EN JUIN
Chaudes-Aiguës, bourgade du Cantal empruntant son nom à dos eaux très-chaudes, autrefois très-célèbres sous le nom de Calentes Baiœ. 11 y a 4 sources de températures différentes : la source du Parc (70 degrés Réaumur) ; celle du Ban (56 degrés) ; celle de La Ronde (59 degrés); celle des Bains Falgère (58 degrés). Les sources de Chaudes-Aiguës n'ont guère été utilisées jusqu'ici que pour les usages industriels. On les em[)loie pour blanchir les laines, lessiver le linge , tanner , corroyer les cuirs et aviver les couleurs qu'emploient les teintuiiers.
Chaudronnier , l'artisan qui fait au marteau toutes sortes de vases en cuivre, quelquefois même en fer-blanc, en tôle, en zinc, s'appelle chaudronnier. Cet art, dont l'origine est antérieure au siège de Troie, exige quelquefois une habileté égale à celle de l'orfèvre. Une casserolle se fait de la même manière qu'un gobelet d'argent, et la fabrication d'un morde de pâtisserie, celle d'un alambic, l'opération du rcireint, qui parait l'opération la plus importante de l'art du chaudronnier, exigent pour le moins autant de connaissances que la confection d'une soupière ou d'un encensoir. — Les fabricants d'instruments de musi(iue en cuivre forment une classe à part.
Chauffage (économie domestique). Tout moyen d'augmenter la Icnipéi-alure dans un milieu (juelconque est appelé cJutuffage. Ce résultat peut être obtenu par l'emploi des matières combustibles , telles que le charlion, le bois, la tourbe, l'anthracite, etc. Les che-
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niinoos et les porlos. ciiii uni t'ir peiulnnl loiiii-teinpri les seuls appareils en usaiîe , on! penlii une i^rande partie de leur importance depuis réiablissemenl tles rulorifi'rcs (v.). Il y en a de.'J sortes : l'Me ealorifère ûH à air, 2" celui dit à mouvement ascensionnel d'eau li(pii(le. 3" le calorifère à vapeur d'eau. Le calorifère à air est employé pour chauller rintèrieiu- des grands ateliers, les étuves des grandes usines, les salles de si)ectacle, les vastes lieux de réunion. (Vest par cet appareil (pi'esl échaulVée la Bourse de Paris. Le foyer étant (onsiruit, il faut employer pour la matière des conduits un métal bon conducteur du caloritpie; aussi se sert-on de préférence du cuivre, qui, par sa ténacité et sa résistance, est encore ce qu'il y a de mieux parmi les métaux à bon marché. Le calorifère d'eau à l'état li(iuide est moins puissant que le précédent, car d'un côté l'eau, quand il n'y a pas de pression, ne peut atteindre 100" de tem- ])érature; d'un autre côté, si l'on veut grossir beaucoup le diamètre des tuyaux , la pression de la colonne les fera se déchirer, et, ce serait bien pis encore , si l'on voulait porter la chaleur sur un point élevé des ai>partements , les poids de la colonne d'eau augmentant alors prodigieusement; aussi l'emploi de ce calorifère est-il réservé pour les lieux bas et pour les cas ou l'on ne veut élever la température que de quelques degrés. Le calorifère à vapeur d'eau constitue, à proprement pai'ler, ce qu'on entend par chauffage à la vapeur. Les avantages que présente cet appareil sont incontestables; un des plus grands, sans contredit, c'est qu'il exempte de toute crainte d'incendie, le foyer pouvant être placé à de trèsgrandes distances. Supposons un liouilleur e.> cuivre, de 2 à 4 millimètres d'épaisseur, placé au feu d'un foyer bien construit, dans lequel on brûlera , pendant une heure, 7 kilogrammes de houille de bonne qualité. Il peut passer par un orifice d'un centimètre carré 212,400 mètres cubes de vapeur par heure = I ,(330 kilogrammes de vapeur environ, et ceci équivaut à la chaleur de 10,593 kilogranuiies d'eau chauffée à 100°. Le principal avantage d'un calorifère étant de pouvoir, à l'aide d'un foyer unique , porter la température qu'on désire aux divers étages d'un édifice et d'y entretenir une grande égalité de température , sans qu'on expose l'édifice à un incendie, le calorifère à vapeur semble être l'appareil le plus avantageux connu jusqu'à ce jour.
Chaufferette. On nomme ainsi un petit meuble dont on se sert pour tenir les pieds chauds. Perfectionnée par une dame dont elle a pris le nom, la chaufferette-Augustine a remplacé les cendres chaudes et la braise par un petit quinquet. Il serait peut-être encore plus sur et plus économi([ue de se servir de petites bougies,
l.iisiiiic lies cliaiiliercUos, blànié par quelques médecins, occasionne des inconvénients s'il n'induc pas toujours sur la santé des femmes. Une dame dans son salon peut aisément néi^liger ce petit réservoir de chaleur; mais, par une température de 5 à 6°, la petite marchande qui stationne au. coin de la rue i)eut-elle se passer de son gueux? — C'est ainsi qu'on appelle la chaufîerette en terre cuite dont elle se sert.
