‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 181 sur 245 · PESTE · texte numérisé non relu

PESTE

points établis, est-ce seulement sons le rapport de l'état général qui en résulte que i le praticien peut avoir à préciser le degré de la maladie. Or, l'altération plus ou I moins profonde de la nutrition, et l'intensité plus ou moins grande des troubles nerveux, seront les bases de cette appréciation. — Quant aux complications, il ne faut pas oublier qu'on peut voir survenir la cystite aiguë ou chronique, des congestions cérébrales, la paraplégie, Vhypochondrie et la monomanie suicide. j M. Lisle a eu à traiter dans son élablissement du Gros-Caillou des aliénés chez i lesquels il a pu reconnaître comme origine de la maladie des pertes séminales involontaires jusque-là passées inaperçues (Acad. de méd,, mars 1851 ). I 3° Pronostic. — Le pronostic des pertes séminales involontaires n'est fâcheux qu'autant que la maladie est méconnue et abandonnée à elle-même ; car, traitée convenablement, surtout à son début, elle guérit.

PESTE. — Outre les travaux antérieurs à l'expédition française en Égygte, un assez grand nombre de documents importants ont été publiés sur la peste par Desgenettes, Larrey, Louis Frank, Pugnet, et plus récemment, sur la peste de 1835, par MM. Bulard, GIot-Bey, Aubert Roche, Brayer et par Prus, dont le Rapport remarquable à l'Académie de médecine a eu de si importants résultats pour le commerce (Rapport sur la Peste et les quarantaines, Paris, 1846).

1° Éléments du diagnostic. — Ils sont généraux ou locaux. Dans un certain nombre de cas, la maladie débute par des phénomènes généraux graves : lassitude extrême, frissons irréguliers suivis de chaleur sèche, avec fréquence du pouls, qui est en même temps petit et misérable; stupeur, anxiété, tristesse; yeux rouges et hagards, céphalalgie, éblouissements, vertiges, prostration rapidement considé rable, station et marche impossibles; insomnie opiniâtre, songes effrayants ou visions, ou bien coma ; assez souvent délire variable, paisible ou furieux; respiration anxieuse et accélérée; langue d'abord humide, blanche, comme nacrée ou jaunâtre, anorexie complète, soif inextinguible ; douleurs épigastriques plus ou moins aiguës chez quelques malades; plus fréquemment vomissements ou régurgitations de matières muqueuses ou bilieuses, parfois contenant du sang; constipation ou selles liquides fétides, jaunes ou noires ; urines variables en couleur et en quantité.

En outre de ces phénomènes, il survient extérieurement des symptômes caractéristiques et qui peuvent marquer le début de la maladie, ou coïncider avec les symptômes généraux. Ce sont : 1° les bubons, dits pestilentiels, se montrant principalement dans le pli de l'aine, le creux de l'aisselle, et plus rarement au cou et à la région poplitée; le charbon pestilentiel, débutant par de petites taches rouges analogues à des piqûres de puce, se montrant principalement sur les parties découvertes, s'agrandissant et devenant le siège de vésicules, de phlyctènes, d'induration et de gangrène ; 3*^ Y anthrax, variété de charbon qui débute par de plus larges taches très-douloureuses, occupant ordinairement les épaules, le dos, ou les aines; 4° enfin des plaques érysipélateuses et surtout des pétéchies de un à cinq millimètres de diamètre, discrètes ou confluentes, tant alors elles sont nombreuses, rosées, violettes ou noires, ne disparaissant pas sous la pression. — C'est ordinairement lorsque ces phénomènes se montrent vers la peau que les accidents généraux acquièrent toute leur intensité, et que l'on voit les traits s'altérer de plus en plus, la face devenir anxieuse, animée, les yeux brillants, l'ouïe difficile, et se déclarer parfois des mouvements convulsifs, des soubresauts de tendons, de Vaphonie, du

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