PELLAGRE
PEAU BRONZÉE. — F. Bronzée (Maladie).
PECTORILOQUIE. — V. Voix thoragique. PÉDIGULAIRE (Maladie). — F. Phthiriase.
PELLAGRE. — On sait que la pellagre, signalée d'abord en Lombardie, puis en Espagne, a été décrite en France par MM. Brierre de Boismont (1844), Roussel (1845), Baillarger (1848), Coslallat (Annales, d'hygiène, mO), BïWoà, Mérier, Landouzy, etc. Elle a été observée dans des conditions diverses, qui font que l'on discute encore sur l'origine et la nature de la maladie.
V Éléments du diagnostic. — La pellagre est principalement caractérisée par des phénomènes morbides du côté de la peau, du côté des voies digestives, et du coté de l'appareil nerveux.
Du côté de la peau, on constate des lésions particulières au niveau des parties les plus habituellement exposées aux rayons solaires : au dos des mains, à la partie externe de Tavant-bras, sur les pieds, à la partie antérieure et inférieure des jambes, à la partie supérieure et antérieure de la poitrine, et parfois au front et sur les joues. On y constate une desquamation de l'épiderme qui a pris une teinte brûnâtre, ou bien c'est un énjthème plus ou moins prononcé, ou bien une inflammation comme (?r?/,9zp^/«ime, parfois avec phlyctènes comrle à la suite d'une brûlure. — Les troubles digestifs sont caractérisés par une boulimie et une diarrhée presque constantes, rarement par de la constipation ou des vomissements. — Les symptômes nerveux constituent ce qu'on a appelé la folie pellagreuse qui est aiguë ou chronique et avec propension au suicide. En dehors de l'altération des facultés intellectuelles, les malades ont de la céphalalgie, des vertiges, des bourdonnements d'oreilles, des éblouissements, des douleurs rachidiennes, des crampes, des convulsions, des troubles de locomotion, parfois même de la paraplégie, sans que ces symptômes se rencontrent réunis chez le même malade. — Le pouls est lent et faible, les lèvres sont livides et la muqueuse buccale est pâle, sauf lorsque la fièvre survient, à une époque avancée de la maladie.
2*^ Inductions diagnostiques. — Je n'expose ce sommaire des éléments symptomatiques de la pellagre que pour rappeler qu'ils sont caractéristiques, et qu'ils suffisent parfaitement pour faire dénommer la maladie. Mais ce diagnostic simplement nosologique demande à être complété, et c'est justement là une des questions les plus obscures de la pathologie.
D'abord relativement à l'évolution des phénomènes cutanés, digestifs, nerveux, il n'est pas établi positivement qu'ils s'enchaînent et se succèdent régulièrement. On a bien voulu, en se basant sur eux, diviser la maladie en trois périodes, mais cette division a été reconnue inapplicable à la plupart des faits observés.
Non-seulement la marche de la pellagre a été mal déterminée, mais ses causes, ses causes surtout, ont été diversement appréciées. L'insolation a été généralement considérée comme la cause déterminante de l'éruption cutanée, ce que son retour au printemps justifie, mais on a admis aussi des causes internes, et en particulier l'usage du maïs altéré. Cependant cette dernière cause, sans pouvoir être niée, ne saurait être considérée comme exclusive; car la pellagre a été manifestement constatée dans des établissements d'aliénés qui ne faisaient nullement usage du maïs, de même qu'en dehors de ces établissements, ainsi que M. Landouzy en a rapporté des faits bien péremptoires [Arch. de méd., 1860, t. XVI).
674 PÊJSIS. — PERCUSSION.
Sans vouloir trancher la question relativement à la pellagre de Lombardie, d'Kspagne et du midi de la France > on peut se demander si celle qui est rencontrée dans les maisons d'aliénés n'est pas un simple érythèrae ou érysipèle sub-aigu produit par l'insolation chez des aliénés lypémaniaques ou déments, dont les lésions cutanées se compliquent de troubles intestinaux comme le font les brûlures étendues? Telle est l'interprétation que m'ont suggérée un bon nombre de faits que j'ai observés pendant un assez grand nombre d'années dans l'asile de Glermont (Oise), et concernant des aliénés des deux sexes, à sensibilité obtuse, et qui m'ont paru plus nombreux dans les années où les cours étaient encore dépourvues d'ombrage que plus tard. Que l'on fasse abstraction des phénomènes cutanés et manifestement dus à l'insolation dans de pareils cas, et il reste des lypémanies ou des démences vulgaires.
Les formes de la pellagre sont subordonnées à la prédominance de certains symtômes, et aux causes endémiques ou sporadiques qui la produisent. — Parmi ses complications, il en est une surtout qui mérite d'être mentionnée : c'est le scorbut.
3*^ Pronostic, — La pellagre est une maladie grave dans toute circonstance, et surtout lorsqu'il existe une aliénation mentale. On a cependant observé des faits de guérison définitive ; mais il ne faut pas oublier que la maladie revient souvent périodiquement au prinlemps pour se suspendre ensuite, et que ces intermittences n'ont pas é(é considérées comme des guérisons.
PELVIENNE (Région). — V. Bassin.
PELVÏ-PÉRITONITE. — F. Péritonite.
PEMPHIGUS. — F. BuLLEUSEs (Maladies).
PÉNIS. ~ Le pénis n'est pas affecté d'affections particulières qui soient du domaine de la pathologie interne; mais il est le siège de différents signes qui sont sous la dépendance de maladies diverses, et principalement de la blennorrhagie ou de la SYPHILIS. L'érection morbide du pénis est le principal signe du satyriasis, tandis que sa tlaccidilé constante, avec l'absence de désirs vénériens dans les conditions d'excitation les mieux caractérisées, démontre l'impuissance. Comme lésions locales, on y rencontre V herpès (F. p. 464), l'acare de la gale (chez les malades des hôpitaux), l'inflammation ordinairement symptomatique du prépuce (balanile), du gland (posthite), ou de la veine dorsale de la verge (V. Blennorrhagie), le phimosis, le paraphimosis, etc., que je me contente d'indiquer.
PERCUSSION. ~ La percussion, à Faide de laquelle on produit artificiellement des résonnances accidentelles, a pour objet, comme la plupart des autres méthodes physiques d'exploration, le diagnostic anatomique ou des lésions organiques. On l'applique principalement à la poitrine et à l'abdomen. Dans les autres régions du corps, à la tête, au cou, aux membres ou au rachis, la percussion ne présente pas une utilité suffisante pour justifier son emploi, sauf dans quelques cas exceptionnels; je renvoie donc sur ce point aux ouvrages spéciaux publiés sur la matière. Je ne m'occuperai ici que de la percussion de la poitrine, de l'abdomen, et de la percussion dite auscultât oire.
h Percussion de la poitrine.
1^ But. — En produisant des résonnances variées suivant le degré de compacité solide, liquide ou gazeuse des organes ou des corps intra-thoraciques, la percussion