AGITATION. AGONIE
au contraire, l'obtusion du mouvement fébrile, la concentration du travail pathologique vers les organes internes, l'adynamie, et le caractère chronique de la plupart des mabdies.
L'influence de l'âge sur les symptômes en partictiher n'est pas monis remarquable. On peut opposer encore ici l'exagération des caractères du symptôme local qui se constate pendant la première période de la vie, à l'atténuation de ces mêmes caractères pendant la vieillesse, où les maladies latentes sont relativement si fréquentes — Je ne pourrais, sans redites inutiles, rappeler les différences que les âges extrêmes apportent à l'expression des symptômes, et principalement des signes physiques; ce sujet est traité à propos de chaque mode d'exploration, ou à propos des or"-anes ou des signes considérés à part.
Parmi les auteurs qui ont traité cette (luestion de l'influence des âges sur les maladies il en est qui ont développé des considérations plus ou moins séduisantes, et émis des opinions plus ou moins ingénieuses, que je n'ai pas cru devoir rappeler; car en les vovaut dénuées de toute preuve, on en est réduit à douter qu'elles soient vraies, et par conséquent à les négliger comme données de pratique.
AGITATION. — Les mouvements désordonnés, avec ou sans animation delà face qui constituent l'agitation dans le cours des maladies, résultent d'un état de malaise douloureux, de nature variable, éprouvé par le malade, d'un état fébrile, ou bien l'agitation constitue l'une des manifestations dn délire. Dans ces deux circonstances.^'agitation est un signe secondaire qui peut servir de point de départ au, dia-nostic mais qui perd de son importance apparente aussitôt que l'on a recueilh les autres signes. Cependant l'agitation et l'animation des traits alternant avec de la faiblesse, de'' l'inquiétude, etc., a une certaine valeur comme prodrome delà rage.
(V. aussi Anxiété.) , i
AGONIE. — T/altération des traits, la lividité des lèvres, la pâleur cadavéreuse du visage, parfois humecté d'une sueur froide; le refroidissement des extrémités- la faiblesse extrême des mouvements et de la voix; la carpliologie; l'abolition 'progressive du sentiment et des facultés intellectuelles ; inuTois la fixité des yeux l'immobihté des paupières et, si l'agonie se prolonge, la dessiccation de la partie' de la cornée qui reste exposée à l'air; la sécheresse de la langue; b difficulté de la déglutition et la pénétration dans les voies aériennes, d ou ils ne peuvent être expulsés par la toux, des liquides introduits dans le pharynx; une respiration lente ou fréquente, inégale, suspiriense, bruyante, tantôt sèche, et le plus ordinairement accompagnée d'un râle trachéal plus ou moins abondant, entendu a distance, et entrecoupé quelquefois d'expirations plaintives; un pouls inégal intermittent, de moins en moins sensible, fuyant sous le doigt; parfois des déjections involontaires; et enfin, lorsque l'intelligence se conserve jusqu'au dernier moment l'obscurcissement de la vue précédant de peu d'instants le dernier soupir : tels sont les signes habituels de l'agonie. La durée de l'agonie est variable, de plusieurs heures à plusieurs jours, et de vingt-quatre heures en moyenne. ^
On ne conçoit guère l'agonie sans que la mort en soit la conséquence naturelle; et c'est ce qui a lieu le plus ordinairement. On ne peut nier toutefois que 1 ogo.ne, sans atteindre sa plus grande intensité, ne puisse s'arrêter dans certains cas^ |iue la guérison ne puisse survenir spontanément ou sous 1 mnuence d un tiaitement app'^roprié. Seulement ce sont des faits très-exceptionnels.
AINE, AISSELLE. ALBLMSME. ALBUMIISE. 25
AIGUËS (Maladies). — F. Maladies.
AINE, AISSELLE. — J'ai peu de mois à dire de ces deux régions, qui présentent entre elles une certaine analogie. Elles sont l'une et l'autre le siège de tumeurs ganglionnaires (adénopatiiies) et d'abcès. C'est dans le voisinage de la partie antérieure de l'aisselle, aussi bien qu'au-dessus de l'aine, que se rencontrent plus particulièrement l'éruption et la desquamation scarlatineuses quand elles ne sont pas généralisées, et que l'on trouve le plus fréquemment aussi les sudamina qui surviennent au cours de la fièvre typhoïde. L'aine présente des hernies et des bubons vénériens comme lésions qui lui sont particulières.
AIR. — F. Gazeux (Fluides).
ALBINISME. — La décoloration générale et congéniale de la peau qui est d'un blanc mat ou de lait, l'aspect soyeux et blanc des cheveux et des poils, la couleur rosée de l'iris, Timpressionnabilité extrême de la rétine à la lumière, constituent les caractères principaux de l'albinisme ou des sujets dits albinos. On ne peut dès lors les méconnaître. Ils ne présentent d'ailleurs aucune particularité qui intéresse le praticien, si ce n'est leur faiblesse générale ou môme leur dégradation physique et intellectuelle. Le vitiligo est une sorte d'albinisme partiel.
ALBUMINE. — Il suffit de rappeler que l'albumine entre pour 75 à 85 millièmes dans la composition du sang, pour faire comprendre l'importance de cet élément organique dans l'économie. L'albumine ne diffère de la fibrine que par le mode différent de coagulation de ces deux principes, cette coagulation ayant lieu spontanément et à froid pour la fibrine, et constituant la trame du caillot sanguin, tandis que la coagulation de l'albumine dissoule dans le sérum du sang n'a lieu que par l'action de différents réactifs et par la chaleur. C'est cette coagulation de l'albumine que l'on provoque et que l'on met à profit dans la pratique, pour reconnaître la présence de cet élément du sang dans des liquides où, dans son état de dissolution, il échapperait à l'attention. Cette recherche de l'albumine l*" dans l'urine, 2^ dans d'autres liquides que l'urine, est l'objet de cet article.
A. Constatation de l'albumine dans l'urine. — On admet généralement que l'albumine est un produit pathologique lorsqu'on la rencontre dans l'urine, attendu qu'elle n'y existe pas dans l'état physiologique. Telle n'est pas cependant l'opinion du docteur Gigon, d'Angoulême, qui a conclu, de nombreuses expériences sur l'homme et les animaux, que l'albumine faisait partie des éléments normaux de l'urine. Selon cet observateur, le fait de la présence de l'albumine dans l'urine normale n'aurait échappé jusqu'ici à l'attention que par suite de rinsuffisance des réactifs employés, qui ne peuvent déceler dans l'urine qu'une proporlion élevée d'albumine, landis que le chloroforme, indiqué par lui comme le réactif par excellence, y ferait découvrir les proportions les plus minimes de cette substance, i/40,000 par exemple. Mais M. Alf. Becquerel, que ses travaux rendent si compétent en pareille matière, a montré que le chloroforme ne précipitait pas de l'albumine de l'urine normale, et qu'il s'émulsionnait simplement par son agitation avec ce hquide, comme le prouve l'examen microscopique.
