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Charpentier , ouxiior (lui confeftioiHic tous los iiios ouvrages en Ikms, tels (lue toits, planchers, échafaudages, moulins, etc. Un char|jonlier doit connaître la géométrie élémentaire et descriptive , soit pour le tracé du dessin, soit pour la l'oupe ou taille des bois. Il faut aussi qu'il soit mstruit des principes de la mécanique pour évaluer la force des bois, poiu" composer un engrenage et pouvoir calculer d'avance les eflcfs produits par la force appliquée. L'art du charpentier est d'une si grande importance que 1 illustre Monge n'a pas dédaigné d'en donner une théorie complète dans son Traité de la (ù'oiHctrie de^criptirc.
Charpie, vieux linge clTilé que l'on emploie |)0ur les pansements, soi! brut, soit disposé en plumasseaux, en bourdonnets, en mèches, en tampons, enduits d'une substance approjjriée à la nature de la ]tlaie. La charpie faite ainsi avec de vieux linge n'ayant pas toujours la propriété désirable, on a essayé de la remplacer par les éloui)es. La charpie anglaise , sorte de tissu tomenteux comme lonate sur une de ses faces, gommé sur l'autre, en pièces plus ou moins grandes, est peu absorbante, à raison de la tiame qui lui sert de base.
Charrette, sorte de voiture qui sert au travaux de l'agriculture, au transport des marchandises et à divers usages de la vie comnume. La sim])licité et l'uniformité de sa construction chez presque tous les peuples anciens et modernes prouvent assez que son invention et son utilité datent de la plus haute antiquité. Elle se compose d'un ou de deux limons ayant ensemble de o àG mètres de long et réunis par plusieurs pièces de bois nommés éparts, qui en forment le fond; de 2 rideUes, sorte de râteliers qui en sont les côtés et que maintiennent 2 runclies (échelles à une seule tige) horizontaux et i verticaux ; d'un essieu et de 2 èchaticjnules qui le fixent sous les limons ; de 2 roues, plus ou moins grandes et plus ou moins fortes, suivant la destination et les dimensions de la charrette; enfin d'un /r<?w//, cylindre horizontal, que l'on tourne avec des leviers pour serrer la charge.
Charron (Pierre), célèbre écrivain moraliste du xvi*" siècle, né à Paris en 1 54 1 , était fils d'un libraire ([ui eut 25 enfants, et qui, malgré une charge pareille, ayant reconnu de bonne heure chez lui d'heureuses dispositions, ne négligea rien pour son éducation. Charron put donc faire ses éludes classi(jues à Paris, puis alla étudier le droit successivement à Orléans et à Bourges ou il prit le bnimct de docteur. De retour à Pans, lise fit recevoir avocat, fréquenta le barreau, puis au bout de 5 ou 6 ans se dégoûta tellement de cette profession (ju'il l'abandonna pour se \ ouer à l'étude de la théologie;
ol pou {l'annéos aprôs il rooovnit los ordres sarrts. Prt''pari' à l'rlo- (liicnco de la cliairo par les travaux du barreau, il obtint de îzrands >ucc('s connue prédicateur et fut appelé dans plusieinsdiocèse> ]K)ur y prêcher diverses stations. 11 se trouvait à Bordeaux en l.")Sf», lors(]uil eut occasion d'\ connaître Montaii^ne. qui venait de publier une i'' étlition de ses Hssais. et ne tarda pas à se lier avec lui de la plus étroite amitié. Dans les entretiens de ce penseur . Charron puisa (les idées toutes nouvelles (pii liront de celui qui avait été jusi|uo-là le théologien le plus oithodoxe un des plus forvonlsapôtros de la liberté fie penser et un dos philosophes les plus hardis de son siècle. La mort seule put rompre cette liaison si intime, et en mourant, ^lontai^ne no crut pas pouvoir donner à son ami un témoignage plus llatteur de son affection et de son estime que do lui permettre de porter les armes de sa maison. Charron, de son côté, laissa par son teslamonf la plus grande partie de sa fortune cà la sœur de Montaigne. En 1594, 2 ans après la mort de son illustre ami, Charron jmblia à Bordeaux son Traité des trois rérilés où il prouve : 1" (juil y a un Dieu et une vraie religion ; i" que de toutes les religions le christianisme est la seule véritable: 3°t[uede toutes les communions chrétiennes l'église catholique romaine est la seule vraie; ouvrage tout théologique qui fut fort goûté et valut à son auteur de nouveaux honneurs ecclésiastiques. En IGOI. il publia également à Bordeaux son Traité do ht sagesse, œuvre pui'oment philosophique qtii a fondé sa réputation, mais qui .souleva une vive opposition en raison dos nombreuses propositions hardies qu'il contenait. Il était venu à Pal'is en 160.3 pour en donner une nouvelle édition, lorsqu'il fut frappé d'apoplexie en passant de la rue St-Jean-de-Beauvais dans la rue des Noyers. 11 avait 63 ans.
Charron, Charronage. Les charrons sont dos artisans quo l'on trouve jusque dans les plus petits villages; ce sont eux qui fabriquent non-seulement les chariots et les charrettes, mais encore prest{ue tous les instruments aratoires. De tous les ouvrages qu'ils confectionnent, la roue est le plus important (v. Roue^.
Charrue (agriculture). C'est le principal instrument du l^"" des arts. 11 sert à tracer dans la terre le sillon qui doit recevoir la semence du blé ou des autres céréales. L'invention de la charrue se perd
Charrue primilive. Chnrrve jjer/eelionnée.
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dans la nuil des h'iups. (Jiii^iiiaiie do rivj,yi)lo, elle fut apporléo dans la Grùce par TriploltMiie, el dans des temps presque aussi reculés elle était eniployée cliez les Chinois. D'après les monuments que nous a laissés rÉiivple, la charrue n'était primitivement composée que d'une seule pièce de bois, à laquelle on attachait un soc on l'or. Le manche devait être assez long pour (jue celui qui diritçeait le travail pût le tenir commodément dans ses mains. Entre le sep ot le timon éhiit une pièce droite qui servait à la traction, soit par les hommes, soit |)ar les animaux. Plus tard, la charrue se composa de pièces solidement assemblées et faites de bois de nature diflérenle. C'est la charrue au lemps de Virgile et telle qu'elle était employée, avec (|uelqiies légères modifications, chez les peuples de l'Asie, de rAfri([ue et de l'Europe. L'addition d'im avant-train porté sur des roues est, selon les uns, une invention du moyen âge; selon d'autres, elle date d'un temps antérieur au règne d'Auguste. — Depuis '1776 qu'eut lieu, à Chàteauneuf sur le Cher, le •l'-"'" concours agricole, diverses améliorations dans la construction des charrues ont été tentées; mais les perfectionnements mis au concours au commencement de ce siècle par la société d'agriculture delà Seine n'ont pas encore été obtenus et le problème reste encore à résoudre. Cependant, depuis (jiielques annnées, les nombreux essais faits en Allemagne, en France et surtout en Angleterre, ont eu d'heureux résultats. M. Small a perfectionné le versoir et l'a fait en fonte de fer ; d'autres ont fait de la même matière l'arrière-train; M. Guillaume a indiqué la mesure exacte de la force moyenne nécessaire pour vaincre la résistance de la terre, pour tracer un sillon de largeur et de profondeur données; et tandis que le chef des agronomes français, M. Dombasies, poursuivait ses essais et ses réformes, Grange, simple garçon de ferme, présentait une charrue qui, si elle ne résout pas le problème, approche le plus de la solution. L'expérience peut seule prononcer en dernier ressort. C'est un juge qui ne se hàle point; attendons qu'elle ait complété les informations auxquelles elle se livre depuis 1833.
