‹ Dictionnaire de conversation à l'usage des dames et des jeunes personnesChapitre 52 sur 59 · C.IIA — 3!iû — CHA · texte numérisé non relu

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Iule quiiiie clianibro do louai^o, pour cliapolle que l'église de leur paroisse, pour cloître que les rues de la ville ou les salles des hôpitaux, pour clôture que l'obéissance, pour grille que la crainte de Dieu, pour voile qu'une sainte et exacte modestie.

Charité (bureau de). Il y avait à Paris, avant la révolution, un grand bureau des pauvres, qui, au moyen de certaines taxes, venait au secours des indigents. En 1790, on le remplaça par 48 comités de bienfaisance qui, en 1814, furent réduits à 12 sous le nom (le bureaux de cJiaritc. Depuis 1830 on les ai»pelle bureaux de bienfaisance (v.).

Charité ( maisons de ). Ce sont celles qu'habitent les s(purs de la charité, et en général tous les lieux où l'on soigne gratuitement les malades, où l'on distribue des secours aux indigents, et où l'on donne une instruction gratuite aux enfants et du travail aux ouvriers.

Charité (dames de). Elles sont attachées à chaque paroisse et à chaque succursale , avec l'autorisation de l'archevêque ou de l'évêque du diocèse, quelquefois aussi aux bureaux de bienfaisance. Leurs fonctions sont de rechercher les pauvres et de soulager leurs besoins. Elles vont dans les maisons particulières recueillir des aumônes, et les versent dans la caisse de l'église dont elles dépendent.

Charité (écoles de), établies autrefois dans les paroisses et aujourd'hui dans les arrondissements municipaux , pour l'instruction élémentaire et gratuite des enfants. Les écoles des hlles sont confiées ou aux sœurs de la Charité ou aux sœurs de la Providence ; celles des garçons sont sous la direction de frères d'un institut spécial.

Charivari, mot d'une étymologie incertaine, et qui n'est probablement qu'une onomatopée. Il désigne un tapage nocturne composé de cris discords, de chants burlesques, d'un bruit d'instruments de cuisine, etc., sorte de parodie de la sérénade. Le charivari s'est donné long-temps et se donne encore quehiuefois aux personnes contractant un mariage disproportionné ou ridicule. Dans notre siècle on gratifie de préférence de cette infernale musique les hommes que l'on accuse d'avoir violé leurs engagements ou leurs devoirs politiques. Par extension, on appelle charivari toute mauvaise musique exécutée même sérieusement. — On a encore donné le nom de charivari à un assemblage de brelocjues dont il a été quelque temps de mode de se charger ; puis à un pantalon de hussard , boutonné de chaque côté de haut en bas, et orné, sur le pont, de tresses ou de bordures en laine.

Charlatan (de l'italien ciarhifano, formé de ciarlare, parler beaur<Hi|) . ('.'(Si un industriel qui vit du ti-iiint levé pai' la finesse, par la

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niso c*l par la t'omixMii' sur ri.mioraiioi^ cl la i ivfliiliu''. I.o Ijioii \o |)liis précieux étanl la conservation de la v ic, elle est surtout devenue l'objet des spéculations des chai'latans. Us distribuent, de temps iuiuiéinorial , des spécifiques, des panacées universelles; ils ;j;uérissent toutes les maladies avec leurs amulettes, leurs charmes , leurs remèdes ou leurs divinations. On en trouve des exemples dans l'histoire métlicale des Égyptiens, {\e> Hébreux, îles Grecs, des ilomains, et plus encore dans les annales des temps modernes. — Aujourd'hui il n'y a pas de profession (pii n'ait ses charlatans; et, on est maliieui'cusement forcé de le reconnaître, il y a bien peu de i^enres do chailatanisme qui ne réussissent pas.

Charleroi, petite ville (Ic Bol.^ique (llainaut), sur la Sambrc, place forte de 'i" classe, etc. Elle possède tles fabriipies d'étoffes de laine, de ({uincaillerie, de canons de fusil, de clous, de savon, de tabac, des radineries de sel et de sucre, des \ erreries, des tuileries et des fonderies. On exploite dans les environs des mines de houille, dont il se fait un i^rand commerce avec la Hollande et la France. Cette ville a i,300 habitants. — Charleroi n'était autrefois qu'un petit village appelé Charnoi. l.c marquis de Castel Rodrigo, gouverneur des Pays-Bas, y bâtit, en 1G6(i, une forteresse à laquelle il donna le nom de Charleroi, en l'honneur du roi d'Espagne Charles II. Les Français s'en emparèrent en IGG7, et Vauban la fortifia de nouveau, les Espagnols l'ayant fait sauter en l'abandonnant. C'est en HlTti que fut bàlie la ville-basse. Les Autrichiens la fortifièrent en 1794 ; mais les Français la démantelèrent à la i'n\ de la même année après s'en être emparés. Les fortifications furent rétablies et augmentées en 1815.

Charles. La véritable orthographe de ce nom , d'après le son de l'ancienne langue tudesque, est Karl. Sa signification est ?'o6i,(.s/('. — Parmi les princes qui ont régné sur les di\ers peuples germaniques depuis le ix" siècle de l'ère chrétienne, il en est une foule qui ont porté le nom de Charles. Nous répartirons les notices que nous devons donner aux principaux d'entre eux entre les divisions suivantes : 1" Princes du nom de Charles de la maison de Charlemagne; 2° rois de France; 3° rois français de Navarre; 4" ducs de Lorraine; 5" rois d'Espagne; 6° souverains des différents états d'Italie; 7" empereurs d'Allemagne; 8" rois de Suède; 9" rois d'Angleterre.

1" Princes du nom de Charles de la maison de Charlemagne.

Charles-Martel, fils de Pépin d'Héristal, duc d'Austrasie et maire du palais des rfus francs, naquit en fiS9. 11 eut pour mère Alpa'i'dc

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(loiit l;i posiliuii pnr rappiiit ;i l'cpiii nest pas bien connue. On ne peut décider non plus pourquoi le vieux duc d'Austrasie déshérita son (ils Charles, et le jeta en prison avant de mourir (714)/ Théodebald enlant fut maire du palais sous la tutelle de sa mère. Un ii;ouverneinent si étrange ne subsista point; les peuples se révoltèieiit ; Théodebald se sauva, et sa charge fut donnée à Rainfroi. Les ennemis voisins des Francs prohtèrent de ces troubles; Charles- Martel, écliai)pé de sa prison, parut en Austrasie et les Austrasiens le reconnurent ])our duc. Il eut bientôt à lutter contre le roi Chilpéricet contre Rainfroi, maire du palais de Neustrie. En 719, Chailes délit Chilpéric dans divers combats, Rainfroi perdit sa place et, chose singulière! Charles substitua à Chilpéric un autre roi fort ignoré que l'on a nommé Clotaire IV. Ce Clotaire étant mort, Chilpéric fut rappelé d'Aquitaine, où il s'était réfugié, par Charles-Martel, qui, réunissant toute l'autorité, voulut bien n'être que son maire du palais , et conserva le pouvoir sous Thierri de Chelles. En 725 , Charles entreprit de faire la guerre aux peuples voisins des Francs. Eudes, duc d'Aquitaine, ayant rompu la paix, fut battu deux fois (731). En 732, Abdérame, chef des Sarrasins, passa la Garonne pour combattre Eudes, qui avait favorisé le soulèvement d'une de ses provinces. Eudes appela Charles-Martel à son secours , et les Sarrasins furent défaits dans une bataille enlro Tours et Poitiers, où l'on a raconté qu'ils perdirent plus de 300,000 hommes. C'est cette victoire qui a valu au duc des Francs le surnom (le Martel ou Marteau. En 733, Charles dompta les Frisons et les convertit à la foi chrétienne. Eudes étant mort l'année suivante, Charles-Martel accorda à son fils liunald la jouissance des possessions de son père, à condition d'en rendie hommage à lui et à ses enfants, sans faire aucune mention du roi Thierri. A la mort de celui-ci (737) , Charles continua de régner sous le titre de duc des Francs, sans nommer un nouveau roi. En 739, il dompta les Saxons et chassa les Sarrasins de la Provence. Au moment où il venait d'établir les relations qui furent si utiles aux Carlovingiens, il mourut, en 711 , laissant le pouvoir à ses fils Carloman et Pepin-le-Rref.

Charlemagne (c'est-à-direCharles-le-Grand), né en 742, succéda en 7()8 à son père Pepin-le-Bref, dont une assemblée des grands de la nation avait i)artagé l'héritage entre ses deux fils. La mort de Carloman, en 771, livra tout l'empire franc à Charles, au préjudice de ses neveux , réfugiés avec leur mère à la cour du roi des Lombards. Plusieurs seigneurs mécontents suivirent la reine Gerberge, et furent accueillis par le roi Didier, dont Charles venait de répudier la fille sans motif légitime. Rientùt le pape Adrien I"" invita Charlemagne

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a venir ilol't'iulre on lUilie leurs inlérèl? munuiins. Les Francs passèrent les Alpes [11 i). Pendant le siège de Pavie, leur roi se rendit à Home , où il fut reçu avec tous les honneurs réservés au\ palrices et aux exarques. De son côté, il coniirina et accrut les donations faites par Pépin au saint-siéu'e. Pavie lit sa soumission ; Didier fut enfermé dans un cloitre et le vainqueurse lit couronner roi des Lombards, mais laissa à son nouveau royaume ses lois et sa constitution. Une insurroi'lion qui éclata dans les duchés de Frioul et de Trévise fut bientôt réprimée. — De l'autre côté du Uhin , lincendie de l'éiilise de Deventer par les Saxons servit de prétexte à une guerre (pii devait durer 3.5 ans. Dans une première expédition (772 . Charles brûla la bourgade dHhresbourg et brisa la statue (rileruiansaiil. monument religieux et national des Saxons. Ceux-ci ayant repris les armes pendant (piil était en Jlalie, il revint, les rejeta au delà du Weser. et une partie do leur nation reçut le baptême v*7 i). Deux ans ai)rès , il obligea leurs principaux chefs, à l'exception de Witlikind , à lui jurer tidélité dans la diète de Paderborn , et à se soumettre à rK\angile. — Charlemague avait promis de rétablir quelques émirs ifue le calife d'Espagne , Abdérame 1*', venait de dépouiller de leurs gouvernements. Après quelques succès et la ruine de Pampelune, les Francs échouèrent devant Saragosse. Au retour, leur arrièregarde fut taillée en pièces par les Basques dans la vallée de Roncevaux. Charles y perdit son neveu, le paladin Roland, dont la mort fut vengée par le supplice du perfide Lope. Il parait que les émirs rétablis restèrent sujets du roi. Pendant ce temps, les Saxons s'étaient souleNés de nouveau à la voix de Wiltikind (778). Vaincu deux fois, ce héros se déroba encore une fois au joug étranger; mais la pacilication de Horhein, en 780, dépouilla les Saxons de leurs franchises et de leurs terres, qui furent distribuées au clergé. Alors furent fondés dans ce pays les premiers sièges épiscopaux. En 782, nouvelle ré- \o\le des Saxons lors de la guerre contre les Slaves-Sorabes. Charles tira une horrible vengeance de cette trahison en faisant massacrer i.oOO prisonniers. Deux victoires achevèrent de nouveau la conquête de la Saxe en deçà de l'Elbe, et Witlikind lui-même apporta ses serments au vainqueur, et reçut le baptême comme le reste de sa nation (7813). Les Saxons-Xordalbingiens devaient se défendre longtemps encore , mais leur résistance, jusqu'à la pacification de Falz, en 80.3, se confond avec les agressions des Sla\ es-A'enèdes et des Normands-Danois. — Dans un voyage que Charleniagne avait fait à Rome, en 780, pour faire sacrer ses fils Pépin et Louis rois d'Italie et d'Aquitaine, il avait encore resserré ses liens avec le saint-siège. Adrien l" lui dénonça bientôt une ligue formidable qui \enait de se

