PERCUSSION
ordinaire l'avantage de s'appliquer toujours exactement sur les régions percutées et de ne pas donner lieu à un bruit de choc étranger à ceux que l'on désire obtenir. Mais l'emploi du doigt, comme corps intermédiaire qui suffit à toutes les exigences, ne le cède à aucun autre, ni pour la facilité d'application, ni pour l'aptitude avec laquelle il fait corps avec les parties à explorer, sans donner lieu à aucune sonorité étrangère. Il est préférable que la percussion ait lieu sur la face dorsale du doigt percuté; car les os du doigt y sont plus superficiels que vers la face palmaire, ce qui donne plus de netteté aux résonnances ; un autre avantage de ce procédé, c'est que la sensation de résistance est bien mieux perçue par la face palmaire du doigt appliqué que par sa face dorsale. On peut percuter sur l'indicateur ou sur le médius de la main gauche, en maintenant également appliqués et un peu écartés, sur la poitrine, l'indicateur et l'annulaire, ce qui donne l'avantage de bien fixer sur les surfaces convexes le d£)igt percuté intermédiaire. C'est à ce dernier procédé que j'ai habituellement recours. La percussion sur le doigt est d'ailleurs la plus généralement adoptée. Elle ne présente d'intonvénient que pour le médecin d'hôpital, obligé de pratiquer successivement la percussion sur un grand nombre de malades. Le doigt percuté finit alors, en effet, par devenir plus ou moins douloureux si la percussion est fréquemment répétée ; on peut d'ailleurs y remédier facilement en passant à ce doigt un doigtier en caoutchouc, qui reçoit immédiatement le choc sannuirè aux qualités du son obtenu.
Quel que soit le procédé de percussion que l'on emploie, on la pratique légèrement ou avec force, sans l'exagérer pourtant comme le font certains observateurs au niveau de la poitrine ; car une pareille pratique, outre qu'elle est quelquefois douloureuse, ne saurait conduire qu'à des résultats dont il est permis de contester la valeur.
Lorsque l'on constate par la percussion le volume ou les limites d'un organee d'une tumeur, d'un épanchement, il est souvent important de s'assurer d'une manière précise s'il y a, les jours suivants, un progrès croissant ou décroissant de la partie délimitée. Pour faire cette comparaison, il fimt tracer sur la peau, non la configuration complète des organes, dont la vue peut effrayer ou préoccuper inutilement le malade, mais de simples traits ou points de repère, tracés aux extrémités des diamètres principaux ou dans les seuls points susceptibles d'indiquer plus manifestement les changements survenus. Ces traits peuvent se faire avec de l'encre, que l'on trouve partout et sur laquelle on peut passer légèrement le crayon de nitrate d'argent si l'on veut fixer plus longtemps le tracé.
3° Signes. — Pour bien juger des signes fournis par la percussion de la poitrine dans les maladies, il faut se familiariser avec les résultats obtenus sur la poitrine saine. Les descriptions les plus minutieuses ne peuvent, à cet égard, suppléer à cet exercice pratique. C'est principalement, en effet, par comparaison avec les résultats physiologiques que l'on peut bien apprécier les signes pathologiques fournis par la percussion .
On doit considérer comme type normal ou moyen de la sonorité thoracique, celle qui est produite par une percussion médiocrement forte entre la clavicule et le mamelon, chez un adulte bien portant, d'une force musculaire et d'un embonpoint modérés, sonorité dont la production s'accompagne d'un certain degré d'élasticité sensible sous les doigts qui percutent. Cette sonorité est modifiée de différentes ma-