MAL DE MER. 3IAT1TÉ
MAL DE MER. — On n'est pas d'accord sur la nature de cette affection, attribuée par M. Sémanas, de Lyon (Du mal de mer, 1850), à une sorte d'intoxication produite par des miasmes maritimes. Elle se manifeste principalement pendant le roulis et le tangage du bâtiment sur lequel on est monté; mais la voiture, l'escarpolette et le transport à chameau pi oduisent des accidents analogues chez certaines personnes.
Le diagnostic est des plus faciles lorsque, dans les conditions que je viens de rappeler, on constate les symptômes suivants, qui sont de trois ordres : d'abord des vertiges caractérisés par de l'étoiuiement, des tournoiements de tête qui font chanceler; puis des s^mplomes gastriques, malaise à l'épigastre, nausées, vomissements, et enfin, si le mal a une certaine intensité, aux vomissements se joint un collapsus profond qui fait tomber l'individu comme une masse inerte, indifférent pour luimême et pour tout ce qui l'entoure, jusqu'à ce que le premier effet de la mer soit dissipé ou que l'on louche la terre, ce qui fait cesser tous les accidents. Cependant, suivant M. Sémanas, on pourrait éprouver sur le littoral et sans naviguer, comme il croit l'avoir observé à Alger, les symptômes d'un véritable mal de mer. J'ai donné des soins à une dame pour de véritables accès de mal de mer survenant chaque jour à quatre heures de l'après-midi, et se dissipant après une heure de durée. Quelques jours avant l'apparition de ces accès loin du littoral, celte dame en avait éprouvé un tout semblable pendant une promenade en mer qu'elle avait faite à Dieppe par un assez gros temps. Les accidents périodiques cédèrent facilement à l'emploi du sulfate de quinine.
Le mal de mer constitue une aftection qui est souvent extrêmement pénible et parfois Irès-prolongée, mais qui paraît n'avoir pourtant jamais occasionné la mort.
MAMELLES. — Les maladies des mamelles chez la l'enime sont principalement chirurgicales. Comme signes se rattachant à des maladies ou à des conditions internes de l'économie, on rencontre la turgescence accidentelle ei^Ms ào\}\o\\reuse de ces glandes, dans le cours des affections utérines, après la. disparition rapide des OREILLONS, au moment de la menstruation et pendant la gestation. La couleur brunâtre des mamelons est souvent aussi un bon signe de la grossesse. Enfin on a rencontré quelquefois des flux de lait exagérés au point de constituer une véritable maladie (F. Galactirrhée).
MALADIE BRONZÉE (ou d'Addison). — V. Bronzée (Peau ou Maladie) .
MALADIE DE BRIGHT. — V. Bright (Maladie de). MANIE. — F. Folie.
MARASME. — F. Amaigrissement.
MARCHE. — F. Myoîilité, Paralysies.
MASTICATION. — F. Maxillaires (Bégions).
MASTOÏDIENNE (Bégion). -- F. Tête.
MATITÉ. — 1° Caractères. — La diminution d'intensité du son que produit la percussion Ihoracique, comparativement au son clair obtenu par le même moyen, a des caractères connus de tous lorsqu'elle constitue la m^itité franche, celle ressemblant à la chair frappée, suivant l'expression dWvembrugger, ou au son rendu par la percussion médiate de la cuisse. Mais la matité, comme expression de la diminution d'intensité du son, présente des degrés ou des nuances qui sont monis bien accen-
MAXlLLAIliES (rÉGIO^s'. 54J
tuées el qui ont reçu les noms de siihmatité, son sourd, son obscur. Je crois avoir démontré ailleurs (Arch. de méd., 1855, t. V) que les sons mats de percussion varient autant par leur tonalité respective que par l'inlcnsilé; mais la science n'est pas encore bien fixée sur les applications de ces principes à la pratique. Si je les rappelle, c'est pour signal, r l'erreur dans laquelle on lonibe quelquefois en attribuant à une matité légère certaines différences de souoi ilé (jui sont dues uniquement à de simples différences de tonalité {V. Percussion de la poitrine).
