‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 213 sur 245 · SCORBUT · texte numérisé non relu

SCORBUT

des pétéchies dans diverses parties du corps, et, spontanément ou sous l'influence d'une pression ou d'une contusion même légère, des ecchymoses ou même des tumeurs sanguines sous-cutanées. A cespliénomènes se joignent les suivants : gêne de la respiration et palpitations au moindre mouvement, douleurs plus ou moins vives dans diverses parties du corps, siirtout aux lombes, aux membres, et principalement aux membres inférieurs (Fauvel), faiblesse et répugnance aux mouvements prononcés ; intelligence le plus souvent intacte ; pouls dépressible, ralenti; souffle carotidien non constant; hémorrhagies par diverses voies; sang liquide, noirâtre, se coagulant par grumeaux ; déjections plus ou moins fétides. Quand la maladie est très-avancée, les dents s'ébranlent et tombent, il y a un collapsus profond, des syncopes au moindre mouvement ; les ecchymoses se transforment en ulcères fongueux et saignants au moindre contact, et il peut survenir des convulsions ou des contractures permanentes des membres.

2** Inductions diagnostiques. — Le scorbut se reconnaît facilement lorsqu'il se montre parmi des hommes réunis en grand nombre et soumis en commun à des influences hygiéniques qui favorisent le développement de la maladie, comme l'encombrement habituel dans un espace insuffisant, une alimentation malsaine, l'usage exclusif de viandes salées, ainsi que cela peut s'observer parmi les marins, dans les armées, les prisons, etc. Le diagnostic ne peut offrir d'incertitude que lorsque le scorbut se développe isolément chez un individu exposé à des causes habituelles de débiUtation, soit hygiéniques, soit par le fait de maladies antérieures, d'abus du mercure, de grands excès ou de fatigues excessives.

Dans tous les cas, c'est sur l'ensemble des symptômes qu'il faut se guider, etprincrpalement sur l'état de la bouche, sur l'état cachectique et les hémorrhagies. isolément considérés, en effet, les symptômes pourraient être mal jugés, surtout lorsqu'il en est un qui est prédominant. Avant que les lésions des gencives soient bien caractérisées, il y a quelquefois au début une débilité générale, une gêne de la respiration, des palpitations, et des douleurs dans les membres, qui pourraient être mai interprétées. L'état fongueux des gencives et l'ébranlement des dents que produisent d'autres maladies (stomatite mercurielle, osléomalacie) ne sauraient être attribués au scorbut sans inattention. Dans l'ostéomalacie, il y a des déformations des os caractéristiques ; cependant on n'oubliera pas que la fragilité des os et les fractures spontanées, observées dans cette maladie, sont quelquefois aussi la conséquence du scorbut. Un état des gencives analogue à celui du scorbut se rencontre également parfois avec le purpura, et il est alors bien difficile de distinguer les deux maladies cachectiques l'une de l'autre, à moins qu'il n'y ait une putridité scorbutique trèsprononcée des gencives. Ce qui le prouve, c'est qu'on a réuni les deux maladies dans un même genre (Mason Good). — Les hémorrhagies et les tumeurs sanguines sous-cutanées pourraient faire croire à une hémophilie seulement, si Ton ne tenait pas compte des autres symptômes.

Les hémorrhagies, les gangrènes, peuvent d'ailleurs être assez prédominantes pour constituer de véritables complications. On a aussi attribué au scorbut certaines blennorrhagies non virulentes, et l'on a dénommé scorbutiques des maladies simplement concomitantes du scorbut ou d'une cachexie pétéchiale analogue.

5" Pronostic. — il varie suivant l'état plus ou moins avancé de la maladie, suivant son intensité et les causes principales qui en sont le point de départ. Le scorbut

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