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Ibi'iiici' fOiitr(> lui. L'oinpiiv tk's l'"r;iiusde\ciil être attaqué en inôino Iciiips par le?; Grecs, les Lombards-Bénévenlins , les Bavarois , les A\ ares et peut-tHre les Sarrasins. Le duc de Bénévent fut forcé de se rendre tributaire des Francs (787). Les Grecs firent une descente (Ml C.alahre. mais lurent repoussés ]nir Grimoald, le nouveau duc de Béné\enl, La Bavière fut occupée par 3 armées; Tassillon donna son fils en otajje, lit liommaii;e et obtint la paix. Mais l'année sui- \ante il fut cité à la diète d Iiii^elheim et condanuié à mort. Charles lui fit iii'àce du supplice et l'enferma dans un monastère avec toute sa famille. La Bavière, réunie aux états de Charlemas^'ne, entraîna dans sa destinée les Slaves tributaires de la Marche orientale (.\ulriche et Carinthie). Quant aux Avares, ils avaient fait, dés l'au 787, des incursions dans le Frioul et sur la frontière austrasienne. Charles les attaqua on 791 avec 3 armées et les battit sur la Raab. Une seconde expédition, retardée par les mouvements des Saxons, des Slaves, des Bretons et des Sarrasins, fut conduite par Héric, duc de Frioul, et par le roi Pépin (796). Elle eut pour résultat le pillage du Rin;: ou camp principal des Avares , ainsi que la soumission (le ces barbares aux lois des Francs et au christianisme. — Le pape Léon 111 , exiléde Rome à la suite d'une conspiration et d'une tentative d'assassinat commise sur sa personne , alla implorer à Paderborn la protection de Charlema^îne. Des commissaires royaux ramenèrent le pajie en Italie, le rétablirent sur son sié2;e, et instruisirent un procès contre Campulus etPaschalis, qui avaient attenté aux jours du pontife. Charles s'étant rendu lui-même à Rome, y tint une assemblée de 2;ran(is et de prélats où le pape se justifia par serment des crimes qu'on lui imputait. Ses assassins furent condamnés a mort et durent à l'intercession de Léon III la commutation de cette peine en un exil perpétuel. Le jour de Noél de Tan 800 , pendant la cérémonie de la messe, le pape vint placer la couronne impériale sur la tète de Charlemagne, aux acclamations unanimes du clergé et du peuple. Cette cérémonie décora le roi des Francs d'un titre placé dans l'opinion bien au-dessus de l'autorité royale, et l'investit d'une puissance plus absolue. Elle rompit les derniers et faibles liens (\u\ attachaient encore la ville de Rome aux souverains de ByzaniT . et introduisit de nouveaux rapports entre les deux cours impériales. On a suppo.sé que Léon 111 avait conçu le projet de réunir les deux empires et les deux églises par le mariage de Charles avec l'impi'ratrice Iivne. qui venait de succéder à son fils sur le trône d'Orient. A peine peut-on alTirmer que celte alliance ait été en effet le sujet de ([uelques négociations. Charlemagne eut des rapports fréquents avec tous les iirinces de son siècle. Les rois des Asturies lui faisaient lioui-

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inUiiL' dos tioplu'os cuiuiuissur lis luusiiliiuins: U's dciiiieis lioplar- (|iies d'Aiii^loteiTO sollicitaient sa protection ; les empereurs d'Orient, le l'ondateur de Tenipire a;j;lai)ito de Kaïroan, et les doux califes de r.ordoue et de lia.i^dad rochorchaient l'amitié du granil nionaniue de l'Occident , et lui envoyaient dt^ brillantes ambassades. Oi'eltjnes guerres heureuses contre les Slaves et les Danois, dos expéditions maritimes conlio les nuisulmans, el les premières incursions des Normands rempliront les dernières années de (lliarles. O prince, voyant ap|)rochor sa tin, avait, par le capitulaire do Tiiionville en 80() , partagé son omi)ire entre ses 3 fils légitimes, Cliarles, Popinet Louis; mais les deux premiers ayant prét'édé leur père dans le tombeau, Cluuiemagne donna rilalie el la Bavière à Bernard, Mis do Popin , et lit élire Louis par la dicte d'Aix-la-l Chapelle on 813. Pou de mois après (8 1 i) il mourut dans cotte ville , qu'il avait choisie pour capitale et décorée de plusieurs monuments. Malgré quelques taches qui déparent sa glorieuse vie, le nom de Grand [Mcujims) , inséparablement uni à son nom , reste comme un signe impérissable (le son génie et de ses hauts faits. — L'héritage des Mérovingiens, agrandi par les victoires de Popin et de Charlemagne , formait un état aussi vaste que l'ancien eminre d'Occident. Il avait pour limites : au midi, rAternus ou Poscara, le Livis ou Garigliano, la mer et l'Ebre; et à l'ouest , l'océan Atlantique ; l'Eydor, la mer Baltique, roder, le bornaient au nord ; la Théiss, la Save, la Bosna et le golfe Adriatique, à l'orient. Les grands pays renfermés en ces hmites se divisaient en légations [missatica ) administrées par des commissaires impériaux ou envoyés du souverain , mais dont il serait nnpossible d'assigner le nombre et les circonscriptions. La )nème ditliculto existe pour les comtés, les vigueries ou vicariats civils, et les cantons ou centaines. — Quoique l'autorité royale parût absolue entre les mains de Charlemagne , elle était cependant assujettie à des limites et à des règles. Depuis que Popin-Ie-Bref avait remis eu usage les champs-de-mars ou de mai , le pouvoir de faiio des lois appartenait à ces diètes , qui partageaient l'initiative avec le souverain. Les capitula ires de Charlemagne, acceptés par la nation , ont tout à la fois les caractères de lois, de canons , d'ordonnances, de règlements de police, d'instructions ministérielles, etc. Ils sont l'ouvrage d'un administrateur vigilant et habile plutôt que d'un véritable législateur. Pour assurer à ses peuples les bienfaits d'une administration équitable el d'une justice prompte et légale, Charlemagne donna plus d'extension à la magistrature dos lieutenants impériaux. Ceux-ci , pris dans l'ordre civil et dans le clergé, étaient pailii uliorement chargés do protéger la libelle et les pro- II. " ïo

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priélôs (les citoyens coulre les empiéleiiients des évoques et (le> comtes. Ils parcouraient leurs légations 4 fois par an , recevaient les plaintes des sujets, et tenaient des plaids où la haute-justice était rendue, et les décisions administratives souvent réformées. Les agents de l'autorité soumis à la surveillance des commissaires royaux étaient les comtes ou ara [en, les vicomtes ou viguiers et les centeniers. Les comtes rendaient la justice dans des assises trimestrielles, assistés par un certain nonibie de scabins ou jurés. On ne pouvait appeler de leurs sentences à l'assemblée nationale ou provinciale, (jue jiour déni de justice ou violation manifeste de la loi. Comme sous les premiers rois, chacun était jugé selon la loi de sa famille ou celle de son choix ; Vordeal ou jugement de Dieu était la forme de procédure la plus usitée au civil et au criminel. Un admettait encore les compositions [ireregilt] et l'amende [fredum). (".es amendes judiciaires faisaient partie des revenus publics et étaient perçues par le comte. Les redevances des abbayes et bénéfices ecclésiastiques, celles des colons censitaires, et le produit des villas royales, faisaient la principale richesse du souverain. Le service militaire, d'abord imi)osé à tous les hommes libres, fut restreint aux possesseurs de ;{ vianses et de 12 serfs. Celui qui , ne possédant qu'un inanse, ne pouvait suffire à son équipement et à sa nourriture , contribuait pour un tiers à l'équipement d'un soldat. Une amende de 60 sous d'or (800 fr. d'aujourd'hui) ou un esclavage temporaire était la peine de l'homme libre (jui n'obéissait [las à Vhériban ou convocation de larniée. — Toutes les lois de Charlemagne furent favorables au clergé, alors seul dépositaire et dispensateur des Uimières. Dans un grand nombre de diètes mixtes tenues par ce prince , les évèques de concert avec le souverain travaillèrent à la pros[)érité spirituelle et temporelle de l'église. Plus de 30 conciles nationaux ou provinciaux, assemblés pour arriver à ce but, remplirent imparfaitement leur mission. Les deux principaux furent ceux de Francfort (794) etd'Aix-la- Chapelle(809). — Charlemagne entreprit de policer par la religion les peuples idolâtres qu'il avait subjugués, et ce bienfait arrêta la barbarie du Nord dans ses limites. Mais une autre barbarie, celle des mœurs, régnait dans son empire , et ce grand homme essaya de la dissiper. Rien ne fut négligé pour accomplir ce dessein. La protection du prince, sa libéralité, et surtout son exemple, encouragèrent l'étude des lettres parmi ses sujets romains, et les ennoblirent aux yeux des conquérants barbares. Il ne restait ])res(iue plus en France aucun vestige des sciences et des arts, lorscpie (^.harlemagne conçut la pensée de les y faire reileurir. Ce prince avait ignoré, jusqu'à l'Age de Hians, les premiers éléments des lettres. Pierre de Pise lui

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donna des levons do i;ranunaire ot do laiii^iio Uitino, ol lo pivpara ainsi an\ en?pignenieiils dn (viobro Alciiin. Co nioino ani^lo-saxon , Hiio CliarIoniai;no altaclia à sa personno en 78;j, linitia à loludo do la iiiotorii|no, do la dialoctiiino, et surtout do l'astronomie, ipie le royal disriplo préfoiait apios la tliéolo;4io aux autres scionoes. Les bienfaits et l'ainitio i\c Charles axaient attire à sa cour, do dillorents pays, un j;rand nombre de savants, tels ipie Alcuin d'Vork, Clément d'Irlande, et les Italiens Pierre Pisan, Paul Warnefrid . TliéoduU'e, Leidrade et Paulin dAquilée. Le eonimerce de ces illustres étrangers familiarisa les courtisans guerriers d'Austrasie avec la langue latine. Ricidfo. Angilbort et Lginhard diu-ent à leur savoir l'intimité du prince. Eginliard, écrivain plus élégant que ses maîtres, écrivit la vie du grand homme, dont il fut le chambellan et peut-c'tre le gendre. Tous ces personnages faisaient partie d'une académie palatine que le roi présidait sous le nom de David, et dont chaque membre empruntait un surnom allégorique. Après cette académie fui établie une école royale qui devint le centre des études et servit de modèle à d'autres écoles. On y enseignait les 7 arts libéraux, savoir : la granmiaire, la rhétorique, la dialectique, l'aritlunétique, la géométrie, l'astronomie et la musique. Une circulaire adressée en 787 à tous les évèques et abbés les invitait à ou\rir des écoles auprès des églises cathédrales et des monastères. Alcuin enseigna lui-même la théologie et les sciences à ses moines do Tours. Théodulfe, évéque d'Orléans, fonda i écoles supérieures, et distribua dans les campagnes des écoles élémentaires gratuites. C'est à lui que l'abbaye de Floury-sur-Loire fut redevable de sa célébrité littéraire. D'autres monastères, Corbie, Fontenelle, Saint-Riquier, Aniane, Reichenau, Utrecht, Osnabruck , etc., rivalisèrent de sa- \oir et de piété. Charlemagne appela l'attention des cénobites sur l'orthographe et la calligraphie, et fit substituer les caractères reniais à l'alphabet teutonique mérovingien qui avait prévalu. Comme la théologie était de toutes les sciences d'alors la plus importante et la plus profitable, l'étude approfondie du latin et même celle du grec devenaient indispensable à ceux qui voulaient parvenir aux hautes dignités de l'église ; aussi les enseignait-on l'un et l'autre dans quelques monastères. Le latin n'était plus la langue vulgaire, à peine pouvait-il être entendu du peuple, qui parlait un langage grossier connu sous le nom de roman , source des idiomes et des patois méridionaux. Au nord de la Gaule et dans l'Austrasie, la langue dominante était celle des anciens Germains. C'est celle que parlaient Charlemagne et tous les Francs -. il paraît même que ce prince voulait la faire adopter dans tout son empire. Eginhard rapporte qu'il

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ooinpiKT iiiK^ urammoiic liidcsiiiic, et riu'il til rocucillir les aiirion-. clianl!; Liiiorrici'S dos [leiipks sj;eriiiains. Malgiv les oncoura!2C'inenl> do Chai'lcmaijjiie el lu pieuse imiiiilkence des i^iaiids, les arts restèrent dans le néant ou ils étaient tombés. L'architecture ne produisit aucun monument qui soit arrivé jusqu'à nous: et telle était la rareté ou l'inipéritie des artistes, que, pour élever la basiliciue et le palais d"Ai\-la-Cliapelle, on lut obli^ié d'appijrter de Uavenne les colonnes et les mosaïques ((ui décoraient la résidence des derniers em|)(M'eurs. Un cile encore, ]>armi les travaux de (".harlema2;ne. le canal si souvent projeté qui devait établir une communication entre le lUiin et le Danube, ainsi que plusieurs ponts construits sur les L^raiides rivières. Tant d'efforts pour rendre son ancien lustre à une civilisation déchue furent presque sans efficacité.