Les caractères de la matité, outre son degré plus ou moins bien accentué, se; basent principalement sur son siège, son étendue et la forme de son contour, sur sa fixité ou sa mobilité, et enfin sur son origine. Une prélention inadmissible est celle qui veut assigner des caractères différents à la matité fournie par les divers parenchymes organiques, de même que celle qui veut démontrer que la matité de certains organes peut être délimitée par la percussion au milieu d'une masse de tissus aussi compacts que ces organes, comme la matité des reins normaux recherchée au niveau des lombes.
2*^ Conditions pathologiques et signification. — 11 y a des matités locales dont les limites normales sont connues et se rapportent à des organes pleins. Les affections qui augmentent notablement le volume des organes compacts, ou qui les déplacent, donnent lieu à des matités qui sont ces matités normales agrandies, comme pour le cœur et le foie, ou des matités insolites et accidentelles, comme celle due au déplacement du rein. D'autres fois la matité est due à la compacité accidentelle d'un organe rendant un son babituellement clair, comme le poumon, les intestins; ou bien la matité résulte d'une accumulation, dans l'une des cavités splanchniqiies, de masses de tissus nouveaux plus ou moins solides (tumeurs), ou de liquides plus ou moins abondants.
En présence d'une matité constatée, on am^a à opter entre ces différentes conditions, au sujet desquelles j'aurais à entrer dans de grands détails, si ces questions n'étaient pas traitées déjà dans un grand nombre d'articles.
A la poitrine, la matité a des caractères particuliers. Que l'on soupçonne la matité d'occuper un organe, de révéler une tumeur ou un épanchement, et l'on pouria puiser ses motifs d'induction au mot qui reiirésenle l'organe lui-même, au mol TUMEURS, et, pour les matités dues manifestement à des liquides accumulés, aux mots PÉRicARDiTE, PLEURÉSIE, AsciTE, RÉTENTIONS. Il y a d'ailIcurs dcux caractèrcs palhognomoniques importants qui permettent assez souvent (mais non toujours) d'attribuer la matité à la présence de liquides épancbés; ce sont : la mobilité de la matité, que Fou juge en percutant le malade dans différentes positions, et mwq fluctuation manifeste., que l'on peut quelquefois produire au niveau de la matité.
MAXILLAIRES (Régions). — Ces régions, qui correspondent aux os maxillaires supérieur et inférieur, sont le siège de douleurs et de signes fonctionnels qui servent à caractériser plusieurs alfections du ressort de la pathologie interiie. Telles sont : les dotdcurs névralgiques des branches maxillaires supérieure et inférieure de la cinquième paire; le phénomène du trismus; le grincement de dents, la difficulté de la mastication (comme dans ï osté ornai acie el certaines stoifttites) et enfin la difficulté ou Timpossibilité d'écarter ou de mouvoir la mâchoire inférieure.
Celte impossibdité d'écartement peut dépendre d'une lésion rhumatismale de
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l'articulalioti temporo-maxillaire, d'une affection des muscles masséters ou des crotaphytes, d'une pharyngite aiguë, ou enfin de brides cicatricielles suites de gangrène de la bouche ou d'une stomatite mercurielle^ comme M. Nélaton en a rencontré un exemple (Gaz. des Hôpit., 1860).
MÉDIASTINS. — Les organes nombreux (jui occupent les médiastins peuvent subir un déplacement latéral par suite d'épanchements pleurétiques ou de tumeurs limitrophes. On y rencontre de plus les signes des lésions du péricarde, du cœur, des gros vaisseaux, du tissu cellulaire ou des ganglions, et qu'il serait superflu de rappeler ici. Des abcès (p. 4?), et surtout des tumeurs variées, sont les lésions qu'on y rencontre le plus souvent; elles se manifestent principalement par des accidents décompression des vaisseaux, des nerfs ou des conduits qui se trouvent contenus dans les médiastins (F. Poitrine et Tumeurs thoraciques) .
MÉLANÉMIE, MÉLANOSE. — Il a été reconnu, depuis Laennec," qui avait considéré la mélanose comme un tissu accidentel analogue au cancer, qu'il ne s'agit ici que d une infiltration plus ou moins considérable de matière pigmentaire dans les tissus normaux ou accidentels (F. Pigmeint). Ainsi considérées, les tumeurs pigmentaires ou mélaniques ne sauraient être diagnostiquées, dans la plupart des cas, lorsqu'elles sont internes.
