SCROFULES
est en particulier très-grave lorsqu'il survient comme complication d'une autre maladie, de la pellagre, par exemple.
SCORPION. — F. Venins.
SCROFULES. — 11 s'agit ici d'une affection constitutionnelle dont on ignore la nature, et qui se caractérise par des manifestations très-diverses. Elle a été bien étudiée par un certain nombre d'observateurs, et notamment par MM. Milcent (1846), Lebert (1849), et Bazin (1858). Pour ce dernier auteur, l'ensemble Jee manifestations patbologiques de la scrofule a pour caractères généraux la fixité, la tendance bypertrophique et ulcéreuse, et pour siège ordinaire les appareils tégumentaire, lymphatique et osseux.
1*^ Éléments du diagnostic. — Les manifestations scrofuleuses ou strumeuses sont locales ou générales. Les premières se montrent d'abord dans les ganglions du cou., qui forment de petites tumeurs mobiles, indolentes, isolées, puis se réunissant pour former une ou plusieurs masses bosselées, dures, qui s'enflamment d'une manière lente, et qui donnent lieu alors à des abcès à marche chronique, dont le pus est mal lié, grumeleux, et dont la cicatrisation, précédée d'amincissement et de décollement de la peau, est irrégulière, avec des saillies et des enfoncements caractéristiques. La même manifestation peut avoir lieu au niveau d'autres ganghons, ceux des aisselles, des aines, par exemple. Des altérations cutanées particulières dénommées par M. Bazin sgrofulides (F. ce mot), donnent également lieu à la production de lésions et de cicatrisations difformes particulières. Enfin des fistules ayant pour point de départ des caries ou des nécroses osseuses, des périostites avec ou sans suppuration, des tumeurs blanches, et des inflammations dites scrofuleuses (o'phthalmie, coryza aigu ou chronique), constituent d'autres manifestations locales utiles au diagnostic, et auxquelles viennent s'ajouter quelquefois les tubercules pulmonaires. — Outre la faiblesse générale, la pâleur, l'amaigrissement, il peut exister comme symptômes généraux ceux qui succèdent aux suppurations prolongées, et ceux de la fièvre hectique, quand la phthisie se déclare.
S'' Inductions diagnostiques. — Cet ensemble de symptômes, généralement admis comme caractérisant la scrofule, est assez net pour permettre de reconnaître aisément la maladie. Mais selon M. Bazin, il faudrait encore admettre, comme se rattachant à la scrofule, une foule d'états pathologiques dont la nature strumeuse, pour un assez grand nombre d'entre eux, aurait besoin d'être démontrée. Il considère comme caractérisant une première période des scrofules, se montrant entre les deux dentitions : les gourmes, les pseudo-teignes (eczéma ou impétigo du cuir chevelu), les aphthes, l'induration bypertrophique des amygdales, ainsi que plusieurs autres affections, et il qualifie de scrofule viscérale toutes les affections tuberculeuses thoraciques, abdominales et cérébrales. Cette manière ingénieuse d'envisager la scrofule n'est pas assez complètement justifiée dans tous ses détails pour que l'on puisse en tirer parti pour le diagnostic de l'affection strumeuse, diagnostic qui se fonde principalement sur les symptômes que j'ai d'abord rappelés.
La recherche des causes peut aussi fournir des données utiles. Les mieux démontrées sont l'encombrement, le défaut de lumière, une température basse (Baudelocque), et l'hérédité. C'est surtout chez les enfants, et de préférence chez ceux du sexe féminin, que se développe la maladie.
Les tumeurs ganglionaires de nature non scrofuleuse constituent presque la seule
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particularité pathologique qui puisse en imposer pour des scrofules (F. Adénopà-
^juj-s) . Je ne ferai que signaler la possibilité de confondre les tumeurs blanches
avec le rhumatisme articulaire chronique (V. p. 798), et la fistule plenro-cutanée qui s'établit parfois dans le cours de l'empyème, avec celle qui provient d'une carie costale.
On a admis des formes bénigne, grave ou maligne, cachectique, et une forme aiguë, qui est seulement remarquable par la rapidité de son évolution, forme extrêmement rare, car la scrofule est presque toujours très-lente dans sa marche.
5° Pronostic. — La scrofule n'est pas grave lorsque les accidents restent limités aux ganglions du cou. Mais il en est autrement, et la terminaison peut devenir fatale,"lorsque les os sont altérés, les symptômes locaux très-multipliés, et lorsque les lésions locales produisent des troubles fonctionnels incompatibles avec la vie.
SCROFULIDES. — M. Bazin et M. Hardy, en faisant une classe à part des scrofulides dans les maladies cutanées, ont établi, pour ces manifestations scrofuleuses de la peau, une division analogue à celle de Biett pour les syphilides.
1« Éléments du diagnostic. — Comme caractères communs, les scrofulides présentent d'abord une coloration particulière, qui est une rougeur violacée obscure, vineuse, beaucoup mieux saisie au lit du malade qu'il n'est possible de la décrire; un gonflement du tissu cellulaire sous-cutané, donnant aux membres l'aspect d'un éléphantiasis, produisant à la face une tuméfaction analogue à celle de l'érysipèle, et qui , lorsque la scrofulide est guérie, est suivi au contraire d'un amincissement notable, dune atrophie singulière de la peau dans les points autrefois hypertrophiés. Un autre caractère particulier est l'existence constante de cicatrices, quelles aient été ou non précédées d'ulcérations. Ces cicatrices sont déprimées par suite de l'atrophie cutanée, en même temps que leur aspect réticulé, et leur adhérence aux tissus sous-jacents constituent des déformations parfois hideuses et caractéristiques. Si l'on joint à ces données Y absence de douleur et de prurit, la marche très-lente ces manifestations cutanées, et leur prédilection pour le visage, on aura l'ensemble des caractères généraux qui permettent de diagnostiquer les scrofulides.
Leurs caractères particuliers les a fait distinguer en érythémateuse, pustuleuse, verruqueuse, tuberculeuse, phlegmoneuse et cornée, espèces dans lesquelles rentrent un certain nombre des maladies décrites autrefois sous le nom de lèpre, et les différentes espèces de hipus de Willan.
2*^ Inductions diagnostiques. — Quand on a présents à l'esprit les caractères des scrofulides, leur coloration violacée, la forme des cicatrices, labsence de douleur et de prurit, et leur marche chronique si lente, leur diagnostic, dans la plupart des cas, ne présente pas de difficultés. Cependant il n'en est pas toujours ainsi; et dans les cas douteux ou difficiles, surtout si l'on hésite entre une scrofulide et une syphilide, on devra attacher une grande importance aux maladies antérieures ou concomitantes pour étabUr le diagnostic. M. Hardy fait remarquer que les deux affections ont souvent beaucoup de symptômes communs : même siège, même apparence extérieure, même absence de démangeaisons, coloration presque semblable de la peau, ulcérations grisâtres et taillées à pic, croûtes noirâtres ; mais il insiste sur cette différence que les scrofuhdes ont une marche très-lente, que leur durée est de plusieurs années pendant lesquelles elles présentent peu de modifications extérieures ; tandis que les syphilides se développent et se modifient plus promptement dans leurs