Charles-le-Chauve , fils de Louis-le-Dél)onnaire et de Judith de Bavière, naquit en 823. Louis détacha ([uelques parties des provinces qu'il avait données à ses enfants, pour former à Charles un état sous le nom de royaume de Germanie. Le mécontentement éclata de toutes parts; Louis et Charles furent reléiiués pour un temps dans un monastère. Mais Louis ayant été rétabli , Charles eut sa part dans le nouveau partage de l'empire. Après lu mort de leur père (8'i0), les nouveaux souverains ne purent s'entendre. Charles, vainqueur à la terrible bataille de Fontenai, alla s'allier solennellement à Strasbourg avec Louis-le-Germanique. Enfin Lothaire consentit au trailé de Verdun (84.3), qui partagea définitivement l'empire de Charlemagne en trois grands royaumes : Italie, Germanie, France. En France, le règne de Charles-le-Chauve fut une longue suite de calamités. Les révoltes des Bretons, les incursions des Normands, qui deux fois pillèrent Paris, et avec lesquels il fallut conclure, en 862, un traité honteux, ne fiM'ent certes pas compensées par la réunion pénible de l'Aquitaine et d'une partie de la Lorraine. Charles était devenu empereur en 873; l'année suivante, il fut battu par ses neveux, auxquels il voulait enlever la Germanie, et mourut empoisonné dans un village, au pied du Mont-Cenis.

Charles-le-Gros , (ils de Louis-le-Germanique, naquit vers 832. Apres la moit de son père, en 870, il eut pour sa part la Souabe, la Suisse et l'Alsace. En 880, lorsque son frère Carloman cessa (ie vivre, Charles-le-Gros hérita du royaume d'Italie; l'année suivante il fut couronné empereur à Rome par le pape Jean ^'I1L A la mort de Louis UI (882\ Charles succéda en outre aux royaumes de Saxe et de Lorraine. Quoiqu'il eût acheté une paix honteuse des Normands et (pi'il n'eût pu résister aux Sarrasin-^, on lui donna encore

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h\ rdiimniio (11' Krnnro on 881, de m>iI(' (|iril ivuiiil ^oik ■^nii iioiivoir tout rt'iiipiiv de Cluirleinugiu'. l,».' ir.-lc df sni\ rc^iic iio lui quime série de l)ussesses. 11 iichela eiicûre une l'ois Ui paix des Nonnatuls qui nssiégeaionl Paris. Euliii il l'iil solennellement dépose à la diéle de Tnbiir, et 8 royaumes se formérenl des débris de son empire. Il mourul en 888, dans Tabbaye de Reiclienau. 11 avail soutenu ses ilerniersjours des aumônes qui' l'arclievèipie de Mayence lui faisait, mais (pii ne rempèchérenl pas de mampier souvent du né((^ssairp.

Charles-le-Simple, iils [Mislliiniie (k' Louis-le-Begue, naipiit eu •s79. On l'éloigna lonii-tenii^s du Irùne, sous prétexte que sa léi;itimité était douteuse. iMais en Sil.i il lut saei'é à Reims, et se mit à la tôle d'un parti puissant }K)ur enlever son hérita.^e au roi Eudes. Après 3 ans de guerre eivile, l'usurpateur et le prétendant signèrent un traité de partage qui donnait à Charles les provinces au nord de la Seine. En 898, Charles resta seul roi par la mort de son rival ; mais ce fut pour perdre sa plus belle province, et ajouter au nombre de ses vassaux un vassal plus redoutable que tous les autres (912). il crut se donner un appui dans le Normand Rollon ; mais cet api)ui lui manqua lors(iue la faveur dnn favori excita les grands à la révolte, et que leurs sullVa,.;es déférèrent la couronne à Robert de France. Ce prétendant triompha et mourut à la bataille de Soissons; mais Charles tomba captif entre les mains de ses vassaux , et vit s'asseoir sur le trône un 3" prince qui n'était pas du sang royal (923). Ce nouvel usurpateur était Raoul, duc de Bourgogne, qui fut élu par le crédit de son beau-frère Hiigiies-le- Grand, duc de France. Les grands vassaux du Midi et les ducs de Normandie lui refusèrent leur hommage jusqu'en 932, et le comte Herbert de Vermandois fut sur le point de replacer la couronne sur la tète de Charles-le-Simple. Herbert enferma de nouveau Charles, et le retint prisonnier jusqu'à sa mort, arrivée en 929. On avait appelé ce ])rince h' Simple , à cause de sa faililesse et de sa nullité.

2" Rois capcticiis; dit no)n tle Cliarlcft.

l'armi les rois de France. Cliailes-le-(;iiau\e est lompté pour Charles /'''', Charles-le-Gros poin- ('//((//es //, et Charles-le-Simple pour Charles III.

Charles IV, (lit /(' Bel, 3ehls de Philippe-le-Rel, naquit en f294, et porta le litre de comte de la Marche avant d'arriver au trône, sur lequel il succéda à son frère Philippe-le-J.ong. Comme ses 2 frères, il réunit les 2 royaumes de France et de Navarre. Son

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lùi^iie no (linii iiuo 0 nus; des cxaclidiis de tous i:;enres le signalèrent; ce l'iil la pi-iiodc de la liscalilé. Cependant Charles IV rendit iiiichines ordonnances pour adoncir le sort des lépreux et des juifs. A Tinstiu^ation (risabellc, sa sœur, feninie d'Edouard il, il avait usurpé rA([uitaine, et Charles de Valois, son onrle, avait soumis TA^ïénois (I32i); Isabelle vint cUe-nième négocier la paix (1326), la conclut, et reparut en Angleterre, suivie d'un corps de troupes, à l'aide duquel elle enleva le trône et la vie à son mari, niiehpies hostilités pourtant eurent encore lieu en 1 .'}27. Charles, ap- |)uyé par le pape, essaya sans succès de se taire nommer empereind'Allemagne (1325). Il s'était marié, en 1307, à Blanche de Bouigogne, qui, convaincue d'adultère, fut, comme sa belle-sœur Marguerite, tonsurée, puis enfermée au château Gaillaixl-d'Andelys. En 1322, il épousa Marie de Luxembourg, qui mourut i ans après, et, en 1325, il prit pour 3« femme Jeanne d'Évreux, qu'il laissa enceinte en mourant, le 31 janvier 1328. Jeanne mit au monde une fille, et Philippe de Valois se fit déclarer roi de France. Le royaume de Navarre revint à la fille de Louis llutin, mais sans les comtés de Brie et de Champagne.

Charles V, le Sage (surnom (piî signifie peut-être seulement le tarant), fils du roi Jean et de Bonne de Luxembourg, né le 21 janvier 1337, joua un rôle politique du vivant de son père. La France, privée de son souverain (1357), car le roi Jean avait été fait prisonnier par les Anglais à la bataille de Poitiers, tomba dans une anarchie qui la livra au fer de l'ennemi et à la fureur des partis. La trêve de Bordeaux arrêta les dévastations de l'ennemi ; mais les députés de la nation excitèrent la révolte au lieu de la réprimer. Le dauphin Charles, ayant pris les rênes de l'état en ([ualité de lieutenant-général, convoqua à Paris les députés du pays de langue francai.se. Cette assemblée accorda les mêmes subsides que les états de 1355. Mais elle exigea le renvoi des ministres qui n'avaient tenu aucun compte des doléances du peujile et des promesses de la couronne; elle demanda la formation d'un conseil de régence choisi en nombre égal dans les 3 ordres; cl, usurpant sur la prérogative royale, elle s'arrogea la nomination des commissaires provinciaux , (pii, sous le nomd'f'/u.s, furent investis de pouvoirs illimités. Les députés du royaume étaient, peut-être sans le savoir, les instruments de quelques ambitieux. Le roi de Navarre, Charles-le-AIauvais, aspirait ouvertement à la couronne, et il était secondé pai- Bobert-le-Coq , évêque de Laon, et Etienne Marcel, prévôt des marchands. Une piemière sédition remplit Paris d'épouvante; l'exécution d'un bourgeois cher au peuple en fit éclater une seconde.

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qui luùla la \ii' aux luaivcliaiix de C.liaiiipa.mu; el cio Nurmandio, et mit on péril colle du dauphin, qui s'oni'uil do Paris. Les étals de la langue d'Oil (v.) furent ooinoqués à Conipiègne (1358), et ceux de la lantiue d'Oc (v.) à Toulouse. Ces derniers accordorenl i|uel(|ues subsides. L'assemblée do t^.ompiogno loconnut le daupliin en (iiialilé do régent du royaume. .\ Paris, les faclieufc ne dissimuloronl plus rinlcnlion de donner la couronne à Cliarlos-le-INIauvais, et Marcel allait ouvrir la \ ille aux Navarrais el aux .VuL^lais, lorstpril lut massacré avec ses complices par .loan ÏMaillard et P(>pin des Hssarts. Alors le régent rentia dans la capitale, précédé d'une amnistie générale. Pendant ce temps, les Jacques brûlaient les chàleaux de la Picardie, et les Routiers ou .Ualandrins répandaient l'ellroi dans toutes les provinces. La paix onéreuse de Brétii;ny (i.'îfiO) et le retour du roi .lean ne rendirent pas la tranquillité au pays. En 1364, Charles V succéda au roi Jean. Les malheurs de sa régence avaient donné au nou\eau roi une expérience prématurée, et la prudence ne manqua jamais à ses conseils. Elle éclata dans la pacifioation des provinces, dans la guerre qui rendit à la couronne son patrimoine et sa dignité, enfin dans l'administration intérieure. — La bataille de Cocherel , gagnée par DuguescUn (v. ), ruina le parti du roi de Navarre. Le traité de Giiérande (1365) pacifia la Bretagne, et celui de Pampelune mit un terme aux entreprises de Charles-le-Mauvais. Eu 1366, Duguesclin, qui avait recouvré sa liberté (car il avait été fait prisonnier par les Anglais à la bataille d'Aurai), se mit à la tète des grandes compagnies, et marcha en Castille au secours d'Henri de Transtamare, dont l'alliance ne fut pas stérile pour la France. Le prince de Galles, investi par son père du duché d'Aciuitaine à titre souverain, s'était aliéné le cœur de ses vassaux par ses exactions. Charles V reçut les plaintes des seigneurs de Gascogne (1368) et cita le fils du roi d'Angleterre devant la cour des pairs de France. Edouard refusa de comparaître, et sa condamnation fut le signal de la guerre. Charles V convoqua à cette occasion les états-généraux de la langue d'Oil pour les consulter sur ce qu'il avait fait et sur ce qu'il aurait à faire. En 1369, les hostilités conmiencèrent sur trois points. Pendant qive Duguesclin, nommé connétable, s'illustrait à la tète des armées de terre et soumettait la Bretagne, la marine française se signalait sous les ordres d'Vvain de Galles, et un hardi stratagème du maire Cadoricr délivrait La Rochelle des Anglais. En 1373, le roi d'Angleterre, faisant un dernier effort, envoya contre la France une armée formidable, sous les ordres des ducs de Lancastre et de Bretagne. Los .Anglais traversèrent le royaume depuis Calais jusqu'à Bordeaux.

oïl ils nrrivéront réduits à un tivs-pptit iioml)rc par los atlaqnes rdiiiimiolies {[iii Ips avaient assaillis en chemin. Ils ne purent empèrher le duc d'Anjou d'achever la conquête de la Guienne. Le pape Grégoire XI intercédait depuis long-lemps pour la paix A la faveur d'une trêve qui fut conclue à Brui^'cs (137o), le prince de Galles et le roi d'Angl?terrc descendirent en paix dans la tombe, laissant la guerre à soutenir à un roi mineur. Eu 1377, 5 armées françaises se mirent en campagne. L'amiral Jean do Vienne fit une descente dans le comté de Kent; le duc de Bourgogne entra en Picardie pour observer Calais; Olivier de Clisson prit possession de la Bretagne, qu'un arrêt prématuré de confiscation fit bienlét perdre à la couronne, et la Gnienne fut de nouveau envahie par le duc d'Anjou et le connétable, qui s'emparèrent de '13 4 villes ou châteaux fortifiés. Duguesclin se porta ensuite en Normandie, et enleva à Charles-le-Mauvais les places qu'il possédait encore dans cette province. 1! allait terminer la conquête de la Gascogne et de la Guienne sur les Anglais, lors([u'i! mourut devant le château de Randan. Un pouvait espérer que Charles V achèverait bientôt son ouvrage; mais une mort piématuréelui déroba cette gloire (1380). Charles V ne convocpia qu'une seule fois les états-généraux, qui s'étaient montrés si dangereux sous le règne précédent. Il imagina, pour en tenir lieu, des lits de justice, où furent admis les grandsofficiers, quelques jirélats, des députés de la bourgeoisie et de l'uuiversilé. Il révo([ua les domaines aliénés et régla les apanages, défendit les guerres privées, publia (1371) l'édit de Vincennes sur la régence et sur la tutelle des rois, dont la majorité fut fixée à li ans commencés. 11 releva la marine royale, qui commença à protéger le commerce, que Charles V encourageait efficacement. Il protégea les lettres et les savants, et fonda au Louvre la Bibliothèque royale.

