Œdème de la glotte
S'il y a dans le diagnostic de l'œdème de la gloUe, appelé aussi laryngite œdémateuse, de grandes difficultés dans certains cas, on doit reconnaître que, grâce aux travaux des modernes, parmi lesquels la monographie de Sestier occupe le premier rang {Traité de V angine laryngée œdémateuse, 4852), on peut le plus souvent se prononcer avec certitude sur l'existence de la maladie.
Les circonstances dans lesquelles se développe l'œdème de la glotte doivent, avant tout, être prises en grande considération. Le plus souvent il est, en effet, une complication, soit d'une angine survenue dans le cours ou dans la convalescence d'une affection chronique et surtout aiguë, soit d'une laryngite chronique, fresque toujours ulcéreuse, soit enfin (mais bien plus rarement) d'une angine laryngée primitive.
l'' Éléments du diagnostic. — Si la maladie originelle est aiguë, le début de l'œdème, très-souvent violent et rapide, est annoncé par une douleur vive au larynx, une fièvre intense et la tuméfaction du cou; si elle est chronique, il y a seulement un peu plus de gêne de la respiration.
Comme phénomènes locaux, outre la douleur du pharynx ou du larynx qui varie beaucoup d'intensité, et qui parfois est très-vive, il y a une gêne très-remarquable de la respiration. Quoique mise enjeu par toutes les puissances musculaires respiratoires, Y inspiration est tellement difficile qu'elle va quelquefois jusqu'à provoquer une sorte de désespoir, landis qu'il y a une facilité relative de V expiration, que M. Blache regarde comme pathognomonique. L'inspiration s'accompagne d'un ronflement guttural, surtout pendant le sommeil, d'un sifflement, et quelquefois d'un claquement de soupape; quoique la bouche reste entr'ouverte, les ailes du nez se dilatent fortement à chaque inspiration. La voix est rauque et pénible; la toux sèche, déchirée, également éteinte; "les crachats sont glaireux, et varient suivant les lésions préexistantes du larynx, ou bien ils sont purulents et s'écoulent de la bouche sans effort (Boiiillaud), ou sanglants et noirâtres (Bricheteau) . La déglutition est toujours gênée, avec rejet des boissons par le nez si l'épiglotte est ulcérée. Le cou est assez souvent volumineux. — V inspection du pharynx fait constater parfois du gonflement, des ulcérations, et dans certains cas même permet de voir Yépiglotte tuméfiée; cette tuméfaction serait surlout visible à l'aide du laryngoscope. — Une exploration plus facile consiste à porter le doigt dans Tarrière-gorge,. où l'on peut sentir le bourrelet dû à Tinfiltralion des replis arythéno-épiglottiques. — Enfin V atiscultation de la poitrine fait percevoir la faiblesse générale du bruit, respiratoire, qui démontre la pénétration incomplète de l'air, malgré l'énergie des efforts inspirateurs. — Le pouls est ordinairement faible et fréquent, l'anxiété continuelle.
Les symptômes s'aggravent considérablement pendant des exacerbations, qui sont de véritables accès. Ces accès de dyspnée extrême surviennent subitement, et sont caractérisés par les signes de l'asphyxie, joints à la plus vive anxiété. Plusieurs accès de cinq à quinze minutes peuvent se déclarer par vingt-quatie heures.
2° hiductions diagriostiques. — Le diagnostic différentiel, qui est ici le plus, important, est facilité par cette circonstance que l'œdème de la glotte est extrêmement rare dans l'enfance, puisque Sestier, sur 2 15 observations qu'il a rassemblées,, n'en d trouvé que 17 appartenant à l'enfance, dont 5 seulement avant l'àgc de 5 ans..