‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 140 sur 245 · II. Métrite chronique · texte numérisé non relu

II. Métrite chronique

1» Éléments du diagnostic. - La métrite chronique a des signes qui varient, suivant qu'elle est générale ou partielle. M. Duparcque en a donne une bonne description, tout en ayant le tort de considérer l'affection comme 1 origine du sqnirrhe

OU du cancer utérin. ^ • r^rp

Lorsque la maladie est généralisée, il y a des douleurs spontanées peu vives, rarement continues, le plus souvent revenant par intervalles, consistant souvent en un sentiment de tension et de plénitude avec tiraillements dans 1 abdomen, dans les aines et surtout les lombes, et augmentant par la marche, la station droite ou assise

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longtemps prolongée, le calios d'une voiture ou loute espèce de fatigue; il en est de même lorsque l'on pratique le toucher vaginal et la palpation, qui ont d'ailleurs les mêmes résultats que dans la métrite aiguë, si ce n'est que la douleur provoquée est moindre. Le volume de l'utérus, apprécié par ces moyens, est rarement assez considérable pour remplir la cavité du petit bassin et y devenir presque immobile. Le toucber fait reconnaître aussi la chute de rutérus, et une augmentation de consistance du col. Le spéculum permet de voir le col volumineux d'un rouge plus ou moins foncé, parfois brun, sans difformité, mais quelquefois bosselé, avec des sillons ou plis radiés dans l'intervalle des bosselures ; l'orifice est fermé dans presque tous les cas, et, suivant M. Duparcque, il est sec ou bien laisse suinter seulemeni quelques filaments muqueux ou teints de sang. Cependant, suivant Yalleix, il y aurait le plus souvent un véritable écoulement épais ou roussâtre. Parfois i\ y a ménorrhagie^ mais dans la majorité des cas les règles sont au contraire peu abondantes et il y a de la dysménorrhée. — Lorsque la maladie a atteint un haut degré, elle peut produire des symptômes anémiques et nerveux : pâleur, faiblesse, amaigrissement, névralgies, irascibilité, insomnie, dyspepsies, et suivant MM. Duparcque et Bennet, des vomissements qui seraient liés à l'existence de la métrite chronique, mais qu'on ne saurait considérer comme constants.

Lorsque la métrite chronique est partielle, elle constitue principalement les deux formes dites granuleuse et ulcéreuse, dont il sera question plus loin.

2° Inductions diagnostiq^ies. — Si la plus grande difficulté du diagnostic de la métrite aiguë est de pouvoir la distinguer de la congestion, nous rencontrons ici la difficulté non moins grande de la distinction de la métrite chronique et du carcinome commençant de l'utérus. Voici les données que le praticien peut ulihser :

D'abord l'exploration du col par le toucher fait reconnaître que, dans la métrite chronique, il est lisse, uniformément tuméfié, également résistant partout ; vu au spéculum, il paraît congestionné et souvent d'un rouge sombre ; tandis que, dans le squirrhe ou le cancer non ulcéré, le col est inégal, présente des bosselures irrégulières très-résistantes, de volume variable, en même temps que le spéculum permet de consiater la pâleur blafarde de la muqueuse du col.

L'induration prononcée du col due à la métrite peut surtout induire en erreur et faire croire à un carcinome. Dans ce cas, et dans tous ceux oii les caractères différentiels que je viens de rappeler sont mal accusés et ne lèvent pas tous les doutes, révolution ultérieure des phénomènes permet seule de se prononcer. Tandis que la métrite chronique ne s'aggrave pas sensiblement, en effet, les progrès locaux du véritable cancer ne permettent bientôt plus d'hésiter dans le diagnostic. Les bosselures de l'utérus deviennent de plus en plus irrégulières, des adhérences se forment, la lésion s'étend aux parties voisines, puis surviennent l'écoulement ichoreux et fétide, et enfin les ulcérations destructives et profondes.