Charles VI, fils de Charles V, naquit à Paris le 3 décembie 'I3GS. Son père lui donna le Dauphiné en apanage, et il fut ainsi le 'F'' fils aine de roi de France qiu porta le titre de Dauphin aussitôt après sa naissance. 11 était âgé de l'I ans et 9 mois à la mort de son père, le 16 septembre 1380. On vit ses trois oncles empressés, à rencontre les uns des autres, de gouverner le royaume dans leurs intérêts particuliers, sans égard pour la vertueuse résistance du duc de Bourbon. Les épargnes de Charles V furent dilapidées par le duc d'Anjou, qui les appliqua aux stériles préparatifs de l'expédition de Naples. Des impôts odieux furent établis, (|ui révoltèrent les sujets. La sédition de 1;'. ILirelle à Rouen fut sévère*ment punie par le duc d'Anjou , puis amnistiée par le roi en per-

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sonne. A Paris. Ii^ souIcmmuomI dos Mitillulins (v.) eut des suiles encore plus iléplorables (138;}). La révolte des Tuchins ou Brigands dans le Lan;ueiloc fut réprimée par le duc de Berry dont les e.xactions l'avaient provoquée. La guerre se renouvela en Flandre. Le roi nianha au secours du comte Louis II de Marie avec Clisson, et battit les Flamands rebelles à la journée de Rosbeck. Les mouvements populaires qui éclataient dans toutes les parties du royaume empêchèrent C.liarles de poursuivre ses avantages. .Vprcs une suspension d'armes qui avait duré i ans. Charles VI projeta une descente en Ans^leterre (ISS.'j) et fit préparer un grand armement à l'Écluse, mais le duc de Bourgogne, au lieu de presser re.\])édition , s'ajipliqua à soumettre la Flandre, qui lui était récemment dévolue par la mort de Louis II de Marie, son beau-pére. Le duc de Berry de son côté fit perdre, par ses lenteurs, le moment favorable, et, pendant ce temps, les Anglais brûlèrent dans le port les vaisseaux qu'avait épargnés la tempête (1386). De nouvelles trêves furent signées en 1389 et l39o. La dernière, (jui devait durer 19 ans, stipula le mariage de Richard II avec la tille de Charles V, et la restitution de Brest et de Cherbourg par les Anglais. Pierre de Craon, ayant attenté à la vie du connétable de Clisson , s'était réfugié en Bretagne , et le duc Jean V avait refusé de le livrer à la justice du roi. Charles, résolu à tirer vengeance de cette injure, marcha contre son vassal à la tète d'une armée; mais une rencontre mystérieuse dans la forêt du Mans \\nl troubler sa raison, et l'expédition n'eut pas de suite (I392>. Le malhein-eu\ monarque, devenu incapable de gouverner l'état, fut indignemeni délaissé par la reine Isabelle de Bavière et par les princes de sa famille. Les ducs de Bourgogne et de Berry s'emparèrent de la régence, à l'exclusion du jeune duc d'Orléans, frère du roi , destituèrent Clisson et proscrivirent les autres ministres. ^lalgré ces actes d'une rigueur injuste, l'admmistration des deux régents donna à la France 10 ans de repos, mais non de bonheur. Ici se placent quelques hostilités avec les Anglais (Ii03), l'assassinat du duc d'Orléans (1407), crime resté impuni, et dont le véritable auteur était Jean — sans — Peur (v.), nouveau duc de Bourgogne: Talroce guerre des Bourguignons et dei Armagnacs (v.) (1410 et suivantes) ; les excès révoltants de la milice des Cabochicns (v.) , organisée à Paris par .lean-sans-Peur (I il I); les honteuses négociations des Armagnacs avec les Anglais ; la paix de Pontoise ( i 41 3), que fit signer la crainte de l'intervention étrangère; la guerre déclarée à la France par Henri V, roi d'.Angleterre; la désastreuse batailh' il'Azincnnrt li!;'> . doni heureusement le vninqueui- ne -ut pas

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pidlilcr; le iiiassiicrc des Arinai^niics a Paiis (I IKS) ; la ivi^oiifo (lil (laii|iliiii Charles, saii\(! des mains des Boiiri^iiiLtiions par le dévoilement de Tannei^tiy du Cliàlel; les progrés du roi d'Angleterre; l'assassinat de Jean-sans-l'inir sur le pont de IMontereau, j)ar Tannegiiy du (Ihàtel; enliii le malheureux traité de Troyes (I 420) ipii donnait à Henri V, avec la main de Catherine de France, le titre de régent du royaume et d'héritier de la couronne (v. Isabelle de liarière). Ce fut au milieu de ces malheurs que Charles VI mourut , le 2! octobre I i22.

Charles VII , fils (le Charles VI , naquit le 22 février 1 iO;j et devint dauphin en lilO, ajjirs la mort de son frère .lean. 11 ne fut long-temps qu'un insdument entre les mains du connétable d'Armagnac. Nommé par son père lieutenant-général du royaume, il prit ensuite lui-même le titre de régent. Mais poursuivi par sa mère, par 1rs Bourguignons, par les Anglais, proscrit et déshérité par le traité de Troyes, il passa sa jeunesse dans une agitation extrême. En I i22 il se fil couronner à Poitiers et reconnaître au midi de la Loire, pendant qu'Henri VI était proclamé roi de France et d'Angleterre à Paris et à Londres. Le régent Bedford commença par détacher le duc de Bretagne de la cause nationale, et le roi de France remplaça l'alliance de ce vassal par celle de l'Ecosse. Mais l'armée royale perdit la bataille de Verneuil (142i) et éprouva encore d'autres revers qui semblèrent d'autant plus accablants que le roi ne faisait aucun eflort pour les réparer. Indifierent à tout, hormis aux plaisirs, il perdait joyeusement son royaume, comme le lui reprochait le brave Lahire. Pendant que le roi de liour'jes paraissait oublier l'honneur de sa couronne, le dévouement de sa noblesse et la. détresse du peuple, quatre principales circonstances vinrent relever les espérances de la nation : î" les prétentions du duc de Glocester sur le llainaut refroidirent le duc de Bourgogne et lui inspirèrent des sentiments plus pacifiques et plus français; 2" Arthur de Richemont, nommé connétable, ramena pour un temps l'inconstance de son frère Jean, duc de Bretagne; ;}^ la Heur de la chevalerie française vint se ranger sous la bannière royale : Danois, la Trémouille, Lahire, Xaintrailles, Barbazan, etc., en faisant revivre les vertus guerrières des anciens preux, imprimèrent une couleur héroï({ue à cette époque désastreuse ; 4° la Providence suscita, pour le salut de la monarchie, la fille du laboureur de Donu-émy : .leanne d'Arc annonça sa mystérieuse mission , et la France allait être sauvée par celte héroïne. Mais une fois Charles VII couronné à Reims (1429), la mission de Jeanne était finie. Nous raconterons ailleurs son affreux supplice et sa mort sublime (v.

r.iiA — Sjo — en A

Jeuniii' d'Aic\. La paix d'Arras (I i3")), a latiiiolle k's Aiv^lais ivliisèrenl daccodiM-, inidit aux iiiU'TÔls n.'itionaiix IMiilippe-k'-Hdii , diic (le Boiiiiiogiic. La uiumpc civile cessa dès lors et la guerre élraiiiière fut eoiiduite avec langueur; elle traîna 18 ans encore; mais, dès W'Mi, Paris se rendit. Un grand changement s'était opéré dans le caractère du roi. Actif, économe, prudent, il acheva la contiuète de son royaume, et ne laissa plus (pie C.alais à l'Angleterre. Craignant d'être eniiioisonné par son fils , depuis Louis XI, il se laissa mourir de faim, et expira, en 1161, à .M(>liuiisin-Vévre en Berry. Le pivmier |)armi les rois de France, il èlal)lil (les inip(jts sans le secours des états. Sous lui, les charges de jtidicature devinrent viagères ; une ordonnance décréta la rédaction des coutumes. La pragmalicpie-sanclion de Bourges (1139) assura les libertés de l'église anglicane. Le cardinal d'Estouteville réforma l'imiversité. Le commerce commen(;a à prendre en France des déloppements (v. Jacques-Cu-ur), el les arn>ées devinrent permanentes. Charles VHI, lils de Louis XL né à Amijoise le .'iO juin I 170, fut roi en 1 is;$, sous la régence de sa sœur Anne de licaujeu (v.), lacjuelle vaiiupiil les princes cpii, avec le duc d'Orléans (depuis Louis XII), lui disputaient le gouvernement. Elle conclut la paix avec le duc de Bretagne à Sablé, et soutint les états de Flandre conlre l'empereur Maximilien (I i8i). Devenu majeur, le roi rejeta la main de la fille de .Maximilien, et prit pour femme (li;)l) .\nne de Bretagne dont il s'assura l'héritage, l^iis il voulut faire valoir les droits de la mai.~oii d'Anjou sur le royaume de Naples. et rêva même la conquête de l'empire d'Orient. Dans cet espoir, il signa les désastreux traités d'Élapk^s (avec Henri VII), de Sentis (avec Maximilien i, deNarbonne (avec Fer(Jinand), rendant à ceux-ci la C.erdagne, le Roussillon et la Franche-Comté, promettant à celui-là 743,000 écus d'or en ■13 ans. Il entre en Italie, et d'abord tout lui résiste ; Pise chasse les Florentins; Florence chasse les Médicis (H9i-); Alexandre VI effrayé, livre le prince Zizim, dont Charles comptait se servir pour diviser les Turcs. Puis Xaples est occupée, et Charles prend les titres (1(> roi de Xaples et de Jérusalem et d'empereur d'Orient. ^lais il mécontente les Xapolitains : l'Aragon, la Castille, le pape, Venise et l'empereur se liguent contre lui. Charles laisse quekpies troupes pour défendre sa conquête, gagne, dans sa retraite à travers l'Italie , la bataille de Fornone, et délivre le duc d'Orléans assiégé dans No\arre; niais au bout d'un mois le royaume de Xaples est repris aux Fran(;ais par Gonzalve deCordoue, et Charles VIII, au milieu ûvf: préparatifs dune seconde camiiagne au delà des Alpes, meurt sans enfants a Amboise , le 7 avril 1 198.

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Charles IX, s(Hoii(l lils (l(> lloiiri II (•( (le Catherine de Médicis. naiiiiil à Sl-(lernioin-eii-Laye le 27 juin lo'iO , renit le titre de dm d'Orléans, el monta sni- le tiùne le 5 décembre 1560, à la mort de François 1! son frère. Comme il n'avait que 10 ans, sa mère, sans avoir elTeetivemenl le titre de rép;ente. prit les rênes du gouvernement. Les (]iierelles reliirieuses et politiiiues des eatholicjues et des proleslants divisaient le royaume, et, dès son has-àge, Charles IX axait été habitué à regarder les calvinistes comme ses plus cruels ennemis. La tenue des états d'Orléans, le fameux édit de janvier, le collO(|ue de Poissy, la 1'" guerre ci\ilc terminée par une brusque pacilication, sont des faits de celte minorité de Charles IX qui appartiennent à la carrière polititiue de sa mère. Sa majorité fut reconnue en 1563 ; mais sa mère, loin de l'appeler aux aHaires, seconda en lui tous les penchants de la jeunesse. En 156i il visita une partie de ses provinces, la paix fut conclue avec l'Angleterre, et une ordonnance décréta que désormais l'année conmiencerail le l'^'' janvier. D'autre part un édit diminua les avantages accordés aux huguenots par redit de pacilication. Ce fut en 4 565 qu'eut lieu à Jiayonne la fameuse entre\ue du roi et de la reine avec le duc d'Albe , où l'on prétend que fut décidé dès lors le massacre des protestants. La méfiance de ceux-ci fut éveillée, el la seconde guerre civile commença. En 1567 les huguenots, le prince de Condé et l'amiral deColigny à leur tète, voulurent s'emparer de la personne du roi, qui était à Monceaux; mais cette tentative échoua. Bientôt après fut livrée la bataille de St-Uenis, où le connétable Anne de ^lontmorency fui blessé à mort , et dont le succès resta douteux. La ville d'Orléans fut surprise par les huguenots. La guerre continua en 1568 jusqu'à la paix de Longjumeau, dite la petite paix, parce iiu'elle ne dura qvw 6 mois. Alors commença la 3"= guerre civile, plus animée que les autres, et à laquelle prirent part les princes proleslants d'Allemagne. Alors aussi le chancelier de VHôpital (v.) devenu suspect à la reine, prit le parti de se retirer de la cour. Les catholiques, commandés i)ar le duc d'Anjou, gagnèrent la bataille de .larnac contre le prince de Condé. (lui y fut tué de sangfroid par Montesquion. Coligny rassura les huguenots; la reine de Navarre leur amena son lils (depuis lliMui TV) et celui du prince de Condé. Cependant les catholiques furent encore une fois vainqueurs il iNloncontour, et la paix de St-Gcrmain (1570) suspendit les hostilités. Charles L\ manifestait l'intention d'agir dans les Pays-Bas ; il s'entoura île calvinistes, témoigna la plus grande confiance à l'amiral, hâta le mariage de sa sœur Marguerite avec le jeune roi de Na\arre , puis, après une longue résistance, dit-on. il consentit

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t'iiliii il l'lu»rril)l(> iiui>>ucr(.' de la St-lùtrtln'lriitii (\ . , (|iii |iuiirtaiit ne mit pas fin aux troubles, ('iiarlos l.\ mourut, selon les auteurs protoslanls, d'un mal ineonnu et dévoré de remords (lo7i). Sous ee régne si a:j:ité l'uient pourtant laites de salies lois , (jue l'on (lut au eliancelier de l'Hôpital. C.liarles I.\, représenté par tous les historiens comme \iolent et crue! , et qui s'avoua l'auteur de la St-Harthélemy, cultiva née'mmoins les sciences et les lettres, se plut et réussit même aux arts (]ui adoucissent l'àme. On a conservé de lui un livre intitulé : La Cluixsc nijittlc , et des veis bien suitéiieurs à ceux de Ronsard, dont il fut le disciple.