Rien à la rigueur dans l'aspect extérieur de l'urine, si ce n'est la présence du pus ou du sang, ne peut indiquer qu'elle contient de l'albumine; et c'est à la physique et principalement à la chimie que l'on doit avoir recours pour découvrir ce principe dans l'urine, oi^i sa quantité, suivant M. Frerichs, varie de 2,5 à 15,0
9g ALHlMlNt:.
pour 1 000 Voici quels sont les moyens de eonstalation et de dosage de l'albumine dissoute, et les causes d'erreur qui peuvent se présenter
IMes moyens de constater rallnmiine dissoute dans 1 urnie sont les reactilsqui la coa-ulent et la polarimétrie. Mais ce dernier procédé, basé sur la propriété nu'ont'ies liquides albumineux de dévier la lumière polarisée à gauche, tandis que la olYcose en dissolution la fait dévier à droite, nécessite Templo. d'un appareil compliqué qui a été imaginé par M. Becquerel, et qui oblige à l'aire subir au liquide urinaire des préparations particulières qui ne sauraient être facilen;ent employées dans la pratique. (Arcli. de médecine; mi), t. XXll.) Je no vais donc m occu-
ner ciue dos réaclils. , , , , . i. ■ i
Toutes les fois que l'urine Joiuie un piécipilù par la chaleur et par 1 acide nitriane sans en fournir par X'acide. acétique, eile est albumineuse, et le précipite est de r'albumine, a dit avec raison M, Rayer. Les deux premiers réactifs, chaleur et acide nitrique, sont les seuls .pie l'on emploie le plus liabilucllement dans la pratique — Chauffée dans un tube de verre à la flamme d'une lampe à espril-devin ou au-dessus de la flamme d'une bougie, l'urine albumineuse, qui se coagule a 65" de chaleur, mais que l'on chautîe ordinairement jusqu'à l'ébullition, se trouble d'abord et présente uu mmje opalin, laiteux, qui se rétracte bientôt et se dépose en grumeaux plus ou moins abondants. - L'««d« nitnque yi^v.c daus luruie albumineuse, y produit un précipité plus manifeste, sous forme d un miage distinct dis osé commVnne sorte de disque qu, se précipite le plus souvent Ce image es opalin, grisâtre ou d'uu beau blanc parfois ro.é. Quelquelois 1 acule nitrique la^^ prendre î'm iiie en masse, quand la quantité d'albumine est consulerable Lum op grande quantité d'acide azotique crisperait le i-récipite et le réduirait de vohi ue, comme le fait une ébuUition trop prolongée; il faut doue verser l acide goutte a goutte dans le tube, jusqu'à ce que le précipité reste slalionnaire. ' r;''';' testable aujourd'hui que lorsque l'albumine est |,eu abondante, elle se icdissout dans un excès d'acide en donnant à l'unnc une temte rougealre
Mais, lorsqu'on traite des urines non albiumueuses par la chaleur et 1 acide azotique, on voit survenir quelquefois des précqutés qui eu imi.osent pour de I albu- ,miue,' et qu'il faut avoir soin d'en distinguer.
D'abord les nriues peuvent être troubles au moment do l'émission, sans contenupour cela de l'albumine. (V. Uiu«es.) Elles peuvent aussi être ou c/tr
leuses, et ne doivent alors leur opacité, suivant la rcniarcpie de M. Rayer qu a la suspension d'une matière grasse ; l'éther leur rend immédiatement leur transparence. Les faits ,1e cette espèce sont faciles à reconnaître, l'urine elaut trouble a première vue, et non par le fait de l'emploi de la chaleur ou de 1 acule azotique.
Pour iuger des précipités fournis par ces deux derniers moyens, il huit eu examiner séparément les résultats, et tenir compte de l'étal alcalin ou acide de urme : c'est un point capitab - Vne urine alcaline traitée par la chaleur domie parfois un précipité notable, sans qu'il y ait d'albumine; ce i.réeipite est du a la precipilation des plmphates. Si l'urine est acide, au contraire, la chaleur peut encore développer un précipité qui se compose de carbonates. Ces précipites de phosphates et de carbonates sont immédiatemeiit dissous par l'addition de cpielques gouttes il acide nitrique; la dissolution des carbonates se fait avec effervescence. — Iraitees par Yacide nitrique seul, certaines urines fournissent un précipité d acide unqw
AI.DUMINE. 27
OU iïurate d'ammoniaque, lor.cjuc cet acide o\i ce sel y existent abondamment. L'iirate d'ammoniaque peut être, il est vrai, redissous dans un excès d'acide, mais l'acide urique ne se redissout pas à moins d'un grand excès de l'acide ajoute, et il reste déposé sur les parois du tube sous forme de grains rouges. (M. Ilayer.)
JI résulte de ce qui précède que des précipités obtenus soit par la cbaleur, soit par l'acide nitrique isolément, peuvent l'aire croire à l'existence d^m préci[)ité albumineux qui n'existe pas. Or, si Ton emploie concurremment les deux moyens de précipiter l'albumine : la clialeur dissipe le précj})ité d'acide urique ou d'urale d'ammoniaque que l'acide seul pourrait produire, de même que l'acide nitrique s'oppose à la formation des précipités de pliospbatcs ou de carbonates que la chaleur seule pourrait détei-miner. Et comme l'un et l'autre coagulent en même temps l'albumine, c'est bien ce dernier corps qui seul forme alors le préci[)ité. On ne doit donc pas, comme le font beaucoup de praticiens, se contenter de traiter la même urine dans deux tubes différents, par la cbaleur dans l'un, par l'acide azotique dans l'autre, et encore moins n'employer que l'un ou l'autre moyen de réaction, comme l'a fait Martin Solon pour ses recherches sur l'albuminurie (4858). 11 est indispensable d'avoir toujours recours aux deux moyens à la fois, et d'acidifier l'urine avec l'acide azotique avarit de la chauffer.
Vu au microscope, le précipité albumineux aune apparence lamelleuse, chagrinée, particulière, et il se distingue facilement des cristaux d'acide urique et de la poudre amorphe d'urate d'ammoniaque qui peuvent accompagner l'albumine.
(V. UUINES.)
