‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 205 sur 245 · ROUGEOLE · texte numérisé non relu

ROUGEOLE

croît ensuite rapidement pendant quatre, cinq ou six jours, la fièvre tombe, des sueurs apparaissent, et il survient une desquamation peu abondante, fine, furfuracée, rarement très-générale, débutant et se limitant souvent à la face (Trousseau).

2° Inductions diagnostiques. — Tels sont les phénomènes les plus frappants qui caractérisent la rougeole simple. Ils suffiraient parfaitement pour établir le diagnostic, s'ils ne présentaient pas de nombreuses anomalies, et si la rougeole se présentait toujours à l'état simple; mais il n'en est pas toujours ainsi, comme on le verra plus loin.

Le diagnostic de la rougeole, à sa période de prodromes ou d'invasion, se fonde sur l'existence de la fièvre avec les signes d'un coryza plus ou moins intense, le larmoiement et l'éclat des yeux, d'où résulte une faciès qui, en temps d'épidémie, suffit souvent au diagnostic à première vue, et enfin sur la toux éclatante particulière qui accompagne ces divers sympfômes. Il ne faut pas se hâter de se prononcer, si l'éruption fait défaut après quelques jours de prodromes, car on a vu l'éruption ne se montrer qu'après huit jours et plus. Cette période prodromique ne présente malheureusement pas toujours des éléments caractéristiques, et lorsque la rougeole est anomale, ils peuvent être atténués, modifiés ou nuls. Il serait d'ailleurs possible de confondre le coryza qui s'accompagne de symptômes généraux au début de la morve, ou celui d'une diphthérie débutant par les fosses nasales, avec une invasion de rougeole. 11 en résulte que l'éruption, comme pour les autres fièvres éruptives,, est le signe capital de la rougeole.

Cependant l'éruption morbillense, qui semblerait, au premier abord, ne devoir jamais laisser dans l'embarras par son aspect et son développement, est loin de lever toutes les difficultés du diagnostic. Si, en effet, il est facile de la distinguer de l'éruption de la scarlatine, de l'urticaire, de la miliaire, quand ces éruptions sont complètes, il en est autrement pour la scarlatine à son début et pour d'autres éruptions.

L'éruption scarlatineiise, à son début, peut très-bien, en effet, simuler la rougeole : ses taches sont isolées et un peu morcelées ; mais il faut noter qu'elles se montrent en général plus tôt que les taches morbilleuses, qu'elles ne sont pas saillantes, qu'elles sont plus étendues, qu'elles se réunissent très- rapidement en larges plaques, et surtout qu'elles présentent un pointillé et de fines vésicules que n'offre jamais Féruption de la rougeole. — Lorsque les taches morbilleuses se montrent comme premier symptôme, sans fièvre ni prodromes caractéristiques (sans coryza, larmoiement, sans toux férine), on peut croire à un simple éry thème. On peut affirmer qu'il en a été fréquemment ainsi, de même qu'on a dû considérer au contraire des énjthèmes comme des rougeoles. Ces erreurs sont très faciles quanta Faspect des deux éruptions, qui est souvent le même. On peut cependant, en tenant compte des phénomènes concomitants et des circonstances dans lesquelles s'est développée la maladie, comme l'existence d'une épidémie régnante de rougeole, ou le voisinage de sujets atteints de cette affection, arriver à un diagnostic très-probable. La marche ultérieure de l'éruption et l'apparition ou le défaut de desquamation viennent ou non le confirmer. — Lorsque la fièvre du début n'est pas accompagnée des symptômes prodromiques rappelés plus haut, l'éruption boutonneuse de la rougeole peut être prise pour une variole. Sans doute la marche ultérieure de la maladie décide bientôt la question ; mais s'il s'agit de se prononcer au moment même,

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