Charles X. i"-' lils (lu (lau|)liin, fils de Louis XV. né a > ersailles le 9 octoLne 1737, wvul au baptême les noms de ('.iiarles-Philippe, et porta jusipi'à son avènement au tn)ne le titre de comte d'Arlois. Après s'être signalé par une jeunesse orageuse, il montra une constante cl invincible aversion pour toutes les idées nholiilionnaires, émigra en 1789, et alla chercher partout à l'étranger des secours à la monarchie expirante. Son irrésolution , qui le Ht rester en 1795 tran(piille spectateur du désastre de Quiberon (v.) au lieu d'agir dans cette circonstance décisive, porta un coup mortel à la cause des Vendéens; et depuis lors il séjourna presque constamment en Angleterre, jusqu'à la 1'''^ restauration. Revêtu à cette époque par son frère Louis XVIli du titre et des fonctions de lieutenant-général du royaume, il signa en cette ([ualité, avec trop de précipitation, des traités qui alTaibiissaient la France. Pendant tout le rogne de Louis XVUI, on l'accusa de se livrer à des intrigues qui tendaient à rétablir le pouvoir absolu, jusqu'au moment où la mort du" roi son frère le lit monter sur le trône, le 16 septembre 1821. Ses protestations et son atTabilité donnèrent d'abord de belles e>pérances , (pie ruinèrent successivement des actes , des propositions législatives et des lois impopulaires, et (pie ne put ranimer la cérémonie du sacre [i'J mai 1823). Après de longues hésitations, et malgré les sages avertissements de quelques amis sincères de la monarchie, il p!a(;a à la tète de son ministère le prince de Polignac dont le nom seul était un symbole de contre-ré\olulion. Les craintes que l'on avait connues ne tardèrent pas à se réaliser. Les ordonnances du 23 juillet 1830. qui détruisaient la Charte, soulevèrent tous les esprits, el le mouvement des trois jours renversa du trône Charles X, qui fut conduit à Cheibourg pour être déporté de là sur la terre étrangère.. 11 séjourna à Iloly-Rood, en Ecosse, et finit par mourir à Gorilz, mémorable exemple de linslabilité des choses humaines! Les événements que nous venons d'indiquer succinctement sont trop r(.'cenls, les [lassions (piilsonl suiilcvées sont encore II. :'.t

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tiui» \i\i's piHir «iiii" Chai'ks X [xiissc v\\v iin[iai-tialeiiienl jugé. Mais il ) aurait de rinjuslice à taire ([iie la France doit à ce prince la gloire de Navarin (v.), celle de l'expédition de Morée (v.) ([ui rétablit la Grèce au rang des nations après une éclipse qui avait duré plus de o siècles, et enlin cette magnifique conquête d'Alger (v.) qui , malgré de sinistres prévisions , tiendra lieu quelque jour à la France de toutes les colonies lointaines qu'elle a perdues depuis un siècle, et fera de la Méditerranée un lac français.

Parmi les princes de la maison de France qui portèrent le nom de Cliarles, nous ne citerons ({ue les deux suivants ;

Charles d'Orléans, né à Paris le 26 mai I3'JI , de Louis d'Orléans comte (le Valois , et de Valentine de .Milan. L'époque de son entrée (tans le monde fut celle de la mort malheureuse de Louis, sou père, assassiné par le duc de Bourgogne en I i07. En vain Valentine de Milan demanda vengeance avec ses 3 tils. La volonté du roi Charles VI for(;a ceux-ci a un semblant de réconciliation avec Jean-Sans-Peur. Le jeune duc d'Orléans, malgré des prodiges de valeur, fut fait prisonnier par les Anglais à la bataille d'Azincourt, en Ulij. Ce fut pour charmer l'ennui de sa captivité qu'il composa les charmantes pi(;>ces de poésie dont il se déclara l'auteur, et qui le placent au premier rang parmi les poètes du xv^ siècle. Il ne revint en France qu'au bout de 2o ans ; mais les exigences de (^,liarles Vil le déterminèrent à se retirer aussitôt dans son apanage. Il mourut en I 465. On trouve parmi ses poésies manuscrites le discours qu'il prononça à Vendôme pour sauver le duc dAlençon, accusé de Icse-majesté. Il fut le père de Louis XII.

Charles-le-Téméraire , duc de Bourgogne , fils de Philippe-le- Bon et d Isabelle de Portugal, naquit à Dijon le 10 novembre 1 i3o, et porta d'abord le titre de comte de Charolais , sous lequel il se distingua a la bataille de Rupelmonde en 'I'i52, et à celle de Morbecque en 1153. Violent et emporté, il manifesta de bonne heure son ambition. Par haine contre les de Croï. favoris de son père, il s'exila en Hollande, puis se récom^ilia plus tard avec son père et lui inspira la haine qu'il portait à Louis XL II déclara la guerre à celui-ci, et fit des prodiges de valeur à la bataille de Mont- Ihéry. Mais dès ce temps il s'exagéra ses tiilents militaires. Un châtiment sévère frapj)a les Liégeois et les Gantois révoltés. En 1468, il épousa Marguerite d'York, sœur du roi d'Angleterre Ayant ensuite voulu ranimer la guerre civile en France ,,Louis l'apaisa au moyen de 1-20,000 écus d'or. Puis, dans une entrevue à Péronne , soupçonnant Louis de fa\()riser une nouvelle révolte des Liégeois , (Charles le menaça de l'enfermer cl lui arracha de fortes conccs-

sioiis (M ne tanla pas a lui l'aiiv imo i^iiorrc atliamt'-t'. Il crtnciil également lo projet déleverses états au ranç; dun royaume auquel il aurait donné le nom de gallo-belge; mais ce projet éclioua. Louis XI nuiltiplia les embarras autour de lui. Après avoir con- ([uis la Lorraine , Charles voulut aussi soumettre les Suisses. Mais il perdit contre ces montagnards les célèbres batailles de Granson et de Morat. Alors il passa en Lorraine pour reprendre Nancy : mais trahi par l'.ampo-Basso , il lut \ain(U et tué sous les murs de cette ville le 3 ou le (i janvier 1 i77. On ne retrouva son corps que le surlendemain, et Ion eut bien de la peine à le recoimaitre. Marié -trois fois . il ne laissa pourtant qu"une lille, Marie, qui épousa Maximilien d'Autriche et lui apporta tous ceux des états de la maison de Bourgogne dont Louis XI ne se rendit pas maître.

3" Rois (le Xavartr du uoin de Charles.

Le roi de France Charles IV porta aussi le titre de roi de Navarre, et dans les annales de ce pa\s il est désigné sous le nom de Ciiarles \<'<\

Charles II, surnommé le Maurais. succéda en 1349 à .Teanne II sa mère sur le trône de Navarre. Il joignait aux grâces du corps de Tinstruction et de rares talents, mais on Taccuse d'avoir montré de bonne heure une grande cruauté. Outre la Navarre, il avait de grandes possessions en Normandie. II inquiéta le roi Jean par ses prétentions sur la Brie et sur le duché de Bourgogne, et ce prince, qui l'accusait du meurtre du connétable Charles de la Cerda , le tint long-temps en prison, quoiqu'il lui eût fait épouser Jeanne, sa lille. Devenu libre en 1356, il leva des troupes, vint exciter la discorde dans Paris, d'où il fut chassé par le dauphin, auquel il lit une guerre insignifiante. Il se mêla plus tard, avec peu de bonheur, des affaires d'Espagne. Plus tard encore on l'accusa, mais à tort, d'avoir voulu empoisonner Charles Y, roi de France. Il s'allia au roi d'Angleterre Richard . mais vit son royaume dévasté par les Français et les Castillans, et fut forcé de conclure, en 1379, une paix désavantageuse. Il mourut misérablement en 1387. — Charles III, le Xoble, son fils, qui lui succéda, mourut en 1425 après un règne sage et heureux.

4" Dues de Lorraine du nom de Charles.

Charles !<'■', fils de Louis d'Outremer et duc de Lorraine, mourut en 993. 11 n'est pas toujours rangé parmi les ducs de Lorraine , dont alors on ne compte que i de ce nom.

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Charles II, nr ;i Tmil On \M\',, (liic de \MH) à 1 131, était do hi maison dAlsaco. 11 lit la giiorrc en France et sur toutes les frontières (lu royaume, en Alleuiagne, en Ilonj^rie, en Prusse, et remporta plusieurs victoires. Il favorisa les arts , et mourut à Nancy , qu'il avait embt^Uie.

Charles III, le (irdtid, duc de Lorraine et de Bar, lils de François 1''' l't de C.iirisline de Daneniarck, nièce de Charles-Quint, naquit en \'-\'ii. 11 n'a\ait(jue .'{ ans lorsque son père mourut; sa mère et son oncle Nicolas de Vaudémont gouvernèrent en son nom , Henri II, roi de France, l'enleva à sa mère en 1552, et l'éleva à sa cour, où le jeune prince prit des habitudes toutes françaises. Il épousa la fille de Henri 11; ai)rès la mort de François II , il revint dans .ses états, et mit tout en œuvre i)0ur faire cesser les désordres auxquel ils étaient li\ rés. Malgré les guerres auxquelles il prit part, les arts et les lettres brillèrent en Lorraine; ime université fut fondée à Pont-à--Mousson , et Charles III envoyait ses troupes nombreuses à des expéditions lointaines, tout en fortifiant ses places, en embellissant Nancy et en favorisant l'industrie de la province. H mouiut en 1G08.

Charles IV, né en 1601, trahit dans sa vie politique une grande irrésolution de caractère , un caprice ombrageux et un emportement irréfléchi , sans manquer pourtant de qualités brillantes. Élevé à la cour agitée de Louis XIII, il montra de bonne heure son inchnation guerrière. Souverain à 20 ans, il levé des troupes, porte ombrage à la F>ance , excite l'animosité de Richelieu , contracte avec l'Fspagne uno alliance impolitique, et va porter la guerre en Belgique, en Bourgogne, en C.'.uiinpagne, pendant que ses états, occupés par les troupes françaises, gémissent des invasions successives de toutes les armées mises en nruuvement par la guerre de trente ans. Ce fut alors que la France lit démanteler ses villes et raser ses châteaux en Lorraine. Pendant 50 ans, celte malheureuse province lut dans la situation la plus déplorable, et Charles IV, après un mélange inouï de traverses et de succès, de belles actions et de débauches, vint mourir prèsdeBirkenfeld, dans le Palatinat, en 1675. Charles V, fils du précédent et né en 1643, fut appelé, en 167."), a la succession de son père. 11 faisait alors l'espoir de la maison d'Autriche , dont il conmiandait les armées. La Lorraine étant occupée par les Français, sous les ordres de Créqui , Charles V ne put monter sur le trône ducal. Repoussé, en 1677, des rives de la Moselle et de la Sambre, l'empereur le consola de ce revers en lui donnant sa tille en mariage ; mais le cabinet de Vienne oublia de le fau-e com])rendre dans le traité de Nimègue. Il conti-

niia iu-anmoiii> a commander les lbrce> lio TempiTeiir contre lo> Tares. La li2:ue crAiii^shomsi; le ramena sur le Rhin, où des sucres importants signalèrent son arrivée; mais la mort le surprit à Velz, en 1690. Ce prince, remarquable par ses qualités politiques et militaires, ne jouit jamais de ses étals.

5" Rois d'EsjHiync du nom de Charles.

Charles r'' ( \ . Charles-Quiiit, empereur d'Allemagne).

