INTESTINS GRÊLES. S
maladie, celle-ci paraissant être, comme les formes rémittente et pseudo-continue, un degré d'intoxication miasmatique plus avancé. On ne peut prévoir par aucun signe l'issue fatale de la fièvre pernicieuse, lorsque la mort survient d'une manière foudroyante ou dans le cours du premier accès pernicieux; ce n'est que lorsqu'un des accès pernicieux que j'ai rappelés plus haut est déjà survenu, que l'on doit en craindre un second plus fort et souvent mortel ; si deux accès ont déjà eu heu, rarement le troisième pardonne lorsque la maladie est abandonnée à elle-même. Les formes algide, comateuse, syncopale, sont les plus graves, et la pseudo-continue annonce un péril plus grand que la fièvre dont les accès sont franchement accusés.
Les fièvres non pernicieuses se prolongent plus ou moins suivant le traitement, et suivant l'action plus ou moins profonde ou persistante des causes qui les ont produites. Abandonnées à elles-mêmes, elles peuvent s'user pour ainsi dire et être suivies de guérison après un temps variable, surtout si elles sont printanières, sporadiques, avec le type quotidien ou tierce, et si elles sont survenues chez des adultes bien portants d'ailleurs. Mais le plus ordinairement elles tendent à s'aggraver dans les conditions suivantes : si le malade continue à résider dans le foyer miasmatique; si elles sont automnales, épidémiques, avec le type quarte; et si elles atteignent des enfants, des vieillards, ou des sujets affaiblis ou déjà atteints d'affections plus ou moins graves. L'état cachectique est fâcheux, et peut se terminer par la mort, malgré la cessation des accès ; ou bien s'il s'amende, il ne disparaît que très-lentement, de même que l'intumescence de la rate, que l'administration da sulfate de quimne ne fait pas immédiatement diminuer, quoi qu'on en ait dit. On a vu les fièvres intermittentes, suivant quelques médecins anciens, guérir certaines maladies graves, comme l'épilepsie, la folie, ou même améliorer la constitution de sujets débiles ; mais ce sont là des faits exceptionnels.
Il a été question au mot AntagoxMsme de l'incompatibilité que l'on a cru remarquer entre les fièvres intermittentes et d'autres maladies. INTERROGATOIRE. — V. Examen des maiaDES. INTERTRIGOi — V. Érythèmes.
INTESTINS GRÊLES. — Occupant chez Vhomme sain les régions ombilicale et hypogastrique, les intestins grêles sont circonscrits par le côlon, en dehors des deux côtés et en haut; mais ils sont sujets à des déplacements qui reconnaissent les mêmes causes que ceux du gros intestin (F. Côlon).
Les affections pouvant occuper l'intestin grêle sont : Ventérorrhagie, Y entérite aiguë ou chronique, la diarrhée; la gangrène, la perforation ou la rupture, le rétrécissement, \ étranglement interne, Y invagination, le cancer, la dyspepsie intestinale; Yentéralgie, la colique n'rveuse, la coliqiie végétale; hmétéorisme ou les flatuosités intestinales, certaines constipations, des vers intestinaux (ascarides lombricoïdes ou ténias), et les accidents intestinaux que l'on a rattachés a
l'uRÉMIE.
Cette longue énumération fait pressentir les difficultés que beaucoup de ces maladies doivent offrir au diagnostic; et si l'on considère que ces affections surviennent souvent comme complications d'autres maladies, et qu'elles occupent une cavité splanchnique où se manifestent localement une foule d'autres afiections, ces difficultés s'expliqueront plus aisément encore.
Les symptômes que les affections de l'intestin grêle déterminent sont : des dou-
Z^MfS variables d'intensité et de caractère, fréquemment dénommées coliques; des horhorygmes, des gonflements flatulents du ventre, des évacuations de nature variable par l'anus.
Des signes importants sont aussi fournis par V exploration de l'abdomen. \J inspection peut y découvrir des saillies dessinées par des anses intestinales distendues et soulevant les parois abdominales (surtout lorsque ces parois sont relâchées et molles), comme cela se remarque dans l'hystérie et dans la péritonite chronique. La palpation et la percussion sont plus utiles encore, en déterminant avec plus de précision la région qu'occupent les intestins refoulés en masse par une tumeur volumineuse.
INTOXICATIONS. — J'ai fréquemment renvoyé le lecteur à ce mot intoxication dans cet ouvrage, quoique son sens ne soit pas parfaitement net en pathologie. On l'a appliqué, en effet, tantôt aux phénomènes aigus résultant de l'ivresse alcoolique (Angleterre), tantôt à tous les accidents aigus ou chroniques qui résultent de l'inhalation de miasmes ou de vapeurs nuisibles, tantôt à l'ingestion abusive de certaines substances.
On devrait, ce me semble, réserver le mot intoxication soit aux conséquences chroniques d'un empoisonnement aigu, soit à toute imprégnation générale de l'organisme par une substance nuisible ingérée ou inspirée d'une manière suivie, et donnant Heu à des accidents d'une certaine durée, ordinairement variés dans leur forme.
Ainsi comprises, les intoxications seraient des empoisonnements chroniques qui, -en'raison même de la diversité des matières ou des corps intoxicants, et en raison des phénomènes différents qu'ils produisent, ne sauraient être envisagés d'une manière générale. Je rappellerai seulement que la connaissance de la profession, qui expose à l'absorption de certaines substances toxiques, et celle de la manière de vivre des malades, met souvent sur la voie du diagnostic, ou vient le confirmer s'il est préalablement soupçonné.
Les intoxications que je vais successivement examiner sont : les intoxications saturnine, mercurielle, par V ergot de seigle, par le sulfure de carbone, par V opium. Il a été question de l'intoxication alcoolique au mot Alcoolisme et de celle due aux miasmes paludéens à l'article Intermittentes (fièvres ou affections).
Il existe encore d'autres intoxications importantes à connaître, parmi lesquelles je rappellerai celle due à Y arsenic (qui produit des paralysies et même la gangrène des membres) et l'intoxication attribuée par M. Huss aux vapeurs phosphorées, qui produiraient une paralysie généralisée avec tremblements, frémissements musculaires et abolition des facultés génératrices. Mais ces intoxications, beaucoup plus rares que celles qui viennent d'être rappelées, ne sont pas encore suffisamment étudiées pour que Ton puisse exposer convenablement leurs caractères diagnostiques.