Charte, lerinc générique, employé, ainsi que instrument, monument, diplôme, etc. , pour désigner un ancien titre. Chartf , et par corruption charin- , vient d'un mot latin qui signifie ywpier : c'est toute espèce d'acte constatant un accord, une convention, une transaction, soit entre des égaux, soit entre un supérieur et un inférieur, durant le moyen âge. — Les chartes porteni divers noms, selon leur objet. On reconnaît dans toute charte des caractères intrinsèquefi et des caractères extrinsèques. Les caractères intrinsèques ou internes sont tellement inhérents aux charics
quils so roIroiivoMl niriiu^ dans ks cniiios; Its caracliMOS e.vlriiisi'ques ou oxleriies sont tollenient altadiôs aux originaux qu'ils ne se reproduisent nulle part ailleurs. Les caractères intrinsèques , signes si évidents de supposilion ou de vérité, iraiitliouticité ou de suspicion, sont : le style propre aux cluutes, les dilVérentes manières successives d'ortliogia[)hier, le lan.Liap;e employé dans les chartes, les ditVérentes éjioques de l'usage des pluriels et des singuliers, les titres d'honneur pris et donnés dans les souscriptions et les suscriptions des chartes, les noms et surnoms et le nombre (iistinctif des pi-inces de même nom, les diverses invocations tant explicites ([ue cachées, les adresses, les débuts, les préambules avec leurs clauses tant dérogatoires ([uecomminatou'es, les salutations ou adieu final, les formules générales, le.^ annonces de précaution, les dates, les signatures, etc. Les changements de régne ou les pertes des chartes mêmes en ont souvent occasionné le renouvellement (v. Diplomatiques). — On appelle cartulaires les recueils de chartes d'une même maison , arrangées suivant l'ordre chronologique ou autrement. Le chartrier est le lieu où les chartes d'une même maison sont mises en dépôt. On emploie ([uelquelbis indistinctement les mots cartuhiire et rlnirtrier dans le sens de recueil de chartes. — Il existe à Paris, sous le nom û'école nnjale des Chartes, un établissement entretenu par le gouvernement au piofit d'un petit nombre d'élèves, pensionnaires et autres, et dont le but est de favoriser l'é-
' tude des monuments de notre histoire nationale et de former de bons archivistes ou bibliothécaires.
Charte (grande). Cette dénomination est spécialement réservée à une charte que les barons anglais obtinrent, en l'2l5, du roi Jean. La grande charte, à laquelle les écrivains anglais conservent quel-
^[uefois sa dénomination latine de mar/na charta , usitée au moyen âge , est devenue, par une longue suite de conijuètes jiolitiques et de guerres civiles, cette constitution d'Angleterre qui a fait ])endant si long-temps l'orgueil de cette nation, et a ouvert en Europe l'ère des gouvernements représentatifs. Les écrivains nationaux ont souvent pris à tâche d'en faire remonter l'oriLine jus([u'au régne d'Èdouard-le-Conlesseur, prétendant que ce |)rince avait concédé à ses sujets plusieurs chartes, dont la charte appelée (jrande ne fit que reproduire les dispositions principales. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'en examinant avec attention la grande charte, on trouve dans la nature même de son contenu les motifs de croire qu'elle ne créait pas des droits nouveaux, mais qu'elle reconnaissait seulement d'anciens droits revendiqués avec plus de force sous le roi Jean, et consacrés solennellomont par co prmce. File contient les grand*;
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liiiiicipcs de la liluTlé |)(jliUqiie des Anj^lais; ainsi le l-^'' article stipule la liberté de l'éi^lise d'Angleterre et la pleine jouissance de ses droits. Les articles 2, 3 et i enlèvent au roi le droit qu'il s'était arroijé de saisii- les terres des seiu;neurs à la mort d(>s titulaires, et n'imposent aux hérili(>rs que le paiem(>nt d'un droit de succession. Les articles îi et (i rèiïlent la i!;ar(le-nul)le de ses biens ; les articles 7, S el 9 relaient l(\s droits des veuves; les articles 10 et 1 ! défendent la saisie des lei'res pour dettes, tant que les biens des débiteurs ou de leuis cautions peuvent sullire à les payer. L'article 14 déclare fiu'aucun impôt ne saurait ètie établi que par le conseil a;énéral, si ce n'est pour la rani^'on i\i\ roi, la réception de son fils armé comme clievalier et le mariaiio de sa iille aînée. Les articles 15 et IG stipulent les immimités de la ville de Londres et autres villes et l)Our'iîs du royaume. Les 17, 18 et 19''^ rèii;lent les formes de convocation du conseil général [common council) , origine du parlement d'Angleterre, mais oîi le peuple n'eut accès que plus tard. L'article 20 interdit aux barons de lever des subsides sur lein-s vassaux hors les cas prévus par l'article 1 i. Les articles 21, 22 et 23 établissent des cours de police sédentaires dans les comtés. Les articles 2i, 25 et 26 garantissent aux marchands et aux laboureurs, c'est-à-dire au peuple, la libre jouissance et possession de leurs instruments de travail. Les articles 27 et 28 stipulent que les amendes qui frappent les seigneurs clercs ou laïques ne pourront être infligées que ])ar leurs pairs. Les articles 33 et 34 assurent la libre possession des héritages aux ayants droit ; les articles 35-29 protègent les particuliers contre les exactions des baillis, shérifs, constables et autres ofiiciers du roi. Les autres articles enfin interdisent aux baillis de juger sur une simple accusation et sans témoignages dignes de foi; stipulent (|u'aucun homme libre ne pourra être arrêté, dépouillé de ses biens ou mis à mort que par le jugement de ses pairs, etc., etc.
Charte constitutionnelle , acte d'atTranchissement donné par Louis XVIII en 1814. Il consacrait un gouvernement constitutionnel en harmonie avec les besoins nouveaux. — Cette charte bit modifiée dans plusieurs de ses dispositions les plus importantes, en 1830, apiés la révolution de juillet (v. Franco).
