‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 197 sur 245 · RALES · texte numérisé non relu

RALES

On n'oubliera pas d'ailleurs que l'incubation, qui est en général de trente à quarante jours, peut durer bien plus longtemps: quatre mois (Constantin, Union mdd., 1856), cinq mois (Barth, Mémoire Féréol) et même neuf mois (Fraigniaud, Union méd.y 1856). Quoi qu'il en soit, lorsqu'un individu a été mordu par un animal enragé, on ne saurait préciser l'époque ultérieure à laquelle la rage n'est plus à redouter. Il peut arriver d'ailleurs que la morsure, quoique manifestement infectée par le virus, ne soit suivie d'aucun accident rabiqne, car sur un cer tain nombre de sujets mordus,, tous ne sont pas infailliblement victimes. Un autre point important de l'étiologie de la rage, c'est qu'il est quelquefois impossible de pouvoir constater le fait de l'inoculation, qui échappe au malade lui-même et à son enlourage, comme cela est arrivé pour les deux malades dont M. Leudet et M. Féréol [Mém. cité) ont rapporté l'histoire. Ce dernier observateur fait remarquer avec raison que c'est sans doute à propos de faits analogues que l'on a légèrement admis des incubations de trois, dix et même trente ans. Il est bien établi que le virus ne perd pas sa propriété contagieuse par sa transmission successive, comme on l'avait pensé.

On ne saurait confondre l'hydrophobie rabique ou la rage qu'avec la névrose dénommée hydrophobie non rabiqne. Mais il faut avouer que la confusion des deux affections est bien facile, et que la seule constatation des phénomènes symptomatiques, qui peuvent être les mêmes de part et d'autre, est bien faite pour induire en erreur. Il n'y a, en effet, pour la rage, que l'inoculation antérieure du virus bien établie, et pour l'hydrophobie non rabique, la certitude que la terreur de la rage est l'unique cause de la maladie, qni puissent permettre de se prononcer pour l'une ou l'autre affection. Cependant l'hydrophobie non rabique a paru dépendre quelquefois de la présence d'entozoaires dans l'intestin. Je dois ajouter que les symptômes de cette névrose sont parfois très-limités de nombre et très-atténués, particularités qui ne se rencontrent pas dans la rage. Ces symptômes peuvent, en effet, ne consister que dans un spasme pharyngien revenant par accès, avec sentiment de terreur, décomposition des traits et malaise général, comme je l'ai constaté chez un homme qui avait donné des soinsàini chien qui mourut enragé, sans qu'il en fût mordu, et qui était pris des accidents nerveux que je viens de rappeler chaque fois qu'un chien aboyait après lui.

L'œsophagite a été considérée comme une complication de la rage.

5^ Pronostic. — La rage proprement dite, une fois développée, a toujours été fatalement mortelle ; son pronostic est donc aussi grave que possible. La mort est ordinairement due à l'asphyxie.

RAGLE. — y. Hallucinations.

RALES. — Les généralités pratiques dans lesquelles je veux me renfermer pour l'étude diagnostique des râles me dispensent d'entrer dans des détails descriptifs que l'on trouvera d'ailleurs dans tous les traités ou manuels d'auscultation. Les phénomènes d'auscultation appelés râles sont humides ou secs : c'est là une première distinction que constate le médecin au lit du malade.

A. Râles humides.

De ce qu'il existe des nuances infinies qui s'enchaînent depuis le gros râle des agonisants, entendu même à distance, jusqu'au râle à crépitation humide la plus fme^ on ne saurait rejeter les distinctions scholastiques qui ont été établies, suivant le volume des bulles dont la rupture détermine le bruit anomal, et qui sont : le gar-

Page 1