Chauffeurs. Ce nom désigne une espèce particulière de brigands, qui, ù la faveur des troubles qui agitèrent la France à la fin du xv* siècle, et même encore au commencement du xix*^ (de 1796 à 1803), désolèrent de la manière la plus alîreuse les départements de l'est et du midi. Ces brigands se faisaient un jeu de tous les crimes. On les appelaient chauffeurs parce ([u'ils chaulfaicnt graduellement la plante des pieds de leurs victimes jusqu'à ce que celles-ci eussent révélé le lieu où elles cachaient leur argent et leurs objets précieux. Ces bandes se composaient de vagabonds de toute espèce, de malfaiteurs expérimentés et hardis, de déserteurs et de soldats licenciés. Le directoire ne prit contre eux que des mesures insuffisantes : lorsqu'on saisissait quelques chauffeurs , les juges n'osaient les condamner. Pourtant on était parvenu à les faire disparaître sur plusieurs points. Bonaparte, devenu l*^"" consul, fit agir la force publique avec énergie. Peu à peu ces brigands furent anéantis. Schinderhannes, le plus redoutable d'entre eux, se défendit jusqu'en 1803 dans les nouveaux déparlements du Rhin. — Les chaujlfeurs étaient aussi connus sous le nom de garrotteurs.
Chaufour, four en maçonnerie dans lequel on brûle les pierres calcaires qui fournissent la chaux. On donne encore le même nom au magasin où l'on serre les pierres à calciner, le bois destiné à cette opération et la chaux lorsqu'elle est faite.
Chaufournier, (^est Touvricr ([ui fait la chaux. Ce métier est très-pénible parce que la conduite du feu dans les fours demande beaucoup d'attention , la pierre calcaire ne fournissant qu'une chaux de nuuivaise qualité si elle est trop brûlée ou si elle ne l'est pas suffisamment.
Chaulage, Chauler. Ces mots désignent l'opération que l'on fait subir aux grains pour les préserver de la carie. A cet effet, on prépare les semences avec diverses matières et par des Itrocédés qui varient selon les localités. M. Cadet de Vaux recommande pour cet usage l'eau de chaux , et son procédé est connu sous le nom de chaulage par immersion Al. Laborie préfère l'emploi (le la suie bien écrasée et délayée dans une quantité suffisante d'eau.
Chaulieu (Guillaume .\mphrye de), né à Fontenay (Eure)
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en 1639, inoiiriit a Paris dans la maison du TcMnitlc, en 1720, à râij;odo8l ans. P()SSOSS(Mirdcpliisioiirsal)hayosqui lui doiinaicnl un revenu de plus de 30,000 livres, il fui sensuel connue Horace et insouciant comme Anacréoii auxquels on l'a souvent comparé. Le rôle que son père, maître des re(|U(Mes à Hotien , joua dans la cession de Sedan par le duc de Ikniillon, lui valut la protection des Mancini et l'amitié des deux Vendôme. Si (^.hanlieu n'est pas mis au l'"'' rang parmi les poètes, il est reirardé, à juste titre, connne l'un des plus aimables. Ses vers, souvent nèiili!j;és, paraîtraient peut-être moins gracieux s'ils étaient plus travaillés (>t |ilus réi^idiers. Ce poète sans rahot et aam^ lime conserva justpi'au ferme de sa vie les illusions du printemps de la vie et ses facultés d'émotions toutes sensuelles. A\ eugle et octogénaire, il se sentait encore le cœur d'un adolescent; et ce qui prouve que sa sensibilité était le foyer de sa poésie, c'est que les productions de ses dernières années peuvent soutenir la comparaison avec les pièces les plus fraîches de sa jeunesse. Nous n'en voudrions pour preuve que cette pièce semi-élégiaque sur sa retraite champêtre de Fontenay et que terminent ces 2 vers :
Beaux arbres qui m'avez vu naître , BiciUi'it vous me verrez mourir.
Chaulieu ne put obtenir un fauteuil à l'Académie, ce qui ne l'a pas empêché de trouver une place au temple de mémoire. Ses vers, enfants de la paresse, sont si connus que nous nous dispensons de toute citation. Le choix, d'ailleurs, serait trop dillicile parmi ces nombreuses pièces où l'on admire à la fois la finesse de la plaisanterie, la grâce ou le coloris de l'expression, le franc sourire et la paresse aimable et railleuse de l'épicurien le plus insouciant.
Chaume (d'un mot latin qui signifie roseau, tiujau de paille). Ce mot désigne ce qui reste après la moisson dans un champ de blé. On appelle aussi chaume les couvertures en paille des maisons , elles durent moins que les tuiles et les ardoises, mais elles garantissent mieux du froid et conservent parfaitement la chaleur. Le chaume placé sur une maison peut durer près de 40 ans, mais dès la 2« année il perd sa couleur primitive et se charge d'une couche grisâtre qui attriste la vue. — On fixe le chaume sur des lattes au moyen de liens de paille et l'on recouvre l'arèle avec des mottes de gazon. Dans les lieux exposés au vent on a soin de placer sur les couvertures des pierres ou ties pièces de bois pour em[)èchci- les rafales d'enlever le chaume.