Charte normande , acte par lequel Louis X, dit le Hutin, roi de France, corrobora, en 1315, les franchises et privilèges que les Normands tenaient de leurs ducs. Cette charte fut confirmi''(> par plusieurs de nos rois , notanmient par Philippe de Valois , en 1330 ; par Louis XI, en 1461 , et en dernier lieu par Henri III, en l.")79. La plujiai't des dispositions de la charte normande avaient cessé de|)uis long-t(>mps d'être en vigueur; cependant .son anloiilé
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paraissail li'llo, que justlira la irMiluliim de ITSi) les ordoimanro:;, édil.s, etc., qui devaient être exécutés en Normandie, se terminaieni toujours par la clause ïioiiofif^tanl rliniu'uvdt' haro, rlKtrtc normaudc, t't U'Urcs à ce conliaiirs.
Charte-partie. Ce uiot, qui est synonviiie de police d'ajfn'tomoil, (Icsii^ne l'acte rédiiié pour constater le contrai d'aHréleinent total ou })artiel d'un navire. Cet acte a été nouinié charte-partie, pareil qu'autrefois on l'écrivait deux ou plusieurs l'ois sur un même parchemin, ([ui était ensuite divisé entre les contractants.
Chartier (Alain), poète, orateur, historien, né à Baveux eu ■i:i8ti, mort à Aviiznon en liiD, et, selon queUpies écrivains, en
I i;i7 ou I inS. Pasquier raconte que Marguerite d'Ecosse, première i'enuiie du dauphin, depuis Louis XI, ayant vu Chartier endormi sur une chaise, « l'alla baiser en la bouche; chose dont s'estant quel- ([ues-uns esmerveillés, parce que nature avait enchâssé en lui un bel esprit dans un corps laid », la princesse répondit qu'elle n'avait pas baisé l'honmie, mais la bouclie d'où sortaient tant de belles choses. On doit à Chartier l'Histoire de Charles VII. — Jean, son frère, religieux de l'abbaye de St-Denis, a mis en ordre \es Grandes Chroniques de France, et y a joint l'histoire du rèi;ncde Charles VII.
II vivait encore en l'année 1461 .
Chartrain ipays) (v. Chartres).
Cbartre-privée. On se servait anciennement du mot chartre comme synonyme de prison, et il vient en effet d'un mot latin qui a ce sens. On nommait chartre-privée tout lieu, autre que la prison publique, où une personne était retenue sans l'autorisation de la justice. Le droit romain punissait de mort quiconque se rendait coupable de ce délit. L'ordonnance de 1690 défendait aussi de retenir un individu en chartre-privée. Aujourd'hui cette expression n'est plus usitée, mais le Code d'instruction criminelle a de nouveau sévèrement interdit le fait.
Chartres, capilalc (lu pays chartiain qui faisait jadis partie de la Beauce. F-es Carnutes, peuple d'origine gallo-kymrique, habitaient cette ville au temps où .1. César fit la conquête des Gaules. Leurs villes principales étaient .4u^^/cH))i, aujourd'hui Chartres, eXGenabum, aujourd'hui Orléans suivant les uns, et Gien suivant les autres. — Aujourd'hui Chartres, située à 7."i kilomètres 1/2 de Paris, es! le chef-lieu du département d'Eure-et-Loir. Cette ville est le siège d'un évêchè et compte dans son sein plusieurs établissements publics assez nnportants. La cathédrale est remarquable : c'est un véritable chef-d'œuvre d'architecture gothique, et on adiniri* surfout la hardiesse de ses ilèches. Pendant la révolution
quelques parties de rintérieur ont été ilélrulles, et dernièrenioni la toiture a été la proie des llainnies. Le principal commerce de Chartres est celui des grains et des laines. Ses pâtés de volaille sont renonmiés. Sa population est de li.iil habitants. — Les Anglais, sous le règne de Charles VI, prirent Cliartres, qui fut reprise par Dunoisen ■1i32. Les calvinistes l'assiégèrent inutilement en 1 568; Henri IV la prit en 1 591 , et y lut sacré, en ! 593, par l'évè- (jue de Thou. — Depuis la lin du ix" siècle des comtes héréditaires, tpii possédaient aussi les comtés de Blois et de Champagne, gouvernèrent cette ville. Ensuite elle ap[)artint à la maison de Cliàtillon. l'liilippe-le-15el en lit l'acquisition et la donna à son frère, et Philippe de Valois la réunit à la couronne. François P'" l'aliéna de nouveau ; mais, en '1623 , Louis XIII la racheta. Ce comté fut ensuite érigé en duché et donné en apanage à la maison d'Orléans.
Chartreuse (la grande), monastère du département de l'Isère, situé à 25 kilomètres de Grenoble , dans le canton de St-Laurentdu-Pont, au milieu d'un désert entouré de montagnes agrestes et d'énormes rochers pelés. On n'y parvient que par un chemin étroit et de diilicile accès, qu'il a fallu se frayer en coupant des montagnes, en perçant des rochers et en jetant des ponts sur des torrents et des précipices. Ce célèbre monastère se compose de deux corps de bâtiments eu forme de parallélogramme, dont l'un est dirigé obliquement contre l'autre, et forme avec lui un angle aigu. Le premier contient le logement du général , les cuisines, le réfectoire, la salle du chapitre et l'église. Le second forme le cloître, contre lequel sont rangées les cellules des religieux, au nombre de oi. Ce cloître est composé de 3 cours parallèles. Le cimetière occupe celle du milieu. Une multitude de petites arcades à vitres plombées éclairent ces longs corridors, qu'on ne peut parcourir sans une vive émotion, i fontaines d'une eau aussi froide que la glace, destinée à l'usage des religieux, interrompent seules le silence qui règne sous ces voûtes. Tous ces bâtiments sont entourés de jardins et de cours assez vastes, et fermés de murs sur une longueur d'environ 800 mètres et une largeur de 700.
Chartreux, religieux ainsi appelés du désert nommé Chartreuse (v. ci-dessus), situé dans le diocèse de Grenoble, où ils ont pris naissance, et qui est encore leur chef d'ordre. Saint Biimo, chanoine de Reims, fonda cet ordre en ! 086 ; mais il ne laissa pas de règle écrile. Celle-ci fut l'œuvre de Guignes, 5'' prieur-général, mort en 1 1 37, et elle reçut, avec le temps, plusiem-s mn:lili(at!ons. Cet ordre passe pour un des plus austères de l'église. Sa règle impose les abstinences, le travail des mains, le silence perpétuel, les pratiques.
