LICHEN
Lorsque le spéculum ne fait constater aucune lésion apparente dans ie vagin ou au niveau de l'utérus, il peut cependant se faire, si 1 écoulement a lieu par le col utérin, qu'il y ait une lésion diuis une partie cachée de l'organe. On admettra cette probabilité si le liquide est purulent, strié de sang, séro-sanguinolent. Quant à la lésion elle-même, elle me paraît impossible à déterminer d'après la nature du liquide. , . s ^■
Il y a tout lieu de croire qu'il y a une leucorrhée proprement dite, c est-a-dire catarrhale ou idiopathique, si le liquide utérin est transparent ou opalin, albumineux on aqueux, produisant sur le linge des taches comme gommées et légèrement grisâtres, tandis que, si le liquide est sécrété par la muqueuse vaginale, il est plus fluide, mais opaque, crémeux, montrant au microscope une grande quantité de cellules épithéliales, et formant eu se desséchant sur le linge des taches d'un gris sale ou brunâtre, larges, mal circonscrites (Reclam).
Les données étiologiques de la leucorrhée seront également utiles au dingnostic. Celle du vagin qui s'observe chez les petites filles est rapportée à h malpropreté ou à la masturbation. Chez la femme, le coït répété, un avorteme7it, un état chloro-anémique, des déviations utérines, dans lesquelles la leucorrhée serait constante, selon Valleix, et enfin une névralgie lombo- abdominale (ou utéro-lombaire\ ont été aussi considérés comme des causes habituelles de leucorrhée. M.mmcm'iEdinb. med. journal, 1860) a signalé, chez les femmes âgées, une leucorrhée exempte de toute lésion, et dont la fétidité pourrait faire croire quelquefois à une affection cancéreuse qui n'existe pas. ^
LICHEN. — Les caractères du lichen se trouvent résumés dans la définition qu en donne M. Hardy (Leçons sur les maladies de la peau, 1858), qui le considère comme une « maladie caractérisée, à sou début, par l'éruption de petites papules, ordin:iirement un peu serrées les unes à côté des autres, présentant une rougeur qui ne tarde pas à s'effacer, et, plus tard, par une altération plus profonde de la peau qui devient épaisse, rude, et dont les plis augmentent de profondeur. »
Il résulte de là quatre aspects différents delà maladie, qui a une prédilection particuhère pour la partie postérieure et latérale du cou, le visage, les mains, les avantbras, mais qui peut apparaître d'ailleurs dans toutes les régions. 1« La première forme, la simple agglomération de petites papules rouges ou décolorées, se remarque surtout au début ; 2° plus tard, ce ne sont plus de simples petites papules agglomérées qui peuvent faire porter le diagnostic du lichen ; elles se sont plus ou moins affaissées, surtout lorsque l'affection tend à la guérison , et de petites squames les recouvrent ; 5° ou bien, excoriées par le grattage que provoquent des démangeaisons parfois atroces, elles sont surmontées de très-petites croûtes grisâtres ou noirâtres dues au dessèchement de la sérosité et du sang ; 4° enfin, les papules disp.'irues, il a persisté un épaississement et une sécheresse de la peau qui est rude et sèche au toucher, et qui présente des rides que M. Hardy compare avec justesse aux hachures parallèles de certains dessins, et qui peuvent aller jusqu'à constituer des crevasses.
Ces différents aspects sont plus ou moins caractéristiques des diverses variétés de lichen établies par les dermatologistes. Il est dit simple, circonscrit ou par plaques, par bandes (gyratus), livide ou violacé, invétéré (riçles et sécheresse rugueuse) ; enfin il a été dénommé suivant son siège, soit au niveau des follicules pileux (pilaris), où
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il prend l'aspect de la chair de poule, soit au périnée (lichea podicis) où il revêt la forme des hachures de dessin, et s'accompagne de démangeaisons extrêmes.
La marche du lichen est ordinairement très-longue, sujette à des recrudescences ou à des récidives, et s'observe principalement à l'automne et au printemps, chez les individus secs et nerveux, ou exposés au contact de substances irritantes. 11 ne paraît pas contagieux; cependant M. Devergie admet cette contagion.
Le diagnostic, en Tabsence des papules, est i;ssez difficile à établir, et les meilleurs signes, suivant M. Hardy, sont alors la sécheresse et l'épaississement de la peau, ainsi que l'exagération des plis. Ce qui augmente quelquefois les difficultés, c'est le mélange des vésicules de l'eczéma aux papules du lichen, d'oia l'on a fait Veczéma lichénoïde ou lichen eczémateux, appelé aussi lichen agrius, dont la marche est rapide, aiguë, et qui se complique de sécrétion et de croûtes semblables à celles de l'eczéma. Il y a, en un mot, combinaison des caractères des deux maladies.
Je renvoie pour le diagnostic différentiel aux caractères que j'ai donnés de Yec- %éma, du prurigo, du psoriasis, de Vherpès circiné, de la gale.
Le lichen, qui se complique assez souvent de gastralgie, n'offre aucun danger, mais il est extrêmement pénible par les démangeaisons atroces qu'il produit et par sa ténacité lorsqu'il est invétéré.
LIENTÉRIE. — Elle n'est autre chose qu'une diarrhée qui est caractérisée par l'expulsion de matières contenant des fragments d'aliments non digérés. Elle est symptomatique d'un état dyspeptique de Testomac (V. Dyspepsie). " LIGAMENTS LARGES. — V. Utérin (Appareil).