Charles H n'avait guère plus de i ans lorsqu'il monta sur le trône de son père, Philipiie IV, en KJG.'j. Sa minorité fut malheureuse au dehors et orageuse au dedans. La régente Anne d'Autriche indisposa les grands par son administration, et invita, par son inexpérience, les ennemis de l'Espagne à la dépouiller d'une partie de ses provinces. Elle reconnut l'entière indépendance du Portugal. Par le traité d'Aix-la-Chapelle, Louis XIV conserva toutes les con- ([uèfes qu'il avait faites dans les Pays-Bas espagnols, et ne rendit que la Franche-Comté. Charles, devenu majeur, n'eut presque pas de part au gouvernement. Prince d'une complexion débile, d'un esprit faible, et dont l'éducation avait été négligée à dessein, il laissa toute l'autorité à sa mère et à son favori Valenzuéla. Cependant ils ne la gardèrent pas long-temps. D. Juan d'Autriche, fils naturel de Philippe IV, lit sentir à Charles Tespèce de servitude où on le retenait. La reine fut reléguée dans un couvent et don Juan déclaré premier ministre; mais il répondit mal aux espérances que l'on avait conçues de ses talents. La guerre avec la France ne cessa pas d'être une source de revers, et l'Espagne perdit encore à la paix de Nimègue la Franche-Comté et ! 6 villes considérables des Pays-Bas. En 1679, Charles épousa Marie-Louise d'Orléans, mais l'Espagne continua de languir. Une guerre de "2 ans, terminée par une trêve de iO ans signée à Ratisbonne en 168i, lui coûta Luxembourg et toutes les places dont les Français s'étaient emparés, à Texcept ion de Courtrai et Dixmunde. La reine d'Espagne étant morte, le roi épousa en secondes noces Marie-Anne de Neubourg, fille de l'électeur palatin. La guerre se ralluma entre la France et l'Espagne ; et celle-ci eut presque toujours le dessous. Le roi n'avait point d'enfants : il loml)a malade et fit un testament en faveur de son neveu, le prince de Bavière, comme son plus proche héritier, attendu la renonciation de Marie-Thérèse d'Autriche; disposition (jui devint caduque parce que le jeune prince mourut à l'âge de 7 ans. La paix se négociait depuis 3 ans à Riswick. Elle fut avantageuse à l'Espagne par les sacrifices que fil Louis XIV en vue de la mort prochaine de Charles IL

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Ce piiiico lit cil olii'l en 1700 un srrniià IcsUimfiil , par loqiiel il déclara IMiilippe de France, duc dAnjou, héritier de toute la nionarchic espagnole ; et nionrul la môme année , âgé de 49 ans. Louis XIV accepta ce tentamcnt, qui causa un embrasement général en Europe, et, par les guerres fatales qu'il entraîna, mit la France à deux doigts de sa perle.

Charles III, fiis de Philippe V et d'Elisabeth Farnèse,né en 1716, n "avail i|iic l 'i ans loistiue son père l'envoya à l'armée d'Italie pour s'enii)arer de la Toscane. A l'âge de '18 ans, il reçut la mission d'aller occuper Naples et de gouverner ce pays avec le titre de roi des Deux-Siciles, que lui céda son père. Mais impli([ué sans cesse dans les querelles de l'Espagne, il ne jouit pas tranquillement de sa royauté. 11 continua de régner à Naples après la mort de Philippe V ; puis, en I7;J9, à la mort de son frère Ferdinand, il devint roi d'Espagne, et se rendit dans sa nouvelle patrie pour recueillir ce brillant héritage. Son règne justifia les espérances que ses premiers actes avaient fait concevoir. Il introduisit l'économie dans les finances obérées, et fit remise aux laboureurs de ce qu'ils devaient au fisc; on leur fournit par ses ordres des grains pour epsemencer leurs terres; dans la suite des colons suisses furent appelés à peupler et à cultiver une vaste étendue de terrains restés incultes dans la Sierra Morena. En 1736, l'Espagne, entraînée par la France dans la guerre avec l'Angleterre, voulut forcer le Portugal à se détacher de l'alliance de la Grande-Bretagne , et à entrer dans celle de la France. Elle envahit les frontières portugaises; mais, pendant ce temps, l'Angleterre lui prit Cuba, les Philippines et les richesses que les galions apportaient à la niélropoie; et elle dut encore se féliciter, à la paix de 1762, de ne perdre que les Florides. Depuis ce temps, les réformes utiles furent reprises dans l'intérieur, malgré une forte opposition. Il y eut même à Madrid des troubles, qui forcèrent Charles III à se réfugier à Aranjuez et à renvoyer son favori, le ministre Squillace, pour apaiser le peuple. S'il supprima les jésuites , il se garda de toucher aux privilèges du clergé. Il introduisit la tactique moderne dans l'armée, et, sous le ministère de Florida-Blanca, les finances reçurent des améliorations notables. Le commerce des grains fut rendu libre ; des sociétés d'économie publique furent instituées; une banque, qui reçut le nom de banque de Suint-Charles, fut établie à Madrid ; les sciences et k^s arts se virent encouragés et protégés. Aj)rès avoir accru la marine, Charles III essaya vainement de réprimer les pirateries des Algiriens. La guerre d'Amérique, où les Espagnols agirent de concert avec la France, valut à l'Espagne (jnelquis avantages; mais les deii\

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|)ui>^fniires iviinios lu' [xiicnl l'nli'vn' (jilu ;illar ;iii\ .\iv.;l;iis. A I intérieur, un syslc'Uio iKiuvcau (iiModiliciiliMii fut préparé, ot les travaux du canal d'Aragon occupèrent heauct)up de bras. Cliailes m mourut en 1 788. Il est le seul monarque espagnol qui, au xvii^" siècle, ait eu la noble ambition dètre à la hauteur de son époque. — Le 1 0 septembie 1 77 1 , à l'occasion de la naissance de son fils le prince des Asturies , il fonda l'ordre civil et militaire de Charles III , qui subsiste encore de nos jours, et (pi'un grand ^ nombre d'olliciers français ont obtenu lors de l'expédition de 182.'}, connnandée par le duc d'Angouléme. Le ruban au- ordre iieChiutesiii. quel est suspendue la décoration de l'ordre est blanc liséré de bleu. Charles IV, fils et successeur de Charles III , n'eut de son père que la bonhomie et la passion pour la chasse. Il était né en 1748, à Naples. On l'avait marié de bonne heure à ^larie-Louise de Parme, sa cousine, qui, plus tard, prit sur lui trop d'em|)ire. Dés qu'il fut monté sur le trône, en 1789, on négligea le bien commencé, et une convocation des certes ne fut qu'un vam simulacre. L'Espagne cependant refusa, jusqu'à la mort de Louis XVI, d'entrer dans la coalition contre la révolution française. Alors Charles IV, ayant déclaré la guerre à la république, vit les Français j)énétrer sur son territoire, et n'obtint la paix qu'au prix de la partie espagnole de Saint- Domingue. Godoy, son favori, signataire de ce traité (l79o'j, reçut le titre de Prince de la Paix, et le roi lui donna en mariage sa propre nièce, Marie-Thérèse de Bourbon. L'alliance otiènsive et défensive conclue en 1798 entre la France et l'Espagne entraîna celle-ci dans de longues guerres, dont les suites furent la destruclion de la Hotte espagnole à la bataille de Trafalgar, et l'anéantissement de son commerce maritime. Une haine violente s'étant déclarée entre Godoy et Ferdinand, prince des Asturies, le favori songea sérieusement à dépouiller celui-ci de sou droit à la couronne. Charles IV demeura en paix avec Napoléon élevé sur le trône impérial; et les négociations ainsi que les arrangements conclus avec la France ne liieul qu'accroître encore la haine du prince des Asturies et de la nation pour le favori. Ferdinand chercha à s'assurer l'appui de Napoléon ; mais , dominé par Godoy , Charles IV fit arrêter le prince '1808 , en l'accusant d'avoir conspiré contre sa vie et son trône. Un tardif pardon semblait avoir réconcilié le père et le fils.

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lnr-'|U(' lo:;tr<»iipo> francrii>e> (Miticient en Espagne. Le peuplo de Maciiid se souleva, parce (|ue Godoy voulait conduire la cour en Aiiiériiiiie. Charles IV abdiqua, el représenta toutefois à la France cet acte coinnie lui ayant été imposé par la violence. La famille royale fut alors attirée par Napoléon à Bayonnc, où Charles renouvela son abdication, mais cette fois en faveur de Napoléon; et elle fut bientôt suivie de celle de Ferdinand. Depuis ce moment, jusqu'en 1811, il séjourna d'abord à Compiègne, puis à Marseille. Knsuite il alla s'établir avec sa petite cour à Rome, où il mourut en 1819.

()" Ihu's de XdjiJi'fi du nom dp Charles. Charles!''', (l'.^njou, roi de Naples, fils de Louis VIII de France et de Blanche de Castille, na(iuit en 1 220. Il portait le litre de comte d'Anjou, lorsqu'en I2i()il épousa Béatrix, héritière de Provence. Il suivit saint Louis, son frère, à la iToisade, où il se distingua; mais il y fut fait prisonnier comme lui près de Damiette, en r2o0. A son retour d'Egypte, il se montra jaloux et inquiet de la liberté de ses sujets, surtout des villes d'Avignon, Arles et Marseille. Lorsque Urbain IV fut devenu pape, Charles d'Anjou reprit sérieusement des projets qu'il a\ ait formés sur le royaume des Deux-Siciles. Pendant les négociations et les préparatifs de guerre, Urbain mourut, et fut remplacé par un autre pajie français, Clément IV. Charles était entré en Italie ; il arriva à Rome le 2-4 mai 1265, et fut bientôt après couronné roi des Deux-Siciles par 2 cardinaux délégués à cet effet par le pape, tandis qu'une croisade se prêchait contre Manfred. qui fut battu et tué à la bataille de Grandella. Charles, maître du royaume, établit sa résidence à Naples; mais bientôt les peuples, fatigués de sa tyrannie, secondèrent Conradin, neveu de -Manfred. Ce jeune prince fut battu à Tagliacozzo (1268), tomba au pouvoir de Charles, et périt sur l'échafaud. Le vainqueur, qui s'était rendu déjà très-puissant en Toscane, comme vicaire impérial, et à Florence, dont il s'était fait donner la seigneurie pour 1 0 ans, tendit à se rendre maître de toute l'Italie. Il prit part pourtant à l'expédition de saint Louis contre Tunis. Ses projets rencontraient tantôt de la faveur, tantôt de l'opposition, lorsqu'ils furent arrêtés sans retour, le .30 mars 1282, par le massacre des Français, connu sous le nom de vêpres siciliennes. Dès lors Charles d'Anjou n'éprouva plus que des revers. 11 avait désormais un rival dans la |)erfonno de Pierre d'Aragon. Les deux princes devaient se battre en champ clos à Bordeaux; mais cette rencontre n'eut pas lieu. (>iiailes d'Anjou mourut en 1287, au moment où il faisait de grands ]iréparntifs pour une expédition en Sicile.

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Charles n, If liuitciix, lils di' Cliailis l'''\ iiaquil ru IJi8, a\;uit <|iie son piM'o fùl ileveiui roi de Naples. Il porta jiiscpi'à la mort do celui-ci le titre de prince de Salerne. Lorsqu'il fui appelé au trône, en I 287, il était prisonnier en Sicile : mis en libertc l'année suivante, il lut couronné roi des Deux-Sieiles en l 28!» par le pape Nicolas IV. Il continua la i^uerre, avec des succès variés, contre les princes araj;onais. La bataille de Formicara délruisil l'espérance qu'il avait eue de recouvrer la Sicile. Il mourut eu 130!». A la dillérence de son père, il était doux, humain et icligieux, mais il avait peu do talents militaires.

Charles m (^de Duruz, Durazzu), descendait de Charles-le-Boit(Hi\. Surnommé le Petit , à cause de sa taille, et de la Paix , pour a\oir négocié la réconciliation du roi de Hongrie avec les Vénitiens, il se mit en pos.session du royaume de Naples après avoir fait prisonnière la reine Jeanne l''^ (1382), et se porta pour son héritier après l'avoir fait mourir. 11 fit une guerre inutile au pape Urbain VI, qui pourtant l'avait couronné dès l'an 1 38 1 , et fut assassiné en 1 38(), au moment où il venait d'être couronné roi de Hongrie. Comme il était mort excommunié, son corps resta sans sépulture ecclésiastique jusqu'en 1 39 1 , époque à laiiuelle les censures furent levées par le pape Boniface IX.

Charles IV iv. Charles /// d'Espagne et Naples).

7" Entpereurs d'Allemagne du nom de Charlea.

