‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 210 sur 245 · SCARLATINE · texte numérisé non relu

SCARLATINE

que, dans cette dernière affection, c'est le visage qui est le principal siège de la desquamation, tandis que pour la scarlatine, c'est principalement au voisinage des aisselles ou des aines que l'on en trouve les traces. On a vu la desquamation, qui ne dépasse guère dix ou douze jours, se prolonger vingt jours et plus.

Gomme pour toute autre fièvre éruptive, il faut se demander lorsqu'on a reconnu ou seulement soupçonné la scarlatine, si elle est régulière ou irrégulière, bénigne ou grave, simple ou compliquée. On reconnaîtra facilement, d'après ce qui précède, si elle est régulière, bénigne et simple ; mais il n'en sera pas toujours de même si elle est irrégulière (ou anomale), grave ou compliquée. Il sera question plus loin des complications et de la gravité de la maladie.

Quant aux anomalies qu'elle peut présenter, elles sont nombreuses, car elles portent sur les phénomènes de l'invasion , et sur les caractères ou sur la durée de l'éruption ou de la desquamation. Les anomalies de la marche ou de l'évolution de la maladie ne sont pas moins utiles à connaître. La durée des périodes est irrégulière par la prolongation insolite des prodromes (que M. Trousseau a vus durer huit jours), par le retard de l'éruption après la cessation des prodromes, par le retard de la desquamation, et par l'apparition également tardive d'autres symptômes, comme Fangine que l'on a vue parfois apparaître pendant l'éruption ou même pendant la desquamation. Lorsque la scarlatine ei;t anomale, le diagnostic, suivant M. Trousseau, peut s'établir par la seule considération de l'extrême fréquence du pouls, qui ne se retrouve que très-rarement dans les autres affections que l'on pourrait confondre avec la scarlatine (Clinique médicale, t. I).

La considération des données étiologiques n'est pas sans importance diagnostique. Il est utile de savoir, en effet, s'il existe une épidémie régnante de scarlatine, et si le malade a été exposé à des influences contagieuses : circonstances qui peuvent immédiatement mettre sur la voie delà vérité. Il n'est pas indifférent non plus d'être prévenu que la fréquence de la maladie est beaucoup plus grande chez les enfants âgés de trois à dix ans qu'à un âge moindre ou plus avancé. Quant à la durée de la période d'incubation pendant laquelle on doit redouter l'influence de la contagion, elle n'a pu être déterminée d'une manière précise. MM. Barthez et Rilliet croient l'incubation moins longue que pour la rougeole.

Une condition étiologique très-importante pour le diagnostic de la scarlatine, c'est son apparition primitive ou secondaire. Par cela même, en effet, qu'elle apparaît dans le cours d'une autre maladie, la scarlatine est rendue irrégulière ou anomale. 11 est donc essentiel de rechercher s'il n'existe pas une affection ancienne chez le malade, dans le cas oii l'on n'en aurait pas constaté avant d'avoir soupçonné ou reconnu chez lui la scarlatine .

Le degré d'intensité de la maladie est variable suivant les épidémies, qui sont en général beaucoup plus fréquemment légères que graves. — Les lésions pharyngiennes sont également plus ou moins accentuées selon les épidémies. — Il résulte de ces différences des formes diverses particulières de la maladie ; mais elles ont bien moins d'importance que les formes régulières ou irréguhères dont il a été parlé plus liant, et que celles dont il me reste à m'occuper à propos des complications et du pronostic.

La pharyngite ou pharyngo-laryngite, V angine scarlatineuse, en un mot, peut prendre une intensité assez grande aux dépens des autres manifestations scarlati-

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