L'emploi combiné de l'acide azotique et de la chaleur, qui ne peut donner lieu qu'à la précipitation de l'albumine, a par suite un avantage que ne présentent pas d'autres réactifs, dont l'inconvénient est de précipiter l'albumine et d'autres matériaux de l'urine. Tels sont Y alcool, le sublimé corrosif, Valun, le tannin, la ■ créosote, le sous-acétate deplomb o\xY acétate de plomb cristallisé, V azotate d'argent, et enfin le chloroforme, dont il a été question en commençant. Tous ces réactifs sont infidèles; car lorsque l'on y a recours, la nature du précipité obtenu ne peut être admise comme étant de l'albumine qu'après un examen microscopique, qui est rarement nécessaire lorsqu'on agit avec l'acide nitrique et la chaleur réunis. Quant à la valeur graduée ou relative des différents réactifs, on les a classés diversement, sans diminuer, en définitive, l'importance du rôle de l'acide azotique et de la chaleur combinés, comme réactifs de l'albumine. Toutefois, MM. Becquerel et Yernois n'adoptent leur emploi qu'avec restriction. Ils conseillent d'avoir recours au tannin comme précipitant l'albumine mieux que l'acide et la chaleur, lorsque l'albumine, d'abord évidente par l'acide azotique et la chaleur, cesse de l'êire, ; parce qu'elle a subi, suivant ces habiles observateurs, une modification isomérique.
D'autres réactifs de l'albumine ont encore été proposés. M. Becquerel , après avoir fait des expériences avec M. Barreswill, a préconisé Yacide pyrophosphorique comme décelant les plus minimes quantités d'albumine (i/20,000); mais ce réactif doit être préparé extemporanément en chauffant l'acide phosphorique sec, parce qu'il revient, après une heure, à ce dernier état; ce réactif a donc l'inconvénient de .multiplier les manipulations.
2« La présence de l'albumine étant constatée dans l'urine, il est nécessaire de se
rendre compte de sa proportion relative. J^ai dit précédemment que, lorsque l'albumine est en quantité considérable, la chaleur et Tacide azotique semblent fau^e coaguler l'urme en masse, et que, lorsqu'elle est en médiocre quantité, la coagulation a lieu par petites parcelles qui s'accumulent bientôt dans le fond du tube. Mais celte différence n'est qu un élément de comparaison grossier, qui ne permet pas de iuoer de la quantité d'albumine précipitée à différentes époques de la maladie qui .'a^'ccompagne d'albuminerie. C'est dans le but d'apprécier ces différences quantitatives que M. Becquerel a conseillé de prendre 1,000 grammes d'unne et d'en pi^cipiter toute l'albumine, ou bien d'avoir recours à son polarimètre (dont il a été précédemment question, et qui aurait l'avantage de donner au dosage de 1 albumine une grande précision, d'où le nom à' alhiminimètre qu'il a donne a cet instrument). Ces procédés ne sont pas assez simples pour être usuels. On évalue . moins exactement, il est vrai, mais d'une manière réellement suffisante, la quantité proportionnelle de l'albumine, en traitant le liquide par l'acide azotique et la clialeur dans un tube gradué, où le niveau supérieur du précipité atteint par le repos une hauteur que l'on compare à celle du liquide. Pour rapprocher et comparer les résultats de plusieurs explorations, on se sert de tubes semblables, dans lesquels on verse toujours la même quantité d'urine à examiner.
5° Malheureusement cette comparaison des quantités variables d'albumine observées dans le cours des maladies qui s'accompagnent d'albuminurie, ne peut pas être considérée comme indiquant avec une certaine rigueur la marche croissante ou décroissante de cette albuminurie. Dans ces derniers temps, en ehet, des causes accidentelles assez nombreuses ont été reconnues qui font varier sensiblement la quantité d'albumine dans l'urine, ou qui même l'y font apparaître alors qu aucune maladie ne saurait être invoquée. Ce sont encore là de nouvelles difficultés de constatation à ajouter à celles précédemment rappelées. C'est ainsi que M. Gubler a signalé des variations diurnes très-sensibles de la quantité d'albumine dans 1 urine, variations qui font (jue les urines du matin (dites du sang) peuvent ne pas contenir ou offrir peu d'albumine, tandis que celles rendues après les repas (dites de digestion) en contiennent manifestement plus que les précédentes, en même tempsqu'elles sont plus colorées. Si ces faits se confirment, il est évident que certaines albuminuries, encore peu accusées, pourraient échapper au praticien s il n examinait que l'urine du matin, ce qui est d'ailleurs le plus ordinaire. Ces résultats concordent avec ce que l'on savait déjà de l'influence de certains aliments sur la production d'albuminuries passagères (Christisou, Bence Jones). 11 est hors de doute aujourd'hui (p'un régime animalisé, et en particulier les œufs, peuvent produire une albuminurie accidentelle et temporaire. Enfin on a pensé qu'une lésion vitale ou organique de la muqueuse digestive, qu'une digestion mal faite par conséquent,. pouvait permettre l'introduction dans l'économie d'une alhuminose non assimilable que rejette bientôt l'urine (Luton) ; mais celte mamèrc de voir est bypolhe-
^'Vparaîtrait impossible, avec les variations diurnes que je viens de rappeler, d'apprécier la quantité relative de l'albumine contenue dans la masse de 1 urine des vingt-quatre heures, à moins de tenir compte de l'alimentation des malades, ou de leur faire suivre un régime végétal. .
En définitive, pour éviter les erreurs auxquelles expose la constatation de 1 al-
biimine dans l'urine, le praticien doit avoir présenis à la pensée les faits suivaiils :
a. Les urines peuvent être troubles après leur émission sans contenir nécessairement de l'albumine ;
b. L'nrine alcaline Irailée par la cludeur seule peut donner un précipité non albumineux (phosphates);
c. L'urine acide traitée par la chaleur seule peut agir de même en précipitant des carbonates;
d. L'urine acide traitée par l'acide azotique seul donne un précipité d'acide uriqm ou A'urate d'ammoniaque;
e. Les urines de digestion (rendues après les repas) sont quelquefois les seules dans lesquelles on constate la présence de l'albumine pathologique;
f. Les ahments azotés, et notamment les œufs, peuvent produire par eux-mêmes une albuminurie passagère ou accidentelle.