Chaumette (Pierre-Gasparfl) , né t\ Nevers en 1763, cl don! le nom rappelle l'une des i»lus déplorables célébrités révolutiumiaires,
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cliiit 1(> lils (ruii (■(irdoniiicr, el se destina d'abord a la iiiarino. lin 1789, il éUiit copiste chez un procureur de Paris. Ami de Camille Desmoulins et membre du club des cordeliers, le 10 août 1792 le fit sortir de son obscurité, et suivant l'usage adopté à cette époque par les honunes conipi-omis dans les excès révolutionnaires, il changea ses prénoms contre celui ù'/Uiaxagoras. Procureur de la commune de Paris après Manuel, il domina sans réserve cette assemblée, provo(|ua l'établissement de l'allreux tribunal révolutionnaire, la proscription des Girondins, la loi du maximum et celle des suspects. Cet odieux énergiunene poussa la manie des innovations ré\oluti()iuiaires jusqu'à proposer de forcer les Parisiens à n'avoir d'autres chaussures (pie des sabots, et de transformer le jardin des Tuileries en un vaste chanij) de pommes de terre. C'est lui aussi qui inventa le culte et les fêtes delà déesse Raison. Vaincu avec le parti friléberL par Robespierre, il fut décapité le 13 avril 1791.
Chaumont-en-Bassigny , ville (Ic France, à "224 kilomètres de Paris, chef-lieu du département de la Haute-Marne. C'est une place de guerre entourée de murailles. Peuplée aujourd'hui de 6,318 habitants, elle n'était dans l'origine qu'un bourg, défendu par un château, qui eut ses seigneurs particuliers jusqu'à sa réunion au comté de Champagne en 1228. On la regardait autrefois comme l'un des boulevards de la France. Le l*^'" mars 1814, la Russie, l'Autriche, l'Angleterre et la Prusse y prirent l'engagement de former une ligue de vingt ans « pour forcer la France, disaient les agents de ces puissances, à une paix qui assurât le repos de l'Europe. »
Chausse. C'est, dit Nicot, l'habillement de la jambe d'un homme ou d'une femme. Dans les premiers temps ce vêtement était lâche, rayé de difîérenles couleurs, puis on le porta serré sur la jambe et marquant les formes. Plus tard les chaus.ses furent roulées siu' les genoux. 11 ne faut pas les confondre avec l'espèce de cale(,'on large ou de culotte qui fut d'usage pendant plusieurs siècles, et qu'on nommait haut-de-chausses. Ce dernier prenait de la ceinture aux genoux et finissait juste où commençaient les chausses.
Chausse-trappe OU cJou iiattrappe. étoile de fer disposée de telle sorte qu'en la jetant par terre elle présentait toujours en l'air un de ses piquants. Les Romains en parsemaient les endroits par où devait passer la cavalerie ennemie. On a substitué à l'usage des chaussestrappes celui (\c<. chevaux de frise, des herses, etc.
Chausses-de-mailles, partie (le l'arnuu-e au moyen âge. Elles formaient un panlalDii de peau extériein-ement garni de mailles de fer. excepté aux parties qui apiMiyaient sur la selle; leur bord supérieur s'accrochait au bord inférieur de la cotte de mailles.
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Chaussée \. CliiiH^sci's).
Chaussée - d'Antin , iioiii qui, (l;i!is sa i)lii> liir^P acception, désigne loiitc la partie de Paris coni|)iise entre l'ancien boulevard au sud et l'enceinte des nouvelles bari-ières au nord et au N.-(J., et bornée à lest par les rues du Faubourg-^Iontinartre et des Martyrs et à l'ouest par celles de l'Arcade el du Rocher. Toute celte vaste étendue était, il n'y a i^uère plus d'un siècle, occupée par des champs, des marais, des jardins, des maisons de campagne; par une voirie, le cimetière de St-Eustache et le village des Porcherons. La Chaussée-d'Antin, ainsi ap|)elée d'un hôtel qui avait appartenu au duc d'Antin, surintendant des bâtiments, ne consista d'abord qu'en une grande rue defjuis le boulevard jusqu'à la rue St-Lazare; c'est aujourd'hui le ipiarlier le plus beau et le plus riche de Paris, et le séjour de prédilection des riches linanciers et des principaux artistes.
Chaussée-des-Géants. On appelle ainsi le plus vaste et le plus extraordinaire des monmnents, ou plutôt des phénomènes basaltiques qui délient en quelques lieux du globe l'admiration des voyageurs et l'intelligence des savants. Il est situé à l'extrémité occidentale de l'Europe, au nord de l'Irlande, dans le comté d'Antrim, province d'Ulster, sur la plage cpji fait face aux merveilles de l'ilc écossaise de Staffa (v.) et de sa grotte fameuse. La Chaussée-des- Géants a pris et conservé son nom de ce (pie, selon les traditions irlandaises, elle fut bâtie par les géants des premiers temps du monde, pour franchir la mer qui sépare 1 Irlande de lÉcosse. Celte immense jetée, œuvre de la nature, se compose réellement de 3 chaussées dont la plus grande s'étend dans un espace d'environ '230 mètres sous les Ilots. Les piliers basaltiques qui la forment s'enfoncent j)erpendiculairement, et sont serrés les uns contre les autres par une force prodigieuse et inconnue. Ils sont tous prismatiques, tous polygones, mais hexagones pour la plupart. Leur ensemble présente de loin l'aspect de fortifications imposantes et inexpugnables : de près ils étonnent par la régularité de leurs proportions et le poli de leur surface. — L'invincible Armada de Philippe II battit en vain de toute son artillerie la plate-forme de Pleaskin, qui de loin apparaissait à ses soldats comme une forteresse merveilleuse. Prés de la Chansséedcs-Géants s'élèvent d'autres ensembles phénoménaux de stalactites et de basaltes : ce sont la FinUainr des llranis, XOrfiuc des (Inints, le Métier des déaiils, la Chaise des Ciéants.
