‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 156 sur 245 · Névralgie générale · texte numérisé non relu

Névralgie générale

Cette affection, signalée y)ar Yalleix en 1847 (Union méd.), et dont Tun de ses élèves afait le sujet de sa thèse (Leclerc, 1852), n'est pas seulement caractérisée par la multiplicité, sur le même sujet, des névralgies dont il a été précédemment question, mais encore par un ensemble d'autres phénomènes nerveux généraux trèsremarquables.

Cette névralgie générale est très-imporîante à connaître si l'on veut éviter de la confondre avec des affeclions cérébrales beaucoup plus graves.

l'^ Eléments du diagnostic. — Les malades atteints de névralgie générale accusent des douleurs dans plusieurs parties ou dans toutes les parties du corps, et si, comme on doit le faire toutes les fois qu'il existe une douleur quelconque (V. Douleur), on recherche les points névralgiques, on découvre bientôt, partout où i! y a souffrance spontanée, les points douloureux signalés comme caraclérisliques des névralgies déjà décrites. Ces points douloureux sont plus ou moins nombreux, à la tête, sur le tronc, aux membres ; ils sont comme mobiles ou erratiques, pouvant disparaître ou se montrer dans un point, du jour au lendemain. Parfois il se joint à ces douleurs caractéristiques une insensibilité ou anesthésie partielle de la peau, qui vient confirmer la nature névralgique des points douloureux.

Mais ce qui donne en même temps à cette affection un cachet à part, ce sont les autres troubles nerveux généraux, qui consistent en un affaiblissement de toutes les fonctions nerveuses de relation. La physionomie présente une expression de légère hébétude^ de tristesse, de découragement^ et parfois à' anxiété; l'attitude générale exprime V abattement; l'affaiblissement notable des membres rend la marche lente, vacillante et d'autant plus difficile que les membres sont le siège de tremblements lorsque le malade en contracte les muscles; il ne peut faire de longues courses. Cet affaiblissement et ces tremblements, toujours en rapport, suivant Yalleix, avec fintensité des douleurs, sont plus prononcés aux membres supérieurs qu'aux inférieurs, ce que vous constatez si vous faites étendre horizontalement les membres thoraciques, et en disant au malade de vous serrer la main. Les malades se plaignent surtout cVétourdissements et à' éblouissements qui doivent être rap- [jortés à la maladie; en même temps il y a : une légère torpeur intellectuelle, se manifestant par la lenteur des réponses, qui sont d'ailleurs justes ; un affaiblissement de la vue (amaurose) plus ou moins marqué ; une obtusion de l'ouïe, parfois des bourdonnements d'oreille, et plus rarement l'obtusion du goiit ou de Yodorat, 11 n'y a rien de pai-ticulier du côté des autres organes, ni aucune trace de fièvre.

2" Inductions diagnostiques. — Cet ensemble de symptômes nerveux remarquables qui caractérisent la névralgie générale peut être la source d'erreurs de diagnostic assez nombreuses. Ces symptômes ont, en effet, quelque ressemblance avec ceux de certaines congestions cérébrales chroniques, de la paralysie générale, du delirium tremens, de Vintoxication saturnine, du tremblement mercuriel,

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des pertes séminales involontaires, et de la congestion de la moelle (Leclerc).

Je ne rappellerai pas les signes qui, dans ces diverses affections, peuvent servir à les faire reconnaître et surtout les faire distinguer de la névralgie générale; l'existence des douleurs et des points douloureux névralgiques associée aux symptômes nerveux doit lever tous les doutes en pareil cas. Seulement il faut penser à rechercher les points douloureux, ce que doit suggérer, ai-je dit déjà, l'existence seule de la douleur.

Le diagnostic est surtout difficile lorsque la névralgie, qui débute tantôt par les douleurs névralgiques, et tantôt par des troubles nerveux sans douleur, suit cette dernière marche. Gela se conçoit facilement, puisque les accidents nerveux ne sont nullement caractéristiques par eux-mêmes. La marche ultérieure de l'affection^ qui est essentiellement chronique et sujette à des paroxysmes, l'apparition de nouveaux symptômes, et la recherche des éléments étiologiques, ne peuvent manquer de mettre sur la voie. Parmi les causes plus ou moins caractéristiques, on a constaté une habitation humide, basse,^mal aérée, une nourriture insuffisante, des habitudes dHvrognerie {eau-ûe-Yie) , et enlin Tinfluence des miasmes paludéens, que M. Fonssagrives a signalés, le premier, comme cause de névralgie générale, et qu'il a observée chez deux malades (Arch. de méd., 1856).

3** Pronostic. — Il a été favorable dans tous les cas, ce qui justifie l'opinion que Valleix s'était faite de cette maladie.

