‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 208 sur 245 · RUPTURES. SALIVATION · texte numérisé non relu

RUPTURES. SALIVATION

accidents consécutifs : une éruption de sudamina sur le tronc, une varicelle, des vomissements, de la diarrhée, l'aggravation de la bronchite, une fois seulement une uberculisation, et enfin des groupes de complications graves. Dans certains cas, la délitescence n'a été suivie d'aucun accident.

ROUGEUR, RUBÉFACTION. — V. Congestions (de la peau).

RUPIA. — V. Bulles.

RUPTURES. ~ Les articles consacrés aux communications morbides et aux PERFORATIONS abrègent beaucoup ce que j'ai à dire du diagnostic des ruptures. Celles-ci donnent lieu aux mêmes accidents que les perforations. Elles peuvent, avoir lieu par distension extrême d'organes sains d'ailleurs, comme pour la vessie dans les cas de rétention considérable d'urine, au niveau de Vestomacdms certaines indigestions graves, et enfin au niveau à' abcès ou de tumeurs soumises à une tension croissante de leurs parois (anévrysmes, kystes hydatiques, grossesses extra-utérines, etc.). Eti général, le plus grand nombre des ruptures, qu'il y ait ou non une lésion préalable, s'effectuent par suite d'une violence extérieure. C'est ainsi que se produisent le plus souvent les ruptures de la rate, sur lesquelles M. Yigla a publié un excellent travail (Arch. de méd., 1845, t. III, et 1844, t. IV), celles du foie, des reins, de l'œsophage, du cœur, etc.

Une rupture dont la cause est toute spéciale est celle de l'utérus pendant la grossesse, ou bien au moment de l'accouchement ; il en résulte une péritonite par suite du passage de l'enfant dans la cavité du péritoine. Dans des cas exceptionnels, cette péritonite a guéri, soit lorsque la rupture était trop étroite pour donner passage au fœtus, soit lorsque l'œuf avait été expulsé en entier dans la cavité séreuse, où il avait pu continuer à se développer grâce à des adhérences protectrices et constituer une grossesse extra-utérine.

SALIVATION. — SALIVE. — L'excès de la sécrétion salivaire, qui a lieu dans l'état sain à la première dentition, ou pendant la grossesse, se produit comme symptôme d'une foule d'états morbides, ou bien constitue par elle-même un état pathologique particuher. On a différemment dénommé salivation, ptijalisme, sialorrhée, l'exagération de sécrétion salivaire, qu'il ne faut pas confondre avec le simple écoulement involontaire de la salive par la bouche entr' ouverte par le fait d'une hémiplégie faciale, ou de la paralysie des muscles releveurs de la mâchoire inférieure (dans Vhémorrhagie cérébrale).

La salivation abondante a pour conséquences une soif vive, la gêne de la prononciation et de la mastication, la dépravation du goût. La salive expulsée est presque transparente, un peu visqueuse et facilement reconnaissable. Elle ne sera pas confondue avec les liquides de \ estomac et du pancréas, qui sont (juelquefois expulsés par la bouche en abondance dans certaines maladies de ces organes, le liquide étant alors régurgité par l'oesophage, ce dont le malade se rend parfaitement compte.

Le ptyalisme se rencontre : avec les oreillons et dans les autres affections des glandes parotides, qui sécrètent la partie la plus aqueuse de la salive (Cl. Bernard) ; dans les affections de la bouche, et principalement dans la stomatite mercurielle, où à la salivation se joint une fétidité extrême de l'haleine; dans hs pharyngites primitives ou secondaires; dans la névralgie trifaciale, Yodontalgie, Mnjstérie,

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Yiodisme. Enfin on a admis un ptyalisme essentiel observé chez les femmes nerveuses, et, comme étant plus rare, une sialorrhée intermittente.

Au lieu d'être en excès, la salive fait quelquefois presque défaut; elle est alors épaisse, écumeuse, acide [glycosurie). Son acidité favorise le développement du muguet. Enfin c'est avec la salive, selon M. Cl. Bernard, que s'élimine principalement riodure de potassium qui a pénétré dans l'économie, et qui se montre dans la salive avec nne extrême rapidité.

SANG. — Malgré les importants progrès réalisés dans ces dernières années dans l'étude du sang, par les recherches remarquables de MM. Ândral et Gavarret, Becquerel et Rodier, Denis (de Commercy), Lecanu, Nasse, Prévost et Dumas, Lehman, etc., l'analyse chimique du sang ne saurait être employée pour éclairer le diagnostic clinique.

Tout en tirant parti des résultats obtenus, quant aux maladies produites par les altérations de proportion des principes du sang, et notamment de ses globules, on ne saurait directement utiliser au lit du malade que les caractères physiques que peut présenter le liquide sanguin.

Ces caractères physiques du sang (dont je n'ai pas besoin de rappeler la composition) sont faciles à apprécier pour la plupart, soit à la simple vue, soit à l'inspection microscopique. Ldi température du sang et son électricité, étudiées par quelques auteurs, sont plus difficilement constatées, et ne fournissent d'ailleurs aucune donnée clinique de quelque valeur.

Les premiers de ces caractères, immédiatement visibles, résultent de la couleur du sang, de sa densité ou de sa plasticité, et, si le sang examiné est en quantité suffisante, de l'état particuher du caillot et du sérum.