Chaussée (Picrre-Claude-Nivclle de La) , auteur dyamalique et membre de rAcadémie franraise, naquit à Paris en 1092. Is'eveu d'un fermier-général, il pouvait prétendre à une grande fortune en II. " 35
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siiivaiU la (.■arri(;MO drs liuain'cs; mais il aima mieux s'adonner aux loUrcs. Pourtant ce ne i'ut qu'après avoir atteint rà|:;e de ([uarante ans qu'il se consacra au théâtre. Il entre[)rit de confondre deux goiu-es restés jusqu'alors religieusement séparés, le genre comique et le genre tragique. C'est dans cette vue qu'il composa des drames ou tragédies bourgeoises, ai)pelées alors, par dérision, des comédies larmoyantes. Cette hardiesse lui valut un grand nombre de délracleurs; mais l'estime de Voltaire et l'approliation de Fi'éron le consolèrent des sarcasmes que Piron lançait contre lui. De ses l)ièces , qui sont nombreuses, les meilleures sont V École des Mères et la (louvermmte. Le style des comédies de La Chaussée est en général coulant, facile, abondant, mais pâle et dépourvu d'originalité. H est habile à tracer un portrait, à faire une définition, à filer une scène, mais il manque d'action, de mouvement, d'imagination. Voltaire disait de lui qu'il était un des premiers après ceux qui ont du génie. — La Chaussée mourut, en 1754, à l'âge de 62 ans. Ses OLuvres complètes ont été puliliées en 5 volumes.
Chaussées, levées plus OU moins étendues et exhaussées qui servent soit à contenir les eaux , soit aux grandes communications dans l'intérieur d'un pays. Lorsqu'elles sont destinées au i)remier but, ce sont des digues; mais toute digue n'est pas une chaussée, au lieu que ce mot est réçllement synonyme de grande route, et peut être employé partout dans cette acception. En Belgique et en Picardie, on donne à certaines chaussées romaines le nom de chaussées Brunehaut. Les savants ne sont ])as d'accord sur l'origine de cette dénomination. Le ])lus grand nombre pense que Brunehaut, fille d'Athanagilde, roi des Visigoths, et femme de Sigebert, roi d'Austrasie, morte en 613, construisit ces routes, ou plutôt répara d'anciennes voies romaines auxquelles le peuple donna son nom.
Chaussier (François), médecin de l'école polytechnique et de l'hôpital de la Malernité, professeur à la Faculté de Médecine de Paris et membre de l'Académie des SciiNices, naquit à Dijon en 1746. Après avoir pris à Besançon le titre de docteur, il revint dans sa patrie et fit à l'Académie des cours sur l'anatomie, la physiologie, la chimie et la matière médicale. Mais c'est surtout dans l'étude des sciences naturelles que Chaussier devint célèbre. En 1794 il fut appelé à organiser l'École de Santé, où peu après il enseigna l'anatomie et la physiologie jusqu'à l'ordonnance de dissolution. Chaussier fut aussi iui jtralicicn l'cnommé ; mais c'est principalement comme savant (]u'il tint un haut rang dans le monde. Bien qu'il ait laissé un petit nombre d'écrits, \\ s'est livré à des recherches très-diverses et fort étendues, tant sur les matières médicales que sur l'agronomie,
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railiuinisd-aliuii, etc. Les Tahlcs st/zio/j/à/ucs quil a publiées do 179!) à I.s2(t soiU un admirable Iravail do syntlu'so. La science y est tout eiUiere résumée avec une étonnante précision et une force de généralisation piudiL;ieuse. Les inceurs de ("luuissier étaient d'une sévérité dig;ne et sans all'edation; ([uoique riche, il resta toujours simple. 11 mourut en i82S.
Chaussure, vètomeiU du pied. Sa forme a varié, dans tous les temps et chez tous les peuples, comme celle de toutes les autres parties de riiabillement. (Juelquos morceau.x d'écorce attachés sous le pied avec des liens furent les premières chaussures ; plus tard , on tressa du jonc en forme de brodecpiins. Ce ne fut que dans une société avancée déjà que les peaux de bètcs, diversement préparées, furent employées au même usage, et il a fallu bien du temps à celte industrie pour arriver au point où nous la voyons aujourd'hui. Les sabots même, celte chaussure grossière, ne sont pas trèsanciennement connus. Que de changements dans la forme, comme dans la matière des chaussures! Tantôt une simple semelle garantit la plante du pied, tantôt le pied est enfermé dans un soulier, ou bien le pied et la jandte elle-même sont contenus dans un brodequin ou dans une botte, dont la consistance est plus ou moins considérable, suivant l'usage auquel ils sont destinés. Pour la couleur et les ornements accessoires, le luxe et la mode se sont également exercés de mille manières diverses (v. Uulte, Brodequin, Cothurne, Sabot, Sandale, Souliers, etc.). — On considère connne appartenant à la chaussure les bas, les chaussettes et les chaussons, qu'on interpose entre la peau et les diverses espèces de souliers, bottes et brodequins. L'usage des chaussures est favorable à la santé et à la longévité, en garantissant les extrémités inférieures du froid et de l'humidité, et en les préservant d'une foule d'accidents.