!■'- vi'illts cl ks pri\alioiis de loiili' luiliirc. l.cs (■liai'tri'ii\ |j(Hifiil 11110 robo (le ilrap blanc, scnvp d'iiiio ceinture de cuir blanc (111 de corde, avec une petite ciiculle et un eapuce de la même ctuU'e. Au chœur cette robe est plus ample et plus lonj^ue; (piand ils sortent, ils la convient d'une cliape et d'un capuce de couleur noire. Ils portent continuellement le cilite et un lumbar ou ceinture de corde sur la cliair. Us couclient sur des paillasses et ne se ser- ^ enl (jue de linceuls et de chemises de ser2;e. Les chartreux avaient quelques communautés de lilles, c[ui suivaient, autant (jne cela était possible, la réjj,le .les hommes.
Charybde, tjouih'e du tlétroit de Sicile, situé \ is-à-vis d'un roclici' lrés-(lan^ereu\ nommé Scylla. Cet écueil, redouté des navii^ateurs, eni;loutissait les Ilots ."5 l'ois le jour , et îi fois les vomissait avec d'horribles mugissements. Ulysse perdit dans ce goullre presque toute sa Hotte. La proximité de Charybde et de Scylla a donné lieu au proverbe : Tomber de Cliarybde en ScijUa , que l'on applique à ceux cpii, pour éviter un mal, tombent dans un autre plus grand.
Chasse. Ce mot porte avec lui deux idées : celle de poursuite et celle de destruction. Les premiers peuples dont parle l'histoire sont tous signalés comme chasseurs, et les peuplades nouvelles que l'on découvre de nos jours ne vivent que de la chasse ou de la pèche. L'homme civilisé ne s'y livre pas pour satisfaire sa faim. Cet exercice est pour lui un besoin , une passion , un noble métier. Les rois et les seigneurs étaient autrefois si jaloux de ce privilège, (jue des l'an 811 on trouve des otïiciers revêtus des titres de fauconnier, de veneur, et que le simple fait de chasse illicite fut puni de mort jusqu'à l'ordonnance de -1669. En 1789 il fut reconnu (jue chacun pouvait chasser sur son propre fonds, en se conformant aux règlements ({ue nécessitait la conserv ation des récoltes. Plus tard, 2 décrets, l'un du ! I juillet 1810, l'autre du i- mai 1812, imposèrent l'obligation, moyennant linance, de se munir d'un port d'armes, sous peine d'une amende de (iO fr. et de la conliscation de l'arme. Telle est encore la législation en matière de chasse. Dans les temps anciens, si l'on excepte la chasse aux pièges, les seuls moyens de destruction étaient la tlèche et le javelot. La grande chasse se faisait à force de chiens. La chasse au vol d'oiseaux eut une grande vogue, surtout au moyen âge; mais depuis l'invention des armes à feu, et surtout depuis que le fusil, avec les divers perfectionnements qu'il a reçus, permet la chas.se en tout temps, la chasse aux pièges a été abandonnée aux braconniers. A pai t ({uelques grandes forêts ou quelques grands domaines, où les meules peuvent être encore lancr'es. on s'en lient à la chasse ordinaire aux
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(liions coiiranls ou aii\ cliicns courliaiils. L'orp;ane olfactif iHanl e\tri"^inenioiU développé rhoz cei'taines espèces de chiens, l'homme a su admirablement proliter de cette organisation. Cependant les chiens courants ne sont chasseurs que pour eux, et l'éducation la plussoii^née ne parvient pas toujoiu's à leur apprendre qu'ils doivent respecter le gibier dont ils se sont rendus maîtres. Lorsqu'ils sont lancés, ils n'ont i)as i)lutôt découvert la trace qu'ils en avertissent le chasseur |)ar des cris répétés, (jui indiquent la direction que suit la pièce atta(piée, et, à moins (ju'ils ne soient déroulés par quelque ruse, ils poursuivent sans relâche jusqu'à ce que la hèle soit forcée ; mais il faut (pie le chasseur soit là j)()ur leur enlever la proie^ sans quoi ils la déchireraient à belles dents : aussi se tient-il à Vaïïùl dans le lieu du pas.sage leplus favorable. Le chien dechassele plus suscei)tible d'une éducation complète est le cliien couchant ou chien d'arrêt : docile à la voix de son maitre, habile à surprendre ou à guetter le gibier, il le suit sans bruit jusqu'à ce que, par une espèce de fascination, il l'ait conduit sous le canon du chasseur. Le coup part, à l'instant le chien se précipite sur la proie, morte ou blessée, et la dépose triomphant aux pieds de son maître. Les chiens braques, les épagneuls et les grilfons. sont ceux qui guettent, arrêtent et rapportent le mieux. Ces trois qualités constituent le bon chien de chasse (v. Vénerie , Meute).
Chasse. On iiomme (liasse, en termes de musique, certains airs, certaines fanfares de cors ou d'autres instruments dont la mesure, le rhydime et le mouvement rappellent les airs que ces mêmes cors donnent à la chasse. On appelle encore chasse une symphonie , une ouverture dont les divers motifs sont des airs de chasse, telle que Vouverture (h\ jeune Henri, par Méhul. On donne eulin le caractère et le mouvement d'une chasse à un chœur, à \u\ air : les opéras de Didon, doi Bardes, V Oratorio des saisons de Haydn, (iuillaume Tell de Rossini, en sont des exemples.
Châsse ( mot que Ménage fait dériver d'un mot latin signifiant hoite) , vaisseau propre à contenir le corps ou les reliques d'un saint. On attribue à saint Éloi un grand nombre de châsses que l'on peut regarder comme des plus anciennes et îles plus riches. Dans des temps moins reculés, les châsses avaient la forme d'églises appelées gothiques. Les matériaux les plus précieux entraient dans leur composition; mais le travail n'allait pas toujours de pair avec la matière. On conserve encore dans quelques villes des châsses riches de souvenirs et de travail (v. Reliques). Les châsses ont été détruites à diverses épocpies : en Orient, au v*" siècle, par les «conoclastes (v.); en Europe, aux ix*" et x*' siècles, jiar les Normands: vers la fin du xvi'^siècle par lescal vinistes, et en 1 793 par les révolutionnaires.
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Chasse-Marée. On donne ce non» a un pclil naxiro (ini si'il au cabolag(> dans la Manche. Il est employé snrtout an transport de la marée. An moyeu d'une perche, ou oriente facilement la voile-carrée (pii est à chacun de ses deux niàts. Son i^réement très-léger et la fbrine de sa carène, très-propre à bien tenii-, en fout une embarcatiou qui convient aux mers ,-^^ étroites, dont la uavii^ation est souvent "■"~^~^, ,, ,
..,,. ., . •1, C/iassc-Marcc.
dilucile et périlleuse.
