‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 120 sur 245 · ICTÈRE · texte numérisé non relu

ICTÈRE

1" Éléments du diagnostic. ^ L'invasion de la maladie est importante à connaître. Tantôt, en effet, Fictère paraît être simple ou bénin, et ce n'est qu'après une durée de trois, six, neuf, seize et même plus de vingt jours, que se déclarent des accidents redoutables, comme l'a signalé le premier M. Ozanam; tantôt l'affection est grave dès les premiers jours et rapide dans son allure. Dans ce dernier cas, elle débute par des accidents généraux sâv.s signification déterminée, frissons, céphalalgie, accablement, tristesse, malaise général, douleurs dans les membres, faiblesse extrême; puis ïictère apparaît, accompagné de céphalalgie parfois trèsmtense, d'insomnie, de prostration, de soif vive, d'anorexie complète; il y a des nausées, des vomissements, de la constipation ou de la diarrhée, des selles décolorées ou verdâtres (bilieuses) avec odeur fétide, et des urines ibncées contenant manifestement une assez grande proportion de matière colorante de la bile.

Après deux à six jours ou plus se déclarent des phénomènes plus sérieux : douleur vive à rhypochondre droit et vers l'épigastre, exaspérée par les mouvements, parla pression et la percussion ; hoquet, coloration de plus en plus foncée de V ictère; pouls acquérant rarement un haut degré de fréquence, si ce n'est à la fin de la maladie.

Bientôt apparaissent des hémorrhagies externes ou internes, le plus souvent des épistaxis, plus rarement des hématémèses et l'entérorrhagie, et enfin des flccidents cérébraux, tels que du délire (tantôt calme, tantôt furieux), des convulsions, des paralysies partielles, un état comateux, avec déjections involontaires, embarras de la respiration, accélération du pouls, qui peut alors atteindre à 140 et même à 150 pulsations par minute, et mort. Dans les cas rares de guérison, le coma se dissipe et les autres symptômes disparaissent graduellement ; le méilade a dès lors une convalescence tantôt rapide et tantôt lente.

La durée de la maladie a varié de deux à trente et un jours dans les faits observés.

Inductions diagnostiques. — La donnée dominante du diagnostic est manifestement l'ictère, mais la coïncidence des accidents nerveux et hémorrhngiques est né- .cessaire pour lui donner la signification de la maladie si mal dénommée ictère grave. En dehors de cet ensemble nécessaire, la discussion isolée des symptômes ne jette pas un jour suffisant sur le diagnostic.

Il en est de même de l'étude des causes, parmi lesquelles on a placé la misère, les privations, les chagrins, les excès alcooliques, et certaines influences locales inconnues, mais utiles à rappeler, qui font que plusieurs individus d'une même habitation sont atteints ensemble ou successivement, comme l'ont observé MM. Griffin, Hanlou, Budd, Hérard (Soc. desHôp., 1859).

M. Biachez, qui a traité récemment de l'ictère grave [Thèse pour l'agrégation, 1860), a étudié plus longuement que ses prédécesseurs la question du diagnostic. Il fait remarquer que la fièvre jaune et la fièvre bilieuse intertropicale ont avec Tictère grave de nombreuses analogies, mais qu'elles n'en constituent pas moins, comme le pense M. Monneret (De l Ictère hémorrhagique essentiel, 1859), trois espèces morbides d'un même genre, réunies par des caractères communs, dont deux surtout ont une importance capitale : l'altération du sang et le trouble de la sécrétion biliaire. M. Biachez qui s'appuie, dit-il, sur quarante observations, dont il n'a pas malheureusement donné l'analyse exacte, pense que, malgré son analogie

ILIAQUES (régions).

.avec la fièvre jaune, l'ictère grave ne saurait lui être assimilé comme forme spora- -dique de cette affection, ainsi que l'ont avancé plusieurs observateurs (Baudon, Bullet. de thérapeuL, 1847; Siphnaios, Thèse, 1852), car si l'on admettait cette assimilation, il faudrait reconnaître que la même maladie à Télat sporadique tue presque toujours, tandis qu'à l'état épidémique elle ne serait mortelle que dans un cinquième des cas : conclusion impossible. Sans vouloir trancher cette question, pour le moment insoluble, on pourrait objecter à cette manière de voir de M. Blachez que les deux maladies sont observées dans des contrées et dans des conditions particulières qu^il est fort difficile d'apprécier, mais qui pourraient peut-être expliquer les différences signalées. , .

L'incertitude n'est pas moins grande au sujet de la fièvre bilieuse intertroyicale qui, dans sa forme continue [V. Bilieuse, fièvre), ressemble exactement à l ictère grave de nos contrées. ^

La question du diagnostic différentiel peut encore être posée entre 1 ictère grave et celui qui accompagne la r^''sor2?^^^?w purulente, mais les conditions dans lesquelles celle-ci se produit suffisent ordinairement pour faire éviter l'erreur. — Quant a la confusion de l'ictère grave avec la fièvre typhoïde, il me suffit de rappeler quel'ictere est un épiphénomène exceptionnel dans cette dernière maladie, comme je l ai dit précédemment, pour que la coïncidence de l'ictère avec des accidents généraux analogues à ceux que l'on remarque dans la fièvre typhoïde doive faire soupçonner qu'il s'agit d'un ictère grave.