B. Constatation de l'albumine dans des liquides autres que l'urine. — J'ai peu de choses à dire sur cette question très-limitée, car la recherche de l'albumine dans les liquides autres que l'urine est très-raremient utile au diagnostic. Ou a précipité l'albumine du sérum du sang dans certaines maladies, et par exemple dans la fièvre jaune, où il a donné un précipité bleu verdâtre (Dutrouleau) qui y dénote les principes colorants de la bile; mais c'est un fait très-secondaire dans l'histoire de cette grave maladie. Je ne connais qu'une circonstance oi^i il serait intéressant de savoir si un liquide fourni par l'organisme, et autre que l'urine, contient ou non de l'albumine. C'est lorsque l'on ignore l'origine d'une sérosité claire rendue par les voies naturelles, où l'on peut soupçonner que la rupture d'une collection séreuse se soit faite, ou bien d'un liquide fourni par la canule d'un trocart explorateur. La recherche de l'albumine dans ce liquide permet de décider si l'on a affaire à une simple collection séreuse ou bien à un kyste hydatique. Le liquide des collections séreuses, en effet, fournit toujours, lorsqu'il est traité par l'acide azotique et par la chaleur, un précipité très-abondant d'albumine, tandis que le liquide hydatique, traité de même, ne donne aucun précipité et conserve sa transparence. Ce caractère négatif a une grande valeur dans les cas où le liquide d'un kyste hydatique ne montre ni lambeaux membraneux, ni échinocoques, ni leurs crochets au microscope.
ALBUMINURIE. — On doit entendre par ce mot, non une maladie particulière, mais simplement un symptôme caractérisé par la présence de l'albumine dans l'urine. Ainsi envisagée, elle constitue un phénomène séméiologique qui tantôt est un point de départ précieux pour le diagnostic, et tantôt un élément qui le complète ou le redresse.
1^ Caractères. — La constatation de l'albumine dans l'urine est le caractère essentiel de l'albuminurie. J'ai suffisamment indiqué dans l'article précédent comment l'on devait s'y prendre pour arriver à cette constatation et pour éviter les chances d'erreur auxquelles on est exposé. En outre de ce signe directement constaté de l'albuminurie, il en est de secondaires, les uns que l'on peut considérer comme les conséquences de la perte de l'albumine du sang par les urines, les autres qui ne sont que les symptômes des maladies dans le cours desquelles se montre l'albuminurie, et dont il sera question plus loin. Quant à la perte de l'albumine par les urines, ses effets immédiats ont encore besoin d'être sérieusement étudiés, de môme que les effets de la perte 4le l'albumine par toute autre voie (épanchements), ainsi que l'ont f^iit remarquer
MM. Becquerel et Yernois dans leur important Mémoire sur Talbuminurie et la maladie de Bright (Monit. des hôpitaux, 1856.)
On attribue à la perte de Falbumine par les urines : 1° les hydropisies sous-ciitanées (œdème, anasarque) ou des séreuses, en les expliquant par la diminution de Talbumine du sang; 2° les troubles nerveux variés, tels que les convulsions éclamptiques, Famaurose, les paralysies partielles même, que l'on a rattachées à des modifications encore mal déterminées du sang, et par exemple à un excès d'urée contenu dans ce liquide. Ces conséquences apparentes de l'albuminurie ne surviennent que lorsque la perte albumineuse est assez considérable; or, comme c'est surtout dans la maladie de Bright que l'albuminurie est considérable ou persistante, je crois devoir lui rattacher ces différents phénomènes comme signes de complications. (F. Bright.) L'albuminurie prolongée entraîne aussi la diminution des sels de l'urme, ce qui a fait proposer par Martin Solon de traiter les urines albumineuses par l'acide oxalique. Lorsque ce sel cesse de précipiter l'urine, on juge que la perte de l'albumine est déjà considérable; tandis que, s'il fournit un précipité de plus en plus abondant, on doit penser que l'urine tend à redevenir normale.
Conditions pathologiques. — Pour bien comprendre les conditions dans lesquelles se montre l'albuminurie, il faudrait avoir d'abord une idée précise de la modification intime que subit l'acte de la sécrétion urinaire pour que le sérum du sang puisse transsuder en nature à travers certaines portions des reins. Plusieurs hypothèses ont été émises à cet égard. On a dit que la cause de l'albuminurie résidait : \^ dans une altération primitive du sang : diminution préalable de l'albumine du sérum, fluidification de l'albumine (Mialhe), ou altéi'ation inconnue ; 2" dans un simple trouble fonctionnel de sécrétion; 5*^ dans l'absorption et félimination, par les reins d'exsudations fibrineuses ou purulentes existant nécessairement dans d'autres parties de l'organisme que les reins (Finger, de Prague); 4« dans un trouble de sécrétion dépendant d'une altération matérielle des rems (hypérhémie ou lésion plus profonde). Cette dernière hypothèse est celle qui a prévalu en Allemagne, où les micrographes prétendent avoir parfaitement constaté le mode d'action de l'hyperhemie. Cette hypérhémie est considérée comme constante, eu dehors des lésions profondes incontestables, par MM. Becquerel et Yernois. Ces deux observateurs distuigués, en rapprochant leurs propres recherches microscopiques de celles faites en Angleterre et en Allemagne, ont été conduits à admettre que Y albuminurie est tou^ joîirs le signe d'une altération des reins (maladie de Bright), sauf dans les cas où l'albumine de Furine est due à la présence du pus ou du sang dans ce liquide.
Comme le point capital du diagnostic de l'albuminurie est de décider si elle annonce ou non une lésion des reins (maladie de Bright), on conçoit immédiatement qu'une telle proposition, établie sur des preuves convaincantes, simplilierait extraordinairement l'étude de l'albuminurie comme signe. Il suffirait, en effet , de noter l'absence du pus ou du sang dans l'urine albumineuse pour pouvoir dire : il y a une maladie de Bright. La question mériterait donc d'être exposée et discutée; mais, dans un ouvrage de la nature de celui-ci , il me suffit de faire observer que cette théorie met en relief un fait capital pour le diagnostic de la maladie de Briglit : l'expulsion dans Furine, soit de tubes épitliéliaux des tubuli des reins, ou canalicules de Bellini, soit de cylindres fibrineux d'exsudation. Lorscpie, en effet, le microscope constate ces cylindres ou ces gaines dans une urine albumineuse, on doit admettre
ALBUMINUr.IE. 31
une altération plus ou moins profonde des reins, môme alors que l'anasarque ne s'est pas encore montrée. (V. Brigiit [Ma'adie de].)