Charles I*^'' (v. Charlema(/ne, page 3i6). — Charlea II (v. Cliarleale-Chaure. page 3o2). — Charles III (v. Charles-le-Gros. page 3.o2).

Charles IV de Luxembourg , successeur de Louis V, empereuid'Allemagne, naquit en 1316, de Jean de Luxembourg et d'Elisabeth, héritière du royaume de Bohème, arrière-fils de l'empereur Henri VII, succéda à son père dans le royaume de Bohème en 1347. fut élu empereur en 1 349, et mourut en 1 378. Il avait mis tout en œuvre pour profiter des troubles qui agitèrent la fin du règne de Louis V. Il s'était fait couronner par le pape; mais les peuples le regardaient comme un usurpateur, et la mort de Louis ne changea point leurs sentiments. Les électeurs attachés à l'empereur défunt déclarèrent nulle l'élection de Charles, et, après avoir ollèrt la couronne a Edouard III, roi d'Angleterre, qui la refusa, ils nommèrent sucicssivement Frédéric-le-Sévère, marquis de Misnie, et Gimther ou Gonthier, comte de Schw artzbourg. L'or et le poison écartèrent ces deux concurrents. Enfin Charles fut reconnu pour empereur légitime par une nouvelle élection à Aix-la-Chapelle : mais il ne pouvait que déshonorer un trône acquis par d'indignes moyens. Il semblait ne l'avoir acheté

«1110 pour avoir lo droit d'en veiulro les privilèges. Ce fut probableincnt pour n\Hre pas traversé dans lo tralic honteux auquel il se livra depuis, qu'il caressa de plus en plus lori^ueil de la cour de Rouie. 11 s'abaissa telleineul dans un voyage en Italie, que le poète Pétrartpie lui reprocha sa faiblesse, mais sans pouvoir chani;;or ses sentiments. A son retour en Allemagne, il trouva ce pays agité par des troubles causés |)ar les dissensions des princes; il parvint, jusqu'à un certain point, à y mettre un terme par la promulgation du célèbre édil coimu sous le nom de ïhdle d'or, el adopté par une diète assemblée à Nuremberg en 1356. Ce fut dans cette même diète que Charles fit réunir à ses états de Bohème la Moravie, la Silésie et la Lusace, qui depuis en fut détachée : tani que ce prince fut sur le trône, il ne s'occupa que d'agrandir sa famille. Chaque jour il lui procurait quelque privilège dont il dépouillait l'empire. Il vendit la liberté aux villes qui voulurent l'acheter. Le comte de Savoie acquit de lui le titre de vicaire de l'empire à Genève. Il conlirma à prix d'argent les lil)ertés de la ville de Florence, tira de grandes sommes de Venise pour la souveraineté de Vicence, de Padonc et de Vérone qu'il céda à cette république, et eu ret,'ut de plus considérables encore des Visconti, auxquels il accorda la souveraineté de Milan sous le titre de gouverneurs. Il disposa des biens de l'empire comme s'il lui eût appartenu en propre; aussi n'est-ce pas sans raison qu'on a dit de lui qu'il avait ruiné sa maison pour acheter l'empire, et l'empire pour rétablir sa maison. Mais il ne se borna pas à la rétablir; il lui procura un lustre qu'elle n'avait jamais eu, et lui donna le pas sur tontes les autres maisons électorales. On peut juger de ses exactions, par ce fait qu'il se vit en état de payer '1 00,000 florins d'or à chacun des électeurs, prix qu'ils mirent à leurs suifrages, lorsqu'il leur proposa d'élire Wenceslas son fils : mais quand il fallut vider ses trésors, il abandonna aux uns les péages de la couronne sur le Rhin , et aux autres des villes considérables. Cette conduite fit dire que Charles avait plumé l'aigle; mais les plumes (ju'il lui ùta étaient des plumes bien précieuses; elles ne repoussèrent jamais. Les villes de Souabe, dans la crainle qu'il ne traflcpiàt de leur liberté, firent entre elles une ligue ([iii s'appela la Grande liijuc. Charles fit d'inutiles efforts pour la détruire. X travers les vices (jui déshonoraient ce prince, on vit percer (pielques vertus. Il était d'un abord facile et d'une sagacité peu conmume; il avait l'àme sensible, et son cœur était suscej)tible (l'amitié. Il aima les sciences, protégea les savants, et fonda l'université de Prague sur le modèle de celle de Paris. On prétend qu'il avait formé le projet de faire passer le Danube par Prague, Sous

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SOI» iTi;ne, les .Iwils soiilVriiviit iiiio iKtirihlo [Ku-séoiilioii; rt une peste atVreiise désola leinpiie.

Charles -Quint, tils (le Philippe l*"'', archidiic d'Autriche, et do Jeanne, reine de Caslille, ne devait que succéder à sa mère, aux termes du testament de Ferdinand-le-Calholiqne: mais dès qu'il aj)prit la mort de celui-ci, il se lit proclamer roi de Castille, en 1 5 1 G. sous le nom de Charles l*'"", par lent remise de Ximénès qui força plutôt (pi'il n'engairea les grands du royaimie à reconnaître pour souverain ce prince alors âgé seulement de 1 6 ans. Les royaumes de Léon et de Grenade suivirent l'exemple des états de Castille. Les Aragouais ne le proclamèrent (pfen l'aïuiée qui suivit la mort de Jeanne. L'emjiereur d'Allemagne ^laximilien l*"'', aïeul de Charles, étant mort en l.")19, son petit-fils fut élu à sa place. Il tut redevable de la couronne impériale à Frédéric, électeur de Saxe, qui, pouvant la prendre pour lui-même, préféra l'honneur de faire un empereur à la gloire de létre. François I"^"'. roi de France, compétiteur de Charles- Quint à l'emjMre , ressentit vivement le chagrin de se voir préférer son rival : de là naquit entre ces deux monarques une rivalité ([ui se i)erpétua après eux dans les maisons de France et d'Autriche. 11 parait que ce (pii détermina le choix des électeurs fut la grande jeunesse de Charles, qui leur inspirait moins d'ombrage que la valeur du roi de France. L'Espagne vit avec legret que cette élection allait non-seulement la priv er de son souverain , mais encore faire servir ses trésors à enrichir des étrangers. Charles se trouv a dans la nécessité d'acheter de ses anciens sujets , au prix de beaucoup de promesses, la Irberté d'aller se faire couronner empereur. Mais il tint mal sa parole, et les principales villes du royaume formèrent une ligue qui l'obligea de repasser en Espagne pour la dissiper par une sévérité mêlée de clémence. Au milieu de ces troubles, les Français lui avaient enlevé la Navarre en quinze jours : elle fut reconquise en aussi peu de temps. La guerre allumée entre la France et l'empire embrasa l'Italie ; et désormais les deux monarques écoutèrent plus leur animosité réciproque que la justice. Charles-Quint s'empara du Milanez et en chassa Lautrec. Gênes fut assiégée et prise par les impériaux. Une ligue entre le roi d'Angleterre Henri VIII et l'empereur fortifia le parti de celui-ci, qui sut encore corrompre le connétable de Bourbon, en lui promettant sa sœur en mariage avec une dot considérable. Le pape Adrien VI, Florence et Venise se joignirent à lui. Bourbon , il est vrai, fut obligé de lever le siège de Marseille; mais Fontarabie fut prise par la lâcheté du gouverneur Bonnivet , battu à Briargas, en 1524; et l'année suivante se li\ ra la fameuse Ijataille de Pa^ ie. ou François I*"" fut fait

l)i'isoiiiiiei-. On sait coiiibieii lilluslre capliltic inonlra i)lus i^raiid <kms lo5 fers que son vainqueur, qui le laissa traîner et languir de prison en juison, exigeant une ranç^on exorbitante, proposani (les conditions (pi'il savait que la grandeur dAnie de Franijois I^'' ne lui permettrait pas d'aecepter , et accompagnant tous ces i)rocédes de fausses démonstrations d'amitié dont le roi seul peut-être fut hi dupe. Enlin Charles ne sut profitei' de cette fa^eur de la fortune m pour sa gloire, ni pour son ambition. Tandis qu'il chicanait eu Kspagne avec son prisonnier sur les conditions de sa liberté, qu'il lui rendit enfin sous des clauses tres-onéreuses par le traité de Madrid en 1526, l'Angleterre, les Florentins et les Vénitiens se détachaient de son alliance; et le pape Clément VU, touché des malheurs de François l*"', ou plutôt craignant l'énorme puissance de l'empereur en Italie, se déclara contre lui. Aussitôt Bourbon marcha contre Rome, et fut tué en l'emportant d'assaut. Le prince d'Orange prit sa place. Rome pillée et saccagée éprouva pendant neuf moi^ toutes sortes d'horreurs. Le pape, réfugié dans le château St-Ange. y fut retenu captif \)av les impériaux, et eut la douleur d'être témoin de toutes ces atrocités sans pouvoir les empêcher. Charles-Ouinl, (jui fut tenté de le faire conduire en Espagne, et qui l'eût fait p(>utètre s'il n'avait craint de se rendre odieux à toute la chrétienté . ordonna hypocritement des prières et des processions pour la délivrance du sainl-pére qu'il pou\ ait délivrer lui-même par une simple lettre. Enfin le pape , sorti de sa prison à la faveur d'un déguisement, ne dut qu'à lui-même sa liberté. Il ménagea pourtani Charles-Quint, et flatta même son humeur despotique en le rendant arbitre du sort de Florence qu'il soumit à la puis>iance des Médicis. Le traité de Cambrai, appelé h\Faix des Dames, pacifia la France et l'empire sans toutefois réconcilier sincèrement les deux monarques. L'empereur accorda aussi la paix aux Vénitiens et au duc fie Milan. En lo3o, Charles-Quint passa en Afri([ue où la victoire le suivit. Après la prise de la Goulette, il marcha droit à Tunis, cl rétablit ^luley-Hassem. De retour de cette expédition, il eut bientol oc-casion de recommencer la guerre contre la France. La mort de François Sforze avait réveillé les prétentions de François l*"'' sur le Milanez. Charles-Quint, loin d'entendr(> aucune proposition à cd égard, entre en Provence à la tête de fit). 000 hommes, au milieu d'une feinte négociation, s'avance jusqu'à Marseille, et envoie en même temps une autre armée, sou? la conduite de Henri de Nassaii. ravager la Champagne el la Picardie. Une trêve de 10 ans, conclur à Nice, en \o3H , suspendit ces hostilités; mais les Gantois, révoltés parce ([u'on les dépouillait de leurs privilèges, éjtrou-

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vèroiit la colciv flo ('■!iarli's-(^)iiiiil. ()l)li:j;é de passer pai- la Kraïur pour aller les réduire, il eut lieu de se kiuer de la i^énérosité des Français. 11 avait pris uéanniuins la précaution di' promettre au roi l'investiture du ^lilanez iKiur un de ses lils, mais François l'^'"' ne lui parla point de eetle promesse pendant tout le séjour qu'il fit dans ses états. Charles, une fois sorti de France, l'oublia bien vite et se liiiua avec l'Aniileterre contre lui i)rince dont il venait de recevoir l'accueil le plus noble. Celte t;uerre ne lui fut pas aussi glorieuse que les précédentes. Son armée fut défaite à Cérisoles, et la paix se concUil à Crespy, en 1 5 l'i. Son expédition d'Alger n'avait pas été plus heureuse. — Depuis plusieurs années le luthéranisme remplissait l'Allemagne de troubles. La manière dont l'empereur se comporta envers les princes protestants ne fut ni plus loyale ni plus noble ((ue ses procédés envers le roi de France et le pape Clément. 11 épuisait les trésors de l'Kspagne sous prétexte de subvenir aux frais dune guerre de religion et d'apaiser inie guerre civile qitil fomentait pour diviser les protestants. La victoire qu'il remporta à Miihlberg sur l'armée de la ligue de Smalcalde n'ellacera jamais la honte dont le couvrit l'injuste détention de l'électeur de Saxe et du landgrave de liesse. L'intérim publié en loi8 dans la ligue d'Augsbourg. formulaire de foi, catholique pour le dogme, et favorable aux protestants pour la discipline, ne ht que dévoiler davantage les vues de l'empereur. La liberté de l'empire était menacée : la monarchie universelle, rendue héréditaire dans la maison d'Autriche, pouvait seule satisfaire l'ambition de Charles; du moins l'Europe alarmée se le figurait. Les princes prolestants eurent recours à Henri II. qui avait succédé à François I*-"'" sur le trône de France. Ce monarque arma en leur faveur, et dès ce moment les affaires des protestants se rétablirent en Allemagne. L'empereur, surpris dans les défilés dinspruck , pensa tomber entre les mains des princes ligués. Charles, devenu i)lus traitable, olîiit à lélecleur de Saxe de lui rendre la liberté que celui-ci refusa en jouissant de son ett'roi, et ne voulant devoir son élargissement qu'a ceux qui avaient pris sa défense. Charles-Quint acheva de perdre sa réputation devant Metz , dont il fut obligé de lever le siège après y avoir perdu plus de 20,000 hommes; et la prise de Térouane ne la rétablit point. Ce fut alors que ce prince, se voyant en butte à l'inimitié de presque tous les souverains de l'Europe, aigri par des revers auxquels il n'était pas accoutumé, accablé d'infirmités, dégoùlé peut-être dune vie si agitée, ou croyant aussi avoir déjà trop régné pour sa gloire, prit l'étrange résolution d'abdiquer son trône et l'empire. En loo.T, il céda la (om-omie d'Espagne ;i l*lu'lijipe son til-; , avec tous 11, su

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les royaiiiiios <|iii ni (IriM'iidnicnl dans l'ancien ol le noiiveauniondo; et Tannéo siii\ante, il abdiqua la couronne impériale en laveur de Kerdinand son ('rèr(>. A[)rès celle entière abdication, dont il se repentit plus d'une fois, dit-on, il se relira dans le couvent de St-.lust, en Kstraniadure^ et y mourut en 1558. Ainsi finit ce monar- (|ue qui a\ait rempli l'univers du bruit de son nom et de ses armes. A le considérer du côté de l'esprit, du courage, de la politique, il mériterait des éloges ; mais la postérité ne prostitue point ses louanges à des qualités qui ont troublé le repos du monde dont elles devaient faire le bonheur.

