — Par allusion aux beautés champêtres de ce paradis de la Fable, on a nommé Champs-Ehjsées la vaste promenade (pii forme, à l'ouest de Paris, une sorte de prolongation du jardin des Tuileries, dont elle n'est séparée que par la place de la Concorde. Elle est parsemée de cafés, de restaurants, de salles de danse, de balançoires, de jeux de bagues, etc. ; on y rencontre des escamoteurs, des baladins de toute espèce. Elle est depuis longtcuips le théâtre des réjouissances publiques, et c'est là qu'a ilieu tous les ans, pendant trois jours, au commencement du printem|)s, celte procession de chevaux et de voitures qu'on appelle iMnrjchamp (v. ce mot). — Champ d'asih' , nom que les Français proscrits en 1815 imposèrent à l'établissement qu'ils tentèrent dans la province du Texas, sur le golfe du Mexique, entre les rivières del Norta et de la Trinité.

Champagne, l'une des plu-; anciennes et des plus importantes

CIIA — 317 - CHA

provinces de Krancv. Ello l'-lail Ituiin'f, nii nord, pai' lo H.iin.'uil «t le conité do Nainiir: à Tcsl, juir la Lorraine; an sud, par la Bimigogne, et à l'onesl, par rile-f!o-France ; son éleiidue était de plu^ de I8i kilomètres de l'ouest au S.-()., de La^ny à Dourbonne, et d environ '216 kilonièlres du midi au nord, de Uosières a Kocroy. On appelait Chimpaifiu' pouiUcasc la i)artie située à l'ouest de Vitry, dont le sol est moins fertile que dans les autres parties de la pro\ince. Au Mii*^ siècle, Thibaut, comte de (lliainpagne, dit le ('lidiisuniuer, lun des plus célèbres i)()étes de l'époque, joua un L^rand nMe dans la collision de Hlanche de ("astille, régente en l'absence de son fils Louis IX, avec les ducs de Bretagne et de Bourgogne. On comptait en Champagne plus de 90 abbayes, au nombre desquelles on remarque I" le Parach't, immortalisé par le séjour d'Abélard ; 2" le Ponl-aux- Dames, où fut exilée madame Dubarry après la mort de Louis XV. La Champagne fut le berceau du protestantisme en France ; 2 de ses évoques se iirononcérent les premiers en faveur de la réformation : aussi cette contrée soutfrit-elle beaucoup pendant les gueires de religion, et la St-Barthélemy s'y montra terril)le. Lors de la division de la France en départements, la Champagne servit à formel' ceux des Ardennes, de la Marne, de la Haute-Marne , de VAabe. et ime partie de celui de ri'o««('. En 1793, elle fut un moment envahie par les Prussiens, et, en 18 14, c'est sur son territoire que se livrèrent les derniers combats entre les débris des héroïques phalanges impériales et l'armée des puissances étrangères coalisées contre Napoléon. Les qualités très-variées du sol de la Champagne y permettent tous les genres de culture ; mais ses vignobles, en particulier, jouissent d'une réputation qui a fait le tour du monde. Les carrières de (Château-Thierry, de St-Dizier, de St-Leu, de Charleville, de La Ferte-sous-Jouarre et de Montmirail offrent, les unes des pierres propres au pavage ou à la construction, les autres des pierres meulières , des pierres de Tonnerre, des marbres, des ardoises, des spaths, etc. On trouve de plus dans ce pays des terres à brique, à poterie et à faïence, des mines de fer et de sanguine, et la craie y abonde. Déjà riche avant 1789 en fabriques de tissus, de draperies et en filatures, il en possède bien davantage encore depuis la révolution, époque où la plupart de ses nombreux couvents ont été convertis en usines. Il y a des,eaux minérales à Attancourt, à Vitry et à Bourbonne. On cite, entre autres hommes célèbres nés en Champagne, Jurénal des Ursiiïs. Matthieu Mole, le peintre Miijnard, le sculpteur Girardon, CoWert , La Fontaine, Diderot, etc.

Champcenetz (le ch(nalier de) naquit ;'i T'aris en HoO: son père

t'iiiil j^oiiverncur du Lou\iv. ,KiS(iii';i la ivvolulion, ha vie de Champcenctz fut U)ule l'rivolo et quelque peu libertine. Il se fit, avec des chansons et des opuscules plus méchants que spirituels, une de ces ré|)utations de bel esprit, dont le scandale est le principal aliment. Dans son Petit Dictionnaire des rjrands hommes, tout ce qu'il y avait alors d'intelligences distinguées était outrageusement attaqué; et il dirigea contre Bullon et madame de Genlis (à cette époque madame de Sillery) un ])amphlet composé d'une insipide et grossière parodie du Sonne d'Athalie. Officier aux gardes iVançaises quand éclata la révolution , ce corps ayant pris parti pour le peuple, Champcenetz quitta le service, et ne songea plus qu'à combattre l'ordre de choses nouveau , qui contrariait toutes ses idées sur la société et dérangeait ses habitudes d'homme de plaisir. 11 écrivit dans ce sens , et fut l'un des plus assidus rédacteurs d'un journal moitié prose, moitié vers, intitulé : Les Actes des apôtres. Mais bientôt il sentit qu'on ne tue pas un géant à coups d'épingles, et qu'il jouait sa tète. Abandonnant donc la partie, il vécut obscur pendant les années 1792 et '1793. Mais ayant eu la légèreté de se mettre trop en évidence dans la commune de Joigny, où il s'était retiré, on l'arrêta, et il fut exécuté le 23 juillet 1794.