Malheureiîsement, de l'aveu même des micrograplics, cette desquamation, principalement l'expulsion en masse des gnîncs, qui est cnractérislique, n'est pas appréciable dans l'urine dans tous les c;is de maladie de Brigiil. On explicpie ce fait en disant que, dans les albuminut ics temporaires, il y a successivement : 1° chute des cellules épitliéliales des tubuli des reins avec albuminurie; albuminurie seule, les cellules expulsées étant en voie de réparation ; S'' disparition do l'albuminurie elle-même par suite de leur reconstitution. Si donc les cellules ne se retrouvent pas dans l'urine, c'est (pie leur ex[>ulsion est déjà opérée. Or", ce n'est là qu'une affirmation, et no!] une preuve de la constance de la dénudation des tubuli des reins, soit comme lésion nécessaire de l'bypérhémie rénale, soit comme cause de l'albuminurie l)assagère qui ne dépend pas de la présence du pus eu du sang dans l'urine. D'ailîeui's, des expériences bien connues empêchent d'adopter cette doctrine. D'abord^ M. Claude Bernard a reconnu qu'en irritant les reins ou les nei'fs des reins, l'albumine apparaissait daus l'urine ; sans doute, on pourrait dire qu'il se produit en pareil cas une hypérhémie rénale, mais on ne saurait admettre l'existence de celte liypérbémie comme explication de l'allniminurie qui succède à l'injection d'un liquide albumineux dans le sanu (Cl. Bernard, Leçons sur les suhst, toxiques; 1857, p. 45), d'une simple injection d'eau également dans le sang (Magendie), de l'ingestion d'une grande cpiantité d'albumine dans les voies digestives (Cl. Bernard, Becquerel).
Je me crois donc autorisé à examiner successivement l'albuminurie : 1^ lorsqu'elle est due à la présence du pus ou du sang dans l'urine ; 5^ dans la maladie de Brigbt; 5° dans diverses affections aiguës ou chroniques; 4^ dans la grossesse.
a. — Albuminurie due à la 'présence du pus ou du sang dans V urine. — Le sérum du pus, comme celui du sang, avec lequel il a la plus grande analogie, contient nue forte proportion d'albumine. Il n'est donc pas surprenant que, lorsque l'urine contient l'un ou l'autre de ces produits organiques en certaine quantité, elle soit albumineuse par le seul fait de ce mélange.
II suffît pour reconnaître la présence du pus dans l'urine de la laisser reposer, la partie solide du pus se précipitant au fond du vase, où elle forme une couche d'un blanc jaunâtre bien nette, dont la substance, exposée à un corps en ignition, brûle avec une flamme vive, prend une consistance gélatineuse par l'addition d'ammoniaque, et montre au microscope des globules purulents en abondance. On est surtout autorisé, en cas pareil, à attribuer l'albumine au sérum du pus dissous dans Turine, lorsqu'il existe une maladie du rein, une inflammation de la muqueuse des voies^énilo-urinaires, ou une rupture d'un abcès qui s'y est fait jour.
Lorsque l'albuminurie dépend, non de la présence du pus, mais de celle du sang dans l'urine, l'aspect seul de ce liquide y fait le plus souvent reconnaître la présence du sang : c'est lorsque l'urine a une coloration rouge ou brunâtre et présente par le repos des dépôts fibrineux qui laissent peu de doutes sur ce point. L'abondance du précipité albumineux est en pareil cas un signe qui doit être rapproché des précédents. Malheureusement la présence du sang n'est pas toujours aussi manifeste au premier abord. Lorsque l'urine est redevenue claire à la suite d'une perte de sang par les voies urinaires, ou lorsque le sang est en quantité trop minime dans l'urine pour y paraître à première vue, et que l'on constate l'albumine pour la première
fois on peut être induit en erreur si l'on n'examine pas l'urine au microscope. T 'erreur est surtout inévitable si l'on ne songe pas à la présence du sang et si le malade se tait sur le fait de l'hémorrhagie récente, qui d'ailleurs peut être latente. (V llÉMORRHAGiES par l'urèlre.) Mais le microscope lève tous les doutes en faisant découvrir, dans les couches inférieures de l'urine, des globules sanguins plus ou moins déformés preuves irrécusables de la présence du sang.
Le pus ou le sang étant constaté dans l'urine, il ne faut pas se hâter de conclure Qu'ils sont l'un ou l'autre, la seule cause de l'albuminurie; car il peut y avoir en même temps maladie de Bright, principalement dans la forme aiguë, où les urines sont fréquemment sanguinolentes. Mais il existe ordinairement alors un ensemble de caractères dislinctifs de cette affection qui laissent peu de doutes sur son exis-
tence
ice • 1 »
b '— Albuminurie de la maladie de Bright. — L'albuminurie avec la présence dans l'urine de gaines granulées des canalicules des reins, entières ou morcelées, et dont i'ai parlé plus haut, constituent deux signes suffisants pour élablir rexistence de la maladie de Bright. Dans les cas d'albuminuries où l'élément épithébal microscopique des tubuli fait défaut dans l'urine, l'tedème ou l'anasarque est une autre coïncidence non moins précieuse pour établir l'existence de la maladie de Brighl, indépendamment des autres signes de l'affection.
Ainsi que l'albuminurie aiguë ou chronique se montre avec 1 anasarque, qui a été le point de départ des recherches de Bright, ou avec les éléments microscopiques précités la maladie de Bright parait être certaine. L'on doit admettre que son existence est très-probable, lorsque l'albuminurie est persistante ou chronique, même en l'absence des données précises de diagnostic que je viens de rappeler.
A l'état aigu et en l'absence de ces mêmes données, doit-on envisager comme étant une expression de la maladie de Bright toutes les albuminuries de la scarlatine de même que toutes celles se compliquant de symptômes nerveux plus ou moins graves, et notamment d'éclampsie? Les opinions sont encore par-
tagees.
c — Alhumimirie dans diverses maladies aiguës ou chroniques. - L albumine peut se montrer dans les urines dans une foule d'affections. M. Becquerel, qm la recberchée sur 568 malades, a constaté une albuminurie passagère dans un cinquième des cas observés, et qui se rapportaient, pour les maladies aiguës : a des bronchites, des pneumonies, des pleurésies, des amygdalites, des dyssenteries, et d'autres pblegmasies encore, à des fièvres typhoïdes, des rougeoles, des varioles, des scarlatines; pour les affections chroniques : aux maladies du cœur, a 1 emphysème pulmonaire, à la colique de plomb, à la l^^^f ^^^^^^^^
lalcer de l estomac, à la chlorose, ^l. Finger (de Prague) a fait des recbercl^ analogues sur 600 malades, et, dans le quart des faits, il a trouve de 1 albumine dans l'urine, en signalant sa fréquence dans la fièvre puerpérale, ou elle serait de
Je n'hsisterai pas sur ce que l'albuminurie peut présenter de particulier dans ces différents cas; il me suffit de répéter que, tantôt on lui reconnaîtra les caractères de celle qui est liée à la maladie de Bright, et tantôt ceux d'un simple epipheno-
mène.