Charles IV, second (ils de l'empereur Léopold P'", né le -f'' octobre 1685, disputa la couronne d'Espagne à Pliili[)pe V, mais finit par échouer dans cette lutte. En ITH , il fut couronné empereur d'Allemagne, et, l'année suivante, roi de Hongrie. Il continua contre la l'rance la guerre qui se termina en 1713 par le traité d'Utrecht. Puis il soutint les Vénitiens contre les Turcs, sur lesquels ses armées ol)tinrent de grands succès (v. Eugène de Savoie [prince]). Charles entra aussi dans la (|uadru|)lc alliance , et prit part à la guerre de i7'i8, occasionnée [uir les projets du cardinal Albéroni. Se voyant sans enfants mâles, il ne négligea rien i)our assurer la couronne impériale à sa fille Marie-Thérèse. Ensuite, il profita de la paix pour fonder plusieurs établissements utiles au commerce. En 1733, la succession de Pologne amena une lutte sanglante, qui causa de grandes pertes à l'empereur. Allié des Russes, Charles les appuya contre les Turcs; mais ses armées n'éprouvèrent que des revers, et il conclut un traité désavantageux. Il mourut en I7i0, et sa succession mit rEuro|)e en feu.

Charles VII, né en 1697. D'abord électeur de Bavière, il réclama la succession de Charles IV. Avec le secours de la France, il fut proclamé roi de Bohème en 1741 , et em])ereur l'année suivante. Son règne probléniati(jue ne dura que 3 ans, pendant une guerre continuelle dont il ne vit pas la fin. 11 mourut en 1715.

8" Rois de Siu'de du nom de Charles,

Bien ([ue le roi de Suède actuellement régnant porte le nom de Chailes XIV, ce pays n'a en réalité eu que 8 rois de ce nom, sans que l'histoire expli(iue d'une manière satisfaisante ce fait singulier (v. Suède).

Charles VII devint roi en 1162, après avoir vengé la mort de son prédécesseur Éric-le-Saint , tué par Magnus, prince danois. Il est le prenu'ei- qui prit le titre de roi de Suède et de Gothie. II obtint du pape l'érection du siège archiéi)iscopal d'Upsal, entreprit

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une i Tuisiiilo rontiv los luibitanis païens do lEslonie et do rin<i;rio. iiiliodiiisil dos fluiiiiiomenls rtnu;ii'(ni;d)los dans los assoniltlôes nalionalos, et périt en I KiS, alta(iiu' dans an cliàtean par W tils do son piodécessciir.

Charles VXIX, iils de ('.anul-liond , desi'enuaul d'une ancienne famille noble, avait été nonmié eapitaine-Jiénéral du royaume i)ai' Éric Xlll, devenu roi par l'union de (Àdniar; lorsque Éiic tut chassé, Charles fui administrateur du royaume juscpi'à l'avènement de Christophe. A la mort de ce roi, en I il8, la noblesse suédoise éleva Charles au trône. La guerre avec les Danois et les partis qui déchiraient le pays rempécliérent de faire tout le bien que promettaient ses grandes (pialités. Il fut forcé d"abdi(]ucr en 1 io7 et se retira à Dantzig, où il resta jusqu'en I iCi, époque où il fut rapjjolé au trône par le parti qui avait chassé Christiern 'i'^'". Mais au bout d'ini an, le clergé, qui ne l'aimait pas, le força de s'exi)atrier pour la seconde fois. Les nobles à leur tour le rappelèrent en 1 467 ; les intrigues continuèrent d'agiter son règne, et au moment de sa mort, qui arriva en 1 170, la tranquillité était loin d'être rétablie en Suède.

Charles IX, 3'^ fils de Gustave Wasa, et né en looO, porta d'abord le titre de duc de Sudermanie, de Néricie et de Wermland. Il se fit remarquer par son caractère , dont la sévérité dégénéra quelquefois en cruauté, comme dans la guerre qu'il fut forcé de faire à Sigismond son neveu , roi de Pologne , élu roi de Suède , et qui voyait a\ ec peine le duc Charles et l'immense majorité des Suédois attachés au protestantisme. Enfin, en IG04, les états donnèrent au duc do Sudermanie la couronne, qu'il accei)ta en prenant le nom do (.".harles IX. Aussitôt s'alluma entre la Pologne et la Suède une guerre acharnée cjui dura toute la vie de Charles avec des succès balancés. Une autre guerre contre la Russie fut plus favorable aux armes de la Suède. Dans une li" guerre contre les Danois, ceux-ci occupèrent la forteresse de Calmar; ce revers ii'rita tellement Charles qu'il défia le roi (Christiern IV en duel. Cette guerre, non plus que celle de Russie , n'était pas terminée quand (Miarles mourut en 161 1. Il eut pour successeur son fils Gustave-Adolphe. Sous le règne de Charles IX, les lois, rédigées dans un medleur ordre, furent pour la première fois portées à la connaissance de tous par la voie de l'impression , et les lettres et les sciences, encouragées et protégées par le prince, brillèrent de quelque éclat

Charles X (Gustave), né en 1622 à Upsal, était fils do Jean- Casimir, duc de Deu.x-Ponts-Cleehourg. et de la princesse Catherine, fille de Charles IX. 11 monta sur le trône en i6o4, par suite de l'abdication de la reine Christine. Les circonstances étaient dilficiles

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et le pays accablé de délies. Cliarles, avaiil de dcxeiiir roi, avait déployé des talents militaires remarquables durant la guerre de .'JO ans. Une fois couronné, il s'eiïorç^'a de rétablir les relations de bonne amitié que la Suède avait eues autrefois avec la plupart des souverains de l'Hurope; mais l'armée voulait la guerre. Elle fut déclarée à la Pologne. Ce royaume tout entier ne tarda pas à être soumis à Charles-Gustave , qui se fit partout prêter serment de fidélité; mais cette fidélité ne fut pas de longue durée. Des soulèvements éclatèrent; réiecleur de Brandebourg, d'abord allié du roi de Pologne dépouillé, s'entendit avec la Suède. Les Polonais ré- \oltés furent battus en Kiiiti sous les nuus de Varsovie, oii Charles- Gustave fit des prodiges de \aleur. Mais les Russes firent en Livonie une puissante diversion. Charles les battit et conclut avec eux (I608) une trêve de 3 ans. Le Danemarck, de son côté, avait commencé les hostilités. Le roi envahit ce pays; et il l'eût soumis tout entier, s'il n'eût hé-ité devant l'attaque de Copenhague. Les Danois n'exécutèrent pas loyalement les conditions de la paix signée en -IG'iS. 11 fallut reprendre les armes, i'iusieurs puissances prirent parti de c6té et d'autre. Il mourut en 1660, après un règne de 6 ans signalé par des guerres continuelles qui ne lui permirent point de donner ses soins à l'amélioration de l'administration intérieure.

Charles XI, né en 16o;j et fils du précédent, devint, à l'âge de '• ans , possesseur d'une couronne. La régence fut donnée à la reine Hed\\ ige-Eléonore sa mère , dont le premier soin fut de rétablir la paix avec les 6 puissances contre lesquelles la Suède était alors en guerre. Mais l'éducation du jeune roi fut singulièrement négligée, il fut déclaré majeur à 17 ans et montra d'abord [)eu de goût pour les affaires. Son alliance avec la France (1672) entraîna la Suède dans une guerre tlangereuse contre l'empereur, plusieurs princes allemands, le Danemarck et la Hollande; elle y éprouva de grandes pertes. Charles déploya contre les Danois un rare courage. Enfin la paix fut signée à Saint-Germain en Laye en 1679, et rendit à la Suéde tout ce qu'elle avait i)erdu en Allemagne. Charles, ayant convoqué une diète à Stockholm en 1680, parvint à se rendre monarque absolu , et s'occupa aussitôt de la réduction : on entendait par là la restitution forcée de tous les biens de la couronne aliénés. La commission nommée à cet efî'et procéda avec une rigueur qui parfois approcha de la cruauté. Charles, qui déploya de grands talents pour l'administration, organisa l'armée, amortit la dette, créa des élablissenicnts utiles, et mourut en 1697, après avoir fait jduirson jinys d'une |)aix de 18 ans.

Charles XIX. lils de Charles XI el de la princes«ie danoise Ulrique-

Éléonorp,naquiten lf)82; soiu'iliicationfiilsolideetsoi^iu'e. Ala niorl de son père, il n'avait pas 1 5 ans airomplis. I.ors de la rorénionie de son sacre, on remarqua comme un trail caractéristique, qu'il posa lui-même la couronne sur sa tète. D'abord livré aux plaisirs, il s'occupa très-peu des allaires de son royaume. Aussi la Russie, la Pologne et le Danemarck s'unirent par un traité contre la Suède. Mais dès ce moment. Charles ne songeai plus à la chasse , sa passion favorite, ni à ses plaisirs. Les |)réparatits de guerre lurent commencés, et le jeune héros ranima le courage de son bra\e peuple. La Hotte suédoise rallia celles d'.Vngleterre et de Hollande pour protéger le duc de llolstein, atfaciué par les Danois. Charles, à la lète d'une armée, opéra le i août 1700 une descente à o milles de Copenhague. Connue les balles danoises silUaient autour de lui, il demanda la cause de ce bruit, (jui lui était inconnu; quand il l'eut appris, il s'écria : « Eh bien! ce sera dorénavant ma musique. » Le traité de Traventhal rétablit la paix. Puis, par une suite de victoires qui tiennent du prodige , Charles XII contraignit l'électeur de Saxe à renoncer à la couronne de Pologne , et l'empereur à rendre aux protestants de la Silésie le libre exercice de leur culte ; enfin, dans la guerre de Succession, il fut un moment le maître de faire pencher la balance en faveur du parti qu'il lui plairait d'embrasser, ou de forcer les puissances belligérantes à conclure la paix. Mais au lieu de se faire l'arbitre ou le paciliiateur de l'Europe, il poursuivit avec opiniâtreté l'armée du czar Pierre-le-Grand, et s'enfonça miprudennnent dans les plaines de l'Ukraine (^1709). Là, privé de toute communication avec ses états, séparé des généraux qui devaient lui amener des secours, et réduit au dénùment le plus affreux, il n'eut à opposer aux avantages du nombre et de la position que l'enthousiasme de ses soldats pour le héros qui les commandait. Ces braves soldats succombèrent cependant après avoir fait des prodiges de valeur : le prix de 9 années de victoires fut perdu en un seul jour, à la célèbre bataille de Pulta^va; et Charles, n'ayant plus d'armée, se réfugia à Bender, sur le territoire du grand-seigneur. Après avoir été pendant 1 2 ans le héros de l'histoire, il ne fut pendant son séjour en Turquie qu'un brillant aventurier. Intéressant comme homme, il est sans excuse comme roi. Aveuglé par son inconcevable entêtement, il perdit -"j ans dans l'inaction , et paya d'ingratitude la généreuse hospitalité que les musulmans exercèrent cn\ers lui. Il revint enfin dans son royaume en i7li-, déterminé à recommencer la guerre contre les souverains du Danemarck, de la Prusse, de la Russie et do l'Angleterre, qui tous avaient profité de son séjour à Render pniii- le dépiuil!or (l'une partie de ses états. De retour en Suède. Char-

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