Champignon. La famille intéressante et nombreuse des champignons a été calomniée parce que quelques-uns ont produit des accidents; mais la vérité est que la plupart des champignons sont innocents quand ils sont encore jeunes, et que dans le Nord tous se mangent indistinctement, sans danger, au moyen de certaines préparations. Du reste, on a imaginé de cultiver le champignon comestible isolément, tant pour en obtenir une plus grande quantité que pour éviter toute méprise; et voici comment on procède à cette culture. On mêle ensemble du terreau , du fumier et du crottin de cheval ou de mulet, dont on fait une couche de 50 centimèt. de hauteur et autant de largeur, que l'on couvre ensuite ou du terreau d'une vieille couche à champignons, ou des débris de ceux qu'on a préparés pour la cuisine et de l'eau dans laquelle ils ont été lavés, puis encore d'un fumier court non consumé; on arrose abondamment, et peu de temps après [laraissent les champignons, qui se succèdent sans interruption jusqu'aux froids. A défaut de ces résidus de la plante, on se sert de blanc de champiçjnon , préparation sèche où , sous la foi-me de stries blanches, résident les rudiments de ce cryptogame, et qu'on place, çà et là, par pincées, dans la couche dont il s'agit, à 4 centimètres environ de [)rofondeur. En hiver, on fait cette couche dans une cave, sous un hangar, i)artout enfin où la tempe- ] rature |)eut se soutenir à 8 ou l(» degrés. Aux eii\ irons de Paris,

<^HA — 319 — r.HA

beaucoup de jordiiiior? ^^pétiniix ciilliNiM»! en firniul, dans des galeries soiilerraines, dans (les (Hirricrcs cl même en plein air, ce savoureux végétal, qui est devenu ainsi l'objet d'un commerce considérable. — On appelle encore vhainpignon : V un support de bois destiné à recevoir des chapeaux ou bonnets de fenunc, des perruques, etc. ; 2'' une sorte de bouton qui se forme au lumignon d'une bougie, d'une cliandelle, ou à une mèche qui brûle: .3" une certaine excroissance spongieuse (}ue présentent parfois les plaies et (|uel(pies parties du corps; i" une coupe renversée qui fait bouillonner l'eau du jet d'une fontaine jaillissante; on nomme aussi vhainpiijnon d'eau le bouillon formé par l'eflet de cette coupe.

Champion. On appelait ainsi, au moyen âge, celui qui était admis à remplacer la personne (pie l'ancienne loi des Francs condamnait à prouver son innocence par le duel, ou autorisait à venger de la sorte une injure par procuration, quand la personne offensée était un vieillard, un ecclésiastique, un infirme, un estropié ou une femme. Aussi dérive-t-il d'un mot latin signifiant échange. — Il a été appliqué ensuite à toute espèce de combattant. — Au figuré dans le premier sens, et dans le second, au propre comme au figuré, il ne s'emploie plus guère qu'ironiquement ou par mépris. — On dit pouitant dans le style grave champion de la foi.

Champmeslé (Marie-Desmares) , née à Rouen en 1644, se fil comédienne au théâtre de cette ville dès que Fàge le lui permit , po(u- se tirer de l'indigence oi'i elle se voyait plongée dans la maison paternelle. Elle épousa ensuite Charles Chevillet, sieur de Champmeslé, l'un des meilleurs sujets de la troupe, et au bout de quelque temps, en 1669, ils débutèrent ensemble à Paris. Le mari réussit d'abord mieux que sa femme: mais bientôt celle-ci prit sa revanche : en peu de j^is elle parvint à conquérir la faveur publique dans l(\s premiers rOics de la tragédie, que depuis elle joua toujours avec le plus éclatant succès jusqu'à sa mort, arrivée le 15 mars 1698. — Du reste, quel que fût le talent de Champmeslé, il contribua peutêtre moins à sa célébrité que l'intérêt qu'elle inspira à Racine.

Champollion /ejeifnp (.lean-Fran{;,ois), né à Figeac, le 23 décembre 1790, d'une famille honorable. A l'âge de 9 ans Homère et Virgile lui étaient déjà familiers. — L'étude des langues et des diverses écritures (le l'Orient, à laquelle Champollion se livra fort jeune , quoiqu'avec peu de méthode et sans but bien déterminé , ne tarda pas à lui inspirer un intérêt trés-vif pour les monuments des arts et de la civilisation de l'Egypte. Il commença par essayer l'explication de la fable des géants en se fondant sur des élvmologii^s hébra'i'ques, et rinlerprélatinn d'une inscriplinn hiéro-

CIIA — 320 — CHA

cily|iliiqi.if l'i^yplienne par les caratltMcs rhinùi^. Ces deux mémoires subsistent encore, avec cette annotation de sa propre main : Mes premières bêtises. — Cependant, le liasard lui ayant procuré un ouvrage où il puisa pour la première fois quelques notions sur la langue copte, la comparaison de l'Egypte ancienne avec l'Égypto moderne devint l'objet immédiat de ses investigations; et, s'altachant avec une sorte d'opiniâtreté à l'étude analytique et synthétique de cet idiome comme à l'instrument indispensable de toutes recherches sur rfv;yi)le des Pharaons, il consacra sa vie entière à déchirer le voile éjjais qui recouvrait la géographie, la religion, le langage, les écritures et l'histoire de cette anticpie contrée. — En 1826, l'ordonnance royale qui créa le Musée chjijpiien en confia la conservation à Champollion. — Le 7 mai 1830, l'Académie des inscriptions et l)elles lettres rap|)ela dans son sein, et, le 18 mar» ISS'I, il fut nommé professeur d'archéologie au collège de France; mais sa santé, depuis quelque temps altérée par l'excès du travail t't des fatigues, le força d'interrompre ses leçons. Deux attaques d'apoplexie le frappèrent à un mois de distance. Une troisième atta- (|ue vint l'emporter le 4 mars 1832.

Chanaan, Chananéens (v. Canaan).

Chance. Ce mot a cela de particulier qu'il ne s'emploie plus qu'au figuré. 11 a d'abord signifié une sorte de jeu de dés, puis, par extension, le point plus ou moins heureux que le hasard amenait; puis enfin, au figuré, tout événement, heureux ou malheureux, pouvant résulter d'un ordre de choses donné ; et ce dernier sens lui est resté , tandis que les deux premiers sont tombés en désuétude. — Il est encore à remarquer (jne, dans une acception absolue, ce mot peut se prendre pour bonheur et pour »u<//iewr; car conter sa chance, c'est conter ses malheurs, ou au moins ses déplaisirs ; et dire vous êtes en chance, la chance est pour vous, c'est dire /e hasard vous favorise. — Il en est de même de chanceux, expression familière qui peut s'ajjpliquer et à l'homme que semble protéger le sort et à l'homme (jue le sort semble poursuivre.

