SENS, SENSIBILITÉ
manifestations, sans compter que l'emploi d'un traitement spécifique peut lever rapidement tous les doutes (V. Syphilides).
Les formes diverses des scrofulides sont essentielles à connaître. — La scrofulide érythémateiise ou énjthémato-sqiiameiise (lupus érythémateux de M. Cazenave), forme à la face des plaques arrondies, dont le centre se déprime et prend l'aspect d'une cicatrice, tandis que le pour tour devient squameux. — La scrofulide 'pustuleuse (impétigo rodens) est la plus commune, et se rencontre surtout sur le nez, quelquefois sur la joue, rarement aux membres. Elle consiste en un gonflement avec rougeur sur lequel se développent incessamment une, deux pustules ou plus, et des croûtes d'un jaune brun, suivies de cicatrices violacées, puis blanches, en cas de guérison. — La scrofulide verruqueuse forme des plaques rugueuses, inégales, hérissées de saillies mamelonnées, qui se terminent par des ulcérations, et souvent par résorption interstitielle. Cette forme succède souvent aux formes pusluleuse ou tuberculeuse. — La sypliilide tuberculeuse^ qui est le véritable lupus des auteurs, -est la forme la plus grave ; elle occupe le plus souvent la face, où elle présente deux variétés basées sur Texislence ou l'absence d ulcérations. La scrofulide tuberculeuse sans ulcération est caractérisée par des plaques arrondies, circulaires ou à contours irréguliers. Elle s'affaisse avec le temps avec cicatrices, sans qu'il y ait ulcératiou, La scrofulide tuberculeuse ulcéreuse est beaucoup plus grave ; elle présente, comme la variété précédente, des tubérosités qui se ramollissent et deviennent le siège à'ulcérations serpigineuses qui s'étendent en surface ou en profondeur, et détruisent la peau, les muqueuses, le tissu cellulaire, les cartilages et même les os. De là des cicatrices hideuses. — La scrofulide flilegmoneuse n'est qu'un abcès scrofuleux, avec teinte violacée de la peau. — Enfin la sixième forme de scrofulide de M. Hardy, la scrofulide cornée, est caractérisée par une tache plus ou moins large, un peu proéminente au-dessus de la peau, avec une multitude de petites saillies sèches, comme cornées. La cicatrisation déprimée sans ulcération leur succède comme dans îa plupart des autres formes.
50 Pronostic. — Il est toujours grave, dit M. Hardy, car la maladie est longue, elle ne guérit pas toujours; et dans les cas oii la guérison a lieu, elle laisse des stig mates indélébiles de son passage, et des difformités parfois hideuses. La coïncidence d'autres affections, de tubercules pulmonaires, par exemple, augmente, cela va sans dire, la gravité du pronostic ; cependant il est des maladies, comme l'érysipèle, la variole, la fièvre typhoïde, qui modifieraient le plus souvent les scrofulides d'une manière favorable.
SÉDIMENT. — V. Urines.
SENS. — SENSIBILITÉ. — J'aurais à entrer dans de grands détails sur les sens et sur la sensibilité générale sous le rapport du diagnostic, si je n'avais traité ce sujet dans une foule d'autres articles. Sans parler de l'usage que l'observateur fait de ses sens pour l'exploration du malade, je rappellerai que l'on peut consulter, pour la vue, les mots œil, amaurose ; pour l'ouïe, otite, surdité; pour le goût, LANGUE, GusTATiOiv ; pour l'odorat et la sensibilité tactile, les mots anesthésies et îiypéresthésies, qui se rapportent à la paralysie ou à l'exaltation de la sensibilité. L'état de la sensibihté musculaire est constaté à l'aide de I'électrisation localisée, et principalement recherché dans les paralysies ou les affections qui les simulent. Cette simple indication est suffisante, car les troubles de la sensibilité attirent rare-
820 SÉREUSES (membranes). SIMULATION.
ment l'attention en dehors de l'anesthésie ou de l'hyperesthésie, dans laqueile on doit comprendre la douleur. 11 n'y a que les sensations spontanées bizarres que produisent les pertes séminales, les tumeurs lujdatiques, la présence des entozoaires dans les intestins, et, vers l'hypogastre, la grossesse commençante, qui méritent une mention particulière.
Il faut principalement clierclier l'origine des troubles morbides de la sensibilité dans les lésions des centres nerveux ou des nerfs, dans les altérations du sang, dans les intoxications ou les névroses. Parmi ces dernières, l'hystérie occupe une place à part, comme résumant à elle seule presque tous les phénomènes morbides qui sont susceptibles d'affecler la sensibilité et les sens.
SEPTIQUES. — V. EmpoisOiNNemepsts, p. 524.
SÉREUSES (Membrakes). — Les séreuses que renferment le crâne, le rachis, la poitrine, l'abdomen (wÉisiNGEs, plèvre, péricarde, péritoine), et accessoirement les synoviales articulaires, présentent une donnée séméiologique commune très-utile au diagnostic de leurs maladies : c'est une douleur local e souvent très-vive qui peut faire soupçonner raffection. Une autre particularité importante que les séreuses présentent au même point de vue, c'est qu'elles sont le siège de signes physiques particuliers, qui sont en général subordonnés aux exsudats ou aux produits de sécrétion qui se déposent ou s'accumulent à leur intérieur. J'ai rappelé ces signes et les moyens d'exploration qui leur sont applicables à propos des maladies qui les affectent, et qui sont principalement leur inflammation, leur hémorrliagie, et les épanchements divers qui s'y forment.
SEBPENTS. — y. Venins.
SEXE. Quoiqu'une foule de maladies soient communes à l'homme et à la
femme, la connaissance du sexe est un fait qui met souvent sur la voie du diagnostic dès que sont accusés les premiers symptômes de la maladie. Cela est surtout vrai pour la femme, si souvent affectée du côté de ses organes génitaux, depuis la vulve jusqu'aux organes intra-pelviens les plus profonds, et chez laquelle la menstruation, la grossesse, l'état puerpéral, la lactation, sont la source d'un si grand nombre de maladies. L'organisation générale de la femme et sa manière de vivre la prédisposent aussi àœntracterplus particulièrement certaines affections que d'autres. 11 en est de même de l'homme, tant 5 cause de son appareil génito-urinaire qu'en raison de ses professions plus rudes, de sa manière de vivre, de ses habitudes, etc. De là les différences de fréquence plus ou moins notables qui existent pour une foule de maladies entre la femme et l'homme.
SIALORRHÉE. — F. Salivation.
SIBILANTS (Râles). — F. Uales.
SIFFLEMENT. — F. Râles, et Yasculaires (Rruits).
SILLONS. — F. Gale et Ongles.
SIIVIULATION, SIMULÉES (Maladies). — Un nombre assez grand de symptômes ou de maladies sont simulés dans des buts différents : pour se faire exempter ou réformer du service militaire, pour séjourner à l'hôpital, pour exploiter la pitié, ou enfin pour exciter l'intérêt, comme le font certaines hystériques. Il me suffira de signaler ces simulations, car il faut seulement être prévenu pour éviter le piège Un interrogatoire adroitement dirigé, amenant le prétendu malade à répondre sérieusement à des questions médicales absurdes, les conditions particulières et