- Albuminurie dans la grossesse. — Bans l'état de gestation, la femme est
assez fréquemment atteinte d'une albuminurie qui a, comme caractères concomil tants assez habituels, 1 anasarque et l'éclampsie. Lorsque l'œilème siège dans des régions ou il ne peut être l'effet de la pression de l'utérus sur les vaisseaux intrape viens, il arrive ordinairement que cet œdème, primitivement reconnu donne 1 idée d examiner les urines, que l'on trouve albumineuses. Il en est de même de leclampsie qui peut suggérer la même recherche, et qui toujours s'accompagnerait d albuminurie, suivant quelques observateurs. Mais l'albumine peut se montrer dans l'urine sans qu'il y ait d'œdème, ce que MM. Devilliers fils et J. Regnauld attribuent à l'apparition inopinée de l'albuminurie près du terme
■ ; ■ l , '''«^^'■«"'«^ circonstances, l'éclampsie est un accident
a redouter dans tous les cas d'albuminuries chez les femmes grosses car il a chez elles, une fréquence qui donne à l'albuminurie un cachet tout particulier 11 n est donc pas surprenant que l'on ait diversement interprété, dans cette condition, la présence de l'albumine dans l'urine. Cette albuminurie a été considérée comme dépendant d'une véritable maladie de Bright (Rayer Cahen)comme produite par la compression exercée par l'utérus en gestation sur les artères, sur.les veines émulgentes, ou sur les reins eux-mêmes (Rayer, Robinson' Lever) ; comme due a une simple congestion des reins (Rayer); ou seulement à une lésion fonctionnelle de ces organes, sans exclure la possibilité de la maladie de Bright dans certains cas (Depaul, Acai. deméd., 1851). Les observateurs qui admettent que la maladie de Bright n'existe pas dans tous les cas d'albuminurie arguent avec raison, pour exclure toute lésion rénale, de la rapidité avec laquelle 1 albuminurie disparaît après l'accouchement, en deux ou trois jour, dix
(gIz méd' isVeT^" ""^ """""^ '''' """'^'"^ ^'"''='">t' On a dit que l'albuminurie prédisposait â l'avortement; mais le fait n'est pas démontre pmsque MM Devilliers et Regnauld n'ont compté que 5 avortements sur 39 cas d albuminurie. Ce sont plutôt les complications de l'albuminurie que l albuminurie elle-même, qui, suivant les mêmes observateurs, auraient ce fâcheux résultat puisque sur 12 cas d'éclampsie, six fois l'accouchement se fit avant sou terme. Ils ment, en s appuyant sur l'autorité de M. Paul Dubois, que les enfants nés de femmes albummuriques naissent atteints d'œdème avec endurcissement du tissu cellulaire.
3» Signilkatwn - On peut résumer en peu de mots, d'après ce qui précède la sigmflcalion de l albuminurie. ^ '
La présence de l'albumine dans l'urine est tantôt la conséquence de la présence
JSnglit, tantôt enfin le signe d'une condition encore mal déterminée de l'orga-
L'albuminurie qui s'accompagne d'anasarque ou de la présence dans l'urine de venlanles games ep.théliales des canahcules des reins, doit être considérée comme
I an. 1T "'S'"'' P'"^ """i"^ P'-»f°"de, suivant
1 ancienneté de I albuminurie, et par conséquent comme un signe de maladie de Bright aigue ou chronique. L'albuminurie sans concomitance d'œdème ou d'expulsion des games des tubuli ne peut être attribuée avec certitude, pendant la
WOILLEZ, D. D. f.
vie à la maladie de Bright, quoiqu'elle puisse en dépendre Que cette albuminurie «e a la "^'^'^ j^^^^^ dans des maladies aiguës ou chroniques, ou
' tlTmon re " Te tut autre accident pathologique, ce q.u est d'ailleurs L r on e p^ Î^^^^^^ 1 état actuel de nos connaissances, émettre que es pro- SS&sur son'origine, comme la probabilité de la congestion rénale dans les
'''''^ZS:^^^ trop intimement liée à d'autres articles de cet oiivraie pîr que Je ne renvoie pas le lecteur principalement aux mots A— k, AiNASAEQUE, Bkight (Maladie de), Eclampsie.
îîcîiÏÏsME. - 1' nt! p™ à entrer ici, à propos de l'alcoolisme, dans les
!TTl^.i uassacrer dans lequel les troubles plus ou moins accentues de 1 inpr^ment dite état pa - q ^ ^^^^ de constatation
t S e Ce n\ s qTe^^^^^^^^^^ d'un individu qui setroi^e ans
et odeur particulière d'alcool
rSes fermentes qui est caractéristique. Parfois un vomusement de liquides ou de ''f """"'f^ïaut l'odeur de Ulcool, vient révéler immédiatement la ,.gres et vmeux ^"Jj^^^et l'on est privé de cet élément de diagnostic
■ r;:et:rai^nei^^^^^^^
uTuiaux f ire administrer un ou deux lavements purgatifs d eau salée (deux n TaI c^^lorure de sodium pour quatre verres d'eau), qui permettront de re- ' Z . Ïtlfoderatre caractiistique dans les fèces expulsées. Ce ne serait donc '""Tl Sas rTrerî; 'on pourrait croire à une affection cérébrale spontanée rrlllrcon^pirrs quatre membres, que l'on constate dans lecoma qm suit La «^"'"'^7 P , Je trop rare de WiémorrUgie cérébrale pour que 1 or» 1 ivress , est stLe de cette hémorrhagie. Il ne faut pourtant pas
Z MZorrh,ujie Jnvngée, entraînant la mort, qui peut aussi être la couse-
,onPP r^'nnp congestion du cerveau ou des poumons (asphyxie). % DeUri-m remens. - 4» MémenU in diagnostic. - L'état comp exe ain i dS é, appelé aussi délire tremblant, délire ivrognes, etc., s annonce „ certaine agitation, de l'inquiétude, un sommed interrompu, un commen- Tment de tremblement nerveux, de l'anorexie et même du dégoût des alunent^ etc^;
S;-:=ïtbr^;:«eS^
