‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 182 sur 245 · PESTE · texte numérisé non relu

PESTE

hoquet, une dyspnée plus prononcée, l'irrégularité, la petitesse, puis l'insensibilité àvi pouls, des sueurs visqueuses, des syncopes, des pertes de sang par différentes voies et des excrétions très-fétides, qui précèdent ordinairement la mort.

2*^ Inductions diagiiostiques. — Lorsque l'on constate l'ensemble de ces phénomènes, on ne saurait douter de l'existence de la pesle, surlout si on les observe dans les contrées oià se déclarent habituellement les épidémies de celte maladie.

L'existence connue d'une épidémie de cette espèce, on le conçoit, favorise puissamment le diagnostic. Cependant, au début même de l'épidémie, le diagnostic ne saurait être douteux comme pour la fièvre jaune (F. p. 519), car l'inlensité des phénomènes généraux, la prostration, la stupeur, auxquels se joignent des bubons, des charbons à marche rapide et des pétéchies, ne permettent guère de confondre la peste avec aucune autre maladie. Il en serait de même dans les cas oii ces phénomènes extérieurs ouvriraient la marche de la maladie ou en constitueraient les seuls symptômes. Mais on a observé des faits dans lesquels les accidents sont incomplets, et où, par exemple, ils sont réduits aux phénomènes fébriles sans bubons, ni charbons caractéristiques (Clot-Bey). Or, si l'on rencontre des cas sporadiques de ce genre, la méprise est inévitable, à moins que Ton n'observe dans les contrées de prédilection de la peste : en Egypte, en Syrie, dans les deux Turquies, dans les régences de Tripoli, de Tunis, au Maroc.

Un symptôme indicateur de l'invasion encore obscure d'une épidémie de peste existerait, suivant Prus, dans les douleurs que les personnes antérieurement affectées de la maladie éprouvent fréquemment au niveau de leurs cicatrices de bubons ou de charbons, pendant ou même avant une épidémie nouvelle. La valeur de cette opinion aurait besoin d'être contrôlée par un nombre de faits suffisants; et d'ailleurs il peut ne pas exister dans le pays d'individus autrefois affectés et guéris avec des cicatrices

Il faut tenir compte dans le diagnostic de l'évolution aiguë et parfois très-rapide de la peste, qui peut entraîner la mort en quelques heures, mais qui se prolonge en moyenne pendant cinq ou six jours, et quelquefois pendant un ou deux septénaires. La convalescence est toujours longue en cas de guérison.

Prus (Rapport à VAcad. de méd., 1846) a signalé commxc causes particulières (dont la constatation éclaire plus ou moins le diagnostic) Yhabitation sur des terrains d'alluvion ou marécageux, un air chaud et humide, de mauvaises conditions hygiéniques, Vinfection miasmatique provenant d'un malade ou d'un foyer d'infection, mais non le contact comme on l'a cru longtemps. Enfin les émotions morales vives, les excès, les grandes fatigues, ont paru prédisposer à contracter la maladie dans les lieux infectés. Une atteinte de la peste préserve d'ailleurs de toute nouvelle atteinte.

On a décrit beaucoup de formes de la peste suivant la prédominance de tel ou tel ordre de symptômes, et l'on a ainsi créé la peste inflammatoire, gastrique, nerveuse, putride, adynamique, ataxique. Ces distinctions ne sont d'aucune utilité, et il suffit de savoir que la maladie peut se caractériser isolément par les phénomènes fébriles ou par ses manifestations locales (bubons, charbons, etc.), ou par la combinaison de ces deux espèces de symptômes, soit d'une manière bénigne, soit d une manière grave, •

PÉTÉCHIES. — PHARYNGITES. 695

On n'a pas observé de complication particulière dans le cours de la peste, mais on a si-nalé comme phénomènes consécutifs de la maladie des accidents nerveux plus ou moins prononcés, tels que l'affaibhssement de l'intelligence, la paralysie d'un sens ou celle d un ou de plusieurs membres.

50 Pronostic - J'ai à peine besoin de dire que la peste est une maladie des plus graves • cependant il ne faut pas la croire toujours mortelle. Quoiqu'elle tue parfois d une façon presque foudroyante et qu'elle soit fréquemment suivie de la termmaison fatale lorsque les symptômes sont graves, il y en a un certain nombre qui sont suivis de guérison, sans que l'on puisse établir la proportion de ce» différents faits, qui varie selon les épidémies. L'intensité des phénomènes généraux, la décomposition des traits, la multiplicité des bubons, des charbons gangréneux, les syncopes, la prostration extrême, les convulsions, le refroidissement du corps, les urines sanguinolentes, annoncent une mort prochaine. Au contraire, dans le petit nombre de cas où l'issue doit être heureuse, les symptômes généraux s'amendent, les bubons se résolvent ou suppurent en donnant lieu à la sortie d'un pus de bonne nature, les escharres gangréneuses s'éliminent, et le malade revient très-lentement à la santé, à moins qu'il ne reste affecté des accidents nerveux dont j'ai parlé tout à l'heure. Je rappellerai en finissant que, dans la peste, il est difficile d'établir d'une manière précise la gravilé pronostique de tel ou tel symptôme, attendu qu'un signe considéré comme favorable dans une épidémie peut devenir pernicieux dans une autre épidémie.

PÉTÉCHIES. — On a ainsi désigné des taches rouges, pourprées ou viola cées, ordinairement très-petites, analogues à celles des piqûres de puce, comme ponctuées, et qui sont dues à l'extra va sation sous-épidermique du sang. Elles ne disparaissent pas sous la pression du doigt comme des taches rosées lenticulaires, avec lesquelles on les confond assez souvent à tort.

Les pétéchies se rencontrent comme symptômes ou épiphénomènes hémorrhamques d'un grand nombre de maladies : dans le purpura, Vhémophilie, le scorbut tel fièvres graves, les cachexies ; elles constituent un des principaux signes de la

veste. 4. •

PHARYNGITES. — Les études anatomo-pathologiques modernes ont jeie une vive lumière sur les caractères différentiels des angines, dont les pharyngites soit aiguës, soit chroniques, conslituent le principal groupe.

Le diagnostic des pharyngites en général est immédiatement facilité par une particularité importante qui attire d'abord l'attention du praticien; je veux parler delà dysphagie douloureuse commune à la plupart des pharyngites. Ce seul symptôme suffit pour que l'on procède à l'examen de la gorge (F. Pharynx) ; et des lors le symptôme fonctionnel et les signes physiques fournis par l'inspection deviennent la base du diagnostic, qui se trouve complété par le rapprochement des autres particularités de la maladie et par les inductions que l'on en tire. C'est celte marche que je suivrai pour exposer le diagnostic en apparence si compliqué des diverses espèce, de pharyngites, en renvoyant au mot Ulcérations ce qui concerne les pharyngites ulcéreuses.

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