ROUGEOLE
on peut commettre Terreur, comme cela est arrivé déjà, et l'on comprend dès lors qu'on ait pu aussi considérer comme une rougeole, une éruption variolique à sa période papuleuse. On aura soin de rechercher s'il n'existe pas sur les papules de la face quelque point vésiculeux dont l'existence ferait rejeter celle d'une éruption morbilleuse. Quant à l'existence des cicatrices vaccinales, elle n a pas une trèsgrande valeur pour faire rejeter l'idée d'une éruption varioliforme, ces éruptions pouvant se développer comme on sait, chez des individus vaccinés. — Il faudrait examiner un malade avec bien peu d'attention pour prendre la rougeole, affection essentiellement aiguë, pour une sî//?/iz77-(ie érythémateiise à son début, cette dernière, indépendamment de beaucoup d'autres signes, étant très-différente de la rougeole par sa marche Irès-lente et par sa persistance. ~ L'éruption de la rougeole peut rester douteuse lorsqu'elle se fait sur la peau recouverte d'une abondante desquamation produite par toute autre cause, les taches étant en parties cachées par les squames; mais un examen attentif et les phénomènes antérieurs et concomitants font ordinairement cesser toute hésitation.
S'il s'agit de rechercher les traces d'une rougeole récente, ce qui est quelquefois nécessaire dans la pratique, on n'oubliera pas que la desquamation de la rougeole se rencontre presque exclusivement à la face, qu'elle est furfuracée ou qu'elle pourrait être simulée par le pityriasis, qui est loin d'être rare au visage des enfants, mais qui offre des plaques à contours bien délimités, tandis que la desquamation morbilleuse n'a pas de hmites précises.
Reconnaître la rougeole est la première question à résoudre. On y parviendra en général en tenant compte de l'ensemble des phénomènes, de leur marche, de leur succession, de la plus grande fréquence delà maladie chez les enfants âgés de trois à dix ans, de l'existence d'une épidémie régnante, et souvent d'une cause manifeste de contagion. Mais que le diagnostic soit facile ou douteux, il faut toujours le compléter en se demandant si la rougeole est ; 1° régulière ou irrégulière; 2° bénigne ou grave; 5^ simple ou compliquée.
Les données du diagnostic, telles que je les ai rappelées, démontreront que la rougeole est régulière, bénigne et simple. Mais d'abord l'irrégularité de sa marche, l'absence ou l'atténuation de tel ou tel symptôme, et la violence exagérée de certains autres, peuvent modifier profondément l'allure de la maladie. C'est ainsi qu'au début la fièvre peut être très-intense, et s'accompagner de convulsions, de délire ; qu'il peut y avoir prédominance des vomissements, de la diarrhée, pari'ois avec douleurs de ventre et météorisme; que plus tard, la desquamation est parfois très-a boudante quoique l'éruption ait été peu prononcée. D'un autre côté, la fièvre du début est quelquefois à peine marquée, ou manque complètement, et l'éruption est alors le premier symptôme observé ; cette éruption fait au contraire seule défaut dans la rougeole dite sans éruption que l'on ne doit admettre qu'avec une extrême réserve; d'autres fois l'éruption est très-peu marquée, pâle, terue, fugace, et ne se monU e que dans une petite étendue du tronc; dans d'autres, au contraire, l'éruption se prolonge pendant huit et dix jours, ou bien elle est si abondante et si pressée, qu'on l'a dénommée ^\ovs corifluente ; enfin elle peut êîre d'un rouge très-foncé ou violacé, et M. Lombard a trouvé uue fois de véritables vésicules à son niveau, ce qui est tout à fait exceplionuel ; il en est de même des sudamina observés par M. Boudin et M. Michel Lévy; enfin le coryza et la bronchite sont quelquefois nuls