‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 193 sur 245 · POULS · texte numérisé non relu

POULS

qu'il peut varier d'un cerlaui nombre de pulsations en plus ou en moins selon les individus. Chez le vieillard, il est très-variable ; les uns l'ont dit plus lent, d'autres plus fréquent que chez l'adulte. Il est de 74 en moyenne, selon MM. Leuret et Mitivic, et. d'après M. Chariton, il pourrait varier entre 58 à 100 {Thèse, 1845).

Ces parlicularités sontimporlantes à connaître pour qu'on ne considère pas comme pathologiques certains caractères normaux du pouls. Pour tel malade dont le pouls bat 45 à 50 fois par minute, 80 ou 100 pulsations indiquent une fréquence assez forte, tandis que ce dernier chiffre sera modéré pour celui dont la moyenne habituelle est de 80 ou 90. On peut surtout tenir compte de ces particularités si Ton connaît déjà son malade sous ce rapport, ou bien si l'on en est prévenu par lui-même, ce qui arrive quelquefois.

Le pouls varie d'ailleurs accidentellement aussi dans l'état sain, selon une foule de circonstances. Sa fréquence est un peu plus grande de quelques pulsations chez la femme que chez l'homme ; cette fréquence diminue par le décubitus horizontal ; elle augmente au contraire par les mouvements, par les émotions morales, sous l'influence d'un réveil subit, de l'ingestion des aliments, des alcooliques ou des boissons excitantes. L'extension forcée du bras peut suspendre le pouls radial (Verneuil). Ces modifications normales sont utiles à rappeler pour ne pas être confondues avec les modifications morbides du pouls. Dans ces dernières, le pouls varie dans sa force (pouls fort ou faible), dans son volume ou sa consistance (ample ou petit, dur ou mou, plein ou vide, dilaté ou concentré), dans la durée des pulsations (vite, rapide, ou vibrant), dans la fréquence ou la rareté de ses battements (fréquent, accéléré ou rare), enfin dans la régularité de son rhythme habituel (pouls irréguher, intermittent, dicrote). Ces caractères se combinent de différentes manières que je ne rappellerai pas ici, et quel'on trouve décrites dans les divers traités de pathologie générale.

2° Quant aux conditions pathologiques qui font varier le pouls, et à la signification de ses divers caractères, il faut les envisager aux points de vue du diagnostic ou du pronostic.

Les anciens considéraient certaines qualités du pouls comme l'indice d'affections de la tête, delà poitrine ou de l'abdomen. On ne saurait admettre aujourd'hui de telles opinions comme légitimes. On sait qu'il n'est aucun des signes fournis parle pouls qui soit pathognomonique ; tous ont besoin d'être rattachés à d'autres données pathologiques pour avoir leur valeur. Malgré cette nécessité, l'exploration du pouls n'eu constitue pas moins une source de données cliniques extrêmement importante, car il n'est guère de malade pour lequel elle ne soit une source de renseignements utiles.

L'état normal du pouls indique l'absence d'une affection fébrile continue; mais il est compatible avec l'apyrexie d'une fièvre intermittente simple ou pernicieuse dont l'accès est passé, ou consécutif à une fièvre éphémère. Joint à des douleurs vives ou à d'autres phénomènes, le pouls normal démontre que ces douleurs ou ces phénomènes ne dépendent pas d'une phlegmasie de certaine intensité. C'est ce qui a heu pour les coliques hépatique, néphrétique, etc., pour les douleurs qui accompagnent l'avortement, pour la gastralgie ou d'autres névroses, pour la méningite tuberculeuse, etc. — La fréquence seule du pouls se montre dans des conditions contraires; mais elle ne se rapporte pas toujours à la fièvre, comme je l'ai dit ailleurs (p. 568). Selon M. Marey, la fréquence des battements est en raison inverse de la tension arté-

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