C. Anévrysmes DE l'aorte ABDOMINALE
Tantôt ils sont caractérisés par une tumeur plus ou moins volumineuse, située ordmairement entre l'épigastre et l'ombilic, appréciable au palper, qui peut la circonscrire et percevoir des battements expansifs isochrones à ceux du pouls, et ac-
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compagnes, à l'auscultation, d'un bruit ou cVuu souffle simple très-sonore. On a cité un malade qui croyait entendre un sifflement au niveau de la tumeur. Ce qu'd y a de remarquable ici, c'est l'absence de phénomènes fonctionnels ou physiques du côté de la puitrine, à moins de complications. Mais il n'en est pas de même pour les organes abdominaux : on a constaté dans différenls cas des douleurs très-vives, mtermittentes, clans la région lombaire ou à l'hypogastre, et même aux extrémités inférieures (Reatty), des vomissements chez des sujets atteints d'une tumeur anévrysmale à l'épigastre, desselles iyivolontaires, Y œdème des membres inférieurs, la jjaraplégie, des doideurs dans le bassin, et peut-être aussi des pertes utérines (Pennock), suivant le siège occupé parla tumeur. — L'anévrysme peut s'ouvrir dans le péritoine, d'où une péritonite mortelle. M. Moutard-Martin a vu la ruplui e^se faire une fois dans la plèvre, et causer subitement la mort (Bidl Soc. anat., 1845).
Dans les cas de tumeur, le diagnostic c>i assez facile si l'on tient compte de la matité, du souffle perçu à son niveau, et surtout de son expansion à chaque battement, car cette expansion n'a pas lieu dans le cas de tumeur sohde soulevée par les battements de l'artère. Il faut convenir toutefois qu'il est impossible, dans certains cas, de décider s'il y a expansion ou simple soulèvement de la tumeur, comme dans un fait de tumeur cancéreuse du pancréas rapporté par M. Andral. La difficulté du diagnostic est bien plus tranchée si la tumeur est petite. Si l'on ne sent pas de tumeur, le diagnostic est impossible, attendu que l'on peut croire qud y a simplement des battements nerveux artériels (F. Battements). Cette impossibilité du diagnostic est absolue dans les cas d'anévrysme disséquant; aussi cette lésion n'a-t-elle jamais ee reconnue qu'à l'ouverture des cadavres. - Dans le cas d'anévrysme variqueux de l'aorte abdominale ouvert dans la veine cave inférieure, on a, pour le reconnaître, le bourdonnement continu 3i\ec renforcements, qui se produit au niveau de la tumeur pulsatile de l'abdomen.
D'autres vaisseaux que Taorte ne peuvent-ils pas être le siège de tumeurs tacites à confondre avec des anévrysmes aortiques? On doitrépondre affirmativement, a ce'Ae question. L'on sait aujourd'hui que le tronc cœliaque est très-rarement aiiévrysmatKiue, contrairement à ce que Von pensait autrefois en raison des battements épigastriques purement nerveux que l'on attribuait à tort à cet anévrysme, qui aujourd'hui n a qu'une importance anatomique. Il en est de même de l'anévrysme des artères hépatique et stomachique dans la pliq-art des cas. Cei)endant M. Walmaiin a rapporte récemment un fait d'anévrijsme de V artère hépatique formant une tumeur grosse comme la tête d'un enfant, et qui s'ouvrit dans la cavité du péritome; cette tumeur comprimait les voies biliaires et produisait une rétention de la bile {Arch. f. pathol Anat., t. XIV). L'ictère observé dans un autre fait remaniuable , rapporté par M. Wilson, était sans doute du à la même compression; mais il s'agissait ici d'un anévrysme de V artère mésentérique supérieure formant une tumeur pulsali e mobile à la région épigastrique. Cette mobilité pourrait être utile au diagnostic .le cette variété d'anévrysme. Il arrive quel.pielbis que la rupture de la tumeur, latente jusque-là, est le premier signe de l'anévrysme, que l'on ne peut reconnaître que sur le cadavre; tel est le fait d'hématémèse et d'entéronhagie mortelles produites dans un cas d'anévrysme de l'artère hépatique, de la grosseur d'un œuf pigeon, et qui s'ouvrit dans ia véhicule biliaire {Arch. f. pathol Anat., t. XUl, i8o8). Tels sont les différents anévrysmes de l'aorte et des artères mtra-splanchuKiues