Chasseurs (art uiilitaire). C'est en I7i0 que pour la premièie fuis ou doiuia ce nom à une partie de l'armée. Le mot seul indique que pour entrer dans ce corps il fallait un soklat leste , nerveux , bon tireur et habile à se battre isolé. 11 y eut deschasseurs à pied et des chasseurs à cheval, mais ni les uns ni les autres ne fournirent dans le principe une arme spéciale et distincte. A chaque régiment de dragons fut attaché un escadron de chasseurs, et les chasseurs à pied des légions mixtes de Louis XV étaient comme l'infanterie légère des chasseurs à che\al. Aujourd'hui les chasseurs à cheval forment plusieurs régiments de cavalerie légère, et les chasseurs à pied, si propres à la guerre de tirailleurs , se forment en compagnies d élite ou en bataillons d'infanterie légère, sans que leur costume, leur instruction et leur équi[)ement aient rien de particulier et en ra|)port à leur nom. — Les chasseurs d'Afrique stationnés à Alger, Boue, Oran, ont un uniforme i)articulier.
Chasuble, habillement ecclésiastique que le prêtre porte sur 1 aube quand il célèbre la messe. C'est l'insigne caractéristique de la prêtrise.
Chat. Ce manunifère appartient à l'ordre des carnassiers, à la famille des carnivores et à la tribu des digitigrades. Il a la tète grosse, garnie de fortes moustaches; son cou est épais, son corps étroit et allongé ; ses pattes sont fortes et peu élevées, celles de devant surtout , dont il se sert avec une adresse admirable ; 1 2 incisiv es et 4 énormes canines garnissent ses mâchoires; ses ongles aigus et tranchants se cachent entre les doigts, dans l'état de repos, par l'etfet de ligaments élastiipies. Le chat, malgré la brièveté de son museau, a l'odorat très-développé. 11 marche sans bruit, avec lenteur et précaution, et c'est presque en raini)ant qu'il fond sur sa l>roie. Les Égvpliens le révéraient comme un dieu, et le représentaient dans leurs temples sous sa forme naturelle ou sous la ligure d'an homme à tète de chat. — Les espèces qui ont conservé le nom générique sont : le chat ordinaire, le chat domestique tigré, le plus
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(l(<li;iiit t't 11' moins taiiiilit;r; le cluil desCliarliciix, d'un poil lin, loni; cl d'une belle couleur i;ris-ardoise; le chat d'Espagne, dont la robe est taehée par iilaipies irrégulières de blanc, de roux vif et de noir ; le clial d'Angora, dont le i)oil est doux, soyeux et très-long; le chat cervier, ([ui vit dans les i'orèts de l'Amérique septentrionale, et dont la fourrui-e est très-recherchée; le chat sauvage, rpii se tient dans les lieux l)oisés où il se cache pour se jeter à l'improviste sui' les oiseaux, les rats des bois, les perdrix, les faisans, etc. — Le lion, le tigre, le jaguar, la panthère, le léopard, le guépard, leconguard. le hnx ou loup-cervier, appartiennent au genre chat dont ils ne diffèrent plus ou moins cpie |)ar la force supérieure (|ui accom|)agne nécessairement une taille beaucoup plus grande.
Chats (concerts de). Dans les fêtes données jtar la ville de Bruxelles en 1549, à l'occasion de la visite que Philippe, |)rince de ('astille, lit à son père Charles-Quint, on remarqua une singularitc curieuse. Dans le cortège ligurait, assis sur un chariot, un ours (pii touchait un orgue composé non de tuyaux, comme les autres, mais d'une vingtaine de chats enfermés séparément dans des caisses étroites où ils ne pouvaient se remuer. Leurs queues sortaient en haut et étaient liées par des cordes attachées au registre de l'orgue ; à mesure que l'ours en pressait les touches, il faisait lever ces cordes et tirait les cpieues des chats pour leur faire miauler des basses, des tailles et des dessus avec tant de mesure et de justesse (jue de cette musique grotesque il ne sortait pas un faux ton. 11 y a une trentaine d'années, on donna à Londres un pareil concert de chats. Cela rappelle le concert de pourceaux imaginé par Louis >vl.
Châtaigne. IVuit du châtaignier. On en connaît plusieurs vaiiétés (pie leur grosseur ou leur bonté rendent plus ou moins recoramantiables. En i ■'' ligne est le marron, châtaigne qui devient plus grosse parce qu'elle est ordinairement seule dans son enveloppe épineuse nommée hérisson, phu ou brou On les fait généralement rôtir ou cidre sous la cendre. Elles sont cependant bien préférables cuites a l'eau, surtout si on a soin de les dé[)Ouiller de leur '1'" enveloppe. — Le nom de châtaigne a été donné aussi à l'espèce de corne tendre et sans ])oil (|iie les chevaux ont à la partie intérieure de la jambe au-dessus du genou. — Dans le langage usuel, le nom de châtaigne s'applique à certains animaux, par exemple aux oursins que l'on appell(> châtaignes de mvv sur les côtes de la Saintonge et de la Normandie.
Châtaigneraie (diiol de .larnac et de F^a). En loiT les obsèques de François 1'''' étaient à peine terminées quand François de Vivonne, sieur de La Châtaigneraie, sollicita le nouveau roi de France.
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lleiiii 11, (II' lui nci'oiik'i' k' cliamp-cius |»uiir tuinholtrc a oiiliaiice conlre Gui-C-liabot, sire de Janiac. Henri llconsoiilit au {oiiibat. Les lices furent ouvertes le 10 juillet, à 6 heures du matin, à Sl- Gerniain-en-Laye. Le roi y assista avec toute sa cour. On fit le choix des armes avec tous les rites de l'ancienne chevalerie. Lorsqu'un des liérauts d'armes s'écria : « Laissez aller les bons combattants! » ils s'élanct'rent l'un sur l'autre; après i)lusieurs coups d'é|)ée, La Chàlaii^neraie tomba bkvsé au jarret d'une manière inattendue, d'où est venu le terme pro\ erbial : recevoir un coup de Jornac. Le vainiiueur ne voulut point achever son ennemi ainsi renversé ; Henri II le re^ut à merci ; mais La Châtaigneraie arracha les bandages de sa blessure et mourut de rage plus que de souflrances. Jarnac lui succéda dans la faveur de Henri H.
