‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 207 sur 245 · S06 ROUGEOLE · texte numérisé non relu

S06 ROUGEOLE

OU à peine marqués. Il ne faut pas oublier que beaucoup d'épidémies sont caractérisées par des anomalies de ce genre.

Décider delà bénignité ou de la gravité de la rougeole est une question de pronostic traitée plus loin ; mais elle est subordonnée en grande partie à la question de l'absence ou de l'existence des complications de la maladie.

Ces complications sont extrêmement nombreuses, et l'on a discuté beaucoup sur leur nature, en les considérant tantôt comme une manifestation spéciale de la rougeole, et tantôt comme un des épiphénomènes communs aux maladies fébriles. Comme les nombreuses maladies qui constituent ces complications, quelle que soit l'opinion qu'on s'en fasse, ne présentent pas dans la rougeole d'autres caractères que ceux qu'elles offrent à l'état de simplicité, je me contente de les énumérer. Ce sont, au niveau des muqueuses : la broncho-pneumonie, à laquelle J'ajouterai la congestion 'pulmonaire, qui est constante au début des fièvres éruptives; la stomatite, la pharyngo-laryngite érythémateuse , ulcéreuse, pseudo-membraneuse (croup), ou spasmodique; la pharyngite gangréneiise, Vœsophagite; les catarrhes etphlegmasies des intestins, avec douleurs abdominales, diarrhée abondante, météorisme, taches violacées ; V otite, Vophthalmie, quelquefois purulente (Heyfelder); le coryza pseudo-membraneux, la leucorrhée. En dehors des muqueuses il se développe d'autres inflammations inutiies à énumérer, parce qu'on les rencontre dans toutes les maladies aiguës graves comme accidents secondaires. Les hydropisies liées à um maladie de Bright sont ici aussi rares qu'elles sont communes dans la scarlatine. Les hémorrhagies par différentes voies, parla peau (purpura) ou par les muqueuses, sont également très-rares, et il en est de même des accidents cérébraux ou ataxiques sans affections particulières qui les expliquent. Ces accidents cérébraux pourraient amener la mort chez les très- jeunes enfants à l'époque de la dentition; et, selon Brachet, l'éclampsie se serait déclarée à la suite de la disparition de l'éruption par le fait d'un refroidissement. La rougeole paraît en outre avoir une tendance toute particulière à produire tardivement la gangrène de la bouche, plus rarement celle du poumon, et enfin la phthisie pidmonaire à la suite de rougeoles survenues au mi- Heu d'une bonne santé. Cette phthisie s'annonce par la persistance de la toux et le dépérissement, tantôt avec fièvre violente et marche aiguë, tantôt sans fièvre (à l'exception de celle du soir) et avec une marche chronique. La tuberculisation, dans cette circonstance, prédomine dans les ganglions, et surtout dans les ganghons bronchiques (Barthez et Rilliet).

Je ne terminerai pas sans rappeler que l'éruption de la rougeole coïncide quelquefois avec d'autres éruptions aiguës, éruptions varioliques, scarlatine, érysipèle de la face. Les deux éruptions peuvent même se développer et marcher simultanément, avec concomitance de symptômes propres à chacune d'elles.

5** Pronostic. — La rougeole est presque toujours suivie de guérison lorsqu'elle est simple. Elle ne devient grave que par les maladies dans le cours desquelles elle se développe quand elle est secondaire, ou par suite des comphcations que peut entraîner l'état général. La rougeole secondaire est d'ailleurs souvent compfiquée. La disparition subite ou dé/zÏ65CgwC(? de l'exanthème est fréquemment suivie d'accidents graves et même de mort; mais à cet égard il ne faut pas toujours porter un pronostic funeste. M. Michel Lévy, qui a étudié les faits à ce point de vue, a noté le refroidissement et la diarrhée comme des causes probables de la délitescence, et, comme des

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