SOIF. SOMMEIL
choisies dans lesquelles se place l'imposteur, un examen aussi complet que possible, que la sagacité du médecin lui fera diriger dans le but de dévoiler l'erreur, et enfin la prescription d'un moyen de traitement violent, feront ordinairement découvrir la simulation. Mais pour en arriver là, il faut !a soupçonner. Or, les faits les plus difficiles à découvrir sous ce rapport sont les simulations de symptômes isolés, ou d'affections peu compliquées.
On peut dire que les maladies simulées sont innombrables ; aussi n'ai-je pas la prétention de les rappeler toutes. Ce sont : des douleurs diverses; la folie stupide, V extase: lei convulsions hystériques ou épileptiques , hchorée, des contractures ^ des paralysies (p. 633) ; le hégaijement, Vamaurose, Vhéméralopie, la surdité, Votite, Vanesthésie cutanée; la gale et d'autres affections de la peau; Victère (mais sans coloration de la sclérotique), des vomissements de sang ou même de matières fécales, préalablement avalés ; la gravelle (par addition de brique pilée ou de sable à Furine rendue), des urines sucrées ou laiteuses; Y incontinence d'urine, les pertes séminales involontaires (simulées par la masturbation) , la grossesse. Parmi les plus singulières, il faut placer les simulations étranges des hystériques, qu'il faut toujours, sinon soupçonner, du moins prévoir chez les femmes, naturellement portées à l'exagération. On a vu l'une simuler pendant deux ans un éléphantiasis à l'un des membres supérieurs, en serrant fortement la racine du membre, l'autre prétendre vivre sans manger, etc. Le scorbut est simulé par des détenus avec un linge imprégné de sel et de vinaigre, maintenu appliqué sur les gencives, et par des contusions ou des ligatures sur les membres; la blennorrhagie, avec de Fécorce de garou introduite dans le canal de Furèlre.
Ces exemples sont suffisants pour donner une idée des ressources de Fimagination des individus qui se livrent à la simulation.
SOIF. — L'exagération de la soif constitue un des signes habituels des affections fébrdes, et en particulier de la fièvre elle-même. Indépendamment de la fièvre, l'exagération de la soif se rencontre dans la glycosurie, la polyurie, avec les ENTOzoAiRES dcs voics digcstivcs. Elle est très-vive dans la rage, de même qu'après la morsure de la vipère, mais alors elle coïncide avec d'autres accidents graves qui sont les principaux signes de la maladie.
SOMMEIL, SOMNOLENCE. — Dans Fétat morbide, le sommeil peut être nul, interrompu, modifié ou exagéré.
L'insomnie, complète ou incomplète, n'a qu'une valeur relative dans les nombreuses maladies oii elle se montre, car elle constilue isolément un signe de peu d'importance. La fièvre en général, principalement dans les pyrexies et dans les autres affectioris aiguës d'une certaine intensité, de même que les maladies non fébriles que caractérisent des troubles fonctionnels incompatibles avec le sommeil, et certaines névroses, s'accompagnent d'insomnie plus ou moins continue. • — Assez souvent, le sommeil est non-seulement interrompu, mais troublé par des rêves de nature diverse, ou par des réveils en sursaut, des cauchemars, comme on le rencontre dans les maladies du cœur, dans la péricardite, etc. Le cauchemar, avec sentiment d'oppression épigastrique, anxiété extrême, palpitations et réveil subit, se montre quelquefois comme névrose intermittente survenant chaque nuit à la même heure, ainsi que Fa observé M. Ferrez {Journ, de méd. et de chir. prat., i 856). J'ai vu un exemple de ce genre chez un enfant.