PEAU
cutanées, que l'on a décrites dans des traités spéciaux, et dont il a été isolément question dans différentes parties de cet ouvrage. Mais il me paraît nécessaire de faire quelques remarques relatives à leur diagnostic. Ces remarques me paraissent d'autant plus opportunes qu'en général les praticiens qui n'ont pas fait une étude spéciale des affections cutanées proprement dites, en formulent difficilement le diagnostic en pren.nnt pour guides uniques les traités ordinaires.
Ce diagnostic se fonde principalement sur les caractères extérieurs que présentent les maladies cutanées et qui sont la première base des inductions du praticien. Or, s'il existe un certain nombre d'affections de la peau qui se manifestent par un ou plusieurs caractères extérieurs simultanés et facilement reconnaissables, il en est un plus grand nombre qui sont caractérisées par des particularités multiples dont l'évolution présente successivement des signes variés. Ce sont autant de sources différentes d'erreurs, si Ton voit le malade à Tune ou à l'autre des périodes lentement successives de son affection cutanée; car on a affaire en apparence à des maladies différentes. Cette seule considération démontre le vice radical, au point de vue diagnostique, de la classification de Willan, qui se base sur l'élément initial de la maladie.
C'est en vain du reste que, dans l'état actuel de nos connaissances, on chercherait une classification des maladies cutanées qui satisfasse complètement la pratique. En général, dans les classifications proposées, on se préoccupe plus de la coordination scholastique ou scientifique, que de l'application clinique; et malheureusement, il hut l'avouer, il est impossible, avec une seule classification, de satisfaire à la fois la science, le diagnostic et la thérapeutique. Il faut de toute nécessité, à mon avis, nvisager différemment les maladies cutanées à propos de chacun de ces points de vue, qui devraient constituer autant de divisions principales dans les traités spéciaux des maladies de la peau.
Le diagnostic, dont j'ai seulement à m'occuper, réclame la classification la plus simple comme point de départ : celle qui se base sur la constatation des éléments directement appréciables sur le malade, quelle que soit la période à laquelle est arrivée son affection cutanée. En prenant ce point de départ immédiatement saisissable pour dénommer la maladie, on s'appuie sur la base la plus solide pour remonter ensuite, autant que faire se peut, à son origine ou à sa nature. C'est l'application de ce principe que j'ai utihsé dans* cet ouvrage, où chaque élément apparent, traité à part, est rattaché aux affections dont il dépend, et oii chacune de ces dernières est examinée séparément au point de vue du diagnostic. C'est en réalité la nosographie cutanée de Plenck, dégagée de ses détails méticuleux et complétée, que je préconise pour le diagnostic des maladies de la peau, tout en reconnaissant qu'elle ne peut être applicable qu'au diagnostic, comme moyen de le faciliter, car les caractères extérieurs sont des fils conducteurs qui conduisent seulement à dénommer les espèces généralement admises. Mais le diagnostic doit aller plus loin.
Le but le plus élevé de la science des maladies est de déterminer leurs causes et leur nature, et c'est d'après cette détermination toujours difficile et toujours incomplète, que doit se guider la thérapeutique. Or c'est précisément pour franchir ces deux étapes que nous manquons de classifications suffisamment précises. Celles qui ont été proposées n'offrent pas malheureusement beaucoup de groupes de mala-