Châtaignier, grand arbre de rEuro[)e tempérée. Il est de la famille des ainentacécs, et placé par plusieurs botanistes dans le genre hêtre. Dans certains endroits il vient dans les forêts; ailleurs on le cultive comme arbre fruitier. Sa hauteur ordinaire est d'environ Va mètres, sa grosseur de 2 mètres; cependant elle augmente parfois de telle sorte, que les bergers y creusent des abris où ils peuvent s'étendre dans toute leur longueur. On cite entre autres le célèbre châtaignier de 1 Etna, dont l'ombrage couvrait, dit-on, 100 cavaliers. Les branches du châtaignier sont fortes , longues et garnies d'un feuillage très-épais. Ses feuilles sont oblongues, fortement dentées. Vers la fin du mois de juin le châtaignier se couvre dune Heur d'un blanc-jaune et d'une odeur très-agréable. Apres la défloraison , le fruit apparaît sous une forme ronde. A mesure qu'il grossit, l'enveloppe qui le couvre s'arme de pointes aiguës. Parvenue à sa maturité, cette enveloppe se déchire et laisse tomber le fruit qui est de couleur foncée , garni d'une petite auréole blanche. On cite des châtaigniers qui ont près de 600 ans, mais il est rare d'en rencontrer d'une pareille vétusté. Le bois de cet arbre, mauvais- pour le chauffage, ne donne qu'un charbon peu estimé. S'il est employé dans la construction, il conserve à l'intérieur une longue solidité; mais lorsqu'il est exposé aux variations de l'atmosphère il se gerce, se déchire et se pourrit en très-peu de temps.
Château. Ce mot a reçu deux acceptions différentes. — Suivant celle qui est de beaucoup la plus moderne , on appelle ainsi une vaste maison de plaisance, habitation d'un riche particulier, d'un prince, etc. : dans ce dernier sens il est synonyme de palaif^. La France en possédait jadis un grand nombre, peuplés de souvenirs illustres ou remarquables par le luxe et l'élégance de leurs accessoires ou le charme de leur situation. Beaucoup ont été dé- II. ">'i
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tnii(s par diverses caiisos dopiiis 1789. LAiiij;lelcrre, l'Italie et la Haiile-Allcma:.,Mie sont fort riches en édifices de ce genre. — ■ Dans sa seconde acception, le mol château désij^ne, chez nos pins vieux historiens, un bâtiment fortifié, jilacé d'ordinaire sur une hauteur, et destiné à défendre soit un passage ou une position importante, soit la ville nièmc (pii s'était peu à peu élevée alentour. La féodalité couvrit l'Europe de cliàleaux ; trés-peu se sont conservés intacts; beaucoup oIVrent des ruines pittoresques ([ue les antiquaires et les voyageurs visitent avec curiosité (v. Donjon , Citadelle, etc.). Le mot château est encore employé, comme terme de marine, pour désigner le- deux |)arties élevées qui forment les extrémités du navire, et qu'on nomme aussi gatUards. Enfin, on a donné le nom de château-d'eau à une machine plus ou moins compliquée, qui a pour objet d'élever les eaux qu'elle distribue ensuite aux fontaines d'une ville, ou seulement dans un parc comme objet de pur ornement.
Chateauroux, v'ilc de France à i'M) kilomètres de Paris, cheflieu (lu dépaitcment de l'Indre, siège d'une cour d'assises, d'un tribunal de 1''^ instance , d'un tribunal de commerce, etc., compte environ 1 2,000 habitants. L'industrie y est assez animée, et l'on y l'ait un commerce considérable de grains, fers, laines, volailles, gros et menu bétail. On y remarque un très-beau parc de construction d'équi|)ages militaires. Généralement mal bâtie, mal percée, elle est située dans une belle et vaste plaine, près de la rive gauche de rindie. Fondée vers le milieu du x'= siècle, elle fut incendiée en 1 088 et rebâtie peu de temps après. Louis XIII l'érigea en duché-pairie en faveur de Henri de Boui'bon; depuis, ce duché fut donné par Loui- XV a l'une de ses favorites, dont l'article suit.
Châteauroux ( Anne-Marie de Ncsle , duchesse de), née vers lan 1717, mariée en 1734 au marquis de La Tournelle, veuve en I7i2, favorite de Louis XV et dame du palais de la reine en 174.3, morte en 1744. Elle exigea que son titre fût changé en celui de duchesse de Châteauroux. Le roi y consentit, ajoutant 80,000 livres de rente à la dignité. Madame de Châteauroux crut se réhabiliter en inspirant au vo\ le désir de la gloire; mais on ne lui i)ardonna pas ses prodigalités. Elle fit dépenser 1,200,000 livres à Choisy, dont elle aimait le séjour. Craignant les remontrances d'Orry, son conliôlcur-général, Louis XV lui fit remettre par tm tieis le mémoii e qu'il n'avait osé lui donner, et fut agréal)lemenl suipris (piand l'habile coiutisau lui dit : « Sire, je suis étonné de la modicité de la sonnne; et j'ai mis en réserve pour cet objet 1,500,000 livres. La duchesse suivit le roi à larmée; mais Louis \V étant tombé malade a Metz, il se décida à éloigner la fa\o-
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rite. Dans son triijel do Mot/, à Paris, oollo-ii lia accablôo diiijuros par lo poiiplo dos cainpaiînos, et ne se déroba aux mauvais trailomonts dont on la n»ona(,ail ([uen prenant dos cliemins détournés ou on traversant à [)ied et incoiinilu plnsieurs villages. Le roi la rappela dès qu'il lut de retour; mais la mort subite de la ducliesse de Chàleauroux (I7ii) mil un terme à ce scandale.
Chàtel (Jean , lils d'un marohand-drapior de Paris, fut élevé par les jésuites; sa jeunesse ne l'ut pas réi^iilicre. Dominé par une exaltation fébrile, mais dépourvu de force ti'àme, il s'imai^ina ([u'il i^a.^norait le paradis s'il parvenait à délivrer la France du tyran qui roj)primait; c'est amsi qu'on appelait encore Henri IV avant sa réconciliation avec l'église. En 1 591, un jour que ce prince donnait audience à i officiers, Chàtel, qui s'était glissé dans la foule, saisit le moment favorable et porta au roi un coup de couteau qui l'atteignit à la lèvre supérieure et lui cassa une dent. L'assassin fut arrêté malgré le roi, qui voulait qu'on le relâchât. Condamné à être tiré à i chevaux après avoir été tenaillé, il mourut avec fermeté. Sa famille fut bannie, la maison de son père rasée, et sur l'emplacement l'on éleva une colonne portant une inscription qui rappelait son crime. Elle fut renversée 10 ans après.
Chàtel (Tanneguy du), issu d'une ancienne maison de Bretagne, se fit connaître de bonne heure par ses exploits guerriers. Dans les querelles sanglantes des Armagnacs et des Bouiguignons, il montra un dévouement sans bornes pour le dauphin, qui fut depuis Charles Vil. En I il 9, un complot ayant livré Paris aux Bourguignons, du Chàtel s'enferma avec le dauphin dans la Bastille, d'où il le transporta àMelun. S'il faut on croire quelques historiens, ce fut lui qui assassina, dans l'entrevue du pont de Montereau, Jean-Sans- Peur, duc de Bourgogne, l'ennemi le plus dangereux du dauphin. Plus tard Charles VII sacrifia du Chàtel au connétable de Richemond. Il l'envoya en Provence, dont il fut grand-sénéchal en 14i.3. Tanneguy du Chàtel avait rempli les fondions d'ambassadeur a Rome, lorsqu'il mourut dans un âge avancé, en \H9.