La prétendue mélanose des poumons caractérisée par une expectoration noire ou d'un gris cendré, observée chez les mineurs par MM. Brockmann et Archibald Makellar, n'est qu'une phtbisie pulmonaire avec infiltration des tubercules par le. charbon à l'état de corpuscules irréguliers. Un auteur allemand a signalé dans les crachats d'un simple catarrhe, vus au microscope, du pigment qui n'était probablement que (le la matière également carbonée, volatilisée par les flammes d'éclairage, et qu'il est si ordinaire de rencontrer dans les crachats du matin. Le charbon se distingue du vrai pigment en ce qu'il est insoluble au contact de Tacide sulfurique, qui dissout au contraire la matière pigmentaire.
Dans un cas de paralysie de la troisième paire, des taches mélanotiques bleuâtres ■ou superficielles sur la sclérotique de l'œil correspondant firent diagnostiquer à M. Siebel une tumeur mélanique comprimant le nerf affecté. Ce diagnostic fut justifié par l'autopsie, qui démontra l'existence de nombreuses tumeurs analogues dans h cer\e'dn (Iconograph. oplithalmologiq., observ. i95, page 556. Paris, 1857). Les taches apparentes dont il est question seront donc quelquefois un très-bon élément diagnostique. Plus récemment, M. Liselt, puis M. Bolze (en Allemagne), ont signalé la possibilité de diagnostiquer le cancer rnélanotiqiie interne par l'examen des urines qui, spontanément ou traitées par l'acide azotique, le bichromate de potasse ou l'acide sulfurique, prenaient une couleur noire due à la précipilation du pigment (F. Arch. de méd., 1860, t.XYI, p. 601).
Ces recherches se rattachent aux travaux allemands sur la mélanémie, théorie en vertu de laquelle la rate, ayant pour fonction de transformer les globules rouges du sang en pigment (Kolliker), principalement dans le cours des fièvres intermittentes, ce pigment serait entraîné dans le torrent circulatoire et irait produire des infarctus emboliques dans les capillaires du foie, et (après avoir traversé le cœur et les poumons) dans les reins et le cerveau (Frerichs, Traité des maladies du foie). Mais d'abord le point de départ de la transformation des globules sanguins en pigment par la rate est une simple hypothèse d'interprétation, sur laquelle les auteurs aile-
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mands eux-mêmes sont loin iFêtre d'accord (F. Kolliker : Histol. /mm., trnd. par BéclardetSée, 1856); et quelle que soit d'ailleurs l'origine du pigment, on ne saurait attribuer à son accumulation dans les capillaires les accidents pernicieux apparaissant dans les fièvres intermittentes du côté du cerveau, des poumons, des reins ou de l'appareil hépatique. De l'aveu de M. Frericlis lui-même, en effet, sur vingt-huit Aiits de fièvre intermittente avec accidents céphaliques, six fois il ify avait aucune lésion pigmentaire dans le cerveau. 11 en est probablement de même pour les autres organes, et si l'on ajoute que, d'un autre côté, l'imprégnation mélanémique des viscères a souvent lieu sans produire d'accidents appréciables, on rangera la mélanémie parmi les hypothèses, qui sont autant d'amorces pour des recherches ultérieures, mais qui ne sauraient s'imposer àla pratique ou à la science comme des vérités démontrées.
MEMBRES. — Les fonctions des membres se rattachent presque uniquement à la SENSIBILITÉ générale, et surtout à la myotilité. '
Les douleurs ont des caractères variables si elles occupent la peau (dermalgie), le trajet des nerfs, celui des vaisseaux, les muscles, les os. Je n'ai pas à insister sur ces particularités, parce que ces douleurs tantôt sont caractéristiques, et tantôt s'accompagnent de signes concomitants qui ont une signification plus nette. La limitation des foyers névralgiques, l'œdème, les taches ou marbrures violacées qui annoncent les oblitérations vasculaires, les rougeurs rubanées qui révèlent Finflam- ! mation des vaisseaux lymphatiques, l'exaspération ou l'apparition des douleurs, par les contractions musculaires, l'apparition des douleurs la nuit (ostéocopes), sont autant de données qui feront immédiatenient entrevoir le siège anatomique de la douleur observée. Des douleurs plus vagues seront rap[)ortées à des causes générales, comme celles qui ont été appelées arthualgies.