Parmi les aulres affections utérines, il n'y a que les corps fibreux de l'utérus qui puissent donner lieu aux mêmes signes que la métrite chronique qui m'occupe. Mais dans la métrite, c'est le col qui est d'ordinaire spécialement affecté, tandis que c'est le corps de l'utérus qui est le plus souvent le siège des corps fibreux.

On a voulu, à l'égard de la métrite partielle, établir beaucoup de divisions peu utiles à la pratique, puisqu'elles n'ont pas de signes caractéristiques. Il n'y a d'ex-

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ception que pour la métrite chronique granuleuse et la mélrite ulcéreuse simple, qui, par leur fréquence, ont un intérêt réel pour le pralicieu.

Granulations du col de r utérus. — Elles sont généralement considérées comme un mamelonnement inflammatoire analogue à celui qui se remar que sur d'autres muqueuses, et notamment au niveau de la muqueuse du vagin (V. Vaginite) ; de là les dénominations de métrite granuleuse, granulée, mamelonnée.

L'existence de la leucorrhée, qui en est un signe constant, peut faire soupçonner cette affection. Elle s'accompagne aussi de troubles gastralgiques avec faiblesse ou langueur générale, et de douleurs névralgiques lombo- abdominales auxquelles participe l'utérus.

L'écoulement est tantôt transparent et visqueux, tantôt louche ou opaque et blanchâtre. Par le toucher vaginal, on peut sentir ou non les inégalités en saillie que forment les granulations ; mais il faut avoir nécessairement recours au spéculum pour diagnostiquer les granulations, qui se montrent sous forme d'une plaque plus ou moins arrondie, diversement située et quelquefois entourant l'orifice du col et s'étendant ou non à l'inlérieur, comme on peut s'en convaincre en écartant les lèvres du museau de tanche avec les valves du spéculum. Ces plaques sont d'une coloration rouge, parfois violacée ou bleuâtre, et qui conlraste avec la pâleur de la muqueuse environnante; elles saignent en général avec assez de facilité au contact du spéculum. Par l'ouverture du col utérin, on voit souvent s'écouler en bavant la matière de l'écoulement, même lorsque les granulations ne pénètrent pas dans la cavité du col. A ces signes locaux peuvent se joindre l'amaigrissement et les troubles digestifs et nerveux que l'on observe dans les cas de leucorrhée ; il résulte quelquefois aussi de l'obstruction du col utérin par les granulations, de la dysménorrhée, Y aménorrhée et même la stérilité (Chomel).

Les données étiologiques de la métrite granuleuse sont peu utiles au diagnostic, parce qu'elles sont controversées. On a attribué cette affection, qui est essentiellement chronique, au contact irritant du liquide sécrété; mais ce qu'il y a de plus positif, c'est que presque toujours les granulations utérines s'observent chez les femmes qui ont eu des enfants, ou chez celles qui sont affectées de hlennorrhagie aiguë ou chronique.

Érosions ou ulcérations simples du col utérin. — Ces lésions ont, comme les granulations, une leucorrhée plus ou moins abondante pour principal symptôme; elles diffèrent des granulations par la douleur qui est plus tranchée, parfois cuisante ou brûlante, survenant surtout au moment du coït ou de l'exploration digitale de l'utérus. Elles diffèrent encore, et c'est là le point principal, par les caractères de la lésion au toucher, et à la vue à l'aide du spéculum.

Dans les cas à' érosion, dues parfois à des pessaires, mais dont les causes sont le plus souvent inconnues, le toucher fait reconnaître quelquefois une perte superficielle de substance surtout sensible au niveau des bords légèrem.ent saillanfs de l'érosion. Le spéculum fait voir une surface plus ou moins rouge, irrégulière, siégeant sur l'une des lèvres ou sur les deux, et limitée par des bords reconnaissables à leur saillie et à l'auréole rouge qui les entoure.

Lorsqu'il existe des ulcérations simples, les ulcères sont douloureux et saignants au loucher qui fait sentir une déperdition de substance inégale mais molle, et souvent considérable, puisque l'on peut trouver une des lèvres du col détruite en

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