Chancelier et chancellerie. L'office de chancelier est aussi ancien que la monarchie. Le chancelier n'était d'abord que le ii" des grands-officiers de la couronne; mais les i premiers furent supprimés, et ses attributions, au contrau'e, prirent plus d'étendue et d'im[)ortance. Elles consistaient principalement à écrire (mi faire éci'ire les chartes, les ordonnances, à leur imprimer un caractère d'authenticité par l'apposition du sceau royal , dont il était dépositaire, et à les contre-signer; ou j)hitùt le chancelier constitua à lui seul tout le ministère jus(|iraM rommeiu-e-

CHA — .VJl — CIIA

nient du wi'" sicclo ; il i>y (.Mil de miiiislic liliihiiiv qu"(Mi lii.'iS. sons Fi'nnrois 1''''. Fnr la suite liM'hancclier no fnt plus que le premier ollicier de la eouionnc, chef de la inai:;istrature, et ordinairement liardicn des sceaux. — Sous l'einpiiv, il y eut en Fiance, non un rluincelicr, mais un arvliichaucelior. Il était, chargé de la promulgation des lois et des sénalus consultes organiques, et partageait avec le grand-juge, ministre de la justice, le travail du rapport annuel adressé à l'empereur sur les abus qui avaient pu s'introduire dans radministration de la justice civile et criminelle, de l'état civil de la famille impériale, signait tous les brevets de nomination de l'ordre judiciaire, etc., etc., etc. — Le titre de r/i«n(r//r;r fnt rétabli, en ISI i, par Louis XVIII, qui y joignit ceux de viinis- //•(' (/(' la justice et ûe jyrésident Jr la chambre des jxiirs: mais à la seconde restauration, en 1815, le chancelier fut dépossédé du ministère de la justice. — Avant la révolution, la reine et les princes du sang avaient, comme le roi, leiu" chancelier. C'était une espèce d'intendant, qui dirigeait en outre le contentieux de leurs domaines. — Le chancelier de l'Académie française gardait autrefois le sceau de l'Académie, et remplit aujourd'hui les fondions de président en l'absence du directeur. — Le grand-chancelier de la Légion d'Honneur est un maréchal de France chargé de tout ce qui concerne l'ordre de la Légion d'Honneur. — Chez les ambassadeurs et les consuls le chancelier est un commis qui s'occupe de la partie administrative et contentieuse, et auquel sont confiés le dépôt et l'exjiédition de tous les actes ministériels , passeports , actes de l'état civil des nationaux, etc., etc., etc. — On appelle chancellerie soit riiabifation, soit les bureaux de tout chancelier.

Chandeleur, fête célébrée tous les ans par les catholiques, le 2 février, en commémoration de la présentation deN.-S. J-C. au Temple et de la purification de la sainte vierge Marie. Cette fête fut ainsi nommée parce que, ce jour-là . il se fait une procession où tous les assistants portent des cierges ou chandelles de cire comme un symbole de la vraie lumière dont le Christ est venu éclairer toutes les nations, ainsi que le dit le cantique de saint Siméon, que l'on chante en cette circonstance. Les uns attribuent cette fête au pa[)e Gélase , (pii tenait le siège épiscopal en i72, et les autres au pape Vigile, qui l'occupait en o.36.

Chandelier, ustensile destiné à supporter une chandelle, une bougie ou un cierge. — En hydraulique , le chandelier est une sorte de bouillon qui ne diffère du champignon (v. ce mot) qu'en ce qu'il ne fait point nappe, et ipit» son eau va former un aiilre chandelier \Aui bas.

(IIA — 322 — (,HA

Chandelle, [u'Iil ryliiiilro (ic suif, travorst' au renirp, flans touto >a lou;j;u(ui', par uno mèche on tissu végétal ([u'oii allume, et([ui, pendant la combustion, aspire, par un etlet de capillarité, et après l'avoir fondu, h^ suif dont elle est entourée, d"où résulte un éclairage non interrompu. Toutes les graisses ne sont pas indifTérenniient propres à la fabrication de la chandelle : celles qu'on y emploie à peu i)i-es exclusivement sont les graisses de mouton et de bœuf mélangées à parties égales. Jusqu'ici on n'a l'ien trouvé, pour faire les mèches, do préférable au coton soigneusemenl carrlé avant le tilage. — En jurisprudence et en administration on appelle adjudication à Vcxiinction de la c/ifl»(/c//e des adjudications pendant lesquelles on tient une chandeUf allumée, et qui durent jusqu'à ce qu'elle soit éteinte. — On nomme chandelle romaine une pièce d'artifice en forme de grosse chandelle , qui lance i)erpendicuiairement des étoiles d'un éclat très-vif. — Les charpentiers applicpient le mot chandelle à un poteau placé debout et à plomb sous une solive ou autre pièce, pour la soutenir dans une situation horizontale,

Chandos (.lean) fut le plus illustre capitaine de l'Angleterre au xiv<' siècle. Lieutenant-général des provinces qu'Edouard III possédait en France, il assista, en I3(i0, aux conférences de Lonjumeau dont les conséquences nous furent si funestes. C'est lui qui reçut , au nom d'Edouard , les hommages des seigneurs français passant sous la domination de ce roi. Il fit deux fois prisonnier le fameux Bertrand Duguesclin ; la première , à la bataille d'Auray, en 1364, et la seconde au bout de deux ans, en Espagne, à la bataille de Navarette. Les barons gascons s'étant révoltés en 1368, Chandos, chargé de les réprimer, fut tué dans un combat qu'il leur livra auprès de Poitiers en 1369. Les Français admiraient autant que leurs ennemis les nobles ([ualités et les grands talents de Chandos.

