ŒIL
L'œdème de la glotte est par conséquent une maladie presque exclusive aux adultes, iie qui met presqne hors de cause, chez les enfants, les affections qui pourraient le plus facilement être confondues avec elle : je veux parler des ascarides, qui, remontant des voies digestives, pénètrent dans le larynx (p. 536), du pseudocroup et du croiiip. Celui-ci, il est vrai, se rencontre aussi chez l'adulte, mais alors il présente ceci de particulier qu'il n'offre pas ordinairement d'accès de suffocation comme chez l'enfant (Louis), ce qui l'empêche de ressembler à l'œdème de la glotte, qui a d'ailleurs un cachet spécial dans la manière dont se fait la respiration. — Cette particularité suffirait pour empêcher de confondre Tœdème glotiique avec un anévrysme de V aorte comprimant la trachée ; les signes fournis par la percussion et par rauscultation, ainsi que la dyspnée continue qui existe ordinairement sans exacerbations dans î'anévrysme, ne permettront pas d'ailleurs la confusion. — Un abcès pharyngien comprimant la langue ou la trachée en imposerait d'autant plus facilement pour l'œdème glottique, qu'il pourrait y avoir, dans les deux cas, une angine préexistante ; mais l'abcès est parfois visible ou accessible au toucher qui en constate la fluctuation; et ici encore la dyspnée n'augmente pas par accès violents.
5° Pronostic. — Le pronostic est d'autant plus grave que le gonflement est plus considérable, et que la lésion préalable qui provoque la formation de l'œdème glot- - tique est plus profonde et plus ancienne.
On a observé des œdèmes de la glotte qui sortent de la règle commune. On en a vu de latents, survenant à la dernière période de maladies mortelles (Louis). M. Charcelay en a rencontré un accidentel par le fait de l'ingestion d'un caustique liquide (acide sulfurique).
IL Œdème du poumon.
L'infiltration séreuse qui constitue l'œdème du poumon de Laennec survient comme complication ultime de maladies aiguës ou chroniques qui ont profondément débilité l'économie, et plus particulièrement sous l'influence des causes qui produisent l'anasarque, et que l'on a comprises sous la dénomination de diathèse séreuse.
De l'aveu de Laennec lui-même, qui a décrit le premier l'œdème du poumon, ses symptômes sont extrêmement équivoques. La gêne de la respiration, une toux légère, une expectoration presque aqueuse et plus ou moins abondante, sont les seuls signes auxquels on puisse le soupçonner. La percussion n'indique presque jamais rien; à Y auscultation, la respiration est très-faible malgré les efforts respiratoires visibles du malade, et elle est mélangée d'un râle sous- crépitant léger. Ces signes deviennent très-obscurs ou même tout à fait nuls, si l'œdème complique l'emphysème pulmonaire. Il est évident que ces signes équivoques, parmi lesquels ceux fournis par l'auscultation occupent la base postérieure des poumons, peuvent être attribués à une pneumonie obscure ou bien à une bronchite chronique, et que l'exislence des conditions originelles de l'anasarque permet seule de soupçonner l'œdème pulmonaire.
j ŒIL. — 1" Maladies. — L'organe de la vision, qui est aussi le dernier refuge de la sensibilité dans tous les genres de mort (Cl. Bernard), est affecté de maladies
j nombreuses, parmi lesquelles je mentionnerai seulement les suivantes, qui ont des rappoi-ts plus manifestes avec les affections internes. Ce sont : ïhémorrhagie con-