‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 194 sur 245 · POULS · texte numérisé non relu

POULS

rielle. Le pouls fréquent, plein, développé, constitue la fièvre lorsqu'il coïncide avec l'exagération de la chaleur et de la sécheresse de la peau; mais indépendamment de cette chaleur exagérée, la fréquence, la plénitude et même la vibrance du pouls peuvent se rencontrer avec un état anémique (pléthore séreuse), avec une cachexie (thyroïdienne ou exophthalmique), ou une hypertrophie du cœur avec dilatation des cavités. Sanders (cité par Orfda : des poisons, t. Il) a signalé la force et la fréquence du pouls (jusqu'à simuler une fièvre inflammatoire) par suite de fingestion de la digitale.

Le ralentissement du pouls est très-remarquable dans certains ictères^ dans la convalescence des maladies aiguës et en parliculier de la pneumonie, dans les empoisonnements par les narcotiques ou par les narcotico-âcres, qui le rendent également irrégulier.

La petitesse du pouls indique toujours une dépression plus ou moins marquée des forces vitales ; et comme cette dépression a lieu dans une foule de maladies, la s ignihcation de la faiblesse du pouls est extrêmement variée comme ces dernières. Très-souvent fréquent en même temps que petit, le pouls indique ordinairement une certaine gravité de la maladie existante, s'il s'y joint d'autres symptômes. C'est ce qui arrive dans la péritonite, dans le cours d'autres phlegmasies ou d'autres affections fébriles graves, dans certaines gangrènes, dans la diphthérie grave, par le fait d'hémorrhagies abondantes, et dans la dyssenterie intense. Cependant il ne faut pas oublier que la petitesse et la fréquence du pouls peuvent coïncider aussi avec de simples troubles nerveux.

Les modifications du rhythme du pouls sont surtout observées dans les affections du cœur, qui peuvent également s'accompagner des signes que j'ai déjà rappelés. Suivant un physiologiste allemand, M. Weber (Acad, des scienc, 1854), le pouls jjermettrait d'apprécier l'activité du [cœur d'une manière plus parfaite que par la perception du choc et des bruits de cet organe. — Quoi qu'il en soit, la petitesse du pouls a été s\giYà\ée comme se rattachant à l'asystoHe, au ramollissement du cœur, à sa dilatation; un pouls liliforme avec impulsion forte du cœur a été constaté dans un cas d'anévrysme partiel du cœur(Aran); sa petitesse, son irrégularité, son intermittence, en disproportion avec la violence et le tumulte des battements du cœur, accompagnent la formation de concrétions sanguines dans ses cavités ou dans l'artère pulmonaire. — L'irrégularité isolée et habituelle du pouls doit faire soupçonner une affection cardiaque, quoiqu'on la rencontre quelquefois dans d'autres maladies, avec des entozoaires, par exemple. — Le poids veineux est également la conséquence d'une affection cardiaque. — L inégalité du poids aux deux radiales, qui est quelquefois une condition physiologique individuelle, peut dépendre d'une tumeur anévrysmale de l'aorte ascendante ou à l'origine de l'aorte descendante, qui gêne la pénétration du sang dans les artères secondaires du côté où elle siège. — Le poids cesse d'être perçu au niveau des artères oblitérées \)î\y des dubohes, ou comprimées par des tumeurs.

Le pouls intermittent, qui dépend de la suspension d'une systole cardiaque ou d'une systole avortée, se rencontre dans des conditions diverses, avec ou sans maladie du cœur, ordinairement dans des maladies graves ou seulement lorsqu'il existe une grande faiblesse générale. Le pouls dicrote ou bis feriens, qui ne se montre pas aux extrémités inférieures selon M. Beau, a une cause inconnue. Ge-

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