Chanfrein. C'était jadis une pièce d'armure du cheval de bataille, une sorte de masque en fer, en acier, en cuivre ou en cuir bouilli , régnant depuis ses oreilles jusqu'à ses naseaux. La partie du chanfrein qui ré[)ondaitau milieu du front présentait quelquefois im dard imitant celui des fabuleuses licornes ; quelquefois aussi un panache surmontait le chanfrein. — Par extension, ce nom a été donné à la face antérieure de la tète même du cheval; et, en anatomie, on entend par ce mot, dans les mammifères en général, la partie comprise entre le bas du front et l'extrémité de la face.

Change. Ce mot, c[ui signifie troc d'une chose contre une autre , ne s'emploie guère que dans ces phrases : Gagner au change, per-

CHA — ;;23 — CIIA

lire (lu clianin'; mais, par extension, il est ilcNcnii un terme de vénerie, et l'on dit : la bèh' donne, le duniije, ([uand (>lle fait lever une autre hèle, dont les chiens suivent la voie; les ctiiens prennent le rlumge. (|uan(l ils (luilleiit la bète qui a été lancée pour courir la nouvelle bète, etc., etc., d'où les expressions lii^urées donner le rtian(/e. prendre le change, pour tromper, se laisser Inmiper. — l'ar extension encore, on a donné au mot change une autre acceplion. La com|)ensation des dettes réciproques des nations constitue ce (|u"on appelle le rJiauye. cimsidéré dans ses causes et dans ses etlets. Considéré dans les rapports qu'il établit entre les particuliers, le change n'est autre chose (}ue le commerce de rari;ent, ou des lettres de change qui en sont la représentation. Le change, ou commerce de l'argent, se divise en change menu, qui est sans importance, et en change réel. Le change menu consiste à prendre des monnaies déi'ectueuses , étrangères ou hors de cours , pour des monnaies de cours moyennant un léger bénélice. On ne considère dans ce commerce que la valeur intrinsèque des monnaies que l'on prend ; c'est un achat pur et simjjle de métaux l'ait par des marchands qu'on nomme changeurs. Mais le change réel , ou simplement le change, consiste, pour les négociants et les banquiers, à vendre l'argent qui leur est dû dans dillerentes \illes ; ils en reç^'oivent la \aleur de ceux qui l'achètent, et leur donnent en retour une lettre adressée à leurs débiteurs ou con'esi)ondants, prescriv ant de payer, à l'ordre de ces acquéreurs, les sommes qui leur ont été vendues, ("es lettres, qui servent ainsi à opérer l'échange des fonds à recevoir dans divers lieux contre de l'argent comptant ou toute autre valeur, sont ce qu'on nomme des lettres de change. Les négociants qui ont des dettes à payer dans des lieux éloignés achètent ou prennent des lettres de change aux personnes auxquelles il est dû des i'onds dans ces mêmes lieux, et ils y envoient ces lettres en paiement de ce qu'ils y doivent. Par ce moyen, l'argent que les négociants d'un pays quelconque doivent à l'étranger ne sort pas de ce pays, et sert à payer les dettes qui y ont été contractées par les étrangers sur lesquels ils prennent des lettres de change; et réciproquement ces derniers, en acquittant les lettres tirées sur eux, acquittent, dans leur pays, les dettes que les étrangers y avaient contractées. Ainsi la multiplicité des dettes réciproques est l'origine du change , et ses uiiéi'ations ne peuvent s'etfectuer que |)ar le nioyen des lettres de change. Son objet est d'éviter le transport des monnaies. 11 résulte de ce qui précède, que le change , consirléré dans toutes les opérations auxquelles il donne lieu entre les particuliers, n'est autre rhose ([ue le connnerce des lettres de change, et (|ue, si on le cou-

ciiA — yiti — ciiA

sidère dans ses rôsultats j)oiir les iialiuns, il n'est ijue récliani^e de leurs dettes réciproques. Or, deinème (lue riniporlalionourexpurtation des espèces proviendrait (le rinéi;alilé des deUcSjlesavantages ou désavantaij;es du vhdntjc proviennent de cette inégalité. — Un appelle arbUrarjcs. de banque des calculs fondés sur le cours du clianr/e de diverses places, et qui servent de régulateurs pour les opérations de banque. — Le mot chanfic signifie en outre : '1° le prix que le ban- «plier prend pour l'argent (pi'il fait remettre; 2" l'intérêt de l'argent ipi'on prèle selon le cours de la place ; 3" enfin, le commerce du fhanijcur, connue quand on dit : bureau de dutnije , ou le prix que le changeur prélève sur les valeurs pour lesquelles il donne de l'argent ou des billets de banque : il m'a demandé tant pour le change.

Changement OU mutation, conversion , action de changer. C'est la constatation de l'état de mobilité qu'on remarque dans les personnes et dans les choses hiuTiaines, et qui paraît une loi de la nature à laciuelle les unes et les autres sont soumises. La nouveauté, dit un philosophe, est une espèce de ragoût, un assaisonnement qui rend les ctioses meilleures. Il serait difficile que l'homme seul ne changeât pas quand tout cliange autour de lui. Les changements physiipies et matériels, changements d'âge, d'état, de condition amènent nécessairement des cliangements dans notre manière d'être au moral. Quant aux principes, aux opinions; autant il est honol'able de céder à la conviction et de reconnaître qu'on a pu se tromper, autant il est coupable et honteux de faire i)loyer ses opinions devant des considérations d'intérêt personnel. On a accusé la nation française d'aimer le changement, d'être le peuple le plus changeant de l'univers. Ceci peut être vrai d'une certaine classe , mais non pas de toutes. Les essais de changement que nous avons faits depuis oO ans nous ont si mal réussi qu'ils ont dû nécessairement amortir cette instabilité, du moins dans certains esprits. 11 en est même (jui ont cédé à une humeur toute contraire et que le désir de maintenir et de conserver à tout prix ont rendus routiniers outre mesure.