de l'ouïe, qui sont un des caractères essentiels de l'affection. Le malade se croit pour suivi par la police, par les gendarmes, etc.; il les voit, les entend, et ces craintes imagmaires, qin le poursuivent, sont parfois assez dominantes pour provoquer le suicide, ainsi que j'en ai vu un exemple. Des hallucinations pénibles de l'odorat ou du goût se joignent aux précédentes. La face est ordinairement animée rou-e ou pâle, les yeux sont fixes et brillants, parfois encroûtés de chassie sur les bords hbres des paupières, la bouche reste quelquefois ouverte, et les dents se sèchent et s'en croûtent d'un enduit jaunâtre par le dessèchement des mucosités buccales • l'haleine est alors fétide, un peu de salive écumeuse se remarque entre les lèvres lorsque le malade parle beaucoup ; la peau est souvent couverte de sueur. Mais ce qui imprime un cachet particulier à la physionomie générale delà maladie, c'est le ^/^^ ment qm se remarque principalement aux membres, et qui les agite de petits mou vements répétés et irréguliers, augmentant pendant les mouvements volontaires Ce tremblement rend la démarche vacillante, empêche le malade de porter à sa bouche un verre de hquide sans en répandre, et, s'il occupe les lèvres et la jan^^ue prodmt un embarras plus ou moins prononcé de la parole. Quelquefois il se îoint des convulsions épiJeptiformes à ces troubles musculaires. Il y a toujours une m .omm. plus ou moins complète, et le sommeil, lorsqu'il a heu, est troublé par des rêves effrayants. Le pouls est tantôt rare et tantôt accéléré et peu développé h soif est vive ou nulle, et il n'est pas rare d'entendre les malades demander des bois sons alcooiques; Vanorexie est complète, il y a un sentiment de pesantetcr a lepigastre, de la constipation; les urines sont peu abondantes, routes et chargées. °
2° Inductions diagnostiques. -U delirium tremens, ou folie des iv,'o-nes ne saurait être méconnu lorsque Je délire agité, les tremblements et les hallucmations ces trois symptômes fondamentaux, se (roiivent réunis. Il peut arriver cependant que 1 un d eux soit atténué, tandis qu'un autre est au contraire prédominant • et î ne considérer que ces symptômes qui sont d'ailleurs assez souvent les seuls éléments d après lesquels on puisse formuler le diagnostic, on peut se trouver dans 1 embarras. La marche que suivent les accidents observés et qui sont toujours plus ou moms aigus, avec des exacerbalions de délire et d'hallucinations, et dont la durée dépasse rarement deux semaines, est un élément de diagnostic qu'il ne faut pas négliger. Mais il est loin d-avoir l'importance de deux autres données relatives aux commeraoratifs : e veux parler d'abord de l'abus des boissons formentées, principalement de 1 eau-de-vie, qui est plus particulièrement suivi de delirium tremens L autre commemoraff utile à connaître est la disparition rapide, sous l'influence de 1 opium, d accidents antérieurs semblables à ceux que l'on observe. MalheureuserL^t r"'r ^--«t défaut, ou ne peut être constaté ; quant
aux habitudes alcooliques, elles peuvent rester inconnues, malgré lesrenseiguemenls
iCo erlîr. -i-P''' '''' "^""'T'' '»=''^de et qui dissimulent ou
TZ m Z r'V" fait, observé par M. Delasiauve, d'une eune iil e qm faisait un usage journaher de liqueur d'absinthe, et dont il a cité l ob servation a la Société médicale des hôpitaux (septembre 1856) Les antécédents peuvent aussi être méconnus par suite de conditions particulières dans lesquelteon observe le malade, et par exemple, après son admission dans une maison d aliènes sans renseignements antérieurs.
Toutes ces condilics défavorables ne rendent pas surprenante la coufasion du deSm trerlens avec un certain nombre d'affections se man,festant par des troub ré X •. XencévUdovatUe saturnine, V empoisonnement par les narcoU- Tl Lire nerveux àts opérés. Dans les cas de uarcotisme et de dehre r ;n -intl n de là snbstanc'e tox.que. ou le fait de ropératio;. récente, sont d antécédents qui peuvent suffire le plus souvent au diagnostic d.fferent.e avec le fe irTum trelns. Mais il n'est pas aussi simple de distinguer de cette dermere aïe ion 1 ncéphalopathie saturnine à forme délirante, s. l'on ignore que le malade -influence des préparations saturnines. Le délire saturnin a plusieurs carac-
narfois furieuse, hallncinalions pouvant déterminer le suicide La confusion serai ,>i d anta^ plu facile, que les ouvriers qui sont exposés à 1 influence saturnine abuln SHment âel boissons alcooliques, qui produisent la dypsomanie; mais abusent '^«1"^.' , j affection est le tremblement musculaire et
\::S:!:^t:^K .«l manquent dans les intervalles des aœidentsÏrébraux saturnins. De plus, l'action rapidement favorable de 1 op.um da fe Sire des ivrognes, est une sorte de pierre de touche dont l'emploi est loin d être
TSŒaÏt tf ïrSnes se complique quelquefois de pner^.ies di.s tvpho efae même qu'il peut lui-même compliquer fréquemment une malad typlioiaes, ae i 4 J tremens se montre ordinairement peu de
;prie iue -^^^^^^^^ et mériterait d'être appelé délire des ivrognes nlu t que delirinm tremens, la trémulence des mouvements pouvant manquer, ou Ï t peTne sensible. On a prétendu que les troubles cérébraux étaient dus alors a SsS des alcooliques, dont le malade faisait précédemment un abus jouri^- £ et no^r p euve, on a argué de la disparition du délire sous 1 influence des b s'Jis a3^^^^^ ''élires cèdent le plus ordmairem n ta
VemX dTl opium et cet effet du narcotique, joint à la connaissance d habitud s anSe" re d'i rog^erie ou d'excès alcooliques, sont considérés comme suffisan s Jour c'nctériser auprès coup le délire alcoolique, et le distinguer des autres délires
''7Z!ZtU- Le delirium tremens se termine le plus souvent par la giiérison ma s les habitudes d'ivrognerie continuent, l'alcoolisme peut devenir ehrop rr'ué ison n'est pas d'ailleurs aussi constante qu'on pourrait le croire,
Suel p'™ ^--'^"^ "'^ P^-^ ""V,
d&dt u e fome suraiguë (Reme médicals, 1852) dans laquelle a termi aison fala e t fréquente; et" à propos de sa communication à la Société médicale des hÏLnt en T856, 'on l À des faits de mort attribués à la négligence de 1 admi-
chriqt n erp^earactérisée%omme l'ivresse on 'f ^eU""™ trenaens par d s
analysé dans les Archives de médecine (1853) par le docteur Lasègiie, dans le Traité des dégénérescences du docteur Morel (1-857), et dans la thèse récente de M. le docteur V. A. Racle pour l'agrégation.
