AMAUROSE, AMBLYOPIE
l'on produit dans les séances de fantasmagorie. Le docteur Serre (d'Uzès) a indiqué l'existence du phosphène ou spectre limineux, obtenu par la compression de l'œil, comme signe négatif de l'amaurose complète; mais ce signe, d'un grand intérêt pour le chirurgien, qui 'doit décider si la rétine conservé ses fonctions alors que les milieux de l'œil ont perdu leur transparence, n'a qu'un médiocre intérêt pour le médecin.
Les troubles amaurotiques peuvent être intermittents et céder à l'emploi des antipériodiques; mais il ne faut pas confondre cette amaurose franchement intermittente, qui est du reste très-rare, avec l'amaurose périodique qui constitue l'affection singulière désignée sous le nom d'HÉMÉRALOPiE.
2° Conditions pathologiques. — Un grand nombre de conditions organiques, autres que celles que l'on rencontre dans le globe de l'œil, peuvent donner lieu à l'amaurose ou à des troubles amaurotiques; le nombre de ces conditions est même SI grand, que l'on ne peut se flatter de n'en pas omettre en les énumérant. Cela se conçoit lorsque l'on songe aux lésions matérielles et aux modifications dynamiques si multipliées qui peuvent affecter l'appareil nerveux en général, et à la sensibilité exquise des nerfs de l'œil, qui sont souvent les premiers atteints. ^ Les conditions pathologiques de l'amaurose doivent être cherchées en dehors de Tœil : dans la cavité orbitaire, dans le cerveau, dans un organe éloigné, dans une maladie généralisée, ou enfin dans plusieurs de ces causes réunies.
Les tumeurs àQ la cavité orbitaire, développées au niveau des parties constituantes de l'orbite ou des parties voisines, peuvent comprimer le nerf optique ou le globe de l'œil, et produire une amaurose dont le siège d'un seul côté, la saillie accidentelle de l'œil affecté et la constatation directe de la tumeur par la palpation, indiquent facilement l'origine.
^ Parmi les affections du cerveau, il en est un assez grand nombre qui se caractérisent par l'amaurose. Une simple congestion, même légère, peut produire une amblyopie passagère; mais il n'est pas très-rare de rencontrer une amaurose persistante et progressive dépendant d'une lésion cérébrale. Il est alors souvent difficile, non-seulement de préciser cette lésion, mais encore de décider si c'est bien le cerveau qui est atteint. Dans certains cas, il existe bien un ensemble de phéno mènes, tels que douleurs de tête, troubles plus ou moins profonds de l'intelligence, de la motilité, de Ja sensibilité générale ou des sens spéciaux , phénomènes plus ou moins nombreux qui, par leurs caractères, leur coïncidence, leur marche, etc., mettent assez facilement sur la voie du diagnostic; cependant il n'en est pas toujours ainsi. On a vu les troubles amaurotiques, et en particulier la faiblesse croissante delà vue, être le premier et le seul symptôme d'une affection cérébrale; or, ce n est que la marche ultérieure de la maladie et l'apparition d'autres signes qui peuvent, en pareille circonstance, révéler l'existence d'une lésion cérébrale. Suivant Beer, lorsque, dans la première période de l'amaurose, les objets paraissent tordus, plies, raccourcis, allongés et plus rarement renversés, on doit placer la cause de 1 amaurose dans le cerveau. M. Rayer, qui a publié un travail intéressant sur les tumeurs de la glande pituitaire, qu'il croit possible de diagnostiquer dans certains cas, signale l'amaurose comme l'un de leurs principaux signes; deux fois sur cinq, 1 amaurose fut, en effet, le premier symptôme de ces tumeurs. (F. Tumeurs intracraniennes.) L'amaurose est également une conséquence de l'hydrocéphalie. On l'a