Changeurs, ceu\ (pii l'ont commerce de chanijer telles pièces de monnaie ])our telles autres, des billets de bancpie pour des espèces, ou des espèces pour des bdlets de banque. — Autrefois, en France, ils avaient titre d'office, et ils étaient attachés aux diverses cours des monnaies, sous l'inspection desquelles ils devaient recevoir, pour les vei'ser au trésor public, et les monnaies étrangères et les monnaies courantes que l'on voulait retirer du commerce, soit comme trop anciennes, soit comme défectueuses; ils étaient même chargés de veiller à ce que ces pièces anciennes ne fussent pas distraites

lies scelles ii[)|>osés après (iécés. De l;i l'uri.^Miie du cabinet des médailles qui se trouve à l'Ilôlel-des-IMuniiaies de Paris. — Des [)laees particulières étaient afVectées aux clHiniieurs; et c'est ainsi qu'à Paris leurs bouliciues occupaient les constructions élevées sur le pont situé entre le Palais-de-Justice et le Cliàtelet, pont le plus ancien de la capitale, et appelé de là Pont au ChtUHje.

Chanoine. On nommait ainsi, loi's de leur institution , au vin" siècle , des prêtres et des clercs attachés spécialement au sei'vice d'une cathédrale , et qui , soumis à une sorte de régime claustral , recevaient chaque semaine, (juels que fussent leur grade et leur emploi, une portion alimentaire appelée canania; ils étaient dans l'entière dépendance de l'éxèque, qui, sur ses revenus, pourvoyait à tous leurs besoins. On considère C.hodegand ou Chodogand , évc- (jue de Metz, comme le fondateur de cette institution; il est certain (lu moins que ce prélat est l'auteur du plus ancien règlement concernant les chanoines. En 816, Charlemagne en lit rédiger un autre; mais les chanoines s'aftranchirent successivement des rigueurs de la clôture, de la table commune, et des dispositions somptuaires relatives à leur vie intérieure et à leur habillement. D'abord commensaux des évèques , ils devinrent leur l'onseil obligé, et plus tard leurs rivaux. L'humble canunia des anciens temps devint souvent un riche bénélice; ils formèrent une classe à part dans le clergé ; il y eut même des chapitres de nobles ; à Lyon, les chanoines avaient le titre de comte. La révolution, qui supj)rimait le culte, ne devait i)as respecter les chapitres de chanoines ; ils disparurent donc à cette époque, en même temps que les autres institutions catholiques. Un nouveau concordat ayant eu lieu entre le saint-siége et Louis XVIII, le gouvernement royal rétablit tous les sièges supprimés en 1791 , et les chapitres de chanoines, qui sont aujourd'hui comme le conseil des évèques, furent réorganisés.

Chanoinesse. L'institution des c/irtno/«esses , antérieure de plus de 2 siècles à celle des chanoines , fut fondée par saint Romaric , prince du sang royal, pour des filles de qualité qui voudraient vivre réguhèrement. Les chanoinesses, Vahbesse et la doyenne exceptées, étaient atYranchies de vœux et de clôture. Hors de leurs couvents, qu'on appelait co//pV/(\s, elles n'avaient point de costume particulier. Rien ne les distinguait des autres femmes, et on les rencontrait dans les salons et dans les promenades ; enlin , elles étaient en jwssession de toutes les franchises religieuses et de toute Inidépeudance des gens du monde. Elles avaient droit à la qualification de Madame, et jouissaient (lu privilège de porter des croix et des décol'ations féodales : seuls insignes auxquels on les reconnaissait. — Il

niA — 326 — CHA

existe eiicoro en AlleiiiiiL^iK' iiii f^raïul iioiiibio de colloïdes do ckanoinrsses, dont phisiciirri appaitiennenl à la religion proteslanie. Dans j)oaii(()up (!(> nobles familles françaises, les ])arents y font aujourdluii alVilier leurs lilles dans le but unique de leur faire obtenir la décoration qui se porte attachée en sautoir à un large rnban de soie, et produit un assez bon elfet sur une brillante toilette de sdiiéc. Le mariage fait p(>rdre le droit de s'en parer.

Chanson. Si l'on réduit \iichanso7i, comme nous croyons qu'il conxientde le faire, à ce genre de j)oésie légère et gracieuse dans huiuelle Anacréon etllora(;e ontété nos premiers guides, nous pourions dire sans trop d'orgueil que nul peuple ne l'a poussée à un plus haut point de perfection ([ue les Français, et que nous devons en être considérés tout à la fois connue les restaurateurs et comme les maîtres. 11 n'y a pas, en elfet, de peuple ([ui ait un aussi grand nombre de jolies chansons. On chantait quand les Anglais démembraient le royaume, on cliantait pendant la guerre civile des Armagnacs, pendant la ligue, pendant la fronde, sous la régence; et c'est au bruit des chansons de Rivarol et de Champcenetz (v.) que la monarchie s'est écroulée à la (in du xviii'^ siècle. A peine reinar- (pie-t-on, à toutes ces époques, ([uelque différence dans la nature de nos chants, si ce n'est peut-être qu'on les vit s'empreindre d'une licence plus grande à l'époque honteuse de la régence, et d'un plus vif enthousiasme, d'un sentinKMit national plus vrai à l'époque de notre première révolution. — Depuis, les luttes et les exigences toujours croissantes de la politi(iae ont rendu nos mœurs sévères et nos chansons bien graves, trop graves peut-être ; mais peut-être aussi aurions-nous mauvaise grâce à nous en plaindre. La |)lui)art des odes de Lamotte ne sont que de plates chansons , un grand nombre des chansons de Déranger sont des odes sublimes.