Chauve, d'un mot latin si>;nifiant qui n'a pas de cheveux ou qui n'en a guère. — Chauveté ou calvitie désigne l'état d'une tète chauve. C'est en vain que pour arrêter la chute des cheveux on recourt aux procédés cosmétiques, trop souvent dangereux entre les mains de certains charlatans; le moyen le plus sur, est, à ce qu'il paraît, de se raser la tête et de répéter souvent celte opération.
Chauve-souris , espèco de mammifères de la famille des chéiroptères, et que les gens de la campagne nomment tantôt souris-chaudes, ei ianlol chaise-souris. Anciennement elles étaient regardées comme des monstres. Leurs ailes, très-développées et dégarnies de plumes, ne leur servent pas seulement au vol; mais elles sont pour ces animaux un manteau dont ils s'entourent, et où, à l'aide d'un pli arlislement conçu , leurs jeunes rejetons, ap-
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puyés sur le sein maternel, trouvent un obri. Chez la chauvesouris, rotloral, l'ouïe, le i^oùt, la vue, mais surtout le toucher, sont poitcs à un grand dej;ré de perfection. Dans les pays septentrionaux , elle passe l'hiver ou plutôt la plus grande partie de l'annce dans l'engourdissement. Dans les soirées d'été , elle sort de sa retraite à la brune, lorscpie, le soleil étant tombé, on voit voltiger ces myriades de moucherons, de papillons et d'insectes nocturnes, dont elle fait sa proie, Quel([ues-unes toutefois sont frugivores, comme les roussettes, par exemple.
Chaux, une des substances les plus répandues dans la nature, ne se trouve que combinée avec des acides, et forme, selon leur nature, les marbres, les craies, les pierres à bâtir, les pierres à plâtre, etc. Les ossements des animaux sont un composé de chaux et d'acide phosphorique. — On extrait la chaux par la calcination des carbonates calcaires o[)érée dans des fours construits exprès. On emploie pour la calcination la houille de préférence à tous les autres combustibles. La calcination enlève aux pierres à chaux l'eau et l'acide carbonique qu'elles contiennent. Le résidu forme la chaux vive. On se sert de la chaux pour faire des constructions et pour badigeonner; mais a\ ant de l'employer à ces divers usages on lui fait subir une modilication qu'on appelle éteindre la chaux, et qui consiste à l'imbiber d'eau juscpi'à ce qu'elle en soit parfaitement saturée. La chaux ainsi éteinte et mêlée avec du sable s'appelle mortier. Avant qu'on employât les chlorures, l'eau de chaux servait à assainir les lieux où l'acide carbonique viciait l'air. Les chaux hydrauliques sont celles qui ont la faculté de faire prise dans l'eau. — En pharmacie, la chaux sert à beaucoup de manipulations ; mais en chimie on se sert de préférence d'une chaux qui est produite par les écailles d'huitre calcinées.
Chebec, petit bâtiment pointu à ses deux extrémités, pourvu de N oiles et de rames, qu'on arme quelque- (piefois en guerre pour donner la chasse aux petits corsaires , et dont on se sert aussi pour le transport des munitions.
— Il y a des chebecs à trois mâts, mais ce sont alors de véritables polacres (v). Les chebecs ne naviguent point sur l'Océan ; ils sont en usage seulement sur la Chrbrc. Méditerranée.
Chef. Étymologiquement, ce mot est le même que cap; il signilie tête, comme rf(/)(ians cette expression : armé de pied en cap. Mais ce sens du mot r/zc/'nVst plus guère employé que dans le style badin
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et dans quelques expressions proverbiales, comme : // o fait <lo sùti chef, c'est-à-dire </<' sa léte. Le lani!;a;j:e habituel le prend dans le sens détourné de l'honune ou de la chose qui est à la tète de plusieurs autres. Un chef Imbile, c'est celui qui montre de l'habileté à la tête d'une armée, d'une administration, d'une division, d'un bureau, d une compaLrnie, etc. Un chef de file, c'est celui qui est à la tète d'ime (lie; un chef d'accusation (terme de droit) , c'est le point précis sur lequel va porter une accusation , et qui en forme en quelque sorte la tète: un chef-d'œuvre, c'est de tous les ouvrages d'un auteur celui que son mérite ou sa valeur font mettre à la tète des autres. Il ne sera pas dillicile d'analyser ainsi le mot chef dans toutes les locutions où il entre; on y trouvera toujours ce sens d'antériorité ou de supériorité qui caractérise la tète. — Dans les arts et métiers, c'est la première partie ourdie d'une toile, c'est le premier bout d'une pièce d'étotî'e; c'est un morceau de levain gardé et qui doit déterminer la fermentation du reste. — Eu termes de marine, c'est un bout de câble an>arré ou une partie du devant d'un bateau; en termes de blason, c'est la pièce au haut de l'écu, (jui en occupe un tiers. — Ce mot important, comme on le voit par sa signitication, lest surtout sous le point de vue étymologique, parce qu'il se rattache à une famille de mots extrêmement nombreuse, et dont le sens, très-général, les appelle à tout moment dans le discours.