Quant à la détermination du siège ou de la nature de l'ictère grave, on ne sait encore rien de bien précis, si ce n'est que, dans un certain nombre de faits, il y a atrophie du foie avec destruction des cellules hépatiques, indiquée par M. Bokitanski (1843), et décrite par M. Frerichs {Traité pratique des maladies du foie. Pans, 1861). Vai observé récemment à Lariboisière un fait de ce genre qui m'a offert les principaux traits d'une des observations de ce dernier observateur (obs. XIY de la r/i^seGenouville,p. 81); le foie ne pesait que 675 grammes et n'offrait aumicroscope que des éléments granuleux, graisseux et sanguins, sans cellules. Mais à côté de ces faits, dans lesquels l'atrophie peut aussi bien être l'effet que la cause de la maladie, il en est d'autres dans lesquels l'atrophie fait défaut, comme cela ressort d'un mémoire de M. Bobin (Gaz. méd., 1857). Quoiqu'il en soit, l'atrophie du foie pourra être soupçonnée lorsque l'hypochondre droit rendra un son clair au heu de sa matite normale à la percussion. Ce signe existait chez la malade dont je viens de parler.

Les différentes formes de l'ictère grave se rencontrent indifféremment avec ou sans atrophie hépatique ; elles dépendent surtout de la marche plus ou moins rapide et du début parfois insidieux de la maladie.

3° Pronostic. — La maladie est presque toujours suivie de mort, survenant dans le coma. Quant aux faits rares de guérison qui ont été observés, comme celui de MM. Wieger et Fritz (Union méd., 1856), on ne sait rien sur les conditions qui peuvent favoriser le retour à la santé. IDIOTIE. — V. Folie.

ILÉO-GŒGAL. — V. Cœcum.

ILÉUS. — V. Occlusion intestinale.

ILIAQUES (BÉGioNs). — Situées en dehors de la région hypogastrique, les régions iliaques correspondent principalement : à droile au cœcum, a gauche a

IMPÉTIGO.

rS iliaque du côlon, et par conséquent au péritoine et plus profondément au tissu cellulaire sous-péritonéal.

Ces régions sont le siège de douleurs occupant les muscles des parois abdominales, ou les organes plus profonds. Une douleur musculaire à la pression en a imposé, selon M. Briquet, pour une douleur due à l'ovaire [Traité de l'hystérie, p. 238). Une douleur subite peut annoncer, principalement à droite, une péritonite i^SiV perforation ou un PHLEGMON du tissu cellulaire de la fosse iliaque. Des abcès, des tumeurs, ayant pris naissance dans les organes sous-jacents ou dans des organes voisins ou éloignés, peuvent également s'y rencontrer.

C'est aussi au niveau des fosses iliaques que *se constatent le plus ordinairement la desquamation scarJatineuse (comme au voisinage de l'aisselle), les sudamina dans la fièvre typhoïde, ainsi que le gargouillement à la pression de la fosse iliaque droite dans la même maladie.

Les moyens d'exploration dans ces régions sont d'ailleurs les mêmes que pour les autres parties de 1' abdomen.

ILLUSIONS. — F. Folie, Hallucinations.

IMPETIGO. — Cette éruption, tantôt agglomérée sur une surface plus ou moins étendue, tantôt disséminée, est remarquable par des pustules psydraciées, petites, jaunes, rapprochées, et donnant lieu à un suintement abondant qui se dessèche en croûtes épaisses, inégales, d'un jaune verdâtre, semi-transparentes en partie, souvent couleur de miel, et à la chute desquelles il reste, pendant un certain temps, des taches légères d'un rouge brunâtre, sans cicatrice consécutive.

A la face, chez les enfants, les jeunes gens ou les jeunes femmes à peau fine et blanche, il est facile de reconnaître cette affection, qui siège fréquemment à la moitié inférieure du visage. Chez l'homme adulte, les pustules et les croûtes d'impétigo qui s'observent au niveau du menton peuvent être prises pour un sycosis, qui ne serait pas caractérisé par des saillies tuberculeuses. Il ne faut pas oubher que l'éruption occupe fréquemment les narines, où les croûtes arrachées peuvent se renouveler pendant très-longtemps, mais sans être, aussi fréquemment qu'on Fa dit, le point de départ de Férysipèle de la face. La conjonctive oculaire peut également être le siège de l'éruption impétigineuse, qui sera facilement confondue avec une ophthalmie simple si l'on ne recherche pas avec soin les pustules aplaties, ordinairement visibles au milieu de la congestion inflammatoire qui les entoure. L'impétigo n'est pas rare non plus au niveau des oreilles.

C'est surtout lorsqu'il occupe le cuir chevelu que l'on peut le méconnaître, non pas lorsqu'il est caractérisé par des pustules, mais lorsque les croûtes qu'elles produisent constituent des plaques plus ou moins étendues. Cependant il est rare qu'on ne trouve pas, sur les limites de l'éruption, soit des pustules caractéristiques s'il s'agit d'un impétigo, soit les cupules du favus. De plus, il faut se rappeler que les croûtes impéligineuses sont humides en beaucoup de points, tandis que celles du favus sont essentiellement sèches et se présentent au microscope comme un agrégat de parasites végétaux, suivant M.Bazin. On ne peut hésiter que lorsque la teigne faveuse et l'impétigo se rencontrent réunis, ce qui n'est pas très-rare.

Sur les membres, on a confondu l'impétigo ancien avec une syphilide. Cependant l'impétigo n'offre pas, comme les syphilides pustuleuses, des croûtes épaisses,

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