SCARLATINE
lieuses, pour être considérée comme une complication. Malgré l'opinion de quelques auteurs, on ne saurait admettre qu'elle a le caractère de complication lorsqu'elle est simple ou pultacée et qu'elle a une médiocre intensité. Dans le cas contraire, la pharvnc^ite peut se montrer grave dès le début ou dans le cours de la scarlatme, du deuxième au dixième ou onzième jour, selon MM. Bartbez et Rilliet. Elle peut être simple, pnltacée ou véritablement pseudo-membraneuse, ou dipbthérique ou même gangréneuse, et s'accompagner ou non d'ulcérations; ce sont des conditions diverses qu'il faut avoir bien soin de distinguer. Dans ces différentes circonstances, les ganglions sous-maxillaires tuméfiés et engorgés peuvent s'enflammer et donner lieu à des phlegmons compliqués d'infiltrations purulentes étendues. Malgré les caractères ordinairement tranchés de ces diverses espèces de pharyngites, ils peuvent faire commettre des erreurs presque inévitables. J'ai vu dermèrement un adulte admis à l'hôpital pour une éruption presque confluente de petites plaques érythémateuses d'un rouge violacé, mal limitées, avec un érythème du nez et une pharyngite intense, avec plaques blanchâtres déprimées recouvrant manifestement des ulcérations dans certains points, notamment surle voile du palais. On aurait pu croire a une affection syphilitique secondaire, si l'invasion récente de la maladie la rapidité avec laquelle la pharyngite céda à quelques cautérisations au mtrate d argent, la décoloration graduelle des taches, puis la desquamation au cou et aux aines, n avaient démontré qu'il s'agissait bien d'une angine scarlatineuse pultacée et ulcéreuse, avec éruption anomale. Des faits de cette espèce suffisent pour autoriser a recommander la recherche attentive d'une éruption scarlatineuse dans tous les cas d angine simple et surtout d'angines complexes par suite d'exsudatspultacés ou diphtheriques de gangrène ou d'ulcérations. Les concrétions pullacées n ont pas de tendance à envahir le larynx, mais les fosses nasales ; quant à l'extension des pseudomembranes diphthériques vers le larynx, on devra la redouter lorsqu'on aura constaté leur présence dans le pharynx (F. Diphthérie).
La congestion pulmonaire, qui s'observe au début de la scarlatine comme dans les autres fièvres éruptives, prend-elle quelquefois les proportions d'une véritable complication? C'est ce qui n'a pas encore été suffisamment établi par suite de la confusion de l'hypérémie avec des bronchUes et même àes pneumonies, ^ïïeclions d'ailleurs aussi rares dans la scarlatine qu'elles sont fréquentes dans la rougeole. Les complications gastro-intestinales {vomissements, diarrhée fétide) , V otite, \^ vaginite (Gormach), sont également rares. D'autres complications s'observent dans la scarlatine comme dans d'autres pyrexies : inflammations des séreuses (méningite, pleurésie, péricardite, péritonite); phlegmons sous-cutanés survenant pendant la convalescence; hémorrhagies par diverses voies ou purpura secondaire; accidents ataxiques ou convulsifs au début ou dans le cours de la maladie. Mais la scarlatine présente deux complications qui doivent être considérées comme lui étant particulières, car elles se montrent bien plus fréquemment dans son cours que dans le cours des autres maladies aiguës : ce sont les inflammations articulaires et les hydropisies.
Les inflammations articulaires scarlalineuses, souvent confondues avec le rhumatisme des articulations, se montrent dans la convalescence de la scarlatme et se terminent, dans des cas rares, par suppuration.
Quant aux hydropisies aiguës ou chroniques, elles méritent une attention spe-
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ciale. L'anasarque est la plus fréquente; mais les hydropisies internes ne sont pas rares. L'œdème pulmonaire, les épanchements séreux de la plèvre, du péritoine, du péricarde, des méninges et l'œdème de la glotte, peuvent s'observer. Les suffusions séreuses se font quelquefois toutes en même temps, ce qui est plus grave, ou bien successivement. L'anasarque apparaît la première dans la plupart des cas; elle est surtout à redouter deux ou trois semaines après l'éruption, et ne se montre jamais après la sixième semaine (Guersant et Blaclie) . Elle débute par la face et devient très-rapidement générale. Elle est aiguë dans presque tous les cas, précédée de fièvre, de vomissements, de diarrhée, de douleurs de bas-ventre et à' urines sanguinolentes. Presque toujours, suivant les uns, toujours, suivant les autres, il y a ALBUMINURIE OU plutôt unc maladie de Bright qui est le plus souvent aiguë. Vœdème du poumon, selon Legendre (Rech. sur quelques maladies des enfants, 1846), se montre quelquefois d'emblée. 11 en est de même de Vhydro-thorax aigu double (Rilliet) et de Y hydro -péricarde aiguë (J. Frank, Eraënckel, Barthez et Rilliet, Thore), dont les principaux signes seraient une dyspnée extrême avec anxiété, et, à la région précordiale, l'absence du bruit respiratoire avec matité. Ces hydropisies se rencontrent principalement chez les enfants délicats et lymphatiques, dans la saison froide ou par suite d'un refroidissement, et plus fréquemment dans certaines épidémies que dans d'autres. Les accidents nerveux qui compliquent la maladie de Bright (p. 131), et notamment l'éclampsie (Barthez et Rilliet), sont quelquefois la première révélation de cette maladie à la suite de la scarlatine, et ils doivent suggérer l'idée de l'examen des urines, que l'on trouve ordinairement albumineuses. F. Anasarque, Albuminurie, Bright (maladie de).
3° Pronostic. — La scarlatine se termine par la guérison dans la plupart des cas ; mais elle est grave dans certaines épidémies. Elle l'est surtout lorsqu'elle est anomale, lorsqu'elle se déclare dans le cours d'une autre maladie, ou lorsqu'il survient des complications. Legendre a fait remarquer que l'anasarque scarlatineuse aiguë est le plus souvent suivie de guérison. M. J. Tripe, qui en a réuni plus de trois cents faits, porte la proportion de la mortalité par cette complication à soixante trois pour cent (F. Arch. de méd., 1854). On a donné le nom impropre de malignes aux scarlatines devenant rapidement très-graves par l'invasion de complications ou de phénomènes insolites, et dont l'apparition est inattendue et inexplicable.
SCIATIQUE (Névralgie). — F. Névralgies, p. 595. SCIE (Bruit de). — F. Vasgulaires (Bruits).
SCLÉRÈME. — Cette maladie est caractérisée par la dureté résistante de la peau et des tissus sous-jacents, qui produit l'immobilisation de la face ainsi que la gêne ou l'impossibilité des mouvements dans les parties atteintes. Le sclérème est différent chez l'enfant et chez l'adulte.
A. — Che% r enfant nomem-ué, comme l'a démontré Valleix, c'est un véritable œdème ciiir envahissant successivement tout le corps, plus prononcé vers les parties déclives, avec coloration des téguments en rouge plus ou moins foncé (coloration qui a été prise pour la rougeur d'un érysipèle) et plus tard par une teinte jaune; la température du corps baisse notablement (de 37" à 33'' et même 26% selon M. H. Roger), en même temps qu'il y a une torpeur remarquable de la circulation et de la respiration. — Cette affection de l'enfance survient sous l'influence du