Chant, élévation et inllexion de voix sur différents tons avec modulation.— Chant , appliqué plus particulièrement à notre musique, en est la partie mélodieuse , celle qui résulte de la durée et de la succession des sons, celle dont dépend en grande partie l'expression^ et à laquelle tout le reste est subordonné. 11 ne faut que du savoir pour enchaîner des accords; il faut de l'imagination pour trouver des chants originaux, gracieux, expressifs, et beaucoup de talent pour les disposer convenablement. Inventer des chants nou- M\Tux appartient à l'homme de génie, trouver de beaux chants apiiartienl à l'homme de goût. — Dans son sens le jjIus restreint, clunif se dit seulement de la nuisique vocale; et, dans celle qui est inèlée de symphonie, on appelle inirlicadcrluiul celles «pii sont destinées pour les \oi\. — L'art du chant a pour objet l'exécution de la

CIIA — 327 — CHA

miisiiiiif vofiilc; Viiivcution dos cluinh ot leur ilisposiliu» ri|)i)artiennonl oxcliisivoineiil i'i la ^;(•i^'n(■o de la ((imposition. — l.c chant (imhroisieu ol le cliaiit utruaririt sont deux (lillV'i'ciits phiins-clianls atlribii(''s, l'un à saint Anihi-oiso vi l'aiitiT à saint (ir('i^oitr. La constiliilion tlos Ions est la ni(}me ilans ces deux chants, mais saint Ambroise avait fonserv(:' au sien un rliylhmc (|ue lui enleva saint Gréi^oire. Dans la plupart des églises le premier de ces plains-cliants a été remplacé par le second. — Par extension, on nomme clutiils certaines pièces de poésie qui se chantent ou peuvent se chanter, comme: vlidut fimrhrccluinl nuplidl, cinint (jnerrier, etc, — Souvent aussi les divisions d'un poème prennent la dénomination de rhani . Tnlin, au plin-iel, cluiiils se i)rend fi;iurément pour toute conii)osilion en vers : itu'schinits rediront tes pxphiils, etc.

Chanterelle, celle (les cordes du violon et (U^s inslruments analoi^iu's (jui rend le son le plus aigu ; ainsi nonunée comme plus particulièrement consacrée au (liant , tandis cpie les autres semblent être réservées plus spt'cialement à raccompagnement. — Un appelle encore chanterelle : ]" l'oiseau ([u'on tient en cage pour servir d'appelant à ceux auxquels on a tendu un piège; 2" un champignon du genre des agarics de Linné; 3" en termes de chapelier, c'est la partie de l'arcon qui sert à faire résonner la corde, afm d'indiquer à l'ouvrier si elle est suflisamment bandée pour battre et voguer; i" en termes de tireur d'or, c'est une petite bobine; 5° c'est enlin une bouteille de verre fort mince , dont on tire des sons très-agréables en souillant d(\-:sus.

Chanteur, Chanteuse. On n applique plus guère ces mots aux individus dont la profession est déchanter, qu'en parlant de ceux ([ui l'exercent dans les rues, dans les carrefours, sur les places pul)liques. A l'égard des autres, on désigne plutôt aujourd'hui les femmes par le titre de cantatrice, et les hommes par le genre de voix qui leur est particulier : on dit une basse-taille, tm lénor, etc.

Chantier, mot qui a plusieurs acceptions dont la plupart se rapportent aux constructions. — On appelle ordinau'ement ainsi un espace réservé auprès d'un bâtiment en construction à l'effet d'y déposer des matériaux nécessaires à l'édification. Les charpentiers, menuisiers, tailleurs de pierres, etc., appellent de même le lieu où sont déposés leurs bois, planches, marbres, etc. Par analogie, les marchands de bois appellent chantier le lieu où est empilé le bois de construction ou de chauffage qu'ils offrent en vente. — C'est aussi le nom des endroits où l'on construit les vaisseaux pour la marine. Les plus beaux chantiers de construction sont dans les ports de Brest et (1(> Toulon.

(,IIA — 328 — CIIA

Chantilly , polilo \illo ct chàtoaii rt'lùbrps, siliiis dans le départomtMit (le roiso, à 2 kilomelros de Sonlis, el qui existaient des l'an 900. La ville alors n'était qu'un villai^e. Le domaine de Chantilly, devenu en I48ila propriété de la famille iMontmorency , fut conlisqué, en I(i32, par suite de la condamnation à mort du maréchal de Montmorency pour cause de rébellion. — En 1661, Louis XIV le céda en toute propriété au 2;rand Condé. Depuis cetle époque, Chantilly appartint à la maison de Condé, et lui dut sa splendeur, ses embellissemonfs et sa célébrité européenne. En 1789, des hri;j;ands le pillèrent. En 181 4, le prince de Condé et le duc de Hombon n'y trouvèrent que des mines, réparèrent tout ce qui était resté debout, et remplacèrent par un jardin anglais les parterres de Lenôtre. On re2:refte le 2;rand escalier de l'ancien château, la statue pédestre du s^rand Condé , qui en ornait le péristyle, la statue équestre en bronze du connétable de Montmorency, placée sur la terrasse qui faisait face à la principale entrée, etc.; mais ce que Chantilly a conservé, ce sont ses nombreuses sources jaillissant du flanc des rochers, ses cascades imposantes, la limpidité de ses canaux, la verdure , la fraîcheur de ses bois, ses sites variés et délicieux. Sur la vaste pelouse qui sépare Chantilly de la foret, on remarque de superbes écuries bâties par ce duc de Bourbon qui e;ouverna la France après le ré2;ent : l'extérieur annonce un palais, l'intérieur étonne, ct l'on ne peut se persuader qu'un si bel édifice ait été élevé pour y lo.2;er des chevaux. — La terre de Chantilly, depuis la mort du dernier des Condé, en 1830, appartient au fluc d'.\nmale. \in de^^ fils du roi Louis-Philippe.

Chantre , celui dont la foncL» n est de chanter dans l'és^lise au service divin. Considérée comme honorable et sainte, cette fonction était confiée jadis aux prêtres et aux diacres. Dans unp;rand nombre d'églises et de cathédrales, le chef des chantres exerçait des pouvoirs fort étendus; à Paris, il avait autorité sur l'évèque luimôme, etc.; et on vit plusieurs chantres parvenir à l'épiscopat. Aujourd'hui, les chantres sont, pour la i)lupart, des gens dont tout le mérite consiste à faire retentir le lieu saint de leur voix forte et bruyante. — Figurément ct poétiquement, chantre se dit : 1° d'un poète, le chantre d'Enée, etc. ; 2" des oiseaux, les chantres des bois, etc.