1'' Éléments du diagnostic. — Les signes qui s observent principalement au niveau des appareils de relation (molililé, sensibilité, intelligence) varient suivant la période plus ou moins avancée de Tintoxication. Les premiers symptômes sont : le tremblement des mains, de la langue, la diminution des forces, l'hésitation de la farole^ des crampes et des contractions dans les mollets, des fourmillements des pieds et des jambes pouvant remonter quelquefois jusqu'aux lombes et envahir les membres supérieurs, de légers vertiges, de l'indifférence, de Ihéhétiide, avec affaiblissement de la mémoire, un sommeil agité, troublé par des illusions et des rêves. Le tremblement et la débilité musculaire font des progrès ; les jambes vacillent; il apparaît une anesthésie graduellement envahissante, des extrémités vers les parties supérieures, et des hallucinations de la vue et de l'ouïe, surtout au moment où le sommeil survient. Le malade maigrit de plus en plus. A une époque plus avancée, ou par l'effet d'une rechute, si les accidents précédents se sont d'abord dissipés, les symptômes s'aggravent; les convulsions des membres inférieurs ressemblent à des secousses électriques, et tendent à se généraliser ; à la longue elles caractérisent une épilepsie confirmée, dont les accès se rapprochent de plus en plus ; la pupille est dilatée, la vue s'affaiblit de même que l'intelligence, dont l'obtusion alterne quelquefois avec du délire, et finit par aller jusqu'à Fabrutissement; les facultés génératives diminuent également. L'affaiblissement musculaire devient tel, que h position couchée est la seule possible; il survient des douleurs,surtout nocturnes, dans les jambes; la peau se sèche, les extrémités inférieures sœdématient, V amaigrissement devient extrême, et un délire calme précède la mort. A ces troubles des organes de relation se joignent (plus fréquemment en 'Suède qu'en France) des symplômes du côté des organes digestifs : dégoût des aUments, vomissements de pituite acide, lension douloureuse à Vépigastre, augmentation de volume du foie, alternatives de diarrhée et de constipation. Ces difiérents troubles digestifs font des progrès, avec l'ensemble de ceux que j'ai rappelés plus haut.
S'^ Inductions diagnostiques.— Le simple exposé des symptômes qui précèdent n'a pas besom de commentaires; ils forment un groupe assez caracléristique pour faire reconnaître aisément l'alcoolisme chronique. Cependant, si l'ensemble et la succession de ces symptômes ne laisse aucun doute au praticien, il n'e^n est pas de même lorsque ces signes sont peu nombreux. Dans ce dernier cas, l'abus des spiritueux comme antécédent n'est pas d'une valeur aussi grande qu'on pourrait d'abord le supposer, cet abus des alcooliques étant chose fréquente et pouvant se rencontrer souvent par conséquent chez des sujets atteints de maladies ayant quelque analogie avec l'alcoolisme chronique.
L'intoxication alcoolique peut être confondue avec Vencéphalopathie saturnine. dont il a été question à propos du delirium tremens, et avec les suites de certaines affections cérébrales; mais en regard de l'analogie d'un petit nombi e de symptômes entre ces maladies et l'alcoolisme chronique, il est le plus souvent facile de groupei , de part et d'autre, des signes particuliers et des combinaisons de symplômes qui permettent de se prononcer. Les véritables difficultés du diagnostic diffi:Tenliel sont
entre ralcoolisme chronique et la jjaralysie générale, ou plutôt avec le groupe encore assez vague des affections désignées sous ce nom. C'est ce qu^a rappelé le docteur Lasègue, en signalantes difficultés de ce diagnostic différentiel. Aucun embarras ne peut exister aux dernières périodes de la paralysie générale; mais il n'en est pas de même à son début. Les symptômes communs aux deux affections sont : 1 hésitation de la parole, contimie ou intermittente, et dont la forme est la même de part et d'autre- le tremblement de la langue et des membres sans paralysie; les fonctions génératrices amoindries; les étourdissemenls, les vertiges, la difficulté de maintenir par moments l'équilibre; eiifin Fintelligence peut n'être affectée que secondairement de part et d'autre. Les caractères différentiels sont que, dans l'alcoolisme, l'hésitalion de la parole est bien rarement le précurseur des autres troubles nerveux, et que l'affaiblissement musculaire se joint au tremblement. Ce tremblement ne ressemble pas aux impulsions spasmodiques du paralytique général. A la suite de rivrognerie, l'état vertigineux se rapproche plus de la syncope, tandis que, dans la paralysie, il paraît sous la dépendance de congestions cérébrales. Les hallucinations de la vue dans Talcoolisme méritent la plus grande attention et doivent, jusque dans les rêves, être recherchées avec soin comme symptôme essentiel et constant ; de plus la débilité uniforme de l'intelligence ne s'accompagne pas de l'mdifference et encore moins du contentement des paralytiques, dont l'intelligence procède, comme le système musculaire, par une série d'impulsions comme convulsives. Apres avoir exposé ces considérations, que j'ai dû abréger, M. Lasègue fait remarquer avec raison que plus on approfondit le sujet, plus les obscurités de diagnostic s'accroissent et que les médecins qui éprouvent le moins d'hésitation sont peut-être ceux qm sont le moins versés dans cette étude comparative.
La prédominance de certains symptômes sur les autres doit aussi être mise au nombre des causes d'obscurité du diagnostic. C'est cette prédominance, dont il faut être prévemi, qui a fait admettre à M. Hass six formes différentes : 1*^ la forme pro dromique- 2° la îorme paralytique ou parési(}ue; 5« la forme anesthesique; 4 1 liypéresthésique; 5« la convulsive; 6° la forme épileptique. La forme prodromique a pour caraclères les tremblements musculaires des mains et souvent de la langue, la faiblesse des membres, des fourmillements dans les jambes, des éblomssements, avec un certain état de santé et une certaine intelligence. Les autres formes se dehmssent d'elles-mêmes, et, pour leur diagnostic, je n'ai qu à renvoyer aux mots consacres aux différents symptômes prédominants qui leur servent de caractère pnncipal. A ces formes de l'alcoolisme chronique fondées sur un symptôme prédominant, M . Huss aurait pu ajouter avec autant de raison une forme gastrique, pouvant en imposer par une affection organique de Testomac. i j-
Parmi les complications de l'alcoolisme chronique, il faut compter la maladie ae Bright. L'épilepsie ne doit-elle pas être considérée aussi comme une complication, cela ne me paraît pas douteux, au moins pour certains cas. Je l'ai vue survemr, en effet, sous mes yeux, au paroxysme d'une terreur profonde résultant d une hallucination de la vue, au moment d'une exacerbation délirante. Les phénomènes epileptiques ne sont donc pas toujours la conséquence des simples progrès de l alcoolisme Des altérations organiques diverses, comme l'augmentation de volume du toie, ei, suivant M. Morel, la transformation graisseuse des muscles et du cœur, seraient encore des complications dont il faudrait tenir compte dans le diagnostic.