La coloration du sang, extrait des veines par une saignée, peut être rutilante comme celle du sang artériel, ou bien au contraire être plus foncée en couleur que dans l'état normal, lorsque l'hématose est troublée dans les capillaires ou dans les poumons. 11 a rarement un aspect blanchâtre, laiteux ou chyleux, qui dépend soit d'une matière grasse qui s'y trouve comme émulsionnée, soit quelquefois d'une exagération de l'albumine (Caventou). Quand le sang est gras et laiteux, l'addition de l'éther fait disparaître cette anomalie. Sans être lactescent, le sang est souvent décoloré au point de tacher seulement en rosele linge qu'il imbibe, comme on l'observe pour le sang menstruel decertaineschlorotiques. D'autres fois le sang, exhalé parbémorrhagie ou obtenu par tout autre moyen, est d'une couleur brique tirant plus ou moins sur le brun chocolat, comme on le voit dans des cachexies (dans lesquelles cette coloration du sang fait soupçonner la leucocythémie) et dans des cas de tumeurs hématiques, dont la nature est révélée par la sortie spontanée ou provoquée du sang ainsi altéré. Enfin, mélangée aux exsudats ou aux excrétions, la coloration normale ou anomale du sang est une donnée souvent fort utile au diagnostic, mais souvent aussi la présence du sang peut passer inaperçue ou être mal interprétée (F. Hémorrhagies). Mélangé aux concrétions diphthériques, le sang altéré donne aux parties affectées l'aspect gangréneux (Bretonneau).

La coloration plus ou moins foncée du liquide sanguin est souvent évidente par la seule inspection des parties extérieures, sans que la vue directe du sang soit nécessaire. La diminution des globules rouges se traduit, en effet, au niveau de la peau et surtout des muqueuses visibles, par une décoloration ou une pâleur caracté-

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ristiqiies (anémie) ; rexagéralion de ces globules, au contraire, s'annonce par une congestion active des capillaires donnant à la peau, aux conjonctives, une coloration d'un rouge vif et une turgescence des plus remarquables (pléthore) ; enfin l'imperfection de l'hématose se manifeste par la cyanose plus ou moins généralisée des téguments, et c'est surtout par leur couleur ictérique que l'on juge de l'altération du sang par les matériaux colorants de la bile, et non par le mélange de la bile entière (cbolémie), comme on le croyait autrefois.

La densité ou la plasticité plus ou moins grande du sang dépend de la proportion plus ou moins grande de ses matériaux solides et principalement de ses globules et de sa fibrine. C'est principalement par la décoloration et par la prédominance de l'eau que l'on juge de la diminution de densité du sang, et, par les conditions contraires, de l'augmentation de cette densité; or, c'est ce que permet de constater l'examen du sang réuni en assez grande quantité pour qu il puisse se diviser par le repos en caillot et en sérum.

Cette coagulation du sang se fait plus ou moins rapidement, suivant des conditions encore assez mal connues, et ordinairement elle commence quelques minutes après la sortie du sang de la veine. — Le caillot se compose en grande partie de globules sanguins emprisonnés dans une trame fibrineuse avec une certaine quantité de sérum. Les globules sont plus nombreux dans les couches inférieures du caillot, et la fibrine est plus condensée au contraire dans les couches supérieures, où elle forme assez souvent seule une couche blanchâtre ou jaunâtre, d'uu à plusieurs millimètres d'épaisseur, et qui constitue la couenne. Cette coueime est dite parfaite par MM. Andral et Gavarret, par opposition à la couenne imparfaite, qui est constituée par une pellicule transparente et verdâtre sans importance. Ordinairement la véritable couenne présente une surface légèrement concave, parfois fortement relevée vers ses bords par une sorte de rétraction des couches superficielles. Le volume du caillot varie en raison directe de la quantité des globules du sang et en raison inverse de la proportion d'eau qu'il renferme. — Le sérum, liquide dans lequel nage le caillot, à moins que celui-ci n'adhère par ses bords tout autour du vase qui contient le sang, est ordinairement limpide, d'un jaune verdâtre, parfois rougeâtre, visqueux, d'une odeur fade, d'autres fois tenant manifestement les matières colorantes de la BILE en dissolution.

Les signes que fournissent au diagnostic les particularités physiques que présentent le caillot et le sérum du sang sont peu nombreux. — Un caillot volumineux par rapport au sérum se rencontre dans les cas de pléthore; le contraire a lieu dans ceux d'anémie, où le sérum est au contraire prédominant. La fermeté ou la mollesse du coagulum sanguin sont le plus souvent en rapport avec le plus ou moins de matériaux solides du sang. Quant à la couenne parfaite, lorsqu'elle existe, on a cru longtemps qu elle était un signe incontestable de phlegmasie, jusqu'à ce que les recherches de MM. Andral et Gavarret aient démontré que la couenne, dite inflammatoire, se forme toutes les fois que la fibrine est en excès dans le sang, soit par le fait de son exagération réelle (phlegmasies) , soit seulement parle fait de son exagération relative, la proportion de la fibrine restant normale, mais les aulres matériaux solides du sang et notamment les globules subissant une diminution plus ou moins prononcée (anémie). -- Le sérum, par sa quantité plus ou moins grande par rapport au caillot, a une signification qui est l'opposée de celle que Ton attribue

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