Chants nationaux. 11 y a cctte différence entre les chants populaires cl les chants nationaux, que ceux-ci ont toujours une tendance polili(pic et parlent aux passions populaires; tandis que le chant poi)ulairc n'est que le dernier et poélicjue retentissement du passé, ûo l'âge héroïque et fabuleux d'une nation. Avant 1789, nous n'ayions pas en France ùo chant national, llougel de l'Isle, qui com-r

po#a lo< paroles pt la niiisiquiMle la Morseilhtiftc. a doté notre pay? d'un oliaiil niajostiieuN, qui. ontonm- sur le champ de bataille par nos phalanges, a plus d'une fois décidé de la victoire, grâce a l'enthousiasme électrique que ses sublimes accents éveillent dans les masses. Les paroles du l'-"'' couplet ont de l'élévation; on croit entendre le début d'ime ode ; les 3 autres couplets, tout empreints d'allusions à des faits contemporains, sont au-dessous de toute critique ; aussi est-il peut-être sans exemple qu'on les ait jamais chantés. La restauration avait essayé de faire de l'air : Vice Henri IV, un chant national ; mais, s'étant aper(^'ue que pour faire un chant il faut de la iiuisitpie, elle inspira le chant français, air qui ne manque pas d'un certain talent de facture, mais qui ne retentit jamais ailleurs que dans les concerts olliciels. — Les Anglais ont leur God save the h'inçj et leur Unie Britannia. Ce derniei' chant a un incontestable caractère de grandiose et d'originalité.

Chants populaires. Le chant populaire est le fils le plus dévoué de la patrie, celui tpii en revêt les mœurs, en garde les coutumes, et se fait l'arche dépositaire de ses plus précieux souvenirs; c'est celui qui n'oubliera jamais ni les conquêtes ni les croyances des plus anciens aïeux ; c'est la ronde de noce , la chanson de berceau , de table ou de métier; c'est la ballade qui sait les plus curieux récits dits sur les notes les plus simi>les; c'est la saga Scandinave et le rune finnois; c'est le chant que les mères de Lithuanie, d'Allemagne et de Norwége apprennent à leurs enfants pour les prémunir contre le danger des ondines ou du très-perfide roi des aunes; c'est la dumka ru.ssienne, le cracowiak polonais, la saltarcUe napolitaine, le yole tyrolien, le kuhreihen des.\lpes: c'est enfin toute mélodie qui porte empreints la nationalité d'un peuple, ses mœurs, sesjeux, ses usages, ses traditions et ses croyances.

Chanvre, genre déplante originaire d'Asie, de la famille des orties. L'écorce est la partie importante du chanvre : c'est la filasse, qui sert à fabriquer du fil. de la toile et des cordes. On emploie, pour séparer la filasse d'avec les tiges, la macération dans l'eau durant un temps plus ou moins long que l'expérience apprend à régler et qui varie suivant la température. Cette opération s'appelle rouissage. Celle de tiller le chanvre quand il est roui, c'est-à-dire d'écraser la partie ligneuse pour la séparer de la partie corticale, cette de peigner et de carder la filasse pourraient, en raison de la poussière qu'elles élèvent, affecter les organes de la respiration si l'on s'y livrait dans un lieu peu aéré ; un courant d'air oppos'^ au travailleur et le lavage de la filasse avant de la carder peuvent obvier on grande partie à cet inron\énienf. — On donne à la graine

(!;■) cluuivrc le iiniii (!i> clievrris , \ .V l-lic ^cVt ;i la noiirrittire de plusieurs oiseaux, et l'on en relire une huile d'un très-2;rand usa^o dans diverses eonirées.

Chaos , confusion de (ouïes choses avant la ciralion. C'était , selon les poètes et les anciens philosoplu^s, une inalière première existant de toute éternité sous une seule forme, dans laquelle les principes de tous les êtres paiticulicrs étaient confondus. — Au figuré, on iioinme chdos tout ce qui est confusion.

Chape , vêlement en forme de manteau , que les ecclésiastiques portent à certains moments de l'otlice, et qui diffère de coupe, de coiileiu' et d'ornements suivant le titre de celui qui en est revêtu. — Cliapc se dit aussi d'une sorte d'habit ])articulier aux cardinaux, et qui a un capiice doublé d'hermine. — Ce mot s'emploie en outre, dans les arts et métiers, pour désigner certaines choses qui s'appliquent sur d'autres, qui servent à les couvrir et à les envelopper. Ainsi l'on appelle cliape : 1° un enduit de mortier ou déciment mis sur l'extrados d'une voûte; 2" un moule composé de terre et de bourre, dont on couvre les cires des moules de modèles de cloches; 3» les barils dans lesquels on place d'autres barils remplis de poudre; i" le couvercle d'un alambic.

Chapeau, coitfure d'homme ou de femme. Ce mot dérive d'un mot latin qui signihe léte. Les chapeaux d'hommes sont ordinairement en feutre ou en paille. Ceux ({u'on appelle chapeaux île soie se composent d'une carcasse mince de feutre gommé sur laquelle on colle une enveloppe de peluche de soie; il y a aussi des chapeaux de basse qualité dont la carcasse est de carton recouvert d'un tissu de coton. (Juant aux chapeaux de femmes, ils varient autant jiour la matière que pour la forme et les ornements. Ce n'est guère que vers le tem])S de Charles Yl (lue les hommes commencèrent à porter des chapeaux de feutre. Ils ne consistèrent d'abord qu'en une simple calotte, fort petite et ornée d'une plume. Sous Henri IV, ils s'étendirent en ailes horizontales; un des côtés, qu'une ganse relevait sur le front, était surmonté d'un panache; puis cette ganse tomba et les ailes restèrent entièrement horizontales ; puis on en releva d'abord deux et ensuite trois côtés, d'où le nom de tricorne, ou chapeau à trois cornes, forme qui s'est maintenue long-temps, en recevant toutefois diverses modilications. Dans les dernières années du wiii'^ siècle, les chapeaux dits chapeaux ronds prirent faveur, et c'est maintenant la coiifure générale; l'usage du c/ia;)pr(u« cornes se restreint aujourd'hui à l'habit de cour et à certains costumes particuliers, tant dans l'ordre civil que dans l'ordre militaire. — Un (chapeau rouge ù forme très-i)late, et à bords très-larges d'où pendent

GHA — 3.rj — ("Il A

(le grands cordoii:^ de soie roujio. t>l un dts in^iinesdii rardinalal : et souvent (//(//«•(/« se prend alisolunienl dans le sens de celle dimii! ' : // a rcru /c vliapi'uu: il raque tant do ilutijcuux. — On appelle chapeau de /leurs, ou siniplenienl c/i </;>('<( h , le bouquet de lleui-s (lu'on met sur la tèle d'une lille le jour de ses noies. — On applique le mot f/ia/jcou à eeitaines choses oiVrant quekpie rap|.orf. de ionne ou de destination avec un vluipeau. Par exemple, un chulii'dii chinoisesl un instrument de musique militaire ; un ihapetiu de luvanw est une pièce de bois qui fait la l'ermeture d'une lucarne, etc. — ( )n nonnnait les chapeaux luie faction politique qui, de 1 7'38 à 1 772, troubla la Suéde par ses collisions avec le parti dit les bonnets.

