‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 115 sur 245 · I. Hypertrophie du cœur · texte numérisé non relu

I. Hypertrophie du cœur

On rencontre rarement dans la pratique l'hypertrophie simple du cœur; le plus souvent elle constitue une lésion secondaire.

1° Eléments du diagnostic. — L'absence de douleur ad niveau du cœur, des .palpitations habituelles, de la dyspnée, de V oppression ; un soulèvement visible de la région précordiale à chaque battement du cœur, dont la pointe peut battre sensiblement plus en dehors et en bas du mamelon que dans l'état normal (F. Cœur, p. 193); une impulsion manifestement exagérée aussi à la palpation; une matité précordiale résistante et étendue, qui peut atteindre jusqu'à 10 et 12 centimètres de diamètre, et qui rappelle la forme agrandie de cet organe; à l'auscultation, V obtusion des bruits du cœur., qui sont sourds, étouffés et ordinairement prolongés, mais sans souffle propre à l'hypertrophie; un pouls au contraire large et fort, ré-

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gulier, avec fréquentes congestio7ïs de la face^ et avec ou sans troubles généraux de la circulation : tel est rensemble des signes attribués à celte hypertrophie.

2^ Inductions diagnostiques. — Loi"sque ces signes se trouvent réunis sans coïncidence d'autres altérations du cœur, il est clair que leur ensemble met hors de doute Texistence de l'hypertrophie de cet organe. La matité étendue et à forme spéciale; la déviation de la pointe du cœur en dehors du voisinage du mamelon, lorsqu'il n'existe pas d'épanchement ou de tumeur du côté droit de là poitrine qui refoulent le cœur à gauche; l'énergie des palpitations, de l'impulsion de l'organe et du pouls, contrastant avec l'étouffement des bruits perçus à l'auscultation, ne peuvent laisser aucune hésitation au diagnostic. Mais si on les considère isolément ou en petit nombre, ces signes perdent presque toute leur valeur, et, ce qui contribue encore à leur donner de l'incertitude, c'est la concomitance d'autres lésions cardiaques et notamment de lésions valvulaires.

J'ai dit plus haut que l'hypertrophie du cœur était le plus souvent secondaire. Il en résulte que la constatation de l'une des maladies dont elle procède habituellement sera une donnée précieuse pour le diagnostic. Parmi ces maladies se trouvent d'abord les rétrécissements ou Vinsuffisance des orifices du cœur, qui produisent l'hypertrophie cardiaque en nécessitant des efforts incessants de contraction de la part de l'organe. Il en est de même de V emphysème pulmonaire, au cours duquel l'hypertrophie du cœur, signalée par M. Louis, s'observe le plus souvent comme lésion unique de l'organe, ainsi que l'ont démontré de nombreuses observations {Mém. de la Soc. d'observ.,i. III). Des adhérences générales du péricarde ont été également considérées comme cause de l'hypertrophie qui m'occupe (F. Adhérences, p. 19) ; et enfin M. Larcher admet que cet état du cœur est normal pendant le cours de h gestation (Arch. de méd., 1859, t. XIII).

Les palpitations nerveuses de l'anémie en imposent souvent aux médecins pour une hypertrophie cardiaque, surtout lorsqu'ils examinent les malades par hasard et sous l'influence de l'émotion que provoque l'exploration. C'est un point des plus importants de la pratique ; il me suffit de le signaler, car avec de l'attention on évitera cette grave méprise. L'erreur en pareil cas, s'il y avait la pléthore séreuse signalée par M. Beau, serait plus facile que dans l'anémie simple, parce que là l'impulsion exagéiée du cœur, la matité étendue et la plénitude du pouls pourraient en imposer davantage.

Je dois rapprocher de ces faits ceux d'anémie ou de cachexie dite exophthalmique, dans lesquels l'excitation cardiaque et vasculaire est portée à l'extrême ; mais ici la saillie des globes oculaires et le développement de la glande thyroïde qui accompagnent les palpitations lèveront ordinairement tous les doutes. — La surcharge graisseuse du cœur pourrait être prise aussi pour son hypertrophie ; mais si la matité est étendue dans les deux cas, en revanche il y a, dans le premier, une obésité générale exagérée, et une atténuation de l'impulsion qui empêchent la confusion.

Le siège de l'hypertrophie, qui occupe presque constamment le cœur gauche, n'est pas facile à déterminer si elle a seulement envahi le ventricule droit. M. Bouillaud a attribué à Y hypertrophie du ventricule droit : le siège des battements et (ie la matité à la partie inférieure du sternum, ainsi que des héaionhagies pulmo-

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