APHONIE
membraneuse, on croup. Pour M. Vaulhler, l'aphonie est un des bons, un des meilleurs caractères du croup. Elle est habituellement progressive, rarement subite (B ache) , et permanente jusqu'à la fin. - L'aphonie apparaissant d'abord par mtervalle, puis continue, se remarque dans la laryngite ulcéreuse (phthisie, syphilis) . - Dans Vœdème de la glotte, la voix est rauque, pénible, éteinte, coupée d'mspn^ations sitflantes particulières à la maladie. ^ Enfin des corps étrangers mtrodmts accidentellement dans le larynx, et plus rarement des végétations, des polypes ou des tumeurs cancéreuses, des hydatides, des calculs même, peuvent prodmre l'aphoaie en obstruant le larynx. i -, . j i, i
En dehors du larynx, et dans des cas assez nombreux, 1 on doit d abord chercher le point de départ de l'aphonie dans une lésion, une compression ou un tiraillement des nerfs récurrents par des tumeurs cervicales (goitre) ou intra-thoraciques, dans certains anévrysmes de la crosse de Faorte, dans un cancer de l'œsophage (Barret) etc L'nphonie résulte également de toute dyspnée extrême, par défaut d'une suffisante quantité d'air expulsé par le larynx, de même que dans la paralysie du diaphragme (V. Paralysies).
En dehors des lésions des organes de la respiration, d'autres lésions, occupant des ommes plus ou moins éloignés, produisent également l'aphonie, mais d'une mamere indirecte. C'est ainsi que l'on a noté une aphonie complète dans certaines affections des orqanes qénito-urinaires, et que, parmi les lésions encéphaliques, il en est qui donnent lieu à la production du même signe, comme je l'ai observe dans un cas de ramollissement aigu du cervelet ( Union m^'d . , 1 855 , p . 57 7 ) .
D'autres conditions pathologiques nombreuses d'aphonie dans lesquelles le rapport de ce phénomène avec la maladie n'est pas toujours facile à saisir, sont : la presence des vers intestinaux dans le tube digestif, certaines dyspepsies (Chomel); plusieurs maladies générales bien déterminées, telles que la peste, les fièvres intermittentes (stade des frissons), les fièvres pernicieuses (forme aphonique) , \^ morve chronique (laryngite symptomatique), Vintoxication saturnine, certaines névroses, comme l'hystérie; toutes les affections qui débilitent profondément l'économie, comme le choléra; et enfin l'ingestion des éméto-cathartiqiies (fréquemment le tartre stibié) et de certaines substances toxiques.
5« Signitication. — On voit d'après cette énumération que l'aphonie, survenant dans des conditions extrêmement variées, est loin de pouvoir être considérée comme un signe pathognomonique. Ce n'est qu'en le rapprochant des autres symptômes concomitants qu'on arrivera à en établir la signification. Dans les diverses laryngites à l'aphonie proprement dite, se joignent parfois des particularités de timbre dont j'ai parlé plus haut et qui, quoique plus ou moins étouffées, peuvent éclairer sur la valeur séméiologique de la perte de la voix. La constatation des signes de la phthisie pulmonaire pourra faire présumer que 1 aphonie très-persistante est un signe d ulcérations laryngiennes tuberculeuses; de même que des infections vénériennes antécédentes, et l'existence d'ulcères vénériens, de syphilides, d'exostoses, etc., feront penser que l'aphonie est sous la dépendance d'une laryngite ulcéreuse syphilitique.
Lorsqu'il existera des tumeurs du larynx (ce qui est rare), l'aphonie pourra venir en aide au diagnostic, sans avoir une valeur spéciale; mais celte valeur sera plus évidente dans les cas de modifications organiques bien manifestes des nerfs laryngés rappelés plus haut.
APHTHES. 31
L'aphonie n'a guère d'importance pratique, à côté des autres signes concon)itants dans les cas de dyspnée extrême qui ne sont pas dus à une lésion du larynx, dans h bronchite capillaire grave, par exemple, ou bien encore dans les faits de paralysie du diaphragme, où la voix s'éteint faute d'émission suffisante d'air par le larynx. Mais la perte de la sonorité vocale ne sera pas toujours un signe sans importance, lorsqu'on ne pourra la rattacher à aucune lésion matérielle évidente. Il faudra alors chercher l'origine de l'aphonie parmi les conditions que j'ai indiquées, car elle pourra mettre sur la voie d'une affection mal caractérisée et à laquelle on ne songerait peut-être pas sans elle : telles sont l'intoxication saturnine, la présence de lombrics dans les voies digeslives (principalement dans certaines contrées oii les affections vermineuses sont le plus communes), l'hystérie ou toute autre névrose. C'est par voie d'exclusion que, dans les circonstances les plus difficiles, on pourra arriver à diagnostiquer le point de départ de l'aphonie.
Comme signe pronostique, l'aphonie n'offre pas d'autre importance que celle qui résulte de l'ensemble même des signes de l'affection à laquelle elle se rattache. Dans les cas où elle est le seul symptôme du côté des organes respiratoires, et due à une simple modification dynamique de l'appareil nerveux, le pronostic est évidemment favorable, comme celui de la cause qui produit l'aphonie.
APHTHES. — Depuis que les observateurs modernes ont cessé de confondre sous ce nom les maladies de la bouche les plus diverses, les aphthes sont considérés comme une affection vésiculo -ulcéreuse qui siège dans les différentes parties de la muqueuse buccale (Guersant), et qui affecte les enfknts et les adultes. Les aphthes sont tantôt discrets ou éphémères et tantôt confluents ou stationnaires.
Éléments du diagnostic. — Les symptômes qui sont le point de départ du diagnostic, sont locaux seulement, ou à la fois généraux et locaux. Dans le premier cas (aphthes discrets), le malade se plahit de gêne' de chaleur ou même de douleur dans la bouche, au moment de l'exercice de la parole, de la mastication, de la déglutition. L'inspection de cette cavité montre rarement alors des élévations rouges ou des vésicules, qui sont la période du début des aphthes, car ce ne sont que les ulcérations résultant de la déchirure et de l'élargissement de ces vésicules qui donnent lieu aux signes que j'ai rappelés tout à l'heure. Ces ulcérations sont arrondies, d'un diamètre variant d étendue jusqu'à celle d'une pièce de cinquante centimes, à bords rouges, enflammés, parfois coupés à pic, à fond parfois couvert d'une matière crémeuse blanchâtre, et se cicatrisant plus ou moins rapidement. — Lorsqu'il y a de la fièvre (aphthes confluents), les phénomènes buccaux ont une intensité proportionnelle qui attire en même temps l'attention : fétidité de l'haleine, salivation, engorgement des ganglions sous-maxillaires, et, à l'inspection de la bouche, pustules et ulcérations quelquefois confluentes, tant elles sont rapprochées, prononciation et déglutition très-gêfiées, mastication impossible. Il se joint parfois à ces symptômes des angoisses précordiales, de V anxiété, des vomituritions (Guersant).
Inductions diagnostiques . — Us ulcérations le plus souvent superficielles qui constituent les aphthes discrets sont ordinairement faciles à reconnaître dès que l'attention du médecin a été attirée vers la bouche, où il constate rarement, en même temps, les élevures rouges ou les vésicules qui précède^it ces ulcérations. Cette coïncidence, lorsqu'elle existe, est d'une grande valeur pour le diagnostic. La couche