‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 13 sur 245 · ALITEMENT. ALLAITEMENT · texte numérisé non relu

ALITEMENT. ALLAITEMENT

5^ Pronostic. — La marche des accidents peut se suspendre, et l'alcoolisme chronique guérir ou s'améliorer, si la cause cesse d'agir. Mais on ne doit pas oublier que la cessation brusque des liqueurs spiritueuses est considérée comme l'origine d'accidents semblables à ceux qui résultent de leur abus. C'est ainsi que l'on exphque souvent la gravité que l'alcoolisme imprime aux maladies incidentes. Tout le monde est d'accord sur la gravité des fièvres inflammatoires, des fièvres éruptives, qui se déclarent chez les buveurs de profession. C'est peut-être là l'explication de la terminaison souvent funeste de l'érysipèle de la face en Angleterre. La mort peut d'ailleurs être la conséquence du simple progrès des accidents dus à l'intoxication alcoolique.

ALIÉNATION MENTALE. — F. Folie.

ALITEMENT. — L'alitement d'un, malade n'est pas toujours l'indice d'un affaiblissement ou d'une prostration considérables, certains individus prenant le lit à propos d'une affection légère dont ils s'exagèrent la gravité, d'autres pour faire croire à l'existence d'une maladie plus ou moins sérieuse. C'est surtout vis-à-vis des femmes hystériques que l'on doit se méfier de cette dernière tendance. L'alitement sera cependant considéré comme signe d'une faiblesse plus ou moins grande, si le malade alité s'est vu forcé à regret, par suite de l'apparition de phénomènes pathologiques réels, de renoncer à des occupations nécessaires. L'alitement indique souvent alors le début de certaines maladies graves; dans cette dernière circonstance, ce n'est, en effet, que dans des cas exceptionnels que Ton voit les individus atteints continuer à vaquer à leurs occupations. Ces exceptions se remarquent avec certaines affections latentes, ou même malgré la gravité reconnue d'une lésion localisée dans un organe, lorsque les forces sont légèrement atteintes, ou sont resiécs intactes. (F. aussi Attitudes.)

ALLAITEMENT. — Entrepris par des mères dont la constitution n'est pas suffisamment forte, ou lorsqu'il est trop longtemps prolongé, l'allaitement peut donner lieu à des accidents du côté de la mère. Il en est de même, si les succions sont trop fréquemment répétées chaque vingt-quatre heures. Dans tous les cas, il en résulte un épuisement caractérisé par des douleurs de poitrine, principalement dorsales, des tiraillements épigastriques, Vallanguissemerit de toutes les fonctions, en un mot les signes d'une anémie plus ou moins prononcée. L'anémie, développée dans ces conditions particulières, qui en font diagnostiquer l'origine, favoriserait, suivant M. Marcé, le développement de la folie chez les femmes prédisposées. (Traité de la folie des femmes enceintes^ des nourrices, etc., 1 858.) A la cessation de l'allaitement, il survient aussi quelquefois des troubles variés dans la santé de la femme ; mais l'on a exagéré outre mesure les conséquences fâcheuses de la cessation de l'allaitement, dont aucune n'est caractéristique. On a souvent considéré comme des effets de la suspension forcée de l'allaitement par défont de sécrétion lactée, des maladies qui en sont au contraire la cause.

On a agité la question de savoir si l'allaitement rendait les femmes moins sujettes aux affections de l'utérus ou de ses annexes, et si la fluxion qui s'opère vers les mamelles, par le fait de la lactation, ne favorisait pas le dégorgement de l'organe utérin? Voici ce que l'on sait de positif sur ce point. M. Scanzoni a trouvé que, sur 196 enfants appartenant à 54 femmes atteintes de fluxions utérines, 57 seulement avaient été nourris par leur mère; et, d'un autre côté, M. Aran, sur 100 femmes

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atteintes d'affections utérines, en a compté 7Q qui n'avaient pas nourri. (Leçons sur les mal de l'utérus, 1858.) M. Aran croit, dans une certaine mesure, à l'influence favorable de Tallaitement sur les affections utérines, et il a cru remarquer que la suspension de l'allaitement était suivie d'une aggravation dans les accidents utérins, quand il en existait déjà. On voit, par ce court exposé, que le fait de l'allaitement peut fournir quelques données utiles au diagnostic. ALGIDITÉ. — V. Calorifigation.

ALOPÉCIE. — La chute des cheveux a lieu par places, ou indifféremment dans les diverses parties du cuir chevelu. Dans le premier cas, on a ordinairement affaire à une inflammation locale aiguë, à une acné sébacée, ou à une teigne; dans le second cas, l'alopécie est syphilitique, un effet de l'âge, ou succède à une maladie grave [convalescence).

AMAIGRISSEMENT. — En envisageant la question séméiologique de l'amaigrissement à son point de vue le plus pratique, je n'ai qu'à rappeler qu'il peut se présenter dans deux conditions différentes : ou bien le dépérissement coïncide avec d'autres phénomènes morbides apparents, ou bien il paraît isolé de tout signe appréciable au premier abord.

Dans le premier cas, l'interrogatoire et l'examen attentifs du malade permettront de remonter facilement à l'origine de l'amaigrissement, ordinairement à une affection, soit des organes digestifs, soit des organes respiratoires, dont les fonctions, de part et d'autre"^ jouent un rôle si important dans la nutrition. Mais, lorsque l'amaigrissement paraît isolé d'autres signes apparents, et laisse dans le doute, après un premier examen du malade, il ne faudra pas songer seulement à une affection thoracique ou abdominale latente, comme une phthisie pulmonaire chez les jeunes sujets, un cancer abdominal chez les adultes plus âgés, mais encore à des maladies produisant une débilitation profonde et continue, à une altération du sang, à une névrose. On n'oubliera pas que, entre autres conditions pathologiques de l'amaigrissement, la syphilis constitutionnelle, la glycosurie la nostalgie, Viodisme, peuvent être l'origine de dépérissements, au premier abord inexplicables.

AMAUROSE, AMBLYOPIE. — Je ne ferai pas l'histoire diagnostique complète de l'amaurose, allendu que j'ai à la considérer non pas comme une affection particulière, mais seulement comme un symptôme ou signe des maladies étrangères à l'organe de la vision. ^ i # •

1° Caractères. — L'amaurose symptomatique affecte les deux yeux a la fois ou bien un seul; elle apparaît subitement ou se développe d'une manière graduelle, tantôt ayant une durée passagère, et tantôt ne cessant qu'avec la vie. L'amaurose est complète ou incomplète; et, dans ce dernier cas, elle constitue Vamblyopie, qui consiste en une faiblesse plus ou moins grande de la vue, ou qui est caractérisée par des phénomènes particdiers. C'est ainsi que l'œil ne peut apercevoir que la partie centrale des objets ou bien seulement leurs portions droite ou gauche, supérieure ou inférieure; que, d'aulres fois, l'œil doit être placé dans une direction oblique particulière pour percevoir les images. Ces phénomènes persistent pendant un temps plus ou moins long, ou bien ils ne sont que passagers, d'une durée de moins d une heure ou de plusieurs heures. Lorsqu'elle n'est que momentanée, l'amblyopie peut s'accompagner de sensations lumineuses, vibratoires et irisées analogues à celles que

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