‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 136 sur 245 · CRASSES PARASITAIRES, TACHES · texte numérisé non relu

CRASSES PARASITAIRES, TACHES

MAIGREUR. — V. Amaigrissement.

MAIN. — La peau des mains, leur conformation, leur sensibilité on leurs mouvements, présentent des particularités très-utiles au diagnostic comme signes, soit d'nffections locales, soit d'affections plus éloignées.

C'est aux mains que l'on rencontre exclusivement l'affection pustuleuse dite mal de bassine, et le siège principal de V éru^ùou pellagreuse, de I'eczéma chez lesnidividus qui manient des substances irritantes. C'est également à la paume des mains (et à la plante des pieds) que se rencontre le pemphiyus infantile syphilitique, et la syphilide squameuse cornée de l'adulte. MM. Trousseau et Lassègue [Arch. de méd., 1847, t. XV) ont insisté sur Fimportance de ce siège, qu'ils considèrent en pareil cas comme un indice de syphilis rarement infidèle.

Les déformations de la main qui sont en dehors de celles que décrit la chirurgie, résultent tantôt d'une lésion spontanée du squelette de la main et principalement des articulations, comme dans la goutte ou dans le rhumatisme aigu ou chronique, tantôt d'une atrophie de certains muscles, ([ui agit non-seulement en diminuant leur volume, mais en laissant toute liberté aux contractions des muscles antagonistes, dont l'action produit les déformations les plus bizarres (Y. p. 10-4). D'autres fois, ce n'est plus l'atrophie, mais la paralysie des muscles, qui les laisse dommer par leurs antagonistes. Enfin il peut y avoir une contracture qui prodmt directement la contraction anomale. Dans ces différents cas, il s'agit de déterminer parmi ces trois conditions, atrophie, paralysie, contracture, celle à laquelle on a atlaire. S'il s'agit d'une contracture temporaire, on devra songer soit à la contracture idiopathique (p. 522), soit aux contractures par abus fonctionnel àècnies sms le nom de spasmes par M. Duchenne {De VÊlectrisation localisée. Pans, 18bl), et dans lesquelles est comprise la crampe des écrivains (p. 224).

Les différentes douleurs dont la main est le siège ne présentent pas de particulalitès intéressantes à rappeler, si ce n'est que les deux derniers doigts sont engourdis et douloureux dans la névralgie cubitale, et que les mêmes signes s observent principalement au niveau du pouce, si la névralgie occupe le nerf radial. ^

Il arrive quelquefois que la main, sans présenter de déformation, sans être le siège de troubles de la sensibilité, ne peut exécuter certains mouvements : son extension, par exemple, lorsque les extenseurs sont paralysés; la difficulté de saisir de très-petits objets, comme cela arrive dans les paralysies progressives on incomplètes; l'impossibilité d'écrire en ligne de gauche à droite, lorsqu'il y a paralysie ou contracture des rotateurs de Vhumérus (p. 226). Dans le premier cas, il faudr^t soupçonner une intoxication saturnine; dans le second, une affection des centres rerveux ou des muscles qui servent à la préhension; dans le dernier cas enfin, il fiudra rechercher, au niveau des muscles rotateurs la cause des accidents. D autres fois l'impossibilité d'écrire provient non-seulement delà contracture, mais des mouvements désordonnés des doigts, de leur tremblement ou de leurs contractions cloniques, qui constituent la crampe des écrivains. V. Contractures, Atrophie musch- LURE, et Paralysies localisées; Y. aussi Ongles.

MALADIES. — Tous les auteurs des traités de pathologie mterne se trouvent en présence d'une difficulté capitale : celle de la classihcation générale des mala-

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(lies, classification qui ne saurait, quoi qu'on fasse, se baser sur un principe unique. Le cadre alphabétique de cet ouvrage nous fait licureusement échapper à cette difficulté, puisqu'il donne place à toutes les entilés nioi bides admises ou même disculées,

I sans nous obliger à forcer les analogies ou les dissemblances pour établir les espèces.

j Une nosographie méthodique est cependant indispensable au praticien, car elle est un des points d'arrivée du diagnoslic ; je dois donc rappeler en quelques mots comment j'ai compris, dans cet ouvrage, le cadre no:5ologique.

Toute condition de classification n'est admissible que dans les cas où elle peut servir cà la fois de moyen et de but au praticien, dans ses investigations cliniques. Or, les renseignements oblenus, ou les particularités observées, le font arriver à l'un des trois résultats suivants : il détermine une maladie dont la nature éliolo g iqiie est bien connue ; 2" sans pouvoir connaître la nature étiologique de l'afleclion, il constate une lésion anatomique qui se manifeste directement ou indirectement par

i des signes caractéristiques; 5° ou bien enfin il ne peut; aller au delà d'un groupe de symptômes caractérisant des affections dont on ignore la nature étiologique et qui n'ont pas de manifestation ou de localisation anatomique apparentes.

Telle est la triple base de la nosologie acceptable au lit du malade. Il va sans dire

I que, pour arriver à spécialiser la maladie et ses particularités essentielles, on tien-

i dra grand compte aussi des distinctions conventionnelles qui sont du ressort de la l)athologie générale, comme du groupement des maladies par appareils d'organes

I ou par organes dans lesquels se rencontrent principalement les signes observés, ainsi

I que des distinctions des maladies en générales ou locales, en aiguës ou chroniques, en continues ou intermittentes, en épidéniiques ou sporadiques, en accidentelles ou congénitales.

MAL DE BASSINE ou DE VER. — Cette affection des doigts et de la main, qui attaque les fileusesde cocons de versa soie, a été décrite par ie docteur Potton, de Lyon (185'i). Il faut savoir que les fileuses, assises auprès d'une

j bassine remplie d'eau chaude, s'appliquent à dérouler et à réunir les fils provenant

1 des cocons détrempés et ramollis qui surnagent.

I Le mal de bassine est une maladie locale essentiellement aiguë. Elle consiste en une inflammation d'abord érysipélaleuse, bientôt accompagnée d'une éruption vésiculeuse, puis d une desquamation qui peut terminer la maladie. D'autres fois, aux vésicules succèdent ou se mélangent des 'pustules qui, sans être ombiliquées, ressemblent à celles de la vaccine, et occupent la main sur ses deux faces, et principalement les trois premiers doigts. Enfin l'éruption pustuleuse se complique quelquefois d'inflammation phlegmoneuse du tissu cellulaire sous-cutané et des gaines tendineuses, avec angioleucite.

Les caractères de cette éruption, joints à la comiaissance de la profession des malades, en rendent le diagnostic facile. Suivant M. Gibert (Acad. de méd., 1852), elle aurait été également observée chez des ouvriers imprimeurs anglais qui s'étaient

I servis de caractères trempés dans la solution d'un sel de cuivre.

Le mal de bassine n'est pas d'ailleurs une affection redoutable. Il ne paraît jamais compromettre les organes affectés, môme lorsqu'il se comphque d'inflam-

imation plus profonde et de lymphangite, le pus, dans ce cas, se frayant une

I issue au dehors, du huitième au dixième jour, à travers les pustules ou dans leur voisinage.

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