Cheikh, mot arabe qui signifie ancien. On sait quel respect les Arabes ont de tout temps porté à la vieillesse. Dans chaque tribu l'autorité est en général accordée à la personne la plus âgée : de là les mots cheikh et chef sont devenus presque synonymes. Ensuite ce nom a servi à désigner tantôt les professeurs et les savants qui , après avoir franchi tous les degrés de l'enseignement, étaient reconnus aptes à instruire les autres, tantôt les desservants des mosquées que le talent de la parole distinguait du vulgaire.
Chélys i V. Cithare.)
Chemin. On ne désigne plus généralement sous ce nom que les communications secondaires. Les principales sont nommées routes, grandes routes. On dit les chemins vicinaux. L'usage a cependant consacré jusqu'aujourd'hui le nom de chemins de fer pour désigner sans distinction les communications d'une nouvelle espèce dont il sera parlé ci-après. Les voies de communications par terre peuvent donc se classer sous ces trois dénominations : chemins vicinaux, routes, chemins de fer. Les deux premières classes ont leurs variétés, la troisième aura sans doute les siennes plus tard. — En ternies de forlificalion. If rheivin couvert est l'espace compris entre la crête
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du glacis cl le boni (k^ lo conlivscarpo. 11 a i^L'iioralenient une largeur do 10 à I 2 mètres ; il est organisé d une manière défensive, c'est-àdire ([u'il a une ban(|uelte et un para[)el destinés à recevoir et à couvrir les défenseurs i)lacés pour faire la fusillade : il doit être palissade pour être susceptible d'une bonne défense. Le chemin couvert règne sur tout le pourtour des ouvrages d'une place; à tous les retours ou angles, on ménage des espaces assez grands pour recevoir un rassemblement de troupes plus ou moins considérable. Ces espaces s'ai^pellent places d'armes et on les distingue par les noms de saillantes ou rentraiites, suivant cpi'elles sont aux angles saillants ou rentrants de la fortification.
Chemins de fer. On (loime en Fiance ce nom à des voies de communication et de transport où les chariots se meuvent par la vapeur
sur deux lignes parallèles de barres de fer appelées rails, dénomination anglaise qui a passé dans notre langue. Ces barres furent d'abord creusées dans toute leur longueur en une rainure assez large, mais peu profonde, pour y faire entrer une partie de la jante des roues. La facilité avec laquelle ces rainures pouvaient être remplies de terre, de gravier ou même de cailloux , fit craindre des accidents, et la rainure des barres de fer fut transportée sur les roues. De là la distinction des ornières creuses et des ornières saillantes. — Les chemins de fer sont à une seule voie ou à double voie. Les premiers ne peuvent convenir qu'à l'exploitation d'une usine; pour le service des grandes comnumicalions il faut de toute nécessité avoir recours aux seconds. La plus grande partie des difiicultés qui se sont présentées jusqu'ici dans la construction et dans l'exploitation de ces nouvelles voies de communications ont été habilement vaincues par les ingénieurs français ou par les ingénieurs anglais, nos devanciers dans les constructions des rail-roads. Cependant il reste encore deux obstacles à vaincre : les pentes trop rapides et qu'on ne peut corriger qu'à grands frais, s'opposent dans les pays montagneux au tracé (le ces chemins qui sembleraient appartenir exclusivement aux pays de plaine; l'explosion des chaudières , qui trop souvent occasionne des sinistres, diminue de beaucoup le nombre des \oyageurà que d'autres avantages ne manqueraient pas d'attirer sur les chemins de fer. Ces deux obstacles seront surmontés par les hommes
Chemin de fer.
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coniiu'tonls. Alors la Franci;, roiinue rAiiLMique, rAnglelcne cl la lU'li:it[iio , sera sillonnée par ces roules presiiiie fabuleuses, et Lyon ou Bordeaux ne seronl pas plus éloii;nés tle Paris quo Manchester ne l'est en ce niomenl de Liverpool. La France n'a fait guère encore que des essais. Elle a senti que l'invention des chemins de fer, toute niai;ai(ique ([u'elle soit, est encore loin d'cHre parfaite, et qu'il était sage de tenir en réserve, pour un temps (pii ne peut être éloii^né , des ressources que d'autres déiiensent en tentatives protilables sans doute, mais ruineuses. Le premier chemin de fer qui a été construit iliez nous est celui de Lyon à St-Étienne. Vinrent ensuite celui de Paris à St-Gcrniain, ceux des deux rives de la Seine qui ne peuvent sulhre aux transports de Paris à Versailles. Dans ce moment on s'occupe de nouvelles lonnnuiiicalions de la même nature, parnù lesquelles le chemin de Paris au Havre, ceux de Paris à la frontière et à Orléans, ont le plus d'importance. Les départements suivent le mouvement. Déjà les cités importantes du Midi de la France, imitant l'exemple donné par les départements du Gard et de l'Hérault, ont organisé des compagnies. Nous vivons réellement dans le siècle des prodiges; et si un de nos ancêtres revenait parmi nous, et que nous lui dissions : « On court maintenant la poste sans chevaux en compagnie de 7 à 800 personnes dans des Lerlinesqui, au nombre de 30 ou 40, attachées l'une à la suite de l'autre , et mises en mouvement par une puissance que nous appelons la vapeur, parcourent en vme heure un espace de 10 à 13 lieues, » cet homme ressuscité ne croirait-il pas que notre imagination en délire ajoute un chapitre nouveau au roman le i)lus fantastique (le l'Orient.
