‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 20 sur 245 · ANGINES · texte numérisé non relu

ANGINES

qui peuvent être confondues avec eux. Ils constituent des affections qui tendent à faire des progrès incessants, et qui, par conséquent, présentent toujours une trèsgrande gravité, tant par les ruptures subites et ordinairement mortelles qni sont constamment à craindre, que par les autres accidents résultant de la compression ou de l'usure d'oiganes importants.

ANGINES. — Tontes les alfections aiguës diverses que les anciens comprenaient sous cette dénomination présentent deux conditions communes : 1" la difficulté douloureuse de la déglutition ou de la respiration; 2° le siège des lésions anatomiques qui les caractéiisent, ces lésions occupant les organes creux compris entre la bouche et les fosses nasales d'une part, et les poumons et Testomac d'antre part. L'anatomie pathologique, en jetant un nouveau jour sur les lésions locales complexes des maladies angineuses, a démontré toute l'importance des lésions anatomiques comme moyen de distinguer ces maladies si confuses. Cette distinction anatomique est, quoi qu'on en ait pu dire, un point capital du diagnostic, et I on ne saurait s'empêcher de le reconnaître, quelle que soit l'opinion que l'on se forme des angines.

Il me paraît nécessaire de distinguer à part deux ordres de faits dans les maladies confondues par les anciens sous le nom commun d'aniiines, affections que l'on tend de nos jours à restreindre aux affections pharyngiennes :

1° Il y a un premier ordre de faits dans lesquels la manifestation locale vers le pharynx ou les parties voisines est toute ou presque toute la maladie, et il n'existe aucun étal général grave, tout au plus un état fébrile en rapport avec la lésion locale ;

2° Il y a un second ordre de faits dans lesquels la manifestation locale de l'angine survient comme épiphénomène ou comme symptôme complexe au milieu d'un état général dont la gravité est ordinairement, et de prime abord, hors de proportion avec les symptômes angineux.

Au premier ordre d'angines l'on peut rattacher les diverses espèces de pharyngites et de LARYNGITES simplement inflammatoires, la trachéite, 1 inflammation de l'œspohage (ŒsoPHAGiTE),rŒDÈME DE LA GLOTTE, affcctious qui, saus être absolument indépendantes d'un état général dans tous les cas, n'en constituent pas moins des états pathologiques bien définis, dont l'importance se concentre presque entièrement sur la lésion locale. Dans la recherche et dans les manifestations séméiologiques de cette lésion se limite alors, en quelque sorte, la marche à suivre pour le diagnostic.

Il n'en est plus de même pour le second ordre de faits se rappoi tant à des maladies générales avec lésion angineuse, et dans lesquelles cette lésion est assez souvent multiple et sous la dépendance d'un état général plus ou moins grave, maladies qui sont ordinairement épidémiques dans les cas aigus, et qui alors ont reçu la dénomination à' angines malignes en raison de la gravité croissante et de la marche rapidement funeste des accidents péri-pharyngiens. Je ferai remarquer en passant tout le vague de l'épilhète maligne, qu'il serait moins pittoresque, mais plus sensé, de remplacer simplement par le mot grave, parce qu'il s'agit de l'appliquer, non à une maladie définie, mais à un certain nombre d'affections, diverses de nature.

M. Bretonneau a montré la large place que la diphthérie occupe comme origine de ces angines graves, et il en a distingué avec soin d'autres angines pseudo-membraneuses qu'il ne faut pas confondre avec elle, comme 1 angine couenneiise mercwielle, l'angine couenneiise commune, l'angine scarlatineuse. Seulement c'est à

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tort que le célèbre médecin de Tours n'a pas tenu compte de l'angine gangreneuse, beaucoup plus rare sans doute que la diphthérie pharyngo-laryngienne, mais dont on a observé des exemples irrécusables, ainsi que l'a surtout établi la discussion soulevée en 1857, à la Société médicale des hôpitaux, par la lecture d'un mémoire intéressant de M. Gubler sur ce sujet. M. Gubler a proposé aussi d'admettre une angine herpétiforme, mais elle n'est autre chose que l'angine couenneuse commune (de M. Bretonneau), qu'il a cherché seulement à expliquer par une hypothèse ingénieuse (F. Herpès et Pharyngites pseudo-membraneuses) .

La plupart des angines graves ont un caractère épidémique, et rien ne démontre mieux la difficulté de bien connaître leur nature, que la variété des manifestations locales de l'état général qui les engendre. N'a-t-on pas vu des épidémies particulières se caractériser indifféremment par des lésions angineuses diphthériques graves et légères, parfois véritablement gangréneuses, par un œdème dur du pharynx et de la glotte, comme l'épidémie de diphthérie si grave qui a sévi à Paris dans ces dernières années? De nouvelles recherches sont indispensables pour éclairer une question aussi obscure et qui n'est encore que posée, malgré les consciencieux travaux dont elle a été l'objet.

Je ne puis que renvoyer, pour le diagnostic des différentes angines, aux articles DYSPNÉE, DYSPHAGiE, DiPHTRERiE, ct cu particulier à Farlicle pharyngites. Quant à V angine de poitrine dont il est question ci-après, et qui est mal connue dans sa nature, c'est par un abus de langage qu'on lui a donné le nom d'angine, son siège n'étant certainement pas celui des angines que j'ai rappelées plus haut.

ANGINE DE POITRINE. — Les dénominations les plus diverses ont été données à la maladie,qui a été appelée sternalgie, angoisse de poitrine, sternocardie, syncope angineuse ou arthritique, etc., suivant certaines particularités symptomatiques, ou suivant l'opinion que l'on se formait de sa nature, qui n'est pas encore parfaitement déterminée.

1° Éléments du diagnostic. — L'angine de poitrine est caractérisée par^ des acc^s revenant à des intervalles irréguliers, plus ou moins éloignés. L'individu étant en marche est subitement surpris et arrêté par une douleur d'une extrême violence, pongilive ou consistant en un sentiment de constriction, ou de suffocation ; cette -douleur, rarement précédée de malaise, (['inquiétude et d'une espèce de bouillonnement vers l'hypochondre gauche, se manifeste au niveau de la partie inférieure du sternum, vers la région précordiale, d'où elle s'irradie vers l'épaule gauche, le bras correspondant et le cou, où elle va diminuant et se transformant en un sentiment de torpeur, avec picotement ou fourmillement ; rarement la douleur s'étend vers le côté droit de la poitrine ou à des parties plus éloignées, et bien plus rarement ea-^ coreelle débute par le côté droit de la poitrine ou par le bras gauche. Avec la douleur, il y a d'abord suspension de la respiration, puis accélération des mouvements respiratoires (36 au plus), qui sont ordinairement peu profonds; pouls petit, faible, plutôt lent qu'accéléré, parfois intermittent, irrégulier ; pâleur, angoisse; anéantissement des forces; quelquefois enfin lipothymies ou même syncopes. L'accès cesse graduellement au bout de quelques instants, quelquefois il survient des éructations galeuses ou des vomissements qui annoncent la fin de l'accès, auquel succède un sentiment de fatigue ou d'engourdissement dans la poitrine et dans les membres supérieurs. A ces signes caractéristiques, il n'est pas rare de voir se joindre

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