Chapelain, prêtre appointé pour desservir une chapelle, soit chez le nii, soit chez un particulier. Les rois de France avaient des cha|)elains par cpiartier, c'est-à-dire faisant leur ser\ ice pendant 3 mois de l'année, et charités de leur célébrer la messe dans leur chapelle.

Chapelain (Jean), lils d'un notaire de Paris, naquit dans cette ville en l-'iO.'j. Son père voulait absolument qu'il embrassât le notariat; mais sa mère, toute iilorieuse d'avoir connu llonsanl, ne voyant rien au-dessus île ce qu'on appelait alors, mais en tre.s-bonne part, le M esprit, obtint iiue le jeune homme ne fût pas contrarié dans sa vocation pour les lettres. D'abord attaché au grand l>révùt comme jjrécepteur de ses fils, il dut une réputation aussi prompte que peu contestée à une traduction agréablement écrite de Gusman d'Alfarache, à une critique de VAdone, poème de Marini, enfin à 4 odes, l'inie adres^^ée au cardinal de Richelieu, laipielle a trouvé grâce devant Uespréaux , et les autres au duc d'Enghien, au comte de Danois et au cardinal Mazarin. Mais son poème de la Pucelle , dont il publia les 12 premiers chants en l()oG, fut accueilli par un déluge de pamphlets tant en vers qu'en prose; et en efl'et, on y chercherait vainement une conception raisonnable dans le plan, une pensée remarquable dans l'ensemble, de la poésie dans les détails ; l'iinpuis.sance, la nullité se manifestent à chaque page, et le style est horriblement barbare. Ce malencontreux ouvrage a pour jamais imprimé sur le nom de Chapelain le stigmate du ridicule. Il ne faut i)as oublier toutefois de dire, à la gloire de Chapelain, que les Sentiments de l'Académie sur la traijèdie du Cid, dont la réitaction lui avait été confiée, sont restés un modèle de critique polie, convenable et raisonnée. Il mourut en i67i, et faisait partie de l'Académie franijaise

Chapelet, certain nombre de grams enfilés sur lesquels on dit de.; l'ater et des Are en l'honneur de Dieu et de la Vierge. Il est prob;ible que ce mol vient de l'usage ordinaire auv pèlerins d'attacher

r.iiA — ^yi — cu/i

leur rosairo » Unir fliapoau. — Dopler son ihapelet, c'est, figurt^nieiit et familièrement, réciter on détail et de suite tout ce qu'on sait sur une matière quelconque.

Chapelle, petite église à laquelle n'est concédé aucun des droits de cathédrale ni de paroisse, mais où l'on peut dire la messe avec la permission de l'évèque diocésain. — On nomme aussi f/)ftyjc//es les dilTérenls lieux où se dit la messe dans une église, et le lieu où l'office divin se fait dans une grande maison, un hospice, un collège, etc.

— La chapelle iJu roi, ou simplement la chapelle, signifie : 1" le lieu où le roi entend ordinairement la messe ; '2° lecorps des ecclésiastiquesem[)loyés à la chapelle du prince; 3° les musiciens t|ui chantent à cette chapelle. — On entend par maître de chapelle celui qui dirige le chant dans une église, forme les enfants de chœur, etc.

— Autrefois certaines chapelles où l'on conservait des reliques étaient désignées sous le nom de Sainte -Chapelle. — Chapelle se dit, par extension : l" de la réunion complète des objets d'orfèvrerie qui servent, soit à la décoration d'un autel, soit à la célébration de l'office ; '2'> de la réunion complèi,e des ornements sacerdotaux employés pour la célébration des offices. — Chapelle ardente est l'exjM'ession consacrée à énoncer l'appareil fimèbre et le nombreux luminaire environnant un cercueil soit à l'église, soit dans un appartement. — Faire chapelle , en termes de marine, c'est virer de bord, vent devant, malgré soi.

Chapelle ( Claude-Emmanuel Luillicr, surnommé) du village où il avait été nourri. Né à Pai'is en l()2(j, il était le fils d'un maître des comptes c|ui lui laissa une fortune de 8,000 francs de rente. Élève <le Gassendi comme Molière, il contracta avec celiu-ci une durable amitié; son esprit naturel, ses connaissances acquises, le firent rechercher des hommes les plus considérables de son temps, parmi lesquels on peut citer Racine et Boileau qui appréciaient la sévère franchise de sa critique. Quoiqu'il ne soit i)lus guère connu aujourd'hui que par le Voyage qu'il fit en commun avec Bachaumont (v.) dont le nom est, pour ainsi dire, resté inséparable du sien, il a composé beaucoup d'autres poésies où l'on remarque un esprit fin, original, judicieux, un style facile, pur, élégant. 11 mourut en UiSfi.

Chaperon, sortc de capuchon , ancienne coiffure commune aux deux sexes, dont l'usage a précédé celui des chapeaux. — Chaperon a été aussi la dénomination affectée à une bande de velours, de salin ou de camelot que les femmes attacliaient sur leur tête. — On nomme encore chaperon : \° l'ornement relevé en broderie qui est au dos d'une chape; 2" un ornement particulier au costume des cens de robe, des docteurs, etc. Ces deux ornements sont une

Faiicon chciperonnc.

Page 1