Cheminée, nom donné aux conduits qui servent à dégager les produits de toute nature provenant de la combustion, et à déterminer le tirage nécessaire à celte même combustion. Une cheminée se compose de 3 parties distinctes : du foyer, du conduit et de la portion extérieure qui domine le toit de l'édifice. Le foyer se fait de bien des manières : on distingue les foyers à la prussietine, qui tournent sur un pivot, de telle sorte que le même foyer peut chauffer successivement 2 pièces conligucs; les cheminées à la Rumfurd, plus économiques que les cheminées ordinaires, elc. Les conduits se construisent en plâtre, en briques ou en poterie; quelquefois ce sont des tuyaux en fonte. La S" partie lies cheminées, celle qui domine le toit, est presque toujours couverte de mitres, dont l'objet est d'éviter le refoulement de l'air extérieur et les inconvénients des coups de vent. Ce genre de consiruction, tout simple qu'il paraisse, exige cependant beaucoiq) d'habileté i)rati(|ue. 11 n'est rien
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moins qiio certtiin que les Grecs et les Romains l'aient connu. En Aiii,'leteiTe , on ne vit do^ clieniinces qu'en l'an 1,200; et de nos jours encore, dans tout le royaume de Hanovre et une partie du duché de Holsfein, la fumée, dans les maisons des paysans, n'a d'autre issue (|ue la porte ou la fenèti'(>.
Chenal. Ou a[)]H'lle ainsi tout courant d'eau enfermé entre deux nuusoudes terres en talus, (".eiuot sort plus particulièrement à désigner l'entrée d'im port pratiquée entre ^jetées de pierres sèches. Par extension on a donné ce nom au canal en maçonnerie pratiqué le lont!; d'un toit; enfin le coursier d'un moulin est aussi appelé c/iP/io/ ou cheneau.
Chêne. Genre de plantes dont toutes les espèces ont la tige ligneuse, mais présentent la plus grande différence sous le rapport de la hauteur, de la durée et de la force. Pendant que quelques-uns s'élèvent à 30 mètres et plus, et que leur tronc a de 2 à 3 mètres de diamètre, d'autres, formant de petits buissons, ne s'élèvent quelquefois pas à un mètre du sol. Leurs feuilles sont dentées. Le fruit, qui porte le nom de gland, présente de très-grandes différences selon les espèces. On trouve des chênes dans les 4 parties du monde. Cependant ils paraissent avoir besoin d'une température modérée. — Peu de végétaux sont d'une utilité aussi grande et aussi fréquemment employés dans les arts et l'économie domestique. Les principales espèces de chênes sont le rouvre ou roure, le chêne pédoncule, le chêne blanc, le chêne à la galle, Vijeuse, le chêne au kermès, le chêne liège. Ce dernier se distingue surtout des autres par l'épaisseur de son écorce, qui est dure, fongueuse, élastique et connue sous le nom de liège. L'Espagne en fournit le reste de l'Europe.
Chenevière, Chenevis, Chenevotte. Le chenevis ost la graine produite par le chanvre. .Autrefois elle était au nombre des légumes que l'on servait frits au dessert ; on rem[iloie aujourd'hui comme semence, et l'on s'en sert pour nourrir les oiseaux ou pour faire de l'huile qui n'est bonne qu'à brûler. — La chenevière est le champ sur lequel on sème le chenevis. Les cultivateurs choisissent pour cet usage un terrain léger, et après l'avoir préparé avec soin ils le couvrent d'une couche de fumier dans la composition duquel on fait entrer la fiente de pigeon ou de brebis. — On appelle chenevotte les tiges du chanvre après que le rouissage en a séparé la filasse; on emploie les chenevottes à chauffer le four ou à faire des allumettes; on a depuis peu essayé avec succès de les faire ser\ ir à la fabrication des pa])iers communs.
