SCORBUT
froid et des mauvaises conditions hygiéniques , elle entraîne presque constamment la mort en trois à cinq jours, sans dépasser vingt jours. M. Legroux a réussi à faire disparaître le sclérème des nouveau-nés par le massage, ce qui démontre sa nature œdémateuse.
Cette affection, facile à reconnaître, a une coloration qui a été prise pour la routeur de Vérysipèle. Quelquefois il y a en réalité à la fois sclérème et érysipèle, comme l'a démontré M. Elsœsser, de Stuttgard (1 852) .
B.—Chez radidte, le sclérème a été signalé par M. Thirial dans deux intéressantes publications {Jouni. de méd., et Union méd., 1847). Plusieurs observateurs en ont publié depuis de nouveaux exemples. Gillette a résumé dans un mémoire remarquable tous les faits connus (douze), en y joignant deux observations nouvelles, dont une de M. Nat. Guillot (Actes de la Soc. méd. des Hôpit,, 5^ fasc). Il démontre que le sclérème simple chez l'adulte n'est pas œdémateux comme dans la première enfance.
L'humidité froide en a été la cause habituelle. 11 a constamment occupé les parties supérieures du corps, il s'est montré à tout âge, et il a affecté plus particulièrement les femmes que les hommes (: 12.2). La peau était généralement pâle, parfois parcheminée et comme tannée; chez la malade de M. Nat. Guillot (femme de quarante-deux ans), la peau des seins rendait un son tympanique à la percussion. Un œdème dur peut à la rigueur simuler le sclérème chez l'adulte ; M. Bouillaud en a signalé, sous le nom d'éléphantiasis des membres inférieurs, un exemple dû à l'oblitération de la veine cave inférieure. J'ai moi-même observé, chez un malade de l'Hôtel-Dieu, atteint d'une affection valvulaire du cœur (rétrécissement auriculoventriculaire gauche), une anasarque prononcée surtout aux membres inférieurs, oi:i la peau des cuisses offrait la dureté du bois, sans se laisser déprimer ni mouvoir sur les tissus sous-jacents. Mais le siège seul de cet œdème dur au niveau des extrémités pelviennes le distingue du vrai sclérème, a toujours occupé les parties supérieures du corps.
Voici comment M. Gillette expose les différences du sclérème des nouveau-nes et de celui des adultes : « Le sclérème des nouveau-nés débute par les parties déclives, l'autre par les parties supérieures ; l'un offre les signes ordinaires de l'œdème ; chez l'autre, au contraire, ce n'est qu'une très-rare exception. Chez le nouveau-né, la peau subit un refroidissement considérable; elle conserve dans le sclérème simple sa température normale. Dans un cas, le médecin se trouve en présence d'une maladie des plus graves, que les sutfusions internes, séreuses et hémorrhagiques rendent à peu près incurable; dans l'autre, pour peu qu'il mette son malade dans des circonstances hygiéniques favorables et qu'il combatte avec prudence les complications, s'il s'en présente, il finit par arriver à la guérison. »
SGOLEX. — V. Entozoaires (Ténias), p. 338.
SCOLIOSEï — V. DÉVIATIONS vertébrales.
SCORBUT. — Cette maladie générale, qui dépend d'une altération profonde .lu sang inconnue dans sa nature, a été l'objet de travaux extrêmement nombreux.
1« Éléments du diagnostic. — Les plus caractéristiques s'observent au niveau de la bouche et de la peau. Les gencives sont gonflées, ramollies, saignantes, ulcérées, l'haleine est très-fétide; la face est très-pâle, bouffie, les lèvres et les caroncules lacrymales sont parfois verdâtres, les membres inférieurs sont infiltres ; il apparaît