‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 173 sur 245 · PERCUSSION · texte numérisé non relu

PERCUSSION

a pour objet d'apprécier d'abord la situation physiologique ou pathologique des organes solides au milieu de ceux qui renferment plus ou moins d'air, et réciproquement, et ensuite celle des tumeurs qui sont assez volumineuses et assez rapprochées •des parois thoraciques pour modifier le son obtenu à leur niveau. La percussion fait constater ainsi les limites en surface de ces organes ou de ces tumeurs, et par suite leur volume, que l'on ne peut cependant avoir la prétention de préciser à un millimètre près. Il y aurait également de l'exagération à vouloir indiquer l'épaisseur même des organes ; mais ce qui est incontestable, c'est qu'il est permis de juger, par la percussion, de la densité plus ou moins grande des parties sous-jacentes aux points percutés, par le plus ou moins de résistance ressentie sous le doigt, ainsi que l'a signalé Corvisart.

2*^ Méthodes d'exploration. — Comme pour tout autre mode d'exploration, il faut que l'individu exploré soit, autant que faire se peut, dans une position convenable. Qu'il soit debout, couché ou assis, l'essentiel est que les deux côtés de sa poitrine soient dans des conditions semblables ou symétriques. On a fait remarquer avec raison que la partie percutée peut sans inconvénient être recouverte d'un vêtement léger, pourvu qu'il y soit uniformément étendu.

Je ne ferai pas l'historique des divers procédés de percussion depuis Avenbrugger et Corvisart, qui pratiquaient la percussion immédiate ; mais ils ont suftîsammerit parlé (quoique d'une manière incidente) de l'interposition de corps étrangers entre la poitrine et la main qui percute pour que la revendication de l'idée première soit aujourd'hui puérile. Gomme application de cette idée de percussion médiate, sur laquelle M. Piorry a le mérite d'avoir particulièrement insisté, on a successivement employé comme corps intermédiaire : 1" la main appliquée à plat; 2" un seul doigt appliqué par sa face interne ou par sa face dorsale et percuté sur sa face libre; 3° une plaque solide (en bois, ivoire ou métal), à laquelle M. Piorry a donné le nom de plessimètre, et qui porte des divisions millimétriques ; 4** enfin un simple morceau de caoutchouc (Louis) maintenu appliqué sur la poitrine avec les doigts de la main gauche, tandis que les doigts de la main droite servent à la percussion. On a aussi recommandé comme corps percutants des marteaux appropriés, qui ne sont pas généralement adoptés dans la pratique.

Des différents procédés de percussion mé^Ukïe (la seule adoptée aujourd'hui) quel est le préférable? Il serait difficile de trancher la question pour les médecins déjà familiarisés avec un de ces procédés qui, par cela même, est pour eux le meilleur. Mais il n'en est pas ainsi pour les débutants, qui ont à choisir entre les différents procédés rappelés plus haut. Ils doivent savoir que l'application à plat de la main tout entière peut nuire à la production des résonnances en même temps qu'à la précision de leur siège ; que le plessimètre, outre le désavantage de ne pouvoir s'appliquer ' toujours bien exactement sur les surfaces percutées, au niveau des espaces intercostaux des sujets maigres, par exemple, présente le grave inconvénient que j'ai rappelé dans mes Études sur les bruits de percussion (Arch. de méd., 1855) de produire un bruit accessoire résultant du choc de percussion sur un corps dui', et qui domine les résonnances thoraciques légères ; qu'il a en outre le désavantage de compliquer l'exploration inutilement, car il n'est aucun de ses résultats qui ne puisse être obtenu tout aussi exactement en percutant sur le doigt. Le caoutchouc, en fragment semblable à ceux qu'emploient les dessinateurs, a sur le plessimètre

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