Chénier (.André-Marie), le S" des i fils de Louis de Chénier, éciivaiii (listin:^iié et consul-général de France ;'i Conslaiitinople,
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naquit en cotle \ille on I7G2; il eut pour mère une s^rectiue également distinguée par sa beauté et son esprit. Envoyé en France dé.-^ ses i)reniiéres années, André fui élevé d'abord à Carcassonne, puis à Paris. Destiné par son père à la carrière des armes, il labandonna bienlùt, voya.^ca en Suisse, revint à Paris vivre au milieu des lionunes de lettres les plus dislini;ués, et fut attaché à l'ambassade du (>oinle de la Luzerne à Londre-. Ses occu[)atioMS diplomalitiues lui laissèrent des loisirs qu'il consacra à la jwésie. Il ne revit la France qu'en 1790. Il se joignit à RoucIum-, à Uegnault de St-.Ieand'Angely, etc., pour défendre, dans le Jounial (le l'aria, la monarchie constitutionnelle. Plus tard il exhala en beaux vers, dans une ode à Charlotte Corday, son admiration pour elle et son horreur pour l'anarchie. Il avait aussi sollicité l'honneur dangereux d'être l'un des défenseurs de Louis XVI. Ce fut lui qui, secondant le dernier espoir de Malesherbes, rédigea cette lettre que conservera l'histoire, et dans laquelle le malheureux roi réclamait l'appel au peuple contre l'arrêt de la convention. Un tel écrit le vouait à la mort : aussi, sur les instances de ses amis, André s'éloigna de la capitale et alla occuper près de Versailles une retraite ignorée , que lui avait ménagée son frère Marie-Joseph. Mais ayant eu l'imprudence de se montrer à Passy , il fut arrêté et conduit dans la prison de St-Lazare, d'où il ne sortit (jue pour être condamné à mort par le tribunal révolutionnaire et livré au fatal tombereau avec son ami Roucher. Tous deux allèrent au supplice en s'entretenant de [loésie, et en récitant la I "' scène d'Andromaque. Tout à coup André Chénier s'arrête, et se frappant le front : « Hélos! s"écrie-t-il avec doideur, je n'ai rien fait pour la postérité, et pourtant j'avais quelque chose là. » Un instant après il avait vécu. Il expira , à peine âgé de 32 ans, le 7 thermidor (25 juillet 1794). Pendant un quart de siècle après cette déplorable catastrophe, la renommée d'André Chénier n'exista en quelque sorte que par tradition. Enfin, en 1819, M. Delatouclie publia ceux de ses ouvrages qu'il put retrouver, et l'on sut alors quel poète la France avait perdu.
Chénier LMarie-Josei)h), frère du précédent, naquit à Constantinople en 17Gi, et n'avait que 2 ou 3 ans lorsqu'il fut transporté à Paris. A peine âgé de 17 ans, il entra, comme otlieier de dragons, dans la carrière militaire. Mais il ne tarda pas à se dégoûter du métier des armes, et vint se fixer à Paris. Ses deux premiers ouvrages dramatiques échouèrent. Quelques |)ièces de vers, publiées en 1787 et 1788, commencèrent sa réputation. La tragédie de Charles LV, jouée en 1789, la lit rai)idement grandir et commença celle de Talma. Dis<'iple enthousiaste de Voltaire, Chénier voulut
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faire dos tragédies pliiluso()hic|uis, e-t mit le fanatisme en action et la liberté en scènes diai():;iiées. Il donna, en 1791 , deux autres Iraiiéilies, lli'iiri VIII et Calas : toutes deux sont remplies d'un patliéliiiue déchirant. Caïus Gracckm fut représenté le 9 fé\rier 1792. Le fameux hémislii-he : Des lois et non du satijj ! fit interdire la représentation de celte pièce toute républicaine. En 1793 on repiésciita à l'Opéra son Camp de Grand-Pré, et, sur le théâtre de la Répuhliciue, sa tragédie de Fénelon. L'année suivante parut Tiinoléun, dont le comité de salut public fit susj)endre les représentations, à cause des leçons d'humanité que l'auteur y donnait. Son frère André étant mort peu de temps après sur l'échafaud, Marie- Joseph, tout entier à sa douleur, sembla renoncer aux travaux dramatiques, et ne les reprit long-temps après qu'une seule fois, en ISOi, par une tragédie de Cijrus, qui n'eut qu'une représentation. Chénier avait été membre de la convention nationale , du conseil des cinq -cents, et il siégea dans le tribunat. Il prit part à la formation de l'institut national , dont il fut l'un des premiers membres. C'est à lui qu'on doit le Chant du Départ, l'hymne révolutionnaire qui, après la Marseillaise, a eu le plus de succès. Méhul en composa l'air dans une soirée de salon , et l'écrivit sur un des coins de la cheminée au milieu du bruit et des conversations. Chénier composa encore d'autres chants pour des fêtes nationales de 1792 à 1797. Parmi ses poésies lyriques, nous ne citerons que son ode sur la mort de Mirabeau. S'essayant dans tous les genres , il fit des élégies , des discours et des dialogues en vers , des dithyrambes, des imitations d'Ossian, des épîtres, des satires, un jioème épique non achevé (la Bataviade) , etc. On a imprimé de lui après sa mort les tragédies suivantes : Brutus et Cassius, Philippe II, Tibère, OEdipe roi, OEdipe à Colonne, Electre, un drame et deux comédies non achevées. Ses ouvrages en prose sont moins nombreux que ses ou\Tages en vers; le plus considérable et le plus digne d'estime est son Tableau historique de l'état et des progrès de la littérature française depuis 1789. Chénier mourut à Paris en 181'! , à peine âgé de 47 ans.
Chenil , bâtiment qui sert à loger les chiens et surtout les meutes de chiens de chasse, et en môme lem[)S les otTiciers et les valets de la vénerie. Au figuré. Tondit familièrement d'un logement sale et vilain que c'est un vrai chenil.
Chenille. C.o nom désigne vulgairement un insecte à plusieurs j)ieds (pii ronge les fciiillos des arbres et se change en papillon. En ornithologie, on consacre particulièrement ce nom à la larve des papillons, depuis la sortie de l'œuf juscju'à réj)oque où elle se trans-