LIME (Bruit de). — V. Vasculaires (Bruits).
LIPOTHYMIES. — V. Syncope.
LOCHIES. — Quoique se rattachant aux suites immédiates de l'accouchement, dont je n'ai pas à traiter dans cet ouvrage, je dois rappeler que leur suppression annonce ordinairement l'invasion d'une phlegmasie accidentelle, le pins souvent une métrite. Ollivier a considéré aussi cette suppression comme cause de congestion de la moelle.
LOCOMOTEUR (Appareil). — V. Muscles, Myotilité, Squelette.
LOMBAGO. — F. Bhumatisme musculaire.
LOMBES. — Les régions lombaires, situées à droite et à gauche des cinq dernières vertèbi es, entre les côtes et la partie postérieure des os coxaux, correspond principalement aux deux reins, dont je n'ai pas à m'occuper dans cet article (V . Reins). Mais ces deux organes sont recouverts par des parois musculo-cutanées dont quelques particidarilés méritent l'attention. C'est d'abord l'épaisseur considérable du muscle sacro-lombaire, uni de chaque côté en une masse musculaire commune avec le long dorsal et le transversaire épineux, et qui rend difficile l'exploration du rein situé plus profondément; c'est ensuite la dépression que le palper constate immédiatement en dehors de cette masse musculaire, dépression au niveau de laquelle se trouvent les foyers douloureux principaux delà névralgie lombo-abdorainale, ainsi que l'a reconnu Valleix, après avoir d'abord conseillé de chercher ces points douloureux centre les apophyses épineuses lombaires (F. Névralgie lomboabdominale).
C'est dans cette r/\';'~n que siège une des variétés les plus fréquentes du rliuma-
LYMrïïAnOUE (aPPAIŒIL). MACILES;. 557
tisme musculaire (lombago), et les douleurs que l'on observe au début de certaines fièvres, et notamment de la variole. Cetle douleur est quelquefois atioce dans la fièvre jaune (coup de b.irre).
LOMBRICS. — V. E.NTozoAiREs.
LORDOSE. — y. Déviations vertébrales.
LUPUS. F. SCROFULIDKS.
LYMPHANGITE. — V. Angioi ,EUCITE.
LYMPHATIQUE (Appareil). — Les vaisseaux et les liani^lions (jui constituent l'appareil lymi)liali(iue ne sont pas tous également accessibles à rex|>loi alion. Les vaisseaux ne le sont pas cbezrbomme sain, et les ganglions sous-cufanés ne sont sentis à la palpation que dans certaines parties, aux aines, par exemple. ^ Les phénomènes pathologiques que présen(ent les vaiss(>OMx lymphali(pics SM|ier!iciels sont ceux de l'ANGioLEdciTE, des varices ampullaiie^ des "ironcs lvmpliali(jues, ainsi (\nQà(t^varicositésdes /r.sr^riîa' lymphatiques soulevant répiderme (Filzer, I)emarquay, Cam. Desjardins), et dont louverture laisse écouler goutte à goutio un liquide opalin, se coagulant à la manière du sang. Le même liquide est fourni p;ir les plaies eties fistules lymphatiques, si difliciles à guérir (V. 77i^^sg de M. Binct, 1858). Ces varices des vaisseaux lymphatiques sont d'ailleurs assez rares ; mais ce qui l'est encore plus, c'est l'inflammation du canal thoraciqiie qui, dans un seul cas rap])oi té par M. J. Worms (Gaz. hebdom., 1859), s'accompagna d'un i.liénomène qui pouvait être attribué à la phlegmasie du canal eu question ; ce fut loblitération de la veme sous-clavière gauche, et par suite le gonflement et la distension des veines du membre supérieur correspondant.
Les ganglions lymphatiques n'intéressent le médecin que lorsqu'ils augmentent de volume. Il en résulte des adénites on adénopatuies qui sont liées à des lésions locales ou à un état général de l'économie.
MACULES. — Les principales maladies de la peau rangées parmi les macules sont dues à l'accumulation du pigment cutané. On les reconnaît à des taches d'un gris fauve, café au lait, ou brunâtre, qui persistent pendant un tcnq)s plus ou moins long, ou indéfiniment, et (pii diffèrent par cela môme des taches passagères qui se montrent dans le cours de certaines affections.
Il me suffit de rappeler que fou a rangé dans les macules : 1° le lentigo (ou taches dej-ousseur), 2° les êphélides (taches hépatiq;.es, masque des femmes enceintes), 5° la nigritie, dans laquelle ou ne doit comprendre que la peau bronzée ou maladie d'Addiso.i, et enfin, 4° les nœvi. M. Hardy a de plus décrit sous le nom de syphilidepigmentaire ou macideuse, des taches d'un gris café au lait qu^il rapporte à la syphilis, comme leur nom l'indique (Leçons sur les maladies de la peau, 1858; et T/i^5^^ de M. Pillon, 1857). Le lentigo et les éphélides ont été rangés par M. Bazin dans la classe des crasses parasitaires, sans qu'il ait démontié pourtant qu'un parasite végétal soit réellement la cause de l'aficction.
On a rangé aussi parmi les macules \p.s décolora tio7îs\^\us ou moins étendues, ducs à l'absence du pigment de la peau, tantôt généralisées, d'où Valbinisme, tantrjt localisées, d'où le vitiligo.
De simples macules sont le premier signe d'autres affections de la peau plus compliquées, comme le frampœsia, I'éléphantiasis des Grecs (Duchassaing), le pacluj-