‹ Dictionnaire de diagnostic médical, comprenant le diagnostic raisonné de chaque maladie, leurs signes, les méthodes d'exploration et l'étude du diagnostic par organe et par région [electronic resource]Chapitre 225 sur 245 · SQUELETTE · texte numérisé non relu

SQUELETTE

11 y a deux sortes de desquamation qu'il faut toujours s'attacher à distinguer : l'une passagère, qui n est qu'un phénomène consécutif d'une maladie éruptive aiguë ; l'autre plus durable, qui est un des caractères principaux d'une affection cutanée proprement dite.

La première est la conséquence des fièvres éruptives, de la rougeole, de la scarlatine, de la miliaire, de l'érysipèle, et elle est quelquefois un phénomène trèsimportant de diagnostic, comme indice d'une éruption antérieure douteuse ou passée inaperçue. C'est principalement à la scarlatine que s'applique cette remarque, en raison des accidents consécutifs que l'on peut avoir à constater, sans que l'éruption scarlatineuse, limitée ou passagère, ait été notée.

C'est en particulier dans les affections cutanées chroniques que la desquamation est fréquemment rencontrée en dehors de la classe des maladies dites squameuses. Le pe7nphigus foliacé et la syphilide squameuse cornée empruntent même à cette circonstance leur dénomination particulière. La production des squames est remarquable dans I'eczéma, I'acné sébacé de Biett, la tellagre, \e frambœsia, etc., et dans les teignes, sous forme d'une poussière farineuse, qui se compose non-seulement de lamelles épidermiques, mais de spores de parasites parfois très-abondantes (F. Teignes) .

Parmi les affections presque exclusivement squameuses, le pityriasis mérite une mention particulière. On le reconnaît aux squames furfuracées qui le caractériseni et qui se rencontrent principalement sur les joues des enfants, au niveau de la barbe des adultes, et surtout sur le cuir chevelu, d'oii elles souillent les cheveux. Rarement les squames sont larges (pityriasis lamelleux); tantôt la peau a sa coloration naturelle, et tantôt les parties affectées sont rouges (pityriasis rubra), d'un gris foncé ou noirâtre (pityriasis nigra), ou enfin couleur café au lait (pityriasis versicolor). M. Bazin a fait de cette dernière variété une affection parasitaire due au microsporon furfur (y. Crasses parasitaires et Parasites végétaux). Le pityriasis, quelle que soit sa forme, est d'ailleurs une affection sans gravité; mais il est quelquefois extrêmement incommode par l'abondance des squames lorsqu'il occupe le cuir chevelu.

SQUELETTE. — L'appareil osseux qui constitue le squelette peut être affecté, indépendamment des lésions traumaiiques, de maladies spontanées particulières, comme I'ostéomalacie ou le rachitisme, ou de lésions secondaires se développant sous l'influence de maladies générales ou constitutionnelles, comme la syphilis,, qui produit des périostoses^ des exostoses, et la scrofule, d'oi^i résultent des caries,, des nécroses^ la périostite, des tumeurs blanches.

Les douleurs qui accompagnent ces maladies osseuses sont quelquefois remarquables par leur intensité et leur généralisation. L'exercice des fonctions motrices devient difficile ou impossible; il survient quelquefois des fractures spontanées, des déformations plus ou moins étendues que la palpation permet de rapporter aux os, dont le gonflement, la torsion, le ramollissement, peuvent être immédiatement constatés. Ces déformations du squelette sont surtout remarquables dans I'ostéomalacie et le racliitis, dans lesquels elles se remarquent principalement au niveau de la colonne vertébrale et de la poitrine. Le thorax peut offi ir fréquemment des défauts plus légers de symétrie (hétéromorphies thoraciques) très-utiles à connaître pour le diagnostic (F. Inspection), et qui paraissent dues à de simples influences hygiéniques encore

STERTEUR. ~ STOMATITES. 855

mal connues. Ces hétéromorphies n'ont aucune inQuence sur la santé. Il n'en est pas toujours de même des déformations rachitiques; mais on a singulièrement exagéré leur influence.

STERGORAL (Embarras), — F. Occlusions intestinales, p. 607.

STERTEUR. — Le ronflement morbide se rencontre comme phénomène accessoire du coma, ou pendant le sommeil naturel lorsqu'il existe une lésion pharyngienne, notamment une paralysie du voile du palais ou une hypertrophie des amygdales. Il résulte aussi, pendant la veille, un ronflement ou cornage de certaines compressions de la trachée par des tumeurs. M. Addison a cru remarquer que le stertor du coma qui survient dans la maladie de Bright, n'était pas rauque et nasillard comme dans Tapoplexie, mais caractérisé par une expiration pins sifllante.

STÉTHOSCOPE. — Ce précieux instrument d'exploration n'est pas toujours indispensable, comme le pensait Laennec, à la pratique de l'auscultation. Il n'est vérilablement nécessaire que lorsque l'auscultation a besoin d'être limitée à un petit espace, ainsi que cela arrive principalement pour les bruits cardiaques ou vasculaires, moins souvent pour les bruits respiratoires, et enfin dans tous les cas oii, chez les personnes du sexe, on veut éviter par convenance d'appliquer son oreille sur la partie antérieure de la poitrine.

STOMATITESi — Les affections variées qui sont comprises sous ce nom ont pour caractères communs : dans l'intérieur de la bouche, une gêne ou une douleur augmentant par le contact ou le passage des aliments ou des boissons, par l'exercice de la parole, et surtout par la mastication, qui est rendue parfois impossible ; souvent il y a de la salivation. Ces symptômes provoquent toujours l'exploration de la bouche, qui offre alors des lésions caractéristiques, mais qui varient suivant l'espèce de stomatite : simple ou érylliémateuse, mercurielle, pseudo-membraneuse, aphtheuse, ulcéreuse, gangreneuse. Je n'ai à m'occuper ici que des deux premières, les articles diphthérie, aphthes, ulcérations, gangrène, suffisant pour résoudre la question du diagnostic pour les autres stomatites.

A. — Stomatite simple.

Elle offre plusieurs degrés d'intensité et d'étendue, et rarement elle est fébrile. Lorsque la stomatite succède à des douleurs provoquées par une carie dentaire, on la reconnaît à un gonflement avec légère rougeur plus ou moins limitée, et constituant une lésion locale de peu d'importance, à moins que les joues ne participent au gonflement (fluxion) ; elle peut se terminer par un petit accès auquel succède une plaie qui reste parfois fistuleuse. — Une stomatite plus étendue résulte quelquefois du tartre accumulé sur les dents, du travail de la dentition, du passage de boissons trop chaudes ou de substances irritantes. Les gencives sont alors rouges, tuméfiées, molles, douloureuses. — Quelquefois la stomatite simple est beaucoup plus intense. Les gencives surtout deviennent comme fongueuses, saignantes, s'ulcèrent et suppurent à leur bord libre, se recouvrent de mucosités épaisses et blanches qui se renouvellent; en même temps la langue se gonfle et conserve l'empreinte des dents; l'haleine devient d'une fétidité extrême, les glandes péri-maxillaires s'engorgent, sont douloureuses, l'écarlement des mâchoires devient difficile ou même impossible, et une salivation abondante de mucosités filantes se fait incessamment. Tout récemment j'ai observé un fait de cette espèce, à la suite d'un nettoyage des dents à l'.iide d'instruments mal appropriés et de Irictions rudes des gencives avec un liquide al-

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