Châtelain et châtellenie. Les commandants des bourgs fortifiés ou châteaux étaient appelés châtelains. On donnait le nom de châtellenie à leur seigneurie et à leur juridiction. Après avoir été longtemps de simples offices, les chàtellenies devinrent des fiefs et même des propriétés héréditaires. Seulement on distingua le seigneur-châtelain, propriétaire de l'autoiité militaire et civile dans l'étendue du bourg et de son territoire; Ql\c jiuje-châlehiin, investi, par commission, de celle autorité dans la mémo enclave , touchant le fait de la justice.
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Chàtelet iLiriincI cl IVtil). I.c (iiand-Chùtelet était, clans l'orii^iiu*, iinel'ortores>eclostinécà la défense de Paris; cl Ton a prétendu qu'elle lut i)àtie du temps de Jules César. En 860, sous le règne de Cliarles-k'-Gros, les Normands furent arrêtés dans leurs dévastations par celte forteresse, dont ils ne purent se rendre maîtres. Sous l.ouis IX, de l'an 1242 à 1265, cet édilice fut agrandi et réparé; de l'an I ifiO à 1 506 et en 1 68 i, on y fit aussi des constructions nouvelles; enfin il fut démoli en IH02. Il était situé au bout du Pont-au- Change, sur remplacement actuel de la place du Cliàtelet. — Le Pc///- ChàhAel était situé à lextrémité du Petit-Pont. Le plus ancien titre qui en fasse mention est daté de l'an 1222, sous Philippe-Auguste. 11 fut rebâti en 1360. En 1402 c'était le logement du prévôt de Pari-; au wiir siècle il servit de prison jusqu'en 1782, où il fut entièrement démoli. Les arrêts du Chàtelet, devenu le siège du présidial, étaient exécutoires dans toute la France. — Il y avait aussi un tribunal du Chàtelet à Orléans, à Montpellier, etc.
Chàtelet ((iabrielle-Émilie, marquise du), née en 1706, mourut à Lunévilleen 1749. L'éducation que son père, le baron de Breteuil , lui fit donner, était plus soignée que colle qui était alors en usage pour les filles même des plus grands seigneurs. Elle parlait l'anglais, l'italien , et possédait la langue latine assez bien pour s'occuper d'une traduction de Virgile. L'élude des sciences auxquelles elle se livra sans réserve lui fit abandonner les occupations purement littéraires. Son premier ouvrage fut une Dissertation sur la i^ature du feu. Deux ans plus tard, elle publia des Institutions de physique . Sa traduction des Principes de Newton terminée dans le palais du roi Stanislas, qui l'avait app.-l.'e à sa cour, ne parut qu'en l7o6. En 1816 on puljlia un volume contoiiant des lettres inédites de madame du Chàtelet et deux traités également inédits, l'un sur le Bonheur, l'autre sur V Existence de Dieu. Bonne et obligeante même pour les critiques, madame du Chàtelet a la gloire d'avoir été une femme célèbre sans orgueil , savante sans pédantisme. Elle fut l'amie de Voltaire, qui la regretta vivement et lui fit cette épitaphe :
L'univers a perdu la sublime Emilie ; Elle aima les plaisirs, les arts, la vérité.
Les dieux, en lui donnant la vie, Xe s'étaient réservé que l'immortalité.
Chatham (William Pitt, lord), né à "Westminster en 1708, petitfils de Thomas Pitt, gouverneur du fort Saint-Georges à Madras, lequel avait vendu au roi de France, pour une somme de 2,000,000, le fameux diamant qui porte encore son nom. Mais son père ne lui avant laissé que 100 livres sterling de rentes, ses parents lui ache-
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If'rent une cornette de cavalerie, ('elle carriiM'e convenait aussi peu à ses iiioi'lts f|Ui~i sa santé. Il se voua donc au tianrau , où il {il)liiit de grands succès. Le choix de ses concitoyens l'appela en I7.5;) à siéger au parlement, et la chambre des communes le proclama bientôt l'un de ses premiers orateurs. Son opposition au fameux ministre Robert Walpole lui attira des persécutions dcs(]uelles date sa popularité. Hn 17oG, il entra dans le cabinet formé |)ar le duc de XcNvcastle, et il introduisit d'utiles réformes dans le département qui lui était confié. Les circonstances le décidèrent à donner sa démission et à rentrer dans les rangs de l'opposition. Revenu aux affaires la même année, il en fut éloigné en 1757. Au bout de quelques mois, sur les instances de Fox lui-même, son rival, il fut rétabli dans l'emploi de principal secrétaire d'état, exerçant les fonctions de premier ministre. Il s'attacha surtout à arrêter les ^uccés des Français en Amérique et leur suscita de grands embarras en Allemagne. Les deux Indes virent les triomphes de l'Angleterre, qui parvint alors au plus haut point de prospérité. Après la mort de Georges II, en 1760, Pitt resta à la tète des affaires; mais la conclusion du pactf de finniUc et le rejet des mesures proposées par lui contre l'Espagne, le déterminèrent à résigner ses emplois. Lorsqu'il fut question, en 1762, de sanctionner la paix avantageuse conclue avec la France, Pitt, persévérant dans son opposition systémaliciue, se fit porter, malgré de vives soutTranccs, au parlement pour y combattre le traité; il obtint la faveur inusitée de parler assis; mais cette fois il déploya sans succès son éloquence. En 'I76i, il défendit énergiquement la presse et la liberté des auteurs, contre lesquels le ministère proposait les mesures les plus rigoureuses. En 1744, la duchesse douairière de Mariborougli lui avait légué par testament 10,000 livres sterling, « à cause, disait-elle, . de son mérite personnel et du noble désintéressement avec lequel il avait soutenu l'autorité de- lois et empêché la ruine de l'Angleterre. » En i76o, le testament d'un riche seigneur anglais, qui déshérita toute sa famille en faveur de W. Pitt, offrit le second exemple d'une de ces admirations passionnées pour le talent (pii sont particulières aux Anglais. En 1766 Pitt fut chargé encore une fois de former le cabinet. Ce fut à cette époque que le grand di'puU-. dos cummuiK'f; passa dans la chambre haute avec le titre de vicomlo Pitt, comte de Chatham. Des ce jour, sa popularité reçut une profonde atteinte, et sa santé délabrée le força bientôt de se retirer du cabinet. Il parut souvent toutefois dans la chambre haute, où il proposa à plusieurs reprises d'entrer en conciliation avec les insurgés d'.\méri(pie. Lor.-qiie lord Richmoiid piciprisa de i-cr(in:',aîlre l'indé-
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|K'ii(laiice <k' CCS colonies, hn\\ ('.li;illuiiii , |ircs([iic moiininl , se rendit à la chambre. Dans cette mémorable séance du 7 avril 1778, il s'éleva à la plus haute éloquence; au m.oment de répliquer encore une fois au ministre, il tomba dans un état convulsif, et l'on fut obligé de l'emporter. 11 mourut un mois après, à l'âge de 70 ans. Une pension considérable fut allouée à ses héritiers, car il laissait sa fortune dans le plus déplorable état; et, sur la demande du parlement, un monument lui fut élevé dans l'abbaye de Westminster. AN'illiam Pilt, son second fils, continua la gloire de son nom.
