‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 160 sur 245 · ŒIL · texte numérisé non relu

ŒIL

jonclivale due à des causes générales, la congestion oculaire temporaire qui coïncide avec les accès de névralgie de la cinquième paire, et qui a été considérée à tort comme une ophthalmie intermittente ; de véritables ophthalmies, se développant sous l'influence des diathèses scrofuleuse, rhumatismale (?), syphilitique {iritis), comme complications de la variole, de la rougeole, de la scarlatine, de la blennorrhagie, de l'impétigo, ou comme conséquence de l'absorption de l'iode; I'amaurose et l'iiÉMÉRALOPiE ; les paralysies des muscles propres de l'œil (F. Paralysies localisées); enfin la fonte de F œil a été signalée comme complication dans le cours de certaines fièvres graves (Trousseau, Arch. de méd., 1856, t. VII).

'i'' Symptômes, — L'œil, sain d'ailleurs, est quelquefois très-saillant des deux côtés sans trouble notable de la vue (cachexie thyroïdienne), ou d'un seul côté avec amaurose (tumeur de l'orbite) . D'autres fois Tœil semble au contraire enfoncé dans les cavités orbitaires, comme dans le choléra, les occlusions intestinales et dans d'autres maladies graves s'accompagnant de dépérissement rapide . L'œil est injecté dans le délire agité, dans la pléthore, la fièvre jrume, la peste, la rage. L'un des yeux est assez souvent dévié de son axe (strabisme), ce qui entraîne la diplop ie. La pupille est le siège d un resserrement (mijosis) ou d'une dilatation (mydriase) qui peuvent être diversement interprétés, malgré les importantes recherches modernes de MM. Budje, Waller, Cl. Bernard, W. Ogle, etc., relativement à l'influence de la portion cervicale du grand sympathique sur les mouvements de l'iris. Son rétrécissement a été attribué à la forte compression subie par le grand sympathique à son origine, par le fait de tumeurs anévrysmales intra-thoraciques (Gairdner), de la carotide (Goates), de tumeur cancéreuse volumineuse du cou (Ogle), tandis que la dilatation pupillaire a été au contraire observée dans les cas de compression légère, comme dans les expériences où Ton irrite le nerf. De plus, ces changements de la pupille ne sont pas constants dans les faits de compression mmïksie {Méd.-chir. transact., t. XLl). On savait auparavant que la pupille était resserrée dans l'empoisonnement par l'opium (Orfila), et dilatée par l'action de la belladone et des autres poisons narcotico-âcres, dans la rage, chez les épileptiques, dans la seconde période de la méningite tuberculeuse, etc.

Parmi les troubles fonctionnels de l'œil, on doilrm^er :V hyper esthésie de la vue (photophobie), qui a été considérée comme un signe pathognoraonique de l'ophthalmie scrofuleuse par M. Henley Thorp (1857), mais que l'on rencontre dans les autres inflammations de l'organe, dans ses congestions, dans certaines affections méningiennes, cérébrales, et dans des névroses, oii elle n'est qu'un phénomène secondaire; i'ANESTHÉsia de contact (conjonctive); la diminution ou l'abolition de la faculté visuelle, qui constituent les degrés divers de I'amaurose; la chute de la paupière supérieure indépendante de son gonflement inflammatoire, œdémateux ou autre, ainsi que l'impossibilité de certains mouvements qui caractérisent les paralysies des muscles propres de l'œil ; les secousses convulsives du globe oculaire qui annoncent souvent le début de convulsions générales, ou qui caractérisent des tics, suites de névralgie de la cinquième paire; et enfin le larmoiement.

3*^ V exploration des yeux se fait d'abord par Y inspection directe pour les parties extérieures. A l'aide de la palpation, on constate la sensibilité de la conjonctive, et en prescrivant au malade de faire fonctionner la vue ou de mouvoir l'œil dans ceitaines directions, on s'assure de l'état des fonctions sensoriale ou motrice de l'œil.

ŒSOPHAGE. — ŒSOPH AGITE. 615

Mais l'examen des parties profondes de 1 œil ne peut bien se faire qu'à l'aide de

l'oPUTHALMOSCOPE.

ŒSOPHAGE. — L'œsophage est le siège dliémorrhagi es (p. 433), d'inflammation (œsophagite), d'abcès, de cancer (p. 160), d'uLCÉRATioNs, de yerforatmi ou de rupture, de rétrécissement et de dilatation consécutive, de rhumatisme , de spasme (œsophagisme), de paralysie.

Une douleur plus ou moins vive, soit spontanée, soit provoquée par l'acte de la déglutition, parfois l'absence de toute douleur, la dysphagie ou l'impossibilité absolue de la déglutition, ou au contraire la chute subite des aliments ou des boissons dans l'estomac (paralysie), le rejet des aliments par vomitiirition immédiate ou tardive : tels sont les symptômes ordinaires des affections œsophagiennes.

L'exploration ne peut avoir lieu qu'à l'aide de la sonde dite œsophagienne, que l'on introduit par une des fosses nasales dont on suit le plancher inférieur, ou par la bouche. On doit avoir soin, dans les deux cas, de donner à l'extrémité de la sonde une courbure convenable qui lui fasse suivre la paroi postérieure du pharynx, sans quoi l'on s'exposerait à pénétrer dans le larynx, ce dont on est averti par le sentiment subit de suffocation éprouvé alors par le malade.

ŒSOPHAGISME — F. Spasmes.

ŒSOPHAGITE. — Cette affection, très-rarement observée, est le plus souvent secondaire. Elle a été étudiée par M. Mondière d'après un nombre restreint de faits [Arch. deméd., 1830, t. XXIY).

1° Éléments du diagnostic. — La douleur est le principal symptôme de la maladie; dans certains cas, la douleur pendant la déglutition est même le seul observé. Dans d'autres circonstances, il y a une dotdeur spontanée rapportée par le malade à la partie inférieure du pharynx, mais quelquefois aussi au larynx, à l'épigastre ou entre les deux épaules ; elle est ordinairement graduelle, parfois subite et très-intense, et, dans tous les cas, intolérable au moment du passage du hol alimentaire, avec sensation de brûlure et de déchirement. Il y aurait de plus, suivant Mondière, un sentiment de sécheresse le long de l'œsophage, une expuition plus ou moins difficile de matières muqueuses, parfois une toux gutturale, une soif plus ou moins intense, du hoquet, des vomissemerits, et enfin des 'symptômes généraux rarement très-intenses, souvent au contraire très-légers ou nuls.

2*^ Inductions diagnostiques. — Parmi ces symptômes, la douleur violente pendant le passage du bol alimentaire peut seule rendre probable l'existence de l'œsophagite. Mais lorsqu'on la soupçonne, il faut tenir compte des conditions anatomiques et étiologiques de la maladie en dehors des symptômes, ainsi que des résultats de l'exploration de l'œsophage par la sonde, si l'on veut arriver à quelque précision de diagnostic.

L'œsophagite ulcéreuse^ douteuse à l'état simple, et rarement observée dans la syphilis, dans le cours de la fièvre typhoïde ou de la phthisie pulmonaire (Louis), donnerait lieu à une douleur plus fixe, plus limitée et plus vive au moment de la déglutition que l'œsophagite non ulcéreuse. Mais ces particularités seront bien insuffisantes, si une bougie œsophagienne n'entraîne pas au dehors une certaine quantité de pus, comme M. Mondière en a cité un exemple. Les phénomènes locaux, joints à des symptômes cérébraux graves (congestion de la face, délire, convulsions),

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