NÉVRITE. — Depuis que les travaux modernes ont bien fait connaître les névralgies, ce n'est qu'avec une extrême réserve qu'on doit admettre une névrite spontanée ou idiopathique, en dehors de toute cause traumatique. C'est une maladie d'ailleurs très-rare, et par suite encore peu connue, malgré les publications intéressantes de MM. Martinet, Ch. Dubreuilh (1845), qui a résumé dans son mémoire les travaux antérieurs, et Cruveilhier.

i° Éléments du diagnostic. — A des phénomènes fébriles, tels que la fréquence du pouls, la chaleur de la peau, les frissons irréguhers, la céphalalgie et les troubles digestifs, se joint une douleur qui est un caractère constant de la névrite.

Gomme douleur spontanée^ elle ressemble à celle de la névralgie, et constitue un sentiment de déchirement, d'engourdissement, ou bien des élancements dans le trajet du nerf, même dans des points éloignés de la partie atteinte d'inflammation de plus cette douleur est souvent continue, mais non toujours ; quant à la douleur provoquée, elle est constante à la pression, et ordinairement très-marquée. On a également signalé de V engourdissement, un sentiment de pesanteur, de ciiissofi, de fourmillements dans le membre, une véritable paralysie (Martinet), parfois une rougeur de la peau au niveau du nerf, qui forme un cordon sensible et résistant au toucher.

2° Inductions diagnostiques. — Parmi les éléments symptomatiques que je viens de rappeler, aucun pris à part n'est caractéristique; mais de l'existence de la fièvre avec une douleur vive, une rougeur, une dureté du tronc nerveux enflammé, et enfin avec une paralysie apparaissant rapidement, mais ordinairement complète et rebelle, dans les régions qui correspondent à ce nerf, résulte un ensemble des plus probants. La marche continue de l'affection, avec des exacerbations variables de la douleur, sa durée de quelques jours à plusieurs mois, et surtout la connaissance des-

NÉVROSES. 599 causes directes qni ont pu produire la névrite, sont^iutant de données qui confirment ou qui élucident son diagnostic. Parmi les causes, je dois rappe^ler les contusi ons violentes, les piqûres, les déchirures et toutes les plaies des nerfs, l'application d un cautère (Frère), la contusion du plexus scialique par la tête du fœtus au moment de l'accouchement.

La confusion de la névrite avec la névralgie, l'artérite, ou la phlébite, n'est gu è possible aujourd'hui. — Dans la névralgie, il n'y a pas de fièvre ; la douleur, parfois très-vive aussi, n'est pas continue, elle présente des moments de calme et d'exabation marqués, et elle augmente à la pression avec l'extrémité des doigts, puis elle peut disparaître dans un court intervalle; jamais le nerf ne forme un cordon volumineux et douloureux. Ces caractères différentiels entre la névrite et la névralgie sont sans doute bien tranchés en apparence; mais comme ils ne sont pas toujours aussi bien accusés et aussi complets dans l'une et l'autre maladie : que, d'un côté, la fièvre, la continuité de la douleur sur laquelle on a insisté et la tuméfaction inflammatoire du nerf peuvent manquer dans la névrite, et que, d'autre part, dans la névralgie la douleur très-vive peut n'avoir pas d'intermittences tranchées, et s'accompagner aussi d'une paralysie assez prononcée pour paraître complète, il faut reconnaître que le diagnostic de la névrite est très-embarrassant dans certaines circonstances. — Quant à la confusion de la névrite avec Vartérite ou la phlébite, l'œdème dû à l'oblitération veineuse et la gangrène qui résulte de l'oblitération artérielle, suffisent à eux seuls pour faire éviter Terreur.

Le siège anatomique de la névrite est le point au niveau duquel on sent le cordon nerveux volumineux et douloureux, mais non toujours le point où la douleur est le plus vive, comme on pourrait le croire en l'absence de ce cordon douloureux, caria douleur peut se faire sentir loin du point enflammé, à l'extrémité du nerf lorsqu'il est enflammé vers son origine, par exemple. — C'est sur cette dernière explication que M. Beau s'est appuyé, pour considérer la douleur sous-mammaire de la pleurésie comme un symptôme de la névrite des nerfs intercostaux vers leur origine, où il sont en contact direct avec la plèvre enflammée. Cette névrite symptomatique ne mérite pas une description particulière, la douleur étant le seul symptôme qui lui soit propre. L'exphcation ingénieuse de M. Beau est d'ailleurs basée sur des recherches cadavériques qui paraissent probantes, mais qui ont néanmoins besoin de confirmation.

5° Pronostic. — La névrite est une affection peu grave. Elle ne le devient que par la coïncidence d'une autre affection complicante. La paralysie consécutive et complète de tout un membre ou d'une de ses parties est surtout à craindre, comme conséquence rebelle de la maladie.

NÉVROSES. — Le cadre des névroses, maladies nerveuses sans lésions appréciables sur le cadavre, est bien délimité depuis les recherches anatonio-pathologiques modernes; et cependant ce cadre ne saurait être considéré que comme provisoire, des causes organiques, encore cachées, pouvant être dévoilées par de nouveaux progrès scientifiques.

Dans l'état actuel delà science, j'admets avec Yalleix, comme préférable à la pratique du diagnostic, la classification suivante de ces maladies d'après leurs symptômes dominants:

l'* Les névroses de Y intelligence, des facultés morales et affectives, et du sens

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