AMAUROSE, AMBLYOPIE
vue aussi produite par une tumeur du cervelet. (H. Taylor.) Déplus, M. Brierre de Boismont a rencontré le même signe au début de certaines paralysies générales, et peut-être les faits qu'il a observés doivent-ils être rapprochés de ceux que M. Duchenne (de Boulogne) a réunis pour décrire l'ataxie locomotive progressive, maladie qui débuterait fréquemment par des troubles amaurotiques, avec ou sans paralysies des muscles oculaires.
La dyspepsie, suivant Chomel, les entozoaires intestinaux, l'accumulation des matières lécales dans l'intestin par suite d'une constipation plus ou moins prolongée, y aménorrhée, doivent être rappelés comme autant de conditions locales et éloignées de l'amaurose ou de l'amblyopie. Mais ce sont principalement les états morbides qui débilitent profondément l'économie, ou qui sont caractérisés par une altération du sang et une modification de l'appareil nerveux, qui se compliquent fréquemment de phénomènes amaurotifjues. Aussi les rencontre-t-on comme conséquence des pertes sértmiales involontaires, des excès de masturbation, du coït trop fréquemment répété par les hommes d'un âge plus ou moins avancé. Chez les jeunes femmes, l'existence des phénomènes amaurotiques, observés accidentellement, doit toujours faire soupçonner Y anémie ou Yhystérie comme origine de l'amaurose. Des désoï'dres dentaires, comme le docteur Hancock en a cité des exemples remarquables [the Lancet, 1859), h névralgie trifaciale, et une affection plus rare, la névralgie générale de Valleix, s'accompagnent aussi de ce signe. Il en est de même : des anémies cachectiques; des intoxications saturnine, par le sulfure de carbone, par l'ergot de seigle; de la colique sèche ou nerveuse endémique des pays chauds ; de la syphilis constitutionnelle, et surtout de la maladie de Bright et de la glycosurie. Enfin les troubles amaurotiques se montrent quelquefois comme accident consécutif de certaines maladies, de la diphthérie par exemple; c'est alors une paralysie du sens de la vue, que Ton doit rapprocher des autres modes de paralysie succédant à des affections aiguës, paralysies sur lesquelles on a récemment rappelé l'attention.
3" Signification. — Les particularités très-diverses que présentent soit l'amaurose complète, soit l'amblyopie, dans ces nombreuses conditions, peuvent quelquefois servir à révéler leur origine. C'est ainsi que l'amaurose due aux désordres dentaires, signalée par Hancock, disparut rapidement par l'extraction des dents malades. L'amaurose produite par des pertes séminales a le plus souvent atteint un seul œil avant d'envahir l'autre. Dans l'aménorrhée, on a vu les troubles de la vue disparaître aus^ sitôt que les règles se sont montrées. Dans l'intoxication saturnine, les accidents amaurotiques ont été caractérisés le plus souvent par leur invasion rapide ou subite et par leur durée de quelques jours seulement. Mais ce dernier mode de manifestation de l'amaurose ne saurait être considéré comme propre à cette intoxication. Il en est de même pour celle qui se manifeste dans la maladie de Bright ; celle-ci mérite toutefois une mention spéciale, en raison de l'importance séméiologique qu'on lui a attribuée.
Indiquée par Bright lui-même, cette amaurose était considérée comme un signe très-secondaire, lorsque M. Landouzy, dans un intéressant Mémoire (Acad. deméd., 1849), insista sur sa valeur séméiologique dans cette maladie, et la signala comme étant à peu près constante. Les recherches nombreuses dont l'amaurose albuminurique a été l'objet, tant en France qu'à l'étranger, ont été résumées par le docteur Lécorché dans sa thèse (1858), de même que le docteur Gharcot a résumé dans la