Chat-huant, oiseau (le proie et nocturne, ainsi nommé parce que ses yeux sont semblables à ceu.x du chat et ses cris presque les mêmes que ceux que pousse ce quadrupède. Les pieds du chathuant sont garnis de plumes et ses ailes sont obtuses. Le fond du plumage chez la femelle est roussàtre et de couleur grise chez le mâle; mais chez tous les deux on remarque de grandes taches brunes et longitudinales. Le chat-huant habite pendant le jour dans le creux des arbres et en sort la nuit pour aller à la recherche de sa nourriture. Son apparition dans les campagnes est quelquefois dangereuse pour la volaille, et toujours elle est regardée par les habitants comme un sinistre présage.
Châtillon OU Chastillon (maison de). Plusieurs anciennes et puissantes familles de France ont porté ce nom : la plus célèbre de toutes est celle de Chàtillon-sur-Marne. Elle possédait de vastes domaines, se divisait en plusieurs branches, parmi lesquelles on remarquait les comtes et princes de Porcian ou Porcéan, et était alliée à plusieurs familles souveraines. Parmi les hommes célèbres qu'elle fournit, on remariiue Renaud de Châtillon, qui se rendit redoutable aux infidèles par ses [)illages. 11 fut pris avec Gui de Lusignan à la bataille de Tibériade (M 87). Saladin combla d'égards le roi captif; mais il immola de sa propre mainPicnaud, qu'il regardait comme un brigand.— Gaucher de Châtillon , né en 1249 , se signala comme guerrier, reçut l'épée de connétable de France en 1.302 et devint plus tard iiremier ministre. Dans ses terres, que des héritages avaient agrandies, il adoucit la condition des serfs et encouragea la culture des lettres; il commandait l'armée française a la bataille de Mont- Cassel en 1328, et mourut l'année suivante. La maison de Chàlillon-S!ir-Marne s'éteignit en 1702 ; une de ses branches avait occupé les comtés de Blois et de Chartres. Charles de Blois , qui appartenait à cette branche , disputa la Bretagne à Jean deMontfort. 11 fut tué à la bataille d'Aurai en l 'Mli. Il s'était fait admirer par sa piété, el il fut c|uelque tem[)s ([uestion de le canoniser. — Une autre maison de CliAlilion , moins puissante, mais qui ne manquait pas d'illustre"-
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lion, roiiinil a la l'iaiici' l'ainiial ('.()li.;iiy l'I ses ficros Dandelot ot 0(k>l.
Chàtillon-sur-Seine , tlicf-licu (rarrundiïSC'iiiciU du dcparlemenl de la Côto-d'Or. célelHC par les conlV'rences avec les alliés, qui s'y tinrent, en 181 i, au nom de Napoléon. Les alliés y changèrent les bases précédenunent élablies jiar eux à Francfort; mais comme leurs nouvelles propositions , faites sous rinlliienct^ de (luchpies succès, tendaient à rallaiblissement de la France et à l'humilialion de Napoléon, ces conférences restèrent sans résultats.
Chaton, siguilic proprement un petit chat. — Imi botanique , il désigne un assemblage de lleurs disposées en épi sur un |)é(loncule commun. — Kn termes de liijouterie, on appelle ainsi la partie d'une monture ([ui contient le diamant et dont les bords supérieurs sont rabattus sur la pierre. — La partie de l'œil où le cristallin se trouve enchâssé prend aussi le nom de chaton.
Chatterton (Thomas), naquit à Biislol en i7o2, peu de temps après la mort de son père. Ses parents étant pauvres, il entra à 8 ans à l'école de charité de Colston, où bientôt la lecture devint pour lui une passion. Son I^'' écrit fut une salire contre un méthodiste qui avait abandonné sa secte par intérêt. Cet ouvrage lui valut des encouragements. A 14 ans il entra chez un notaire de Bristol. Il y était depuis deux années lorsque, parmi les papiers ijui avaient appartenu à son père, il en trouva un grand nombre du xv siècle. 11 les étudia avec ardeur et passa un an à composer, en vieux langage, quelques poèmes qu'il attribua à d'anciens auteurs. Désirant se livrer tout entier à la poésie , il écrivit , à cette époque, -3 lettres consécutives à Horace Walpole, qui répondit poliment aux 2 premières et laissa la 3"^ sans réponse. Mécontent de sa position. Chatterton parvint à se libérer de son apprentissage en menaçant de se tuer, et vint à Londres, où la fortune parut d'abord lui sourire; mais, s'étant mêlé de politique, il tomba promptement dans la misère. Réduit à vivre de pain et d'eau, il passait i)arfois la journée sans manger. Enfin, après avoir fait une dernière tentative auprès du maire de Londres, qui lui offrit une place de valet, il s'empoisonna à 1 S ans. Ses principaux poèmes, écrits dans le style du xv"^ siècle, portent le nom deRowley. Il a laissé aussi des écrits en ])rose qui ont eu plusieurs éditions. M. Alfred de Vigny a fait de Chatterton le héros d'un drame remarquable. Le jeune homme orgueilleux s'est transformé sous sa plume en victime de l'injustice et de l'esprit de routine. Le drame de M. de Vigny reproduit la lutte éternelle de la [)oésie et du monde réel.
Chauderie, établissement pieux consacré dans les Indes à l'hos-
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pilalité. Les chaiuleries sont en L^éiirral descaravanséroïs constniils sur les {grandes routes ef destinés à fournir un aliri aux voyaij;eiirs surpris par la nuit ou les orai^es.
Chaudes ( Eaux) , siliiées dans une s^orge de la vallée d'Ossan (Basses-Pyrénées). Les Kaux Chaudes se eomposent (\q> 6 sourees suivantes : Luu Rcuj (le roi), dont la température est 26 degrés Réauinur; VArresserq (le moulin à soie), 20 degrés; la source liodul, 22 degrés; VEsquinelto (la clochette), 27 degrés; Lou Clôt (le tron), 23 degrés; enfin, la source jl/rtur/c/Z/e, qui est froide (9 degrés). Les Eaux ("liaudes étaient fort à la mode du temps de Henri IV ; sa sœur r.athei'ine les visita en 1591, ainsi que le témoigne l'inscription suivante placée au-dessus de la source de l'Arressecq :
A DAME CATTIN