L'anesthésie ou I'hïperesthésie de la peau ou des muscles des membres, la paralysie générale ou partielle de ces muscles, leur atrophie, la perversion de leurs I mouvements, sont autant de troubles fonctionnels dont il a été suffisamment question, et que je n'ai qu'à rappeler.
L'exploration des membres se rattaclie également à la constatation de ces phénomènes, si ce n'est que la palpation permet aussi de juger de la flaccidité, de la résistance ou de l'induration des tissus, et que V inspection fournit quelquefois d'autres renseignements particuliers qui sont loin d'être sans valeur. Ce sont : d'abord des éruplions cutanées, qui occupent plus particulièrement les membres supérieurs ou inférieurs; des déformations provenant d'infiltrations ou d'altérations plus profondes, de lésions ou de courbures des os ; des posi lions particulières prises instinctivement, comme l'entrecroisement des jambes dans la myélite, et l'immobilité dans la demiflexion qui rend certaines douleurs moins pénibles (rhumatisme); des flexions forcées résultant de contractures. Je donne ces simples indications pour montrer comment se groupent les différents phénomènes que Ton peut lenconlrer sur les membres; c'est le seul but de cet article. F. Peau, Tissu cellulaire, Myotilité; Nerveux, Vasculaire (appareils), Squelette. I MÉMOIRE. — V. Intelligence.
j MÉNINGES. — Si l'on excepte les fongus de la dure-mère, les lésions obserj vées au niveau des méninges et qui ont servi à qualifier leurs maladies, occupent l'arachnoïde et la pie-mère, soit dans la cavité crânienne, soit dans le conduit vertébral, soit dans ces deux cavités à la fois.
Les maladies des méninges cérébrales sont : I'hémorrhagie méningée, la méningite simple ou tuberculeuse, et 1' hydrocéphalie chronique ; celles des méninges du ' rachis comprennent également Vhémorrhagie (p. 450), et la méningite rachi- î dienne, et de plus des lésions chroniques formant des tumeurs qui produisent une compression de la moelle indépendante des lésions des vertèbres ou de leurs ligaments.
Quant aux affections qui occupent à la fois les méninges cérébrales et spinales, une seule mérite une mention particulière : c'est la méningite cérébro-spinale, soit sporadique, soit épidémique.
Je n'insiste pas sur les signes de ces affections, la comparaison de ces signes avec ceux fournis par les maladies du cerveau ou de la moelle ayant été faite àproposdes '
mots TÊTE et RACHIS.
MÉNINGITE. — Si Timporlance de l'anatomie pathologique avait besoin d'être démonlrée, on n'aurait qu'à rappeler l'immense service qu'elle a rendu à la pathologie en faisant cesser la confusion qui régnait au commencement de ce siècle au sujet des affections cérébrales de l'enfance, et surtout de la méningite. 11 est devenu constant, depuis les imporlantes recherches de MM. Rufz et Ghérard, que les maladies vagnement désignées sous les noms àliydî'océphale aiguë, d'arachnitiSj à'arachnoïdite, de fièvre cérébrale et de méîiingo-céphalite, comprennent principalement deux espèces de méningites, l'une simple très-rare, et l'autre d'origine tuberculeuse, qui est la plus ordinaire. Quelques auteurs, MM. Delcour, Barrier,, Bouchut, Trousseau, vont même jusqu'à nier l'existence de la méningite simple. Mais les recherches de M. Rilliet [Arch. de méd., i846, t. Xll, et 1847, t. XIII et XIV) ont mis hors de doute la réalité de celle forme de méningite.
Je dois donc examiner à part ces deux espèces de méningite, principalement chez les enfants, en signalant les particularités qui peuvent exister chez l'adulte. Je ne dirai rien de la méningite chronique, car elle ne se manifeste pendant la vie que par des phénomènes qui se rattachent à la paralysie générale, et qui ont été signalés par Bayle